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samedi 30 mai 2015

LES INDIGNÉS Par André NAHUM



LES INDIGNÉS

La chronique de André NAHUM



En 2010, Stéphane Hessel publiait sous le titre «Indignez-vous»,  un essai de 32 pages qui connut un formidable succès et dont il fut vendu 4 millions d’exemplaires. L’indignation, écrivait-il, est devenue le ferment de l’esprit de résistance.
Ces propos ne restèrent pas  lettre morte. Un peu partout dans le monde, des foules nombreuses ont manifesté leur ras-le-bol de leurs conditions d’existence, des injustices  sociales, des combines, de l’incurie, de l’incompétence voire de la malhonnêteté  de leurs dirigeants. Ils ont compris qu’on se jouait d’eux, qu’on  les  utilisait.

Révolution des tentes à Tel-Aviv

Il y eut en 2011, 2012, différents mouvements de protestation sociale tant en Israël  où l’on vit  des milliers de personnes manifester, envahir le boulevard Rothschild à Tel-Aviv et y camper pendant 3 semaines, qu’en Inde et à New-York où à Wall-Street il fut teinté d’un certain antisémitisme alors que son promoteur lui-même d’origine juive, se voulait  seulement anti-israélien et pro-palestinien. S’il vivait encore, l’auteur aujourd’hui disparu  de cet ouvrage, serait bien  surpris de la suite des événements.
En janvier dernier, les élections grecques  ont donné contre toute attente la victoire à la gauche radicale  avec le mouvement  Syriza, dont le leader Alexis  Tsipras, presqu’inconnu jusque- là est devenu premier ministre. Il y a quelques jours,  après des années de crise et d'austérité, les indignés espagnols, ont infligé à l’occasion des municipales et des régionales,  un camouflet retentissant  à la droite, qui semble  en passe de perdre plusieurs bastions régionaux. Ils  pourraient remporter les villes de Barcelone et de Madrid.
Ada Colau

À Barcelone, la liste d’Ada Colau, est arrivée en tête devant celle du maire nationaliste sortant Xavier Trias. «Le désir de changement a vaincu la campagne de la peur, de la résignation», a déclaré  avec des larmes de joie le grand vainqueur du scrutin. À Madrid, la liste de Ahora Madrid dirigée par une ancienne juge de 71 ans, Manuela Carmena, et comprenant notamment le parti anti-libéral  Podemos, est deuxième après celle du Parti populaire (PP) sortant (20 conseillers contre 21) et pourrait gouverner avec l'appui des  socialistes.
Par ce message clair, les Espagnols  comme les Grecs ont voulu  exprimer  leur ras-le-bol de l'austérité et de la corruption gangrenant la politique et ont choisi pour leur  amener «un souffle d'air frais», ces nouveaux-venus  dont on pourrait redouter l’inexpérience. «Notre main est tendue disent les vainqueurs,  mais ceux qui voudraient s'entendre avec nous doivent savoir que la manière de faire de la politique doit changer».
Mais si en Grèce, en Espagne les Indignés se sont tournés vers la gauche radicale, il n’en a pas été de même en Hongrie ou en France, Chez nous, s’ils ont manifesté  au cours des dernières élections  leur rejet de la classe politique de gouvernement ;  ils ont donné  leurs  voix un peu sur le parti de gauche, beaucoup plus sur  Marine Le Pen  et si l’on n’y prend pas garde, ce mouvement ira en s’accentuant.
Un fait est certain, que ce soit en France, ou en Grèce, en Espagne ou en Israël le peuple veut changer les règles du jeu. Il réclame plus de justice sociale, il  veut des dirigeants plus proches de lui, plus honnêtes  et plus préoccupés de  leur  mission que de  leur  propre sort et espère les trouver soit dans la gauche radicale soit dans la  droite extrême. Nos hommes et  nos  femmes  politiques  ont-ils compris le message ? Qu’ils prennent  garde. A la contestation pacifique peut succéder  la violence.


3 commentaires:

Elizabeth GARREAULT a dit…

Plus trop envie de manifester. Depuis qu'on sait comment votent les moins aisés, ce n'est pas comme dans la caricature de Mahomet :" C'est dur d'être aimé par des c...." mais "C'est dur de se battre pour des c....".

Marianne ARNAUD a dit…

En France, ce qui est indigne, c'est que depuis une trentaine d'années les partis de gouvernement de droite comme de gauche se sont exonérés de leur responsabilité envers les classes populaires, les poussant toujours d'avantage vers l'abstention et le vote FN, à chaque élection. Aujourd'hui cet électorat qui est devenu largement majoritaire et qui ose remettre en cause les choix fondamentaux des dirigeants, est décrédibilisé et diabolisé, par la classe politique dirigeante, sous le nom de "populistes".

Cordialement.

Bernard ALLOUCHE a dit…

Les Européens ont heureusement encore une culture démocratique.
Après toutes ses désillusions le peuple se tourne vers les extrêmes
Mais qu'adviendra t-il d'une Europe divisée entre des partis extrémistes, sans aucune connaissance politique et des idéologies dont on a vu les désastres durant le 20eme siècle.
Certainement rien de bon !!
Bernard