Je n’ai jamais été un militant. Persuadé que tôt ou tard je pouvais être sommé de penser et d’agir contre ma raison, je n’ai formellement adhéré à aucun groupement. En outre, si j’avais fait partie d’un mouvement quelconque, révolutionnaire ou nationaliste, par exemple, j’aurais été de ces militants qui continuent la lutte après la victoire.

Albert MEMMI

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dimanche 19 juillet 2020

Radio RCJ : Netanyahou et le coronavirus



NETANYAHOU ET LE CORONAVIRUS

Jacques BENILLOUCHE au micro de Rudy SAADA
            Rudy Saada, ancien journaliste d’I24news à Tel-Aviv chargé des émissions du week-end avant de retourner en France, a intégré la rédaction de RCJ (Radio de la Communauté juive). Nous avions fait ensemble de nombreuses émissions en toute liberté éditoriale. Un pro aux manettes d’une radio juive, pour donner un autre ton et plus de professionnalisme aux informations parisiennes, est une bonne nouvelle

Rassemblement contre Netanyahou à Tel Aviv 

Les mesures décidées par Netanyahou viennent trop tard et peu à propos. Il s’est  comporté pendant la crise en homme politique d’abord. L’on se souvient de ses fanfaronnades du début de l’année lorsqu’il s’est vanté d’un succes story à l’israélienne sans faire  preuve de modestie en plaçant Israël en tête des pays les plus sûrs de la planète. Alors, il a relâché les mesures sanitaires internes pensant que le risque venait uniquement de l’étranger et qu’il suffisait de boucler les frontières en fermant le seul aéroport du pays.
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Il s’est placé en homme politique pour tenter de rehausser son prestige après son demi-échec aux dernières élections. Il fallait donc qu’il s’impose vite face à Benny Gantz. Alors il n’a pas pris les bonnes mesures économiques et laissé le tissu industriel et commercial s’effondrer. Dès février, il aurait dû prévoir le pire et empêcher les fermetures de commerces. Au petit centre commercial de Merkaz Schuster, à Ramât Aviv, 10 commerces sur 30 ont définitivement fermé : fringues, traiteur, légumes et primeurs, coiffeur, matériel de cuisine, et agence immobilière.
Netanyahou, imprévoyant, pensait que l’affaire était dans le sac. Or ces commerces ont déposé le bilan parce qu’ils ne pouvaient plus payer le loyer et le salaire de leurs petites mains.  Ils n’ont reçu aucune aide ni secours comme en France ou ailleurs.
Alors dans la panique, Netanyahou vient de décider tardivement des aides à tout le monde, sans distinction : 25 milliards de shekels (6,4 milliards d’euros); on prévoit que 85 autres vont être rajoutés. On ne connait pas l’effet réel de cette distribution de fonds à tout va. Il n’est pas certain qu’il sauvera l’économie mais le premier ministre veut surtout restaurer la confiance. Les 2.000 à 3.000 shekels (500 à 750 euros) du départ étaient une goutte d’eau dans la misère de certains citoyens au bout du rouleau. Cela ne couvre pas les loyers, les prêts immobiliers et les besoins alimentaires pour ceux qui sont au chômage. On donne à tout le monde quels que soient les revenus. Ce n'est pas sain. 


Amir Yaron

          Les mesures ont été prises dans l’urgence, sans concertation avec les autorités financières. Le gouverneur de la Banque d’Israël, le professeur Amir Yaron en particulier, est le plus négatif parce qu’il a compris qu’il s’agissait de mesures d’urgence prises dans la panique. Principal responsable économique du pays, il a critiqué le plan de relance financière proposé par le Premier ministre en déclarant qu’il y avait de "meilleurs moyens que les aides universelles pour aider le pays à surmonter la pandémie".
L’impact de la politique sur la réalité est grave en Israël. Il existe un problème entre le désir des politiques qui comptent sur les voix de leurs électeurs et les hauts fonctionnaires du ministère des finances qui sont des conservateurs techniques avisés et qui n’aiment pas distribuer leur argent à tout va. En fait, ils préconisaient d’aider les employeurs qui eux pouvaient aider leurs salariés. Or le gouvernement voulait toujours apparaître en première ligne pour se glorifier alors que la politique suivie était catastrophique.
On ne peut pas dire que la situation soit sans issue, même si elle est grave. Au début de la pandémie on comptait 300 morts, aujourd’hui 392 et  202 sous assistance respiratoire. C’est vrai que depuis le 7 juillet le nombre de contaminés est croissant et varie entre 1500 et 1871. Mais une bonne discipline, qui prendra du temps, suffira à gagner la bataille du coronavirus. En revanche, le gouvernement ne doit pas laisser sur le carreau les chômeurs et les PME car l’économie est encore solide. Les caisses de la Banque d’Israël explosent avec 146 milliards de dollars en devises, sans compter l’or. Bien sûr, ces fonds n’appartiennent pas au gouvernement mais il peut demander un prêt remboursable à long terme pour prendre des mesures rapides plus efficaces. C'est la politique suivie par la France; aggraver le déficit du budget mais sauver ce qui peut être sauvé.
Pour cela, il faut que les clans explosent le temps de la crise; les politiques trop marqués doivent sortir du jeu sans chercher à ne décider qu'en fonction de leur avenir politique. Ils doivent laisser les experts réfléchir et décider. Il faut créer deux comités d’experts sanitaires et économiques, apolitiques c'est-à-dire sans étiquettes politiques, avec les meilleurs médecins et les meilleurs économistes. L’avenir du pays dépendra alors d'eux.
Il n’y a plus d’unanimité au sein du Likoud comme si les rats voulaient quitter le navire. Les critiques fusent. David Bitan, l’un des plus proches serviteurs du premier ministre, ne mâche plus ses mots : «le Premier ministre a fait chuter le Likoud à son plus bas niveau».
Michal Shir


La députée du Likoud Michal Shir a ouvertement critiqué Netanyahou. Elle lui a reproché d’avoir intimidé des alliés politiques qui remettent en question les décisions de son gouvernement et d’avoir refusé d’assumer sa responsabilité face aux problèmes auxquels fait face Israël.
Le Premier ministre a critiqué un haut fonctionnaire du ministère des Finances, Shaul Meridor, qui s’oppose à son plan de distribution d’allocations à tous les adultes israéliens, alors que le pays est confronté à une crise économique entraînée par la pandémie de coronavirus : «Il est inconcevable que des bureaucrates s’opposent dans les médias aux décisions prises par le gouvernement et s’efforcent de les contrecarrer. Nous n’accepterons pas cela». 
Shaul Meridor

Oublions les questions d'étiquettes politiques en cette période dramatique, de guerre contre le coronavirus. Oublions les menaces d’élections. De toute façon, les Israéliens sont las de ces guerres intestines stériles.  

2 commentaires:

Arthur COHEN a dit…

Je suis souvent d'accord avec Benillouche mais pas cette fois ci. Je pense que au contraire le Covid19 est révélateur de ce qu'est l'économie israélienne. Une économie qui offre des opportunités que à ceux qui ont les bons réseaux ou sont issue de la bonne communauté, une économie qui quelque soit sa croissance ne profitera que à une toute petite minorité. Si les israéliens avaient des salaires connecté au coût délirant de la vie ils auraient eu d'avantages d’épargnes et ne se serait pas effondré aussi rapidement. C'est pas pour rien que la jeunesse se mobilise énormément car c'est une génération de spoliés. Ils doivent donner la majeur partie de leurs salaires à des proprio sans jamais pouvoir espérer devenir eux mêmes proprio, ils sont maintenus dans une précarité permanente. C'est pas pour rien que plus de la moitié des étudiants affirment vouloir quitter le pays si ils ont la possibilité. La bulle de la higth tech qui représente que 8% des emplois en Israël est un écran de fumé sur la réalité de l'économie israélienne. Israël souffre d'un bas niveau de productivité lié à un système éducatif misérable, à un manque de formation professionnel et a des infrastructures dépassés. Le gouvernement israélien n'a jamais rien fait sur ces secteurs. Je pense que Mr Benillouche sur estime la solidité de l'économie israélienne qui n'est pas une économie du premier monde selon moi. Un pays développé avec plus de 25% de pauvres c'est un pays dont l'économie ne fonctionne pas. L'économie israélienne est parfaite pour les rentiers mais pas pour ceux qui n'ont que leurs forces de travailles pour vivre. Pendant les années de vaches grasses la pauvreté a explosé, le coût de la vie a augmenté plus rapidement que les revenus, la rente gazière a été un gachi immense qui n'a pas profité au peuple à cause de la corruption délirante. Nous n'avons pas fait le nécessaire pendants les années de vaches grasses, les années de vaches maigres seront catastrophique car le peuple n'est pas en mesure d'y résister. Moi je pense que à l'issue de la crise Israël quittera définitivement le club du premier monde en matière de développement économique bien que la majorité des israéliens n'ont jamais étés dans le premier monde... Il faut ce rendre à l'évidence bibi a fait fuir en 10 ans les principaux cerveaux du pays qui sont en Europe ou au USA... Pour que le patron du bitouah leumi et de la BCI fustigent le manque d'aides du gouvernement c'est que ça ne va pas sachant que ces derniers sont souvent réfractaires à dépenser de l'argent. De toute façon à partir du moment ou Smotrich et Liberman demandent au gouvernement de respecter l'état de droit c'est que le pays va très mal!!

Betty OZARNOT a dit…

En ce qui concerne cet article qu'il faut lire.... Personnellement ayant discuté maintes fois avec des ouvriers employés, vendeurs et ce en Israël .... il est certain que les salaires sont trop bas. Un jeune ne peux pas se débrouiller seul. Il doit rester chez ses parents. Nombreux sont les couples qui vivent avec 1/2/3 enfants chez leurs parents, Das des petits appartements, ne gagnant pas assez d'argent pour pouvoir avoir leur chez soi. Ca ne devrait pas exister. Il n'y a pas beaucoup de classe moyenne en Israël parmi les Israéliens de souche . Beaucoup sont à la limite de la pauvreté. Aussi, les " vieux " dont certains font les poubelles car ils ne touchent pas grand chose