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mardi 12 mai 2015

HISTOIRE DES GOUVERNEMENTS À MAJORITÉ SERRÉE EN ISRAËL



HISTOIRE DES GOUVERNEMENTS À MAJORITÉ SERRÉE EN ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            

          Benjamin Netanyahou a constitué un gouvernement qui disposera d’une majorité de 61 députés sur 120 sièges à la Knesset. Rien ne l’empêchera de fonctionner et même de durer le temps d’une législature complète. Les lois de la Knesset sont généralement votées à la majorité simple mais la majorité absolue est indispensable pour tous les changements touchant aux 14 lois fondamentales, sortes de chapitres qui constituent l’ossature d’une future Constitution. 



          Certains articles des lois fondamentales bénéficient d'une protection spéciale contre le législateur ordinaire, ce qui signifie qu'il faut une majorité qualifiée de 61 députés pour les amender. La modification du nombre de ministres réclamée par Benjamin Netanyahou entre dans ce cas-là. C’est pourquoi le premier ministre a exigé la présence en Israël de tous les députés de la majorité jusqu’au vote final. Dans tous les autres cas, la majorité simple des présents est suffisante pour adopter une loi.
Itzhak Rabin

            L’histoire gouvernementale d’Israël a prouvé par deux fois que des majorités serrées permettent à un gouvernement de fonctionner normalement et de durer. Seule la mort des premiers ministres a mis un terme à ces coalitions gouvernementales. En 1992, le gouvernement Rabin a connu cette situation qui ne l’a pas empêché de faire voter les accords d’Oslo de 1993. Mais cette situation impose que le parti arrivé en tête dispose d’une réelle avance sur ses suivants. Aux élections du 23 juin 1992, le parti travailliste d’Itzhak Rabin avait obtenu 44 sièges face aux 32 du Likoud. Il a constitué une majorité de 61 députés avec les 12 députés du Meretz, les 3 du parti communiste Haddash et les 2 du parti démocratique arabe. C’était l’époque où les partis arabes, constitués de citoyens israéliens, ne souffraient pas d’ostracisme et pouvaient soutenir leur gouvernement.
            Les Accords d'Oslo de 1993 conduisirent à un vote de confiance devant la Knesset, que le gouvernement remporta avec 61 voix contre 50 (8 abstentions) grâce au soutien des partis arabes. Malgré une marge étroite, le gouvernement avait pu mettre en œuvre les accords avec une marge étroite. Sans l’assassinat de Rabin, le 4 novembre 1995, il aurait pu durer toute la législature.

Ariel Sharon

          Un deuxième exemple concerne le gouvernement d’Ariel Sharon mais avec une distinction nécessaire entre la majorité lors de sa constitution et certains votes contestataires ultérieurs. Aux élections du 28 janvier 2003, Ariel Sharon avait obtenu 38 sièges face à une défaite cinglante du travailliste Amram Mitzna, qui avait obtenu seulement 19 sièges, entraînant d’ailleurs sa démission. La récession persistante avait eu raison de la gauche. 
       Devant le refus des travaillistes de participer à un gouvernement d’union nationale, Sharon avait constitué un gouvernement le 28 février 2003 avec les centristes du parti Shinouï dirigé alors par Tommy Lapid. Sa coalition de 60 députés comprenait initialement le Likoud (38 députés), Shinouï (15) et l'Union nationale (7).
Tommy Lapid et Ariel Sharon

          Le Parti national religieux (6 députés)  avait rejoint le gouvernement le 3 Mars. Sharon disposait d’une majorité confortable qui lui permettait de résister à la mauvaise humeur ponctuelle de certains membres de sa coalition. Le gouvernement Sharon adoptait son plan de désengagement le 6 juin 2004 tandis que le 26 octobre 2004, le parlement israélien votait une approbation préliminaire au plan par 67 voix pour, 45 contre et 7 abstentions. La majorité avait été réduite le 16 février 2005 lorsque la Knesset avait définitivement approuvé le plan avec 59 voix pour, 40 contre et 5 abstentions.
          Toute comparaison avec la situation actuelle serait un contre-sens. Il est difficile de faire le même parallèle avec le gouvernement Netanyahou issu des élections de mars 2015. Les partis arrivés en tête disposaient d’un écart important avec leurs suivants immédiats, 44 en 1992 et 38 en 2003 alors que le Likoud ne dispose aujourd'hui que de 30 sièges. Rabin et Sharon n’avaient pas de concurrent charismatique avéré au sein de la coalition dont les membres respectaient la hiérarchie et n'affichaient pas d'ambitions personnelles. 

          En revanche, Netanyahou souffre d’abord de l’usure du pouvoir après plus de 20 années au gouvernement. Ses jeunes partenaires estiment que leur tour est arrivé de prétendre à la première place. Il doit faire face ensuite aux appétits de deux leaders impatients, Naftali Bennett et Moshe Kahlon qui sont prêts à composer dans l’immédiat, tout en plaçant leurs pions. Chacun choisira le moment propice pour voler de ses propres ailes en faisant tomber le gouvernement, le cas échéant, et au moment le plus propice pour eux. 

             




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