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dimanche 28 février 2016

Israël refuse l'impunité pour les tueurs de civils Juifs



ISRAËL REFUSE L'IMPUNITÉ POUR LES TUEURS DE CIVILS JUIFS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            
Omar Nayef et sa femme

          Les medias bulgares ont rapporté qu’Omar Nayef Zayed, palestinien reconnu coupable du meurtre en 1986 de l’étudiant israélien de yeshiva, Eliyahu Amadi,  avait été retrouvé mort au consulat de l’Autorité palestinienne à Sofia. Les enquêteurs soupçonnent un assassinat. 
          Omar Nayef Zayed était réfugié en Bulgarie depuis 1994. Né à Djénine en Cisjordanie,  il avait été arrêté à Jérusalem en 1986, jugé puis  condamné à la perpétuité. En 1990, il avait entamé une grève de la faim qui avait nécessité un traitement dans un hôpital de Bethléem d’où il s’était échappé. Après un long périple au Moyen-Orient, il s’était installé en Bulgarie en 1994 où il se maria et eut trois enfants.



Ambassade de Palestine à Sofia

            Israël n’avait jamais renoncé à le retrouver et, quand il a eu sa trace, il avait fait appel aux autorités bulgares. Son domicile avait été perquisitionné le 17 décembre 2015 et une mesure d’extradition était envisagée. Il préféra alors se réfugier à l’Ambassade de Palestine, reconnue par la Bulgarie en 1988.
            Comme on ne prête qu’aux riches, la responsabilité d’Israël a été suspectée mais il n’est pas dans les habitudes des Israéliens de démentir ou confirmer ce genre d’informations sécuritaires. Il est vrai que le gouvernement israélien a souvent autorisé l’élimination d’assassins de Juifs mais le plus étrange reste que ce crime a été perpétré à l’intérieur même de l’Ambassade ce qui implique que les tueurs avait des complices au sein de la délégation palestinienne.
            C’est une règle non écrite qui perdure depuis la nuit des temps et surtout depuis la création de l’État d’Israël qui a décidé de s’ériger en justicier des meurtres contre les civils juifs innocents et surtout contre les enfants. «Œil pour œil, dent pour dent» (Exode 21, 23-25). Mais les Israéliens n’utilisent pas ce principe par vengeance mais pour éradiquer, ou pour le moins, décourager les tentatives d’assassinats de civils désarmés.
Ambassadeur en Bulgarie

            Les conclusions de l’enquête ne seront certainement pas publiées mais déjà beaucoup d’indices étonnent. Omar Nayef Zayed se trouvait seul à l’Ambassade à Sofia ce qui donne à penser que ses assassins étaient bien renseignés. Par ailleurs aucune preuve d’effraction n’a été constatée tandis que son corps sanglant a été retrouvé dans les jardins intérieurs par son fils et le personnel de l’Ambassade qui prenait ses fonctions à 7h30 du matin vendredi  26 février. L'ambassadeur palestinien, Ahmad al-Madbuh, avait alors fait appel à une ambulance mais les médecins n’ont pu constater que sa mort. Le ministère israélien des affaires étrangères n’a pas commenté cette mort mystérieuse.
            Zayed avait un passé de militant marxiste au FPLP (Front populaire pour la Libération de la Palestine). A ce titre, il n’avait pas hésité à poignarder à mort dans la vieille ville de Jérusalem le jeune Eliyahou Amadi, âgé de 22 ans, avec la complicité de son frère et d’un autre membre, condamnés eux-aussi pour le meurtre. 
Eliyahou Amadi

          Israël n’avait jamais abandonné ses recherches et lorsque sa trace avait été découverte, l’ambassade de Palestine avait tout fait pour se débarrasser d’un personnage devenu encombrant. Ses amis, qui étaient en contact téléphonique avec lui depuis l’étranger, ont senti dans ses propos que quelque chose se tramait. Zayed leur avait précisé que quelque chose d’étrange se passait à l’Ambassade qu’il ne pouvait pas expliquer. Il se sentait en danger et il avait téléphoné à son frère au Liban jeudi vers 23 heures pour envisager son déplacement. Le FPLP accuse à la fois l’Autorité palestinienne qui l’a mal protégé et les Israéliens qui, selon lui, ont armé la main de l’assassin. La thèse de l'assassinat par des Palestiniens n'est pas exclue.
            L’Ambassadeur Madbuh nie les pressions sur Zayed et persiste à affirmer que sa protection était totale. Mais en raison de rumeurs de menaces, il avait demandé au ministère bulgare des affaires étrangères une sécurité accrue alors que les gardes avaient été retirés devant l’Ambassade. Le FPLP, qui a des relations tendues avec l’Autorité palestinienne, accuse le Fatah de collaborer avec Israël. Mais tout est flou dans les explications du porte-parole de l’Ambassade. Après avoir dit  «qu’un homme était mort suite à de la violence», il a modifié sa thèse pour expliquer qu’aucun «signe de violence n’a été trouvé  et qu’il était probablement tombé d'un étage élevé du bâtiment». A noter cependant que le fugitif palestinien est mort au lendemain du retour du premier ministre bulgare, Boïko Borissov, qui venait de rentrer d’Israël et des territoires palestiniens. De là à affirmer que son sort était scellé !
Munich 1972

            Israël n’a jamais divulgué sa participation aux éliminations de terroristes. Elles sont codifiées et toujours conduites sous l’égide de l’État, après décision du Cabinet de sécurité qui en donne l’autorisation, non pas par esprit de vengeance mais pour des raisons sécuritaires afin d’éliminer les leaders du terrorisme. Mais il est arrivé au  gouvernement israélien de donner une publicité à ses actions pour qu’elles servent d’avertissements ou de leçons à ses ennemis. Ainsi le massacre des otages de Munich en 1972 avait nécessité une réaction à la hauteur de l’événement. Golda Meir décida alors de l'opération Colère de Dieu ou opération Baïonnette, effectuée par le service Action du Mossad visant à assassiner les auteurs directs ou indirects du massacre des athlètes. L'opération dura plus de vingt ans parce que tous les auteurs sans exception devaient payer. Durant ces années, les unités israéliennes chargées de cette mission exécutèrent à travers l'Europe une dizaine de Palestiniens et de ressortissants de pays arabes.
Imad Moughnié

            Un autre meurtre était resté sans commanditaire bien que les auteurs aient été parfaitement identifiés. Israël n’avait jamais revendiqué l’opération. Le Washington Post a révélé le 31 janvier 2015 que l’ancien haut responsable de la branche militaire du Hezbollah, Imad Moughnié, avait été tué à Damas en 2008 dans une opération conjointe effectuée par la CIA et le Mossad. La bombe, spécialement conçue par l’agence américaine dans une de ses bases en Caroline du Nord et installée dans son véhicule par les experts israéliens, avait été actionnée depuis Tel Aviv. Le Hezbollah avait quant à lui accusé l’État hébreu d’en être le commanditaire. Imad Moughnié figurait sur la liste des personnes les plus recherchées par les autorités américaines, en raison de sa participation aux attentats ayant visé les forces américaines stationnées à Beyrouth en 1983. Il était accusé d’avoir été à l’origine de l’attentat qui avait détruit l’ambassade américaine de Beyrouth, tuant 63 personnes dont 8 officiers de la CIA, ainsi que de l’attentat visant les Marines stationnés à l’aéroport de Beyrouth, faisant plus de 242 morts.
Buenos Aires 1994

          Les autorités israéliennes l’accusaient de leur côté d’avoir commandité les attaques ayant visé la communauté juive de Buenos Aires en 92 et 94. L'attentat de 1994 à la voiture piégée, perpétré le 18 juillet 1994 dans la capitale argentine, avaient visé un bâtiment abritant plusieurs associations juives, dont l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA) faisant 84 morts et 230 blessés. Israël n’avait jamais pardonné.
            Enfin dans la liste des terroristes, Samir Quntar s’était distingué par un meurtre lâche et odieux le 22 avril 1979. Avec trois autres terroristes du Front de libération de la Palestine, venus du Liban à bord de canots pneumatiques, ils avaient débarqué dans la nuit près de la ville de Nahariya. Ils avaient enlevé Danny Haran et sa petite fille de quatre ans, Einat Haran. Lors d'un échange de tirs avec la police israélienne, Samir Quntar avait exécuté le père d'une balle dans la nuque puis avait fracassé la tête de la petite fille sur les rochers de la plage à l'aide de la crosse de son fusil. 
Samir Quntar bras levé

          Il avait été libéré lors d’un échange de prisonniers et se pavanait à l’occasion des défilés des troupes du Hezbollah. Les medias syriens ainsi que le Hezbollah ont confirmé le 20 décembre 2015 que des missiles tirés par des avions de l'armée de l'air israélienne avaient détruit un bâtiment dans le district de Jaramana à Damas et tué Samir Quntar, chef des réseaux de terroristes du Hezbollah dans le sud de la Syrie et au Golan.
Omer Bar-Lev

            Si Israël n’a jamais reconnu avoir  trempé dans ce crime, le député Omer Bar-Lev, ancien commandant de l'unité d'élite antiterroriste de Tsahal, Sayeret Matkal, est revenu sur l’élimination de Samir Kantar à Damas en reconnaissant qu’Israël était derrière ce meurtre. Il a même mis en garde le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah de subir le même sort : «Je ne lui conseille pas de quitter son bunker, parce qu'en tant qu’ennemi, c’est une cible. Personnellement je lui recommanderais de prendre bien soin de lui-même. Israël a une très longue mémoire».
            Effectivement, l’armée de l’air israélienne a vengé le crime perpétré plus de 36 ans auparavant pour démontrer qu’aucun crime contre les civils juifs ne restera impuni. Israël est patient et n’oublie jamais. Peut-être que le meurtre en 1986 du jeune étudiant de Yeshiva, vient d’être vengé à Sofia. Reste la confirmation qui n’est pas encore venue d’Israël.

5 commentaires:

Erick LEBAHR a dit…

Jamais de répit pour les assassins délibérés de civils pour leur seule appartenance ontologique, parce qu ils sont juifs!!! Ce message implacable est le meilleur qui soit!!

Jean-Pierre NIEGO a dit…

Raison d'état, vendetta ? Deux principes qui me sidèrent ? D'autant plus qu'Israël n'est plus aussi fragile... je me méfie aussi de ma pudibonderie en la matière puisque je doute moins du monstre qui est en moi que de la victime.

Georges KABI a dit…

Je n'aime pas le titre de cet article, car il cache la verite, et celle-ci n'est pas a l'honneur d'Israel:
1 - Israel a, contrairement aux Americains, deja negocie plusieurs echanges de cadavres contre pas mal d'assassins. Le dernier echange a ete fait pour recuperer le soldat Guilad Shalit, et on libera plus de 1,000 terroristes dont au moins le tiers d'entre eux avait du sang sur les mains.
2 - Israel se pretend une democratie. Si c'est vrai, ce que je doute, ces gens la auraient du etre arretes comme Eichmann, juges et pendus ou mis en prison. Comme Israel fait des echanges, il est donc preferable de les pendre, mais seulement apres un jugement en bonne et due forme. Sinon, ce sont des assassinats purs et simples et Israel ne se comporte pas mieux que ces terroristes!

Bernard Meyer a dit…

@Niego et Kabi
Effectivement pour récupérer même le corps d'un de ses citoyens Israel a le devoir moral de libérer des prisonniers. Pour faire payer sa dette à un assassin qui se terre dans un pays il faut pour cela obtenir son extradition. Quel pays "démocratique" arabe ou autre libérerait l'assassin d'un juif.
Israel ne fait que rétablir une justice qui trop longtemps n'a jamais été rendue à son peuple.
Alors continuez de rêver et évitez de jouez les pucelles effarouchées.
Bernard Meyer

Janie Cheraki a dit…

C'est clair aucune pitié pour tous ces crimes commis par ces terroristes!