LA TUNISIE, PAYS FOSSOYEUR DE LA
FRANCOPHONIE
Par Jacques BENILLOUCHE
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Francophonie 2016 |
Le 17ème sommet de la Francophonie s’était clôturé le 27 novembre 2016 à Madagascar. La Tunisie avait repris le flambeau pour organiser en 2020 la 18ème édition de ce grand événement sachant que le berceau du Printemps Arabe avait été choisi à l’unanimité par les pays membres. Un entretien téléphonique avait eu lieu, le 19 mai 2020, entre le président de la République tunisienne Kais Saïed et la Secrétaire Générale de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), Louise Mushikiwabo, pour envisager la tenue de la 18ème édition du sommet de la Francophonie au mois de décembre 2020.
Mushikiwabo |
En effet, Kais Saïed avait proposé de
reporter cette édition qui coïncide avec le 50ème anniversaire de la fondation
de l’OIF, créée à la suite d’une initiative du président Habib Bourguiba, en
collaboration avec des présidents du Niger, du Sénégal et du Prince du
Cambodge. Louise Mushikiwabo avait alors proposé d’organiser cette édition à
Djerba. Pour mémoire, pour ceux qui l’ignorent encore, Israël n’a jamais été admis
dans l’organisation malgré ses 150.000 francophones, en raison du veto libanais.
Le président tunisien comptait beaucoup sur cette
réunion pour être mis à la lumière auprès des chancelleries internationales. Il
cherchait à se donner une stature internationale. En avril 2020, il avait déjà appelé
les États ainsi que les organismes internationaux à mettre en place une
stratégie globale pour lutter contre la pandémie qui a frappé l’humanité. Il a
estimé que les pays ne devaient pas se contenter de stratégies individuelles de
lutte, mais qu’il fallait également une réaction collective. À ce titre, il
avait lancé une initiative pour convoquer une réunion d'urgence du Conseil de
sécurité afin de lui soumettre un projet de résolution visant la recherche de
stratégies concertées à l’échelle internationale pour résister à la propagation
du virus. Il avait été entendu puisque le Secrétaire général des Nations Unies,
António Guterres, avait lancé un «Plan de réponse humanitaire mondial»
contre la pandémie de Covid-19 avec un appel aux dons à hauteur de 2 milliards de
dollars.
Tout en demandant de mettre en œuvre des moyens
susceptibles de résoudre la crise sanitaire actuelle, il s’est élevé contre les
solutions régionales insuffisantes et injustes. Pour lui la santé représente le
pilier primordial de la sécurité générale qui doit être un droit légitime
accessible à tous les êtres humains, sans exception.
En plus de chercher à s’afficher auprès des instances
internationales, Kaïs cherche à présenter la Tunisie sous un jour positif après
toutes les prises de positions anti israéliennes qu’il a affichées ces derniers
mois. Mais il existe toujours des trublions qui viennent lui gâcher l’ambiance. Par
ses déclarations intempestives, il a poussé les Tunisiens à persister dans
leur islamisme suicidaire. Et pour preuve, le député tunisien Rached Khiari a
justifié le meurtre du professeur français Samuel Paty : «Celui qui porte
atteinte au prophète doit en assumer les conséquences !». Donc pour lui, il
est tout à fait normal de décapiter un enseignant qui tente d’expliquer à ses élèves
le contexte polémique de ces caricatures.
Rached Khiari |
Mais un autre député s’élève à présent contre l’OIF.
Le député Yassine Ayari a demandé au
président de la République, Kais Saïed, d’annuler le sommet de la Francophonie,
prévu en Tunisie, et qui avait été déjà reporté à 2021 pour des raisons
sanitaires liées à la propagation du coronavirus. Cet illustre
élu considère que ce sommet auquel prennent part essentiellement la France et
ses «anciennes colonies», vise à «consolider les valeurs et la langue
françaises à travers des pressions sous couvert de coopération politique,
académique, culturelle et économique».
Yassine Ayari |
Yassine
Ayari estime qu’il est inadmissible d’abriter ce sommet en Tunisie dans un
moment où la culture française se permet de «ridiculiser et de mépriser nos
croyances et d’imposer des restrictions sur les diverses cultures sur son sol
pour des raisons politiques et électorales, loin du respect mutuel».
Telle est cette nouvelle Tunisie gangrenée par les islamistes qui s’affichent ouvertement avec la complicité d’un président qui se déshonore tous les jours. Et comme l’a écrit le Canard Enchainé : «le président tunisien s’est vendu comme un conservateur éclairé. Ce n’est pas vraiment le cas !». La Tunisie va de plus en plus à la dérive ! Au lieu d’encourager la démocratie laïque au sein de la Tunisie, Kaïs n'a fait que nourrir l’islamisme et, par conséquence immédiate, l’islamisme radical. Il ne faut donc pas s'étonner qu'il enfante des monstres capables de s'attaquer à la culture.
3 commentaires:
Un islamiste est quelqu'un qui fait de la religion qu'est l'Islam une arme de combat politique.
Le terme "islamisme radical" est donc un pléonasme.
Cher monsieur Benillouche,
Quand on mesure l'état d'"ensauvagement" où les élites politiques françaises - qu'elles soient de droite ou de gauche - ont laissé tomber la France, on ne peut pas s'étonner que cette si belle idée qu'est la FRANCOPHONIE soit en perdition.
Vous nous parlez des Tunisiens - mais il faut leur adjoindre les Algériens et les Marocains - francophones, et donc capables de se fondre dans la société française pour la subvertir de l'intérieur, en mettant en pratique cette phrase attribuée à al-Qaradawi des Frères musulmans : "Avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons; avec nos lois coraniques, nous vous soumettrons."
C'est ce qu'explique très bien Alexandre del Valle dans cette vidéo :
https://www.tvlibertes.com/terrorisme-samuel-paty-decapite-sur-lautel-de-la-republique-le-samedi-politique-avec-alexandre-del-valle
Très cordialement.
Excellent article, qui témoigne de l'importance de la variable religieuse dans la compréhenion géopolitique d'aujourd'hui.
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