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dimanche 14 octobre 2018

Israël n'a rien à faire dans la Francophonie



ISRAËL N’A RIEN À FAIRE DANS LA FRANCOPHONIE

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps
        

          Israël est l’oublié de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) en raison de l’opposition catégorique du Liban qui a mis son veto à son admission. Selon les statuts, les nouveaux membres doivent être admis à l’unanimité. Puisque l’entrée lui est refusée, Israël n’a rien n’a y faire d’autant plus qu’il aurait à verser, à fonds perdus, des millions de dollars. A moins que d'ici 2020 les choses auront changé lorsque la Tunisie accueillera le prochain sommet. L’OIF a vu son intérêt s'éroder parce que les États et les gouvernements, répartis sur l’ensemble des continents, se sont comportés en fossoyeurs de l’organisation en la politisant.



Abdou Diouf

Au lieu de promouvoir la langue et la culture françaises et de combattre l’impérialisme envahissant de la culture anglo-américaine, les Sommets de la francophonie ont fixé des ordres du jour strictement politiques : paix et droits de l’homme, démocratie et économie, technologie et environnement, enjeux environnementaux et économiques face à la gouvernance mondiale, et enfin égalité femmes/hommes. Tout a été organisé pour que la politique et l’idéologie priment sur la culture et la linguistique alors que les combats n’auraient dû n’être que littéraires.
            Les 200.000 francophones d’Israël ont été écartés alors que selon l’ancien secrétaire général, Abdou Diouf «la langue française appartient à ceux qui ont choisi de la féconder aux accents de leurs cultures, de leurs imaginaires, et de leurs talents». L’OIF parle uniquement politique au lieu de défendre la diffusion des textes de Zola, Balzac ou Victor Hugo, et même de Jacques Brel ou Léo Ferré. La culture est un espace de liberté et de paix où les amoureux des textes, des mots et des phrases bien faites devraient se retrouver dans le seul combat pour la défense du talent et de la liberté de penser et d’écrire. Malraux et Sartre défendaient d’abord le combat littéraire avant la lutte politique. L’Albanie et les Îles Seychelles en font partie avec un nombre de francophones infime.
            Il appartient au gouvernement français, principal donateur de l’OIF, d’imposer un changement de statuts pour admettre les nouveaux membres à la majorité et non pas à l’unanimité. Mais il ne veut pas entrer en conflit avec ceux qui exècrent Israël.

Louise Mushikiwabo

            Contre toute attente et par suite de «combinazione» et du soutien étonnant d’Emmanuel Macron, Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, vient d’être nommée à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie. C’est la France qui fait et défait les secrétaires généraux. Le président français avait appuyé la candidature de la ministre rwandaise afin de tisser davantage de liens avec l’Afrique. 
          Le comble est que la France n’a toujours pas d’ambassadeur dans la capitale rwandaise, Kigali, parce que le président Paul Kagame, qui ne parle pas le français, accuse la France d’être complice du génocide des Tutsis, perpétré par les Hutus, alliés de la France. Le président avait fait adhérer en 2009 le Rwanda au Commonwealth, normalement réservé aux anciennes colonies britanniques, et n’a eu de cesse de prendre ses distances avec le français. Il a choisi l’anglais comme langue nationale. La rédaction des actes officiels se fait maintenant en anglais. Le français n’est presque plus enseigné dans les écoles. Même dans le cadre de l’OIF, ou dans ses échanges avec Emmanuel Macron, Paul Kagame n’utilise que l’anglais. Il semble incapable de prononcer quelques mots en français.
Paul Kagame

            L’élue Louise Mushikiwabo, la seule francophone de l’entourage du président, avait déclaré le 11 septembre 2011 : «L’anglais est une langue avec laquelle on va plus loin que le français. Au Rwanda, le français ne va nulle part» et pire, en 2014, elle ne s’était pas opposée à la destruction programmée du centre culturel français de Kigali, sous l’alibi fallacieux qu’il était contraire au plan d’urbanisme.
            On ne comprend pas ce soutien français qui confirme que la France détient d’énormes pouvoirs à l’OIF, utilisés uniquement à ses fins personnelles. Alors que l’OIF a pour rôle essentiel de renforcer la démocratie et de défendre les droits de l’homme, le Rwanda est rarement cité en exemple pour leur respect puisque depuis l’année 2000 Paul Kagamé en est le dictateur «élu» jusqu’en 2034. Dans son rapport 2017-2018 consacré au Rwanda, Amnistie internationale écrit : «La répression exercée contre les opposants politiques se poursuit, marquée par de graves cas de restrictions aux libertés d’expression, d’association, d’homicides illégaux et de nombreuses disparitions non élucidées».
Michaëlle Jean

En fait, la non-reconduction de Michaëlle Jean s’explique pour deux raisons.  D’abord elle s’est rendue coupable de dépenses «extravagantes» et pour s’en défendre elle s’était permise de dénoncer les «petits arrangements entre États». On lui avait reproché un train de vie anormal avec des rénovations de 500.000$ effectués à la résidence qu'elle loue à Paris et l’achat d’un piano pour un montant de 20.000$.  
Par ailleurs, le Canada vise un siège au Conseil de sécurité de l’ONU en 2020 et pour parvenir à cette fin, il aura besoin de l’Afrique et de la France. Il a donc sacrifié sa protégée.
En ce qui concerne la France-Afrique, Emmanuel Macron a cassé les codes sans rien céder sur l'essentiel. Il maintient une politique souterraine qui traduit encore un rapport de domination. La nomination de Louise Mushikiwabo en est un exemple parfait.


4 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

N'avez-vous pas été assez enthousiaste en saluant l'arrivée d'Emmanuel Macron dans le paysage de la campagne électorale "comme un tourbillon balayant tout sur son passage", et sur lequel vous comptiez même pour "mettre le centriste Yaïr Lapid en orbite afin de renvoyer la droite israélienne dans l'opposition" ?
Et voilà qu'aujourd'hui vous êtes déçu, et la majorité des Français qui lui ont fait confiance sont déçus aussi.
Permettez-moi de vous chanter une autre chanson. C'est celle qu'ose Éric Zemmour, sur Israël et la France, dans son dernier livre : "Destin Français".

"Israël (celui des Rois d'Israël) a été pendant longtemps le modèle de la France. La France devient à son tour le modèle d'Israël... Tsahal renoue avec l'enthousiasme des soldats de l'an II et l'audace de ses jeunes officiers rappelle celle des généraux des armées du Rhin ou d'Italie. Les deux pays ont connu la logique sans tendresse des États-nations condamnés à n'avoir que des alliés et jamais d'amis...
Ce n'est pas un hasard si Israël est haï depuis des décennies par une gauche française postchrétienne et postnationale qui, après avoir vénéré l'Union soviétique de Staline et la Chine de Mao, s'est soumise à l'Islam comme ultime bannière impériale pour abattre les nations. C'est la France qu'ils vomissent en Israël. La France d'antan et la France éternelle... Israël est le miroir d'une France qu'ils haïssent tant, qu'ils veulent en effacer jusqu'à son reflet..."

Éric Zemmour - DESTIN FRANÇAIS - Albin Michel

Très cordialement.

Jacques BENILLOUCHE a dit…

Chère Marianne,

Qui ne l’a pas été lorsqu’on a vu l’occasion de chambouler le monde politique en éliminant les partis traditionnels devenus dépassés, de voir la montée de nouveaux visages jeunes et cependant naïfs, de renvoyer à leurs chères études des politiciens incapables.

Mais Macron a prouvé que la politique est un métier qui ne s’improvise pas et que ses jeunes députés totalement incompétents n’avaient pas l’étoffe de bâtisseurs. Il faut donc revenir aux fondamentaux.

Mais ce n'est pas pour autant qu'il faille se ruer dans les bras d'extrémistes et de racistes.

Amicalement

Marianne ARNAUD a dit…

Quand vous écrivez : "extrémistes", et "racistes", je ne sais pas trop de qui vous voulez parler. J'espère seulement que vous n'imaginez pas nous refaire le coup de : "Il vaut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron". Parce que là, on a déjà donné, et on a vu où cela nous a mené.

Bien à vous.

Unknown a dit…

La Francophonie n est qu une vaste organisation politique qui se fiche du Francais