ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

samedi 22 avril 2017

Terrorisme international



TERRORISME INTERNATIONAL

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            
Attentat Champs Elysées

          Israël a été le laboratoire original où ont été expérimentés tous les projets terroristes qui ont essaimé en Occident. On pensait alors qu’il s’agissait purement d’une affaire intérieure à l’État juif qui payait pour ne pas avoir «réglé» le conflit palestinien. Israël était montré du doigt comme le vilain petit canard qui dérange parce qu’il est à l’origine du terrorisme kamikaze qui fait trembler le monde aujourd’hui. Oui, les terroristes, comme celui qui a agi aux Champs Élysées, peuvent être qualifiés de kamikazes puisqu'ils savent que le maillage policier ne leur donne aucune chance de pouvoir s’en tirer vivants.


Attentat de Lod

            Les premières expériences d'attentat-suicide ont été l’œuvre du Hezbollah puis des Palestiniens du djihad islamique et du Hamas. Ils ont, les premiers, conçu les détournements d’avion avec comme point de mire la tragédie du 11 septembre 2001 qui a prouvé que le terrorisme était exportable. Puis le mode opératoire a inspiré les groupes terroristes islamistes dans le monde.  
          Les nombreux attentats-suicides sanglants perpétrés en Israël, n’avaient pas tellement ému une communauté internationale incrédule face à des fous de Dieu qui choisissaient la mort pour se distinguer. Alors l’Occident a rapproché ces faits des vrais kamikazes, ces adolescents sacrifiés contre les navires de guerre américains en 1945, sur l’insistance des généraux du Mikado qui espéraient encore éviter la défaite. Ils avaient inventé une méthode esthétique pour mourir dans la gloire mais aussi dans l’inutilité. La mort devenait une sorte de victoire posthume.
Fedayins

            Dans les années 1970 sont apparus le fedayin qui tirent leur nom du sacrifice pour quelque chose ou pour quelqu'un; ces petits groupes de commandos palestiniens avaient décidé de s'opposer à Israël par les armes. Ils sont à la base des mouvements comme le Hamas, ou le djihad islamique. Le coup d’envoi de ces «sacrifices» avait été justement donné en Israël par des Japonais. 
          L'attentat de Lod, perpétré le 30 mai 1972, a été l’acte de naissance du terrorisme international. Trois Japonais appartenant à une organisation terroriste japonaise, alliée au FPLP de George Habache, le Nihon Sekigun, l'Armée rouge japonaise issue des mouvements étudiants d'extrême gauche de l'année 1968, ont sorti de leurs bagages des grenades et des fusils mitrailleurs dans le hall de l'aéroport de Tel-Aviv. En tirant dans la foule des voyageurs, ils ont fait 26 morts et une centaine de blessés. Ce fut le premier attentat-suicide de l'Histoire, perpétré en Israël, laboratoire du hightech et du malheur terroriste, qui donna des idées à l’ensemble du monde arabe et aux Palestiniens des camps de réfugiés qui virent ainsi la preuve de la vulnérabilité de l’État juif.  On se demande d’ailleurs si cette fragilité n’a pas donné des idées à l’armée égyptienne pour mener la guerre du Kippour en 1973.

            Le coup d’envoi avait été donné par le colonel libyen Kadhafi qui pensait avoir trouvé la faille israélienne : «les opérations de Fedayin ne doivent pas être seulement pratiquées par des Japonais : pourquoi les Palestiniens ne seraient-ils pas capables d'exécuter de telles opérations ? On les voit écrire plein de théories dans des livres ou des magazines, mais ils sont incapables de pratiquer des opérations aussi courageuses que celle effectuée par des Japonais venus de l'océan Pacifique». L’idée avait été lancée et reprise au bond par les terroristes arabes qui avaient alors fait appel à l'Armée rouge japonaise pour recevoir des instructeurs en arts martiaux dans les camps d'entraînement du Hezbollah du Liban-Sud.
          Le Japonais, Kozo Okamoto, membre de l'armée Rouge japonaise et unique survivant de l'attentat de l'aéroport de Lod, avait obtenu sa carte de réfugié politique au Sud-Liban après avoir été échangé, en 1985, contre un militaire israélien retenu en otage au Liban.
Kozo Okamoto accueilli en héros par les Palestiniens

            L’interprétation que les attentats sont inspirés par le Coran est une fausse vue de l’esprit. Le précédent de Lod avait agi comme un catalyseur pour trouver dans la mort volontaire un acte de bravoure afin de compenser la mollesse d’une génération passive. Tout comme a été passif le comportement égoïste des Occidentaux qui ont fermé les yeux sur la présence de membres du groupe terroriste japonais dans les camps d'entraînement de la vallée de la Bekaa libanaise. 

          Cette passivité a revigoré la combativité des dirigeants terroristes qui ont pris le relais de l’Armée rouge japonaise pour se lancer dans l'internationale terroriste de Ben Laden. Les réseaux islamistes, qui n’ont pas été combattus, parce qu’on croyait qu’ils ne concernaient que le conflit israélo-palestinien, explosent à présent  aux yeux du monde.
Hezbollah au Sud-Liban

            Les Occidentaux comprennent, mais un peu tard, que le combat contre Israël n’était qu’un alibi pour polluer le monde libre et pour propager la lèpre terroriste. Il serait temps qu’ils cessent de voir Israël comme un monstre de l’apartheid, créé pour victimiser le peuple palestinien. Ils doivent enfin comprendre l'évolution du terrorisme international qui, petit à petit, s'impose comme une forme de guerre subversive pour la conquête du monde et non uniquement comme un outil de pression pour faire aboutir la revendication palestinienne. 
          L’éradication du terrorisme passe par une collaboration totale entre les polices et les services de renseignement du monde libre. Israël, qui a vu naître le terrorisme chez lui est devenu un expert avec lequel il faut compter à présent. Peu de candidats à la présidentielle ont fait le choix officiel de s’allier avec le «petit pays de merde» comme l’avait qualifié en 2001 l’Ambassadeur français à Londres, Daniel Bernard. Ils auraient dû soulever la question ouvertement sans craindre que cela soit interprété comme une compromission avec Israël.

Aucun commentaire: