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samedi 31 mai 2014

L’ALIBI DU NOUVEL ANTISÉMITISME


L’ALIBI DU NOUVEL ANTISÉMITISME
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            L’ancien antisémitisme se rattache à celui d’Europe de l’Est, du début du XXème siècle, qui s’est répandu dans le continent. Il était inscrit depuis longtemps de manière intrinsèque dans les gènes européens et a trouvé son apogée après une mutation qui a conduit à l’avènement d’Hitler avec pour conséquence les six millions de morts de la Shoah. 
Cet antisémitisme classique reportait sur les Juifs, qualifiés de «parasites», tous les maux de l’humanité à travers un consensus international. Il a été momentanément rangé dans les armoires de l’Histoire lorsqu’il a été supplanté par le nouvel antisémitisme représenté par l’islam radical devenu la bannière de la lutte contre l’immigration musulmane.



Islam fondamentaliste


Ce nouveau concept, émanant de l'islam fondamentaliste, tend à se manifester comme une opposition au sionisme et à l'État d'Israël mais non pas aux Juifs. Les antisémites se sont alors démarqués en se cachant derrière leur combat contre l'islamisme mais ils n'ont pas fait illusion. Avec une certaine orchestration, plusieurs organisations internationales en ont fait leur cheval de bataille tout en prétendant cependant qu’elles s’adressaient uniquement à Israël. 
Pourtant cet islam radical est couplé ouvertement avec une résurgence des attaques contre les Juifs et les symboles juifs conduisant à une banalisation des croyances antisémites dans les discours publics. En fait, les partisans de ce nouvel antisémitisme prétendent qu’ils s’attaquent à l'antisionisme et à l'antiaméricanisme alors qu’il s’agit d’une forme déguisée de l'antisémitisme. Considérée comme légitime dans un débat, la critique rend triviale la diabolisation d’Israël sous forme d’exploitation de l'antisémitisme.

Cette nouvelle vague d'antisémitisme se répand dans le monde en accroissant les préjugés contre Israël. Alors pour ne pas être en butte aux critiques, nombreux parmi les ennemis d’Israël sont ceux qui tentent d’accréditer l’idée qu’il y a une distinction à faire entre antisémitisme et opinions anti-israéliennes. Ils pensent qu’en supprimant l'antisémitisme, on pourrait supprimer du même coup les arguments contre Israël. Alors ils se cachent derrière ce nouvel antisémitisme pour faire croire qu’ils n’adhèrent plus aux attaques contre les Juifs.

Antisémitisme light

Cela explique que de plus en plus d’adeptes juifs ou israéliens de Marine Le Pen, tentés moins par son idéologie que par les mesures radicales qu’elle propose, justifient leur démarche de rejoindre ses rangs parce que le FN fait croire qu'il rejette l’antisémitisme historique. Les partisans de l'extrême-droite utilisent l’alibi que l’antisémitisme actuel n’a rien à voir avec celui qui prévalait du temps des Nazis, dans l’entre-deux guerres. C’est évidemment un leurre bien entretenu par les médias. D’ailleurs l’attentat du Musée juif de Bruxelles, qui coïncide avec une montée de l’extrême-droite en Europe, est utilisé comme moyen de détourner l'attention sur l’antisémitisme des partis nationalistes radicaux fascistes ou néo-nazis.

Sous prétexte que les deux victimes israéliennes étaient des membres d’une organisation dépendante du bureau du premier ministre, l’attentat antisémite a été transformé en opération contre des membres israéliens des services de renseignements. On ne parle plus de Juifs mais de victimes professionnelles. Il est vrai que certains éléments de l’enquête relèvent la froideur et la technicité du tueur, rendant le crime prémédité. Mais les autorités israéliennes n’ont pas corroboré cette thèse, se bornant à estimer qu’il s’agit d’une coïncidence malheureuse.
Les médias se sont emparés du concept du nouvel antisémitisme pour justifier l’inquiétude des Juifs soumis aux islamistes dans les pays européens. Alors pour camoufler leur haine persistante des Juifs, les nouveaux antisémites se retranchent derrière l’argument que leurs cibles sont en réalité les vagues d’immigration musulmane coupables de préparer un changement irréversible de la démographie en Europe. La culpabilité du Juif est momentanément écartée pour ne pas choquer ceux des nouveaux adeptes encore marqués par la Shoah. Les Israéliens participent inconsciemment à l’émergence de cette théorie car ils se refusent à lier ouvertement l’antisémitisme classique contre les Juifs et la montée des partis d’extrême-droite ultranationaliste en Europe.

                     Deux antisémitismes

Mais l’existence de deux types d’antisémitisme trouve grâce auprès de certains israéliens alors les organisations juives refusent de faire un distinguo entre ces deux antisémitismes, arguant que les conséquences restent néfastes dans tous les cas. Devant les risques croissants de la pénétration islamiste en Europe, certains Israéliens seraient tentés de faire leur choix entre une Europe gangrenée par les Musulmans radicaux et l’Europe antisémite historique qui semble avoir mis de l’eau dans son vin. Ils minimisent la menace réelle d’une montée des extrémistes de droite estimant que ces derniers sont les seuls, selon eux, à pouvoir éradiquer ou freiner l’expansion islamiste. 



        Alors que le FN n'a pas changé dans son idéologie de base, sauf à changer quelques têtes dérangeantes, l’alliance avec certains extrêmes n’est plus taboue entraînant de nombreux israéliens à ne pas juger infréquentable le parti de Marine le Pen sous prétexte qu’ils ont en commun la haine des islamistes radicaux qui favorisent une poussée de l’immigration vers Israël. Mais cet argument est éculé car les chiffres de l’immigration sont décevants en ce qui concerne les pays d’Europe, à l’exception de la France cependant.

L’ancien et le nouvel antisémitisme constituent les doigts d’une même main. L’un et l’autre se parent d’arguments qui ne trompent personne car la finalité reste toujours la haine du Juif et son éradication. C’est un même mal qui ronge depuis plusieurs siècles des peuples toujours enclins à trouver chez le Juif un bouc émissaire qui explique leurs échecs.

3 commentaires:

Avraham NATAF a dit…

L'antisémite traditionnel reconnaitraît l'existence d'un Etat Juif, la haine islamique n'admet le Juif ni en dedans ni en dehors d'Israël comme les attentats de Toulouse, de Bruxelles ainsi que le projet éventré contre le pélerinage de Djerba

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Je m'inscris en faux contre la thèse que vous défendez dans cet article et qui va à l'encontre de tout ce que je peux voir et vivre ici en France où, à ce que je sache, personne ne soutient les arguments que vous défendez.
Au soir de l'élection européenne où le FN avait obtenu 25% des suffrages exprimés, le Président Hollande a cru devoir prendre la parole. Il n'a pas prononcé une seule fois le mot "antisémitisme".
L'eût-il fait qu'il aurait dû demander, dans le même temps, la dissolution du FN puisque l'antisémitisme est illégal en France et très fortement réprimé.
Aussi je me permets de vous renvoyer au commentaire de Pat Quartier sur l'article intitulé : "Quand Jean-Marie Le Pen nous faisait des appels du pied", paru sur votre site ces derniers jours, ainsi que sur mon billet intitulé : "Non, la France n'est pas un pays antisémite", que vous aviez eu l'amabilité de publier en mars 2012.

Très cordialement.

Jacques BENILLOUCHE a dit…

Chère Marianne,

Je n'ai jamais écrit que la France était antisémite. J'ignore ce qui vous fait penser à cela. Au contraire je l'ai clamé haut et fort dans un article datant de 2012 :

http://benillouche.blogspot.fr/2012/07/la-knesset-et-lantisemitisme-en-france.html

Cordialement