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mercredi 2 mars 2016

L'Iran évacue la Syrie mais se maintient au Golan



L’IRAN ÉVACUE LA SYRIE MAIS SE MAINTIENT AU GOLAN

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            
Soldats iraniens

          L’Iran profite de l’opportunité qui lui est donnée par l’entrée en guerre des Russes pour se désengager de Syrie. La décision était depuis longtemps dans les tuyaux mais les mollahs ne voulaient pas donner l’impression de fuir le combat. Selon les medias arabes, une certaine panique s’était emparée des Gardiens de la révolution combattant en Syrie. Le corps d’élite iranien a été touché par une vague de démissions car ses membres refusaient ouvertement d’aller combattre en Syrie. L’agence de presse iranienne Fars a confirmé la mort de 160 militaires de la Garde révolutionnaire. Plus de 300 d’entre eux ont été blessés.


Défilé iranien

            Ces chiffres semblent en dessous de la réalité car ne sont pas inclus les mercenaires étrangers envoyés par les Iraniens. Des chefs militaires de haut rang sont tombés au combat à l’instar du colonel Mostafa Ezzatollah, du général de division Farshad Hasoonizadeh, du général de brigade Hamid Mokhtarband et du général Hossein Hamedani, tous tués à Alep. Les dirigeants iraniens hésitaient à maintenir leur participation militaire au régime de Bachar Al-Assad et n’attendaient que l’occasion pour quitter les combats.
            Plus de 2.500 gardes révolutionnaires participaient au combat contre les rebelles syriens. L’Iran vient de décider de réduire ce nombre à 700 conseillers militaires dans la zone de combat. La Russie a exigé la présence de troupes iraniennes au sol pour superviser et aider les opérations de son aviation. Ce départ anticipé des troupes a été confirmé par John Kerry au Congrès : «Le CGR a effectivement retiré ses troupes de Syrie. L'ayatollah Khamenei a retiré un nombre important de troupes. Leur présence est effectivement réduite en Syrie». Ils sont remplacés par des conseillers chargés d’organiser les mercenaires venus d’Iran, d’Irak et d’Afghanistan et les transferts d’armes aux combattants. Le Hezbollah, malgré ses pertes estimées à 1.300 hommes, continue en revanche d’aider les forces chargées de consolider le régime syrien contre les forces rebelles locales.
Sigle Al-Sabirin

            Mais sous couvert de désengagement, les Iraniens ont déplacé des centaines de combattants palestiniens vers la frontière israélienne, au Golan. Parmi ces combattants figurent des membres d’une nouvelle organisation chiite créée à Gaza au premier trimestre 2014, Al-Sabirin (les Persévérants), dont le logo ressemble à quelques détails près au logo du Hezbollah. 
          Le groupe Al-Sabirin parle de combattre Israël, mais ses slogans comportent des connotations qui poussent à le considérer comme un mouvement confessionnel chargé d’occuper un espace entre le Hamas et le Fatah. Al-Sabirin vise, selon ses objectifs, à libérer toute la Palestine et ne croit pas à «des accords négociés, ni même à des trêves à long terme avec Israël». Il veut continuer le combat jusqu’à l’éradication de l’État juif.
Al Sabirin

            Le porte-parole officiel de Al-Sabirin a soulevé le problème de sa relation avec le Hezbollah : « Il n'y a pas de lien entre nous et le Hezbollah. C'est une organisation libanaise et nous sommes un mouvement palestinien. Nous sommes d'accord avec nos frères du Hezbollah parce que nous avons choisi la même voie, qui est la voie de la résistance, nous appartenons au même axe, nous sommes confrontés au même ennemi et nous nous retrouvons sur la voie de la libération de la Palestine». Il s’agit en fait d’une émanation du Hezbollah qui a cherché à s’implanter à Gaza.
            Des sources sécuritaires précisent que des efforts de coordination n’ont pas abouti pour régler la question du statut entre Al-Sabirin et le Hamas qui tient à contrôler seul la situation sécuritaire dans la bande de Gaza. Les Palestiniens d’Al-Sabirin ont été progressivement mis à l’écart puis neutralisés à Gaza. Ils se sont alors orientés vers les camps de réfugiés du Liban qui ont reçu de nombreux réfugiés palestiniens fuyant la Syrie. Le Hezbollah et l’Iran leur ont alors donné pour instruction d’organiser leur implantation à la frontière du Golan afin de créer un point de fixation pour Tsahal au nord d’Israël.
Israéliens au Golan

            Mais Israël avait déjà pris des mesures militaires pour consolider sa défense au Golan en créant une division nouvelle, constituée de régiments de choc, chargée d’intervenir avec des commandos expérimentés. Il a anticipé les combats en éliminant d’entrée de jeu deux officiers supérieurs, le général iranien Allah-Dadou et Jihad Moughnié du Hezbollah. Le rouge était mis. Il a contrecarré la stratégie des Iraniens qui voulaient exploiter l’annonce de la trêve syrienne pour avancer leurs nouveaux pions. L’État-major israélien semble avoir obtenu le feu vert russe pour écarter ou neutraliser les miliciens d’Al-Sabirin du Golan syrien. L’Iran comptait créer une poche de nuisance pour semer le trouble à la frontière nord. Son objectif risque d’être compromis.

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