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lundi 23 janvier 2017

Le discours d'investiture inattendu de Trump


LE DISCOURS D’INVESTITURE INATTENDU DE TRUMP
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps 

     
          Les observateurs attendaient une inflexion de la part de Donald Trump lors de son discours d’investiture. Ils espéraient un appel au rassemblement et ils ont assisté à un discours populiste et protectionniste alors que les États-Unis n’ont jamais été aussi divisés. Sa propension à attaquer les élites donne l’impression que, le jour de son investiture, il était encore en campagne électorale. Il a surtout fustigé les résultats de huit années de mandat d’Obama avec un manque de tact car il aurait pu s’en abstenir en présence de son invité, le président sortant. L’heure n’était pas au bilan ni aux attaques mais à l’expression d’une nouvelle ère politique.




            Son discours populiste axé contre l’establishment, et ponctué de menaces isolationnistes, n’était pas à la hauteur de la cérémonie officielle durant laquelle il ne devait que «jurer solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président». Ce n’était plus l’heure de s’attaquer au président sortant ni à ses échecs. Il devait ramener à lui ceux qui ne l’avaient pas choisi et ceux qui risquaient de le quitter face à tant d’arrogance. La démocratie a fonctionné et il sera jugé sur pièces surtout lorsqu’il s’engage «de venir au secours des familles défavorisées» ou de «protéger nos frontières des ravages que d'autres pays font sur nos produits, en volant nos entreprises et détruisant nos emplois».
            Les paroles populistes et les attaques des élites : «Le pouvoir va repasser de Washington au peuple. Ce moment est le vôtre, il vous appartient. C’est votre jour», semblaient mal appropriées. Il est vrai que c’est un discours qui plait à tous ceux qui ont été oubliés sur le bord de la route et qui attendaient une politique de rupture avec celle suivie par les Démocrates. 

          En revanche sa déclaration de guerre économique contre l’étranger ne sera pas bien perçue : « Nous allons suivre deux règles simples : acheter américain, embaucher américain. On reconstruira notre pays avec des mains américaines et emplois américains ». Il n'est pas certain que les banquiers des Américains, les Chinois qui regorgent de dollars dans leurs coffres, assisteront passifs à toute nouvelle décision contre leur économie. Bien sûr Trump enflamme son auditoire quand il promet de développer les emplois et lutter contre le chômage, paradoxalement bas aux États-Unis face aux chiffres européens.

            Par ailleurs et cela a été remarqué sur un autre plan, sa maladresse volontaire peut avoir des conséquences car toutes les religions ont été invitées à s’exprimer à la tribune sauf l’islam. Pourtant il s’agit de la troisième religion aux États-Unis après le christianisme et le judaïsme. Elle comptait 3,3 millions de personnes en 2016 qui se répartissent dans 1.209 mosquées aux États-Unis. Cela a certes pu satisfaire les nationalistes d’entendre Trump assurer de «renforcer de vieilles alliances et en forger de nouvelles» et surtout d’annoncer que le «terrorisme islamique radical sera éradiqué de la surface de la terre».
            C’est un discours que beaucoup voulait entendre, en particulier tous ses amis israéliens qui comptent beaucoup sur lui pour insuffler une nouvelle politique américaine au Proche-Orient. Ce discours n’a pas rassuré en revanche ceux qui l’accusent d’inexpérience politique et diplomatique. Ils s’attendaient à ce qu’une fois élu il se montre rassurant et pacificateur pour s’afficher en président de tous les Américains. Il a craché dans la soupe en méprisant les institutions qui l'ont élu. Il savait pourtant qu’il n’avait pas à se glorifier d’une côte de popularité au plus bas, en ce début de mandat présidentiel. Il a préféré accroître la division du pays qui s’est exprimée par les nombreuses manifestants qui l’ont hué à Washington au moment de son investiture ainsi qu’à New York, Manille, Berlin, Bruxelles et Miami.
Manifestants à New-York

            Mais il est un fait que la démocratie s’est exprimée et que le président Trump est légitime bien qu’il n’ait recueilli que 63 millions de voix face aux 65,8 millions d'Hillary Clinton. Il dispose de quatre années pour convaincre, non pas par des paroles mais par des actes sur le thème : «L'Amérique d'abord. Ensemble, nous rendrons sa force à l'Amérique. Nous rendrons sa richesse à l'Amérique. Nous rendrons sa fierté à l'Amérique. Nous rendrons sa sécurité à l'Amérique. Et, oui, nous rendrons sa grandeur à l'Amérique».
            L’inquiétude peut venir de sa faible expérience politique, diplomatique ou militaire et de ses déclarations tonitruantes, parfois contradictoires. Il n’a pas fait l’unanimité chez les Démocrates, ce qui était prévisible, mais aussi chez certains Républicains.

            Mais le temps de l’exercice du pouvoir est arrivé. Il a déjà annoncé qu’il détricotera les mesures de son prédécesseur sur le climat, l’immigration et la politique de réduction des énergies polluantes. Il veut autoriser la reprise des forages du pétrole et du gaz de schiste pour créer des emplois et payer la rénovation des infrastructures publiques. Ses premières semaines pourraient être difficiles car, jamais depuis 40 ans, un président n’était entré en fonction avec un niveau d'impopularité aussi élevé. Dans son camp, chez les Républicains, les critiques sont sévères à l’image du commentaire assassin du sénateur John McCain : «Il semble vouloir se battre contre tous les moulins à vent de la Terre plutôt que de se concentrer sur le fait d'endosser le poste le plus important au monde». Trump a déjà lancé ses attaques contre la Chine, l'Otan et la chancelière allemande Angela Merkel.
sénateur John McCain


            On s’interroge cependant sur la politique que Trumpl suivra alors que les nouveaux responsables nommés à la diplomatie et au Pentagone prennent des positions opposées aux siennes sur la Russie, sur l'accord nucléaire iranien et même sur le statut de Jérusalem. Le secrétaire à la Défense a affirmé devant une commission du Sénat : «La capitale d’Israël où je me rends c’est Tel-Aviv», mettant ainsi un doute sur le transfert de l’ambassade à Jérusalem. Les Israéliens risquent de constater que le pragmatisme du nouveau président le conduira à renier certains de ses engagements. Wait and see.

9 commentaires:

David SILICE a dit…

Concernant le pouvoir "qui va repasser au peuple", Macron dit sensiblement la même chose. Pourtant, il n'est pas taxé de facho. Cherchez l'erreur

Véronique Allouche a dit…

"Tout commence aujourd'hui " a tweeté le 45eme président des États Unis. En espérant que tout ne finisse demain avec déjà des manifestations peu communes aux USA où l'on pouvait lire sur de nombreuses pancartes: "Quatre ans à se battre".
Sur l'option du transfert de l'ambassade US de Tel-Aviv à Jérusalem, faut-il vraiment y voir un soutien inconditionnel du nouveau président pour l'état juif ou plutôt un marchandage à venir qui s'appuierait, entre autre, sur d'anciennes lignes frontalières défavorables à Israël?
Comme dit le proverbe:
"Méfie-toi de tes amis. Tes ennemis tu les connais déjà."
Bien cordialement

andre a dit…

Bonne chance au Président Trump! La critique dès l'investiture c'est exagéré
André M Tribune juive

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Ainsi vous faites partie de ces journalistes qui "attendaient une inflexion", qui "espéraient un appel au rassemblement", et qui, après avoir vilipendé le candidat Trump tout au long de sa campagne, n'ont eu en retour que "discours populiste" et "menaces isolationnistes" ce qui pourrait paraître après tout, n'être que de bonne guerre.
Pourquoi ne pas vouloir admettre, tout simplement, que le Président Trump est américain et qu'il est bien décidé à gouverner dans l'intérêt du peuple américain ?
Et qu'importe son style ? Vous écrivez : "les institutions l'ont élu", non ! Ce sont les Américains qui l'ont élu, en connaissance de cause, il faudra donc bien que pendant quatre ans, ils s'en débrouillent, à moins de mettre fin à son mandat comme ils ont su le faire par le passé, pour d'autres présidents !
Mais je ne crois pas qu'aucun des pays anciens alliés des États-Unis, n'aurait intérêt à s'attaquer de front au Président Trump, ce qui serait, en outre, parfaitement ridicule. Que chacun le prenne pour modèle, et se contente de gouverner dans l'intérêt de ces peuples qui les ont élus à cet effet.

Très cordialement.

R. de PASS a dit…

Cher Mr Benillouche,
Comme vous avez raison!!!
C'est un goujat, il manque de tact
et de sensibilité.
Peu de respect d'autrui.( Famille Clinton)
Sa puissance financière le rend arrogant
Ses frasques féminines
Mais
C'est un battant, un grand orateur et un grand patriote.
Ses 3 femmes sont belles comme le sont ses enfants ( bien préparés à la vie)
je pense qu'il a un penchant protecteur envers Israel.
Wait and See.
Cordialement votre,
R. de Pass

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@ André

Vous qui avez été un inconditionnel de Sarkozy, avec les conséquences que l'on sait,
Vous qui êtes un fidèle de Netanyahou avec l'avenir qui semble lui être tracé par le Procureur de l'Etat,
Vous qui êtes aveuglé par l'élection de Trump,
Je vous conseille le titre du Figaro de Samedi, qui comme on le sait est envahi par les "gauchistes" :

"Des milliers de femmes défilent contre Trump à Paris, Londres ou Washington"

Il faudrait leur dire que "la critique dès l'investiture est exagérée"

Arie WOLFF a dit…

J'ai remarqué que la quasi totalité des médias "oublient" de mentionner un fait essentiel à propos des velléités de Trump de tout changer et faire table rase des traités.
Un président des états unis, est loin d'être un roi tout puissant et son action est sous le contrôle du Congres.
Ou il est loin d'avoir des amis ou complices , même au sein de son propre parti.
Les sages qui créèrent la Constitution il y a deux siècles, ont pris soin de partager et équilibrer les pouvoirs.
Trump, il faut le préciser, et le répéter sera loin, très loin de pouvoir mettre en place ses projets les plus fous.

Gerard Hania a dit…

D'accord avec vous Marianne!

Andrew CLOPMAN a dit…

Un triste jour pour la vérité, et pour des familles américaines comme la mienne. Déjà il est enhardissant anti-Semites.