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vendredi 9 mai 2014

TOUJOURS PLUS LOIN, TOUJOURS PLUS VITE Par Gérard AKOUN



TOUJOURS PLUS LOIN, TOUJOURS PLUS VITE

Par Gérard AKOUN

Judaïques FM


Mardi dernier, deux ans jour pour jour après son élection, François Hollande  est allé défendre son action sur RMC et BFM-TV. C’était la première fois qu’un Président de la République, en fonction, s’exprimait sur une radio et surtout répondait en direct aux questions des auditeurs.
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Radio privée


Pour cette première, il n’avait pas choisi une radio du service public, non tout au contraire, une radio privée d’informations continues, relayée par une télé, tout aussi privée. François Hollande a certainement considéré qu’avec moins de 20% d’opinions favorables au sein de la population, il lui fallait  prendre le risque d’aller, au devant de ses concitoyens, simplement, sans le cérémonial qu’impliquent la préparation  et la réalisation d’une émission télévisée.

Sur la forme, tous les commentateurs s’accordent pour reconnaître que le président de la République  n’a pas été épargné par  l’interviewer de RMC, Jean-Jacques Bourdin ou par les auditeurs. Sur le fond il s’est défendu pied à pied contre les accusations portées sur son  manque d’autorité, son amateurisme et en particulier sur sa naïveté économique. Je pense qu’il connaissait parfaitement l’état dans lequel se trouvait l’économie française : «La France a failli déposer le bilan quand je suis arrivé» a-t-il déclaré au cours de cette émission.  François Fillon, premier ministre avait fait le même constat en 2007 : «Je suis à la tête d’un  État qui est en situation de faillite sur le plan financier, je suis à la tête d’un État qui est depuis 15 ans en état de déficit chronique… » Ce qu’avait aussitôt  démenti Nicolas Sarkozy ; il ne fallait pas désespérer les français.

La crise

La crise aidant, la dette explosant pendant les années Sarkozy, le diagnostic ne s’est pas infirmé. La droite reproche à François Hollande de ne pas avoir dit aux Français, au lendemain de son élection, que pour s’en sortir il fallait de la sueur et des larmes. Elle lui reproche  de ne pas appliquer  le traitement drastique, la potion libérale qu’elle préconise pour améliorer la compétitivité de la France. Mais elle-même n’avait pas osé le faire de peur de  réactions brutales au sein de la société française.
Durant ces deux premières années de son quinquennat François Hollande a réparé quelques injustices criantes et mis en œuvre des réformes sociétales. Il a essayé de substituer le compromis à l’affrontement, dans les relations entre les acteurs sociaux, pour pouvoir répartir équitablement les efforts exigés mais cela demande du temps alors que les Français attendaient de lui une baisse rapide du chômage et une augmentation de leur niveau de vie. Il a cru que les emplois d’avenir et les contrats de génération feraient baisser le chômage des jeunes mais les résultats n’ont pas été à la hauteur de ses espérances.

Jusqu’aux derniers jours de 2013, il a cru qu’il réussirait à inverser la courbe du chômage, qu’il avait pu mobiliser les employeurs sur cet objectif. C’est sur ce point qu’on peut le taxer de naïveté. La sanction  ne s’est pas faite attendre, l’électorat de gauche s’est abstenu ou a voté Front national aux dernières municipales. François Hollande en a tiré la leçon, il a décidé en changeant de gouvernement d’accélérer les réformes, d’aller selon sa formule  toujours plus vite, toujours plus loin dans les réformes.
Ces deux années ont permis aux Français de prendre conscience de la nécessité impérieuse de réformes profondes et  de se résigner aux sacrifices qui en découleront. Mais nombre d’entre eux, déçus par la droite  puis par la gauche en sont à rechercher une solution miracle dans les promesses fumeuses de Marine Le Pen. Les 50 milliards d’économies décidées, la substitution de la politique de l’offre à celle traditionnelle pour la gauche de la demande, le choix de soutenir  la compétitivité des entreprises devraient  permettre de conserver le modèle social français tout en le modernisant, à la condition toute aussi impérieuse que les sacrifices soient répartis équitablement.

3 commentaires:

Saulnier a dit…

Pourtant Hollande a vite enterré le rapport Gallois; incompatible avec ses promeses électorales

Anonyme a dit…

ces informations sont désespérantes pour les personnes qui habitent dans la France profonde. Les petits retraités ou bas salaires laissées pour compte car ils sont loin de tout et le gouvernement dans sa bulle avec des conseillers qui se moquent bien de ces "villageois"nous enlèvent les services de proximité surtout du point de vue administratif sous le prétexte de faire des économies.En revanche, les banlieues qui font du bruit émeuvent coté gouvernemental...Moralité, et les bonnets rouges l'ont bien compris, rebellons nous en faisant de la casse, et on saura sans doute nous écouter?

Marianne ARNAUD a dit…

Telle que vous nous présentez cette histoire on se demande pourquoi le cher homme n'est plus qu'à 18% d'opinions favorables, alors que je vous rappelle tout de même que Sarkozy, le président honni, vilipendé, avait encore une cote de popularité à 32% après deux ans de quinquennat ?
J'ai bien peur que, quoi que vous en pensiez, ou plutôt en rêviez, que ce sera "toujours plus vite" vers la sortie !

Très cordialement.