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vendredi 18 mars 2016

Antisionisme synonyme d'antisémitisme et de haine d'Israël par Gérard AKOUN



ANTISIONISME SYNONYME D’ANTISÉMITISME ET DE HAINE D’ISRAËL

Par Gérard AKOUN

            

          Lors du dîner annuel du CRIF, qui s’est tenu à Paris le 10 mars, François Hollande, invité d’honneur de ce dîner, dans l’impossibilité de se trouver  au même moment à Paris et à Bruxelles, où se tenait un sommet des chefs d’État ou de gouvernement européen, a demandé à Manuel Valls de le représenter et d’y lire le discours qu’il avait préparé. Comme on peut s’en douter, le premier ministre a accompli sa mission en adaptant le discours à son propre style sans  en modifier évidemment la teneur.


            
C’est ainsi qu’il a déclaré : «l’antisionisme est synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël». Cette phrase a, bien entendu, été fortement applaudie par les 700 ou 800 personnes réunies ce soir là, mais sa reprise dans les média, le lendemain, a provoqué les critiques de ceux qui soutiennent inconditionnellement la cause palestinienne et qui, implicitement ou explicitement le plus souvent, considèrent que l’aboutissement des  revendications  nationales des Palestiniens passe par la disparition des structures étatiques d’Israël, de l’entité sioniste comme disent les plus extrémistes.
            Il y a plusieurs dizaines d’années, avant la seconde guerre mondiale, on pouvait débattre encore, au sein des communautés juives de la nécessité d’un État juif, et ce débat eut bien lieu au sein du peuple juif, entre différentes tendances, socialiste, bundiste, communiste et nationaliste, c’est-à-dire sioniste. Étaient sionistes, ceux qui voulaient créer un État juif en Palestine. L’Histoire, après la tragédie de la Shoah, a  tranché en leur faveur. Aujourd’hui, l’Etat d’Israël existe, et être antisioniste signifie militer, agir pour la destruction de cet État.

            Autant on  peut comprendre les rancœurs des Palestiniens à l’égard des Israéliens, l’État s’est construit à leurs dépens, il leur faut en partager la terre, autant  il est difficile de comprendre que le soutien de l’extrême-gauche, en particulier, se soit focalisé sur le conflit israélo palestinien.  La région est à feu et à sang depuis cinq ans, cinq millions de Syriens ont quitté leur pays pour fuir les combats, 200 à 300 mille sont morts sous des bombardements sans qu’il y ait eu beaucoup de protestation. On n’a pas entendu, ou si peu, crier à mort Assad. Par  contre, quand Gaza, a été bombardé  en 2014,  on a défilé dans Paris en criant à mort Israël, à mort les Juifs, alors qu’on aurait pu, dû en toute logique, vitupérer contre le gouvernement israélien qui dirigeait le pays. Mais, dès qu’il s’agit  d’Israël, on ne fait pas de distinction entre les gouvernants et le peuple, les Juifs forment une seule entité, diaspora comprise, tous condamnables.
Ahmed Jabari avec Khaled Mechaal

            Les qualificatifs, aussi, sont différents  selon  qu’on les applique à des Israéliens ou à des Palestiniens. Je lisais dans la lettre du Point, un article en date du 14 mars, dont la source était l’AFP. Le titre était le suivant : «le cerveau présumé  d’assassinats nommé à la tête du Shin Beth, et en sous titre, Déjà numéro deux du service de renseignements et de lutte anti terroriste, Nadav Argaman aurait ordonné l’élimination de plusieurs activistes  palestiniens». Deux de ces «activistes» étaient  des responsables de la branche militaire du Hamas, en guerre déclarée avec Israël, faut-il le rappeler. Ils étaient responsables de très nombreuses attaques contre Israël et de nombreux attentats mortels contre des civils. Les uns n’étaient que des activistes, l’autre un assassin ! En aurait on dit autant d’un chef des services secrets français qui par son action aurait bien mérité de la patrie ? C’est à classer, sans doute, dans la rubrique antisionisme.
            Il est encore difficile en Europe, en France en particulier, mais de moins en moins, de se dire antisémite, alors on emploie un euphémisme, on se dit antisioniste, ce vocable a l’avantage d’englober dans un même mot l’antisémitisme et la haine d’Israël. Il faut remercier Manuel Valls d’avoir parlé sans fard.           

2 commentaires:

Véronique ALLOUCHE a dit…

Alors qu'il est de bon ton d'élever la voix pour clamer " pas d'amalgame" lorsque tel ou tel intellectuel pose la question du problème d'un certain islam en France, a contrario on maintient l'idée répandue qu'être antisioniste ne revêt pas une forme d'antisémitisme. Quelle est cette nouvelle extrême gauche qui se montre plus extrémiste que ne l'était l'extrême droite? Bravo à Monsieur Valls qui ose dire, répéter et dénoncer cet antisémitisme à peine voilé. Dans le futur, y aura-t-il d'autres voix politiques qui suivront son exemple??? Pas vraiment certaine.
Bien cordialement
Véronique Allouche

Janie Cheraki a dit…

Il ne faut pas tout mélanger.Israël est
Un état,être juif est une religion,être
Juif n'est pas une tare,comme être chrétiens!