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mercredi 5 décembre 2018

L'objectif d'Israël à la frontière libanaise



L’OBJECTIF D’ISRAËL À LA FRONTIÈRE LIBANAISE
Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps
            
Nasrallah et le président Aoun

      On s’attendait déjà depuis plusieurs semaines à un réchauffement de la frontière libanaise. Israël avait averti le Hezbollah de sa détermination à faire respecter les lignes rouges qu’il avait définies. La menace avait été portée à son paroxysme lorsque Israël avait prévenu par SMS tous les habitants de la banlieue sud de Beyrouth, leur signifiant que Tsahal se réservait le droit d’intervenir contre les caches de missiles dans les quartiers populaires. Hassan Nasrallah avait alors accusé Israël de guerre psychologique sous prétexte de préparer le terrain à une attaque israélienne imminente dans le but de détruire ces missiles.



Des émissaires occidentaux avaient été envoyés au Liban pour alerter le gouvernement libanais que les menaces israéliennes devraient être prises au sérieux parce qu’Israël ne pouvait pas tolérer les activités du Hezbollah et de l’Iran, considérées comme une menace sérieuse.
            Le lancement dans la nuit du 3 au 4 décembre de l’opération «Bouclier du nord» du côté israélien avait pour but de détruire des tunnels construits par le Hezbollah et conduisant sur le sol israélien. Depuis 2014, un groupe de travail spécial mixte, composé de la direction du renseignement et du commandement du Nord, dirige les efforts opérationnels, technologiques et de renseignement face à la menace d'un tunnel dans le nord d'Israël. L'équipe a développé de vastes compétences et connaissances sur le projet de tunnel d'attaque du Hezbollah.
Yoel Strick

Cette opération de Tsahal est dirigée par le commandant de la région nord, le général de division Yoel Strick, en coopération avec la direction du renseignement de l'armée, le corps de génie de combat et la direction de la recherche et du développement de la défense de l'IMOD. Au cours des dernières années, un plan de défense unique le long de la frontière nord a été mis en œuvre, notamment la construction d'un mur de défense.
Tsahal a précisé que : «Le creusement des tunnels d'attaque transfrontaliers, qui constituaient une menace imminente pour la sécurité des civils israéliens  et que l’armée avait découverts avant que ces tunnels ne deviennent opérationnels, est une violation flagrante et grave de la souveraineté israélienne. En outre, ils constituent une preuve supplémentaire du mépris des résolutions de l'ONU par l'organisation terroriste Hezbollah - en premier lieu la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies. L'organisation terroriste du Hezbollah, qui creuse les tunnels d'attaque transfrontaliers, poursuit ses activités soutenues et financées par l'Iran pour établir son infrastructure terroriste contre les civils israéliens».
Mur de protection

L'armée israélienne est prête à tous les scénarios. Des zones adjacentes à la barrière de sécurité ont été déclarées zone militaire fermée, mais pour l’instant aucune instruction spéciale n’a été imposée aux résidents du nord.
Dès les premières heures de l'opération, Tsahal a détruit un tunnel du Hezbollah pénétrant dans le territoire israélien au sud du village libanais de Kfar Kila. Le tunnel de 2x2 mètres a débuté dans une maison du sud du Liban et s’étendait sur environ 40 mètres à l’intérieur du territoire israélien, mais ne représentait pas une menace imminente pour les habitants de la région. La construction, qui a nécessité deux ans, fonctionnait à l'électricité.

Dans un reportage daté de mai 2015, le quotidien as-Safir rapportait, à la suite d'une visite organisée par le Hezbollah au Liban-Sud, que la formation pro-iranienne avait creusé après la guerre de 2006 de nouveaux tunnels plus performants, précisant que la qualité du ciment utilisée était meilleure et le système de ventilation plus perfectionné. L'article précisait que le Hezbollah creusait ces tunnels manuellement pour ne pas attirer l'attention des Israéliens de l'autre côté de la frontière.

Tunnel du Hezbollah

Israël juge que la position iranienne en Syrie est fragilisée et que les Iraniens ont décidé de transférer leurs activités au Liban. Amos Yadlin, directeur de l’Institut national des études sécuritaires, a confirmé que les «Iraniens ont changé de tactique. Ils sont en train de tout transférer vers le Liban». Ce changement de stratégie est consécutif d’une part aux frappes aériennes israéliennes qui font de plus en plus de dégâts et d’autre part à la volonté de la Russie de stabiliser la Syrie et donc d’encadrer les activités iraniennes. Moscou refuse de laisser Téhéran construire un front contre Israël pour éviter tout risque de conflit avec la Syrie. D’ailleurs, lors des dernières frappes, Moscou n’a pas réagi officiellement estimant ne pas vouloir s’ingérer dans un conflit irano-israélien.  
Pompeo-Netanyahou

  A l’occasion de sa réunion à Bruxelles avec le secrétaire d’État Mike Pompeo, Benjamin Netanyahou l’avait informé de l’imminence de l’opération pour obtenir sa caution. En plus du soutien américain, le premier ministre peut aussi se prévaloir du soutien des pays arabes du Golfe qui considèrent que l’Iran a un grand pouvoir de nuisance dans la région. Depuis le départ d’Avigdor Lieberman, Netanyahou semble vouloir reprendre la main pour effacer l’impression de faiblesse qu’il donne. Certains hommes politiques, surpris par l’annonce soudaine de cette opération, l’attribue à une volonté de masquer ses déboires judiciaires à la veille d’éventuelles élections anticipées. Ce serait jouer avec les questions de sécurité que de lancer une opération militaire uniquement pour se couvrir vis-à-vis du procureur.
Les menaces contre le Liban ne datent pas d’hier, depuis que Téhéran a ordonné au Hezbollah de construire des sites secrets pour transformer des projectiles inadaptés en missiles guidés, «des missiles qui peuvent frapper en profondeur Israël avec une précision de 10 mètres». Les services secrets avaient affirmé que deux vols commerciaux inhabituels en provenance de Téhéran avaient atterri à Beyrouth, après une escale à Damas, à des fins de livraison d’armes destinées au Hezbollah. Depuis la guerre de 2006, le Hezbollah a renforcé ses capacités militaires puisqu’il dispose aujourd’hui d’environ 120.000 roquettes et missiles.
Avichai Adraee

    L'opération «Bouclier du nord», est un avertissement adressé non seulement au Hezbollah et à l’Iran, mais aussi à l’État libanais qui permet les agissements de terroristes sur son sol. Le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Avichai Adraee, a précisé que «Le gouvernement libanais est responsable de tout ce qui se passe sur le territoire libanais à partir de la ligne bleue». Le Liban sait que ses sites les plus sensibles seront visés. Pour l’instant le Hezbollah n’a pas réagi officiellement tandis que la Finul et l'armée libanaise tentent de calmer le jeu. On attend un discours de Hassan Nasrallah dans les prochains jours. 
Finul au Liban

  La Finul a précisé que «les zones sous son contrôle au Liban-Sud étaient calmes. La Finul suit les informations des médias et s'entretient avec toutes les parties concernées afin de garantir que celles-ci aient recours aux mécanismes de contact et de coordination mis en place par la Finul pour assurer le calme et la stabilité permanents».
Pour Israël, le moment est bien choisi pour une confrontation d’envergure contre le Hezbollah dont la grande partie des troupes est encore stationnée en Syrie. Par ailleurs, l’Iran subit les conséquences des sanctions américaines qui l’asphyxient. Mais s’il y a conflit, il ne ressemblerait pas à celui de 2006 qui a été une demie victoire. Israël ne ménagerait pas le Liban qui apporte ouvertement son soutien au Hezbollah ou du moins, ne fait rien pour empêcher son implantation militaire dans le pays. Contrairement à 2006, les Américains apporteraient leur soutien à une telle opération. On ignore en revanche l’attitude de la Russie qui pourrait profiter de l’occasion pour accroître son influence au Liban.
Eizenkot au Golan

Les autorités politiques et militaires israéliennes avaient, à plusieurs reprises, confirmé que le danger venait du nord, minimisant ainsi les troubles à Gaza. Tsahal, est à présent maître des horloges sous le contrôle du pouvoir politique. 

1 commentaire:

denis sabrié a dit…

Regardez ces regard de Joel Strick, Avichai Adrace et Mr. Eizenkot, on sent la puissance, l'observation, et l'unité..c'est très important face à cette haine qui entoure au 3/4 ISRAEL, alors MERCI les gars pour votre devoir et Merci Mr.J.Benillouche pour ce travail minutieux d'information ( pour tous vos articles en génèral..)