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jeudi 11 octobre 2018

Déliquescence par Jean SMIA



DÉLIQUESCENCE

Le billet d'humeur de Jean SMIA



Par définition : c’est la propriété qu'ont certains corps de se désagréger. Ainsi, c’est sur Tayyip Erdogan, l’incontestable défenseur de la liberté d’expression, des journalistes et des écrivains que les médias du «monde civilisé» comptent pour obtenir toute la lumière sur l’évaporation du journaliste Jamal Khassoghi. Et pas le moindre commentaire sur le paradoxe de la situation.



À moins d’admettre que le «safari de journaliste» soit une prérogative nationale turque, il est à noter qu’aucune autorisation préalable n’a été sollicitée par l’Arabie Saoudite pour organiser une chasse en terrain étranger. Ce qui, assurément, serait une atteinte très grave au respect dû aux institutions turques.
La déliquescence de la majeure partie des institutions, (ONU, Unesco, UE…), est prouvée par nombre de ces situations paradoxales que peu relèvent et qui pourtant témoignent que ces institutions non seulement ne remplissent plus du tout leur fonction mais ont été noyautées pour orienter leurs décisions vers l’inverse des missions originellement assignées. Comme par exemple, en 2016, l'Arabie saoudite, élue membre de la Commission des droits de la femme des Nations unies. Autant missionner un Marc Dutroux pour protéger nos enfants des pédophiles.
Je ne vais pas faire la longue liste des guerres et conflits que l’ONU n’a jamais réussi à régler, car depuis sa création pas un seul, non, pas un seul, n’a jamais été résolu par l’ONU ; quand à l’Unesco, et plus particulièrement sa filiale UNWRA, sa dérive idéologisée lui a fait perdre toute crédibilité et tout prestige.
Quand à cette Europe «qui protège» et qui se vantait d’avoir fait régner la paix en Europe, (hormis le Kossovo), elle est à présent totalement noyautée par les lobbies, et s'est mise sous leur dépendance orchestrant lois et niches fiscales qui rendent légales les évasions fiscales. Bien sûr, on ne saura jamais lesquels, parmi les candidats aux prochaines élections européennes, ont le soutien de ces lobbies pour garantir le financement de leur campagne.
Avec, en parallèle, une volontaire cécité du «Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité» aux menaces de Kossovisation de certains pays comme la Belgique, où des partis ouvertement islamistes sont sur le point de faire des scores non négligeables. Et ce, malgré le fait, aisément vérifiable, que de nombreux mouvements, partis ou associations «culturelles», financés depuis le Moyen-Orient, œuvrent pour la reconnaissance de la charia comme loi applicable dans certaines de nos régions européennes... en attendant plus.
Et ce sont précisément ces surdités, cécités et dénégations qui inquiètent nombre d’électeurs qui n’ont d’autre alternative que de trouver refuge auprès des populistes, alors qu’une autre voie serait possible si ces gens, aussi entêtés qu’un Maduro, ne persistaient pas dans leur fausse route.
Ce qui reste, à mes yeux, aussi étonnant qu’inquiétant, c’est le fatalisme et la soumission avec lesquels les médias relayent ces situations. À moins qu’ils n’aient pas reçu d’instructions pour s’offusquer. Mais quels sortes d’avantages (ou de profits) les patrons de ces médias escomptent tirer en exigeant que leurs crieurs la mettent en sourdine ?
Je n’arrive pas à esquisser la moindre hypothèse en réponse à cette question.

2 commentaires:

Sylvia a dit…

Je me suis posée la meme question.

D'abord, il s'agit d'un journaliste et encore avec le Washington Post un journal de gauche. Et il existe une certaine solidarité entre journalistes

Mais c’est à mon sens beaucoup plus complexe et global.
Cette affaire quoique tragique est du pain béni pour l’Iran et la Turquie (qui toutes deux souffrent des sanctions contre l’Iran) car cela sert à monter l’opinion publique contre Trump en exposant sa politique des deux poids deux mesures. Trump a condamné l’Iran pour avoir emprisonné un européen ainsi que la Turquie pour sa purge contre les opposants au pouvoir. Les deux pays attendent des sanctions américaines contre l’Arabie saoudite.

-la Turquie supporte l’Iran dans sa guerre contre l’Arabie saoudite, et du fait de ses importantes relations commerciales avec l’Iran souffre aussi des sanctions américaines contre l’Iran. Les deux pays ont donc tout intérêt à prouver que Ibn Salman n’est pas le réformateur que l’on croit.

2. Toute la presse turque est mobilisée surtout celle de droite dominée par les Frères musulmans --Kashoggi est aussi Frere musulman. L’Iran quant à elle a commencé à développer son infrastructure médiatique pour les besoins de propagande dès le lendemain de la révolution. Aujourd’hui elle est maitresse de la désinformation aussi bien à travers les médias sociaux que les sources d’information légitimes, tandis que les journaux qui n’ont pas les moyens d’enquêter sur place se servent de ces sources.

patrick silberberg a dit…

J adore le style de la publication.
Tout est dans les contradictions.
Erdogan donneur de leçon? Une blague de plus que la presse avale .
Je me souviens d une époque où les prises d otages en URSS se terminaient vite par l envoie en valise diplomatique du corps en morceaux d un proche des preneurs d otage.