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mardi 12 décembre 2017

Chronique d’humeur : Macron-Netanyahou ou l'art du langage diplomatique


Chronique d’humeur

MACRON-NETANYAHOU OU L’ART DU LANGAGE DIPLOMATIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE

Copyright © Temps et Contretemps

            

          Les effusions publiques avec accolades démonstratives ont pour but de cacher les divergences entre Macron et Netanyahou. C’était une véritable réunion diplomatique dans tous les sens du terme avec des mots creux pour masquer les différences notables : «la discussion a été franche et directe» expression banale pour dire en fait que les protagonistes ne sont d’accord sur rien. On ne voit pas l’intérêt de telles réunions sauf si c’est pour prouver que la rupture n’est pas totale. On se demande ce qu’est venu chercher en France Netanyahou qui n’a rien de nouveau à proposer pour la résolution du conflit palestinien. Les positions sont tellement éloignées que l’on imagine les deux dirigeants vivre dans deux planètes différentes.



Conférence de presse-1


Conférence de presse-2

            
          La rencontre entre Benjamin Netanyahou et Emmanuel Macron avait été prévue avant la déclaration de Donald Trump. Elle pouvait difficilement être décalée malgré la tension qui était à son paroxysme après la déclaration du président américain. Emmanuel Macron a été clair et n’a pas utilisé de langage alambiqué.  Il a manifesté sa «désapprobation des déclarations récentes du président des Etats-Unis, que la France juge contraires au droit international et dangereuses pour la paix».
            Répéter à l’envie qu’Israël est «un pays ami» et condamner «avec la plus grande clarté toutes les formes d'attaques des dernières heures et des derniers jours contre Israël» ne compensent pas les actes même si Macron a insisté : «Tout ce qui menace la sécurité d'Israël et des Israéliens est condamné par la France avec beaucoup de fermeté». Derrière ces caresses dans le sens du poil de l’opinion publique israélienne, le président français a assené ses vérités qui n’ont pas dû plaire à Netanyahou : «conformément aux positions françaises depuis plusieurs décennies, la France tient à ce que deux États en paix avec des frontières internationalement reconnues puissent voir le jour dans la région entre Israël et la Palestine». Le gouvernement israélien, malgré sa déclaration de 2009 à l’université Bar Ilan, a depuis longtemps abandonné ce dogme.

            Pour favoriser une véritable négociation, Macron s'est engagé à «soutenir toute initiative qui serait prise en ce sens et invite Netanyahou à mener des gestes courageux en direction des Palestiniens pour sortir de l'impasse actuelle avec pour exemple le gel de la colonisation israélienne». Il a réitéré sa désapprobation contre les déclarations du président des Etats-Unis qu'il juge «dangereuses pour la paix», une décision qui ne semble «pas servir à court terme la cause de la sécurité y compris d'Israël et des Israéliens eux-mêmes». Pour montrer qu’il n’était pas impressionné par ces mises en garde, Benjamin Netanyahou a utilisé une image : «Paris est la capitale de la France, Jérusalem est la capitale d'Israël».  
Caricature de Kichka

            Nous avons assisté à un dialogue de sourds. On ignore ce qu’attendait Netanyahou en faisant le voyage à Paris sachant que sa stratégie politique diverge totalement de celle des Français. Il n’espérait quand même pas persuader Macron de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’État juif ! En fait cette visite, stérile du point de vue israélien, sert beaucoup plus les intérêts du président français qui veut se donner une stature internationale. En recevant Netanyahou, l'Élysée affiche sa volonté de jouer un rôle dans la région au moment où les Américains se désengagent.


9 commentaires:

Georges KABI a dit…

Bib n'a pas rencontre Macron pour rien. Il savait parfaitement quelles etaient les positions francaises sur le conflit. Il y avait probablement d'autres sujets plus delicats, comme par exemple l'avenir de l'entente franco-allemande si Merkel etait ecartee de son poste, ou la soudaine connivence France-Turquie, voire meme certaines informations plus sensibles concernant le conflit actuel et ses protagonistes.

andre a dit…

Quand je lis cet article, j’ai l’impression que l’auteur disculpe totalement les leaders palestiniens.
Netanyahu n’aurait fait aucune concession parce qu’il est contre la solution à deux États !
Le premier ministre israélien a perdu du temps à Paris puisqu’il ne pouvait convaincre Macron que la capitale d’ Israël est bien Jerusalem !
Bref, Israël est dirigé par un Premier ministre incompétent !
Un peu sommaire , un peu presomptueux d’indiquer le bon choix qui serait forcément le contraire de la politique menée sans définir ce qu’il doit être ni comment il pourrait prospérer.
André M
Tribune juive

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@André,

Comme d’habitude, vous êtes toujours hors sujet pour prouver que vous êtes un vrai défenseur de la cause israélienne et moi un ennemi d'Israël. C’est facile de prendre position depuis la terrasse du Flore et moins quand on vit le quotidien en Israël. C’est facile de taper sur les Palestiniens alors que vous acceptez d’être l’alibi juif en Tunisie en vous faisant inviter, tous frais payés à Djerba, pour lécher les babouches des islamistes qui terrorisent les Tunisiens et qui rejettent les Israéliens.

Hors sujet car ma chronique avait pour sujet les relations franco-israéliennes et plus précisément la relation Macron-Netanyahou. Vous avez fait une interprétation abusive de mon texte à partir d’une seule phrase « On se demande ce qu’est venu chercher en France Netanyahou qui n’a rien de nouveau à proposer pour la résolution du conflit palestinien ». C'est un fait. Il est venu les mains vides.

Macron veut s’insérer dans le processus de paix israélo-palestinien ; c’est tout à son honneur. Et il doit écouter les deux parties comme doit le faire un vrai arbitre.
J’ai donc estimé qu’il revenait à chaque partie de présenter son projet. Netanyahou se grandirait en écrivant noir sur blanc comment il voit l’avenir de cette négociation, point par point, à charge aux Palestiniens d’accepter, d’amender ou de refuser son programme de paix. Mais ce programme aura au moins l'avantage d'exister et de forcer les Palestiniens à se prononcer. Je n’ai pas « disculpé totalement les leaders palestiniens » puisque je n’ai pas abordé le sujet.

Quant à vouloir me faire passer pour un antisioniste, un gauchiste, un antisémite, je revendique ces défauts et surtout mon droit d’écrire en toute liberté parce que je ne suis pas soumis, comme votre site, aux diktats des annonceurs.

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Voyant que le traité de paix entre Israël et la Palestine est enlisé depuis si longtemps. Qu'à l'évidence, le statut de Jérusalem en est la principale pierre d'achoppement. Serait-il si extravagant, afin d'arriver à la solution des deux états, de se résoudre à donner à Jérusalem un statut international, en la proclamant ville sainte des trois religions monothéistes ?

Très cordialement.

JPrave a dit…

bonjour Anonyme Marianne ARNAUD a dit...,
il ne fallait pas faire la guerre de 1967 , car cela plus de 50 ans que Jérusalem est et ouest est réunis,
d'autre part je vous donne un lien qui devrait répondre à vos question.
https://usun.state.gov/remarks/8206#.Wi5fqSHkn2Q.facebook

V. Jabeau a dit…

Cet intéressant article donne une interprétation sûrement proche de la réalité. Rappelons quelques autres réalités :
- Jérusalem est, pour les US, la capitale d’Israël depuis 1995, même si l’ambassade n’y a pas été transférée. Le processus de transfert est à peine lancé.
- Les Européens ont adopté le narratif palestinien sur Jérusalem depuis 2006-2007. Les arabes palestiniens ont lancé une grande offensive diplomatique qui s’est étendue sur des années (UN, Unesco, CPI, etc.), profitant également de la passivité pour ne pas dire plus d’Obama.
- La donne au Moyen-Orient change : la Turquie inquiète (euphémisme), les régimes arabes majoritairement sunnites sont en danger économique et travaillés par les Frères Musulmans, les régimes perses et turcs veulent en profiter pour (re) devenir les grands acteurs de la région. Certains autres comme le Qatar poussent à la roue pour se trouver un destin régional. Ce sont eux qui ont financé le Hamas pendant la guerre de 2014, et ce sont eux qui font voter la France et d’autres pays européens contre Israël dans les instances internationales avec des arguments économiques et sociologiques.
- La guerre au Moyen Orient n’est pas le fait d’Israël, qui reste mal accepté mais qui devient malgré tout un élément actif de l’équation, et pas seulement pour le détruire
- Les USA, après avoir voté le Taylor Act, qui reconnaît certaines activités de financement de l’Autorité Palestinienne comme terroristes, vont s’émouvoir lorsque des Européens persisteront à financer l’AP, de même que la charge de l’UNESCO sera plus lourde pour l’Europe.
- Les USA ont considéré que l’AP ne proposait rien et que la sécurité des USA passait d’abord par Israël, même si la paix n’est pas signée. C’est pourquoi Trump reconnaît Jérusalem comme capitale fermant ainsi à l’AP une porte de négociation.
Dans ces conditions, les Européens et les Français, au premier rang duquel Macron, devront prendre position. Cela va être difficile car ils ont 25 ans de propagande à faire oublier et avec le travail des organisations et états musulmans ici, ce sera compliqué et prendra beaucoup de temps. Ensuite car les états arabes et musulmans vont continuer à faire pression, aidés par les Russes et les Chinois qui contestent le leadership US. Israël a des atouts forts : son aptitude à faire face (et de ce côté B Netanyahu est un maître qui inspire tous les hommes politiques de tous bords qui aspirent à le remplacer), le gaz, la hi tech, la techno militaire et se services d’espoionnage... La partie n’est pas finie même si les arabes ont perdu cette bataille, qui est surtout une affaire de représentation (horreur : la centralité de Jérusalem aux Juifs...).

Mivy a dit…

La visite de Nethanyahu aurait eu un résultat positif très important : La France s'oppose à toute présence militaire iranienne en Syrie.
A côté de cela, la position de Macron s'explique avant tout par les contrats faramineux signés avec le Qatar. Les déclarations désobligeantes pour Israël n'ont de conséquences pour personnes, business go on !

Georges a dit…

bonjour
encore un article qui culpabilise ISRAEL de ne faire aucun effort .....
a t on oublie les gestes de barak et de olmer de ceder la moitie de jerusalem restes sans reponses de la partie arabe.? faut il encore arreter la construction en judee samarie ( et non en cisquelquechose) (quel est le pauvre d'esprit qui a sorti ce quelquechose) et toujours sans reponse de l'autre cote?
la reponse de bibi est tres claire, mais PERSONNE EN FACE MEME POUR RECEVOIR LE VICE PRESIDENT AMERICAIN

denis sabrié a dit…

Bonne analyse, mais ne nous trompons pas..l'antisionisme vient bien du coté de Mr.Macron et du Quai d'Orçay qui ne reconnaissent toujours pas une évidence : Jérusalem est bien la Capitale d'Israel
Et en ce qui concerne les arabes de "Cis Jordanie" deux solutions..., soit ils acceptent une carte nationale Israélienne soit ils rejoignent la Jordanie, je ne vois vraiment pas d'autre solution car il est hors de question d'un état dit "Palestinien" en (Judée Samarie..) c'est probablement le dessein de Mr. Nethanyahu à long terme...mais chut...il n'ai pas bon de faire des suppositions..
Mr Nethanyahu est de passage en France et en Europe, très bien pour rappeler à ces derniers (de la classe) leur responsabilité historique...
Quand la France, comme le dit Mr. Mivy, fait des affaires avec le Qatar et l'Iran, elle n'a vraiment pas de quoi la ramener, encore une fois c'est lamentable..