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vendredi 11 mars 2016

A force de tirer sur la corde ... par Gérard AKOUN



À FORCE DE TIRER SUR LA CORDE…

Par Gérard AKOUN

            

          À force de tirer sur la corde, elle peut finir par casser. Décidément, Joe Biden, le vice-président des États-Unis,  n’a  pas de chance lorsqu’il effectue une visite officielle en Israël. Elle ne peut jamais se  dérouler  dans un climat serein. En 2010, alors qu’il s’y  trouvait, le gouvernement, par la voix d’un de ses ministres, avait annoncé la construction de 1.600 logements à Jérusalem est. Cette fois, c’est la visite de Benyamin Netanyahou aux États-Unis et sa rencontre avec Barack Obama, prévue dans une dizaine de jours, qui sont annulées à la veille de l’arrivée en Israël du vice-président.



            On n’était pas, sans ignorer, l’antipathie que les deux hommes éprouvent l’un pour l’autre mais il était difficile d’imaginer qu’ils ne puissent pas se rencontrer pour faire le point sur la situation au Moyen-Orient. Les Américains et les Israéliens se rejettent la responsabilité de l’annulation de cette rencontre et en particulier celle du moment choisi pour l’annoncer. Benyamin Netanyahou a justifié son refus de rencontrer Barack Obama en arguant du fait qu’il ne voulait pas donner l’impression de s’immiscer dans la campagne électorale américaine. Pour ceux qui se souviennent du soutien direct qu’il avait apporté à Mitt Romney, le candidat républicain opposé à Obama, pour le renouvellement de son mandat en 2012, cet argument est pour le moins  spécieux.
            Je pense qu’il  ne voulait pas  rencontrer le Président des États-Unis pour ne pas avoir à afficher, publiquement, ses réticences, ses divergences, avec la politique menée par  Barack Obama au Moyen Orient et en particulier vis-à-vis de l’Iran. Et ce, d’autant plus qu’Israël est entrain de  négocier  avec les États-Unis, un  nouvel accord de défense pour les dix années  à venir qui lui permettrait de bénéficier d’une aide plus importante, cinq milliards de dollars au lieu trois  dans l’accord précédent.

            La visite de Joe Biden dans la région, Israël d’abord,  Ramallah ensuite, n’était  pas sans rapport avec l’intention qu’on prête au président américain de se livrer, avant de quitter la Maison-Blanche, à une dernière tentative pour ramener les Israéliens et les Palestiniens, à la table des négociations. Le vice-président américain était aux premières loges pour en mesurer la difficulté sur le terrain. Il a déclaré : «le genre de violences que nous avons vues hier, l’absence de condamnations, sous-entendu de l’Autorité Palestinienne, la rhétorique qui accompagne cette violence, les représailles que cela suscite, tout cela doit s’arrêter».  Mais il a ajouté : «le statu quo doit s’arrêter quelque part en ce qui concerne la solution à deux États, voir la voie à  suivre est  peut-être difficile mais nous continuerons à encourager toutes les parties à reprendre le chemin de la paix». Les États-Unis, et l’Union Européenne restent persuadés que la solution au conflit israélo-palestinien passe par la création d’un État palestinien aux côtés de l’État d’Israël dont les frontières seraient sûres et reconnues par ses voisins.
Attentat de Jaffa

            Les attentats se multiplient en Israël, à Jérusalem et dans les territoires, sans que l’on trouve de solution pour prévenir ces attentats qui sont perpétrés par des fanatiques isolés, des adolescents le plus souvent, qui savent qu’ils ne survivront pas à leurs forfaits. La fracture avec la population arabe israélienne va s’élargissant. Selon  un sondage récent, 48 % des Juifs israéliens pensent qu’Israël doit expulser les Arabes du pays, 45 % y sont opposés. 10 % à peine des Juifs israéliens sont persuadés que l’Autorité Palestinienne recherche  véritablement  la paix avec Israël et 20 %  seulement, des Arabes israéliens considèrent  qu’Israël est sincère quand il affirme  rechercher la paix. La méfiance est devenue si forte  qu’on peut se demander si le retour, pourtant nécessaire,  à la table des  négociations est encore possible.
            Jusqu’à présent, les États-Unis, malgré les avanies que leur a fait subir Benyamin  Netanyahou s’étaient abstenus, de faire pression sur Israël pour l’encourager à faire les concessions douloureuses mais nécessaires à la création d’un État palestinien. Il n’est pas impossible que Barack Obama, à quelques mois de la fin de son mandat, ne s’implique résolument  dans la recherche d’un accord de paix entre les Israéliens et les Palestiniens. Il justifierait ainsi le prix Nobel de la paix qu’il a obtenu en début de mandat et  laisserait une trace dans l’Histoire du Moyen-Orient.


5 commentaires:

Elizabeth GARREAULT a dit…

Effectivement, il serait temps qu'Obama justifie son prix Nobel donné comme un chèque en blanc et tant pis si les crétins racistes d'extrême-droite locaux penseront avoir confirmation de leurs dires ...Bah, il faut bien nourrir nos pauvres..en esprit.

jean SMIA a dit…

L'utopie d'une « Frontière sûre et reconnue ».

Quelles frontières, dans le monde, seraient-elle sûres et reconnues ?
Celles de la Syrie, du Liban, de l'Ukraine, de la Libye, de l'Irak ou celles du Mali ?
Celles de l'Europe ? De la Grèce et de Chypre ? À moins qu'il n'agisse des frontières de l'Espagne avec la Catalogne ou de celles du Sud de Maroc ?

Se proposer de garantir une frontière est un langage d'escroc.
Cette garantie fluctue en fonction de l’intérêt immédiat de chaque État à faire respecter une assurance et il n'y a que celui qui souscrit qui s'imagine être en sécurité.
Surtout dans la situation d'amoralité vénale dans laquelle ont sombré l'ONU et l'Unesco.
Un peu comme lorsqu'une compagnie d'assurance décide d'invoquer tous les prétextes afin de ne pas indemniser un assuré : il y en a pour des dizaines d'années de palabres et chicaneries.

C'est ainsi que les frontières du futur État Kurde ne seront garanties que par l'armée Kurde.

Bernard Meyer a dit…

Madame Garreault
Votre manque d'esprit démocratique et de respect pour ceux qui pensent autrement me sidère. De par ce pauvre langage vous devriez, de vous même, vous placer parmi les "pauvres....en esprit.
Bernard Meyer

jean SMIA a dit…

@ Bernard Meyer :
Je ne vois pas en quoi le fait que Madame Garreau constate, qu'en Israël aussi, existent quelques pauvres d'esprits dont le racisme n'a rien à envier au Daesh, puisse être un déni d'esprit démocratique.
Votre affirmation semble mettre en évidence que votre conception de la liberté d'opinion et de la démocratie soit d'inspiration soviétique.

Bernard Meyer a dit…

@Jean SMIA
Chacun a le droit d'émettre et de défendre une opinion, mais dénigrer avec des propos aussi virulents tout individu pour sa pensée contraire ou son attitude c'est tout simplement un manque de réflexion qui vous amène à tomber dans son travers.
Cordialement
Bernard Meyer