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dimanche 9 août 2015

LES MOUVEMENTS EXTRÉMISTES JUIFS ET LES IMPLANTATIONS


JUDAÏQUES FM

LES MOUVEMENTS EXTRÉMISTES JUIFS ET LES IMPLANTATIONS

Jacques BENILLOUCHE
Au micro de
Eva SOTO

Jeunes des collines
Il faut tout d’abord préciser que le monde religieux en Israël est très diversifié et qu’il se répartit en plusieurs catégories : les orthodoxes séfarades du Shass et les orthodoxes ashkénazes de Yaadouth HaTorah. Ce sont des pacifiques qui participent aux affaires de l’Etat bien qu’une bonne partie d’entre eux refusent encore de faire le service militaire national.
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Pour justifier le crime de la Gay Pride, il a été dit que l’assassin faisait partie des Netutei Karta. Cela n’est pas exact. Les Neturei Karta, les «Gardiens de la Cité» en araméen, représentent une secte d’ultra-orthodoxes antisionistes. Mais ce ne sont pas des violents même si la secte souhaite la création d'un État palestinien à la place d'Israël. 


Pour eux Israël représente «ce qu'il y a de plus pécheur» parce qu’ils ne peuvent admettre la création d'un État juif avant l'apparition du Messie. C’est pourquoi ils entretiennent une relation privilégiée avec les Iraniens qui appellent ouvertement à «rayer Israël de la carte». Ils défilent dans Jérusalem en arborant l'étoile jaune et l'uniforme des déportés parce qu’ils se croient  persécutés par Israël. Leur porte-parole, le rabbin Israël Hirsch estime que le sionisme a coupé le peuple juif de la Torah et de la Doctrine du mont Sinaï. 
Rabbin Hirsch

La plupart sont arrivés de Lituanie depuis 150 ans, pour être plus proches de Dieu. Ils sont venus pour prier et non pas pour fonder un État.  Ils vivent de donations qui viennent en grande partie des États-Unis puisqu’ils  ne travaillent pas. Leur vie, leur quotidien, est dédié à l'étude de la Torah. Ils sont totalement déconnectés de l'Etat d’Israël qu’ils refusent de nommer autrement que sous l'expression «entité sioniste». Quand les enfants naissent, ils ne sont pas enregistrés et donc ne disposent pas de la carte d'identité israélienne. Ils ne s'engagent pas dans l'armée et pire, ils exigent d’être rattachés à une nation palestinienne, en quelque sorte un État palestinien pour deux peuples.

Les terroristes juifs font partie d’une autre catégorie. Il y a quelques mois près de Naplouse, des inconnus ont tagué une mosquée, ont incendié des voitures et déraciné des oliviers, geste lâche car on détruit le gagne-pain de civils arabes. Des graffiti en hébreu ont été inscrits: «le prix à payer». Une mosquée près de Ramallah, a été la cible d’une tentative d’incendie. Des tapis ont été partiellement brûlés. Plusieurs mosquées de Cisjordanie ont été vandalisées. Ces attaques relèvent d’une politique de représailles dite du «Tag Mehir», le «prix à payer». A chaque mesure prise par le gouvernement israélien contre les implantations sauvages, des Juifs extrémistes se vengent et attaquent des cibles palestiniennes.

Mais, ces individus radicaux ont franchi une ligne rouge, en s’attaquant à l’armée israélienne, chaque fois que la Cour Suprême confirme l’évacuation de poste avancé illégal. Une cinquantaine de jeunes avaient même pénétré dans une base militaire, près de Naplouse. Ils ont insulté et attaqué à coups de pierres des soldats, des jeunes de leur âge, puis ont saboté plusieurs véhicules militaires. C’est un véritable affront fait à Tsahal, émanation du peuple pour protéger tout Israélien de ses ennemis.
La classe politique israélienne a vivement condamné les auteurs du «Tag Mehrir» car selon elle il faut lutter contre cette secte terroriste qui ne respecte plus ni la loi civile ni la loi juive. Les autorités israéliennes pensent  «qu’il ne s’agit que d’un petit noyau qui ne représente pas la majorité des habitants de Cisjordanie, qui sont loyaux envers l’Etat et ses lois et dénoncent les atteintes à l’ordre public».

Cette politique de représailles a été attribuée aux jeunes des collines. Ils ont entre 15 ans et 30 ans et vivent sur les collines de Cisjordanie. Ils seraient plus d’un millier. Ils font partie des quelque 5.000 personnes qui vivent dans près d'une centaine d'implantations sauvages, illégales au regard de la justice israélienne, installées sur des terres domaniales ou palestiniennes.
Ils incarnent la deuxième génération d’habitants des implantations. Pour la plupart, ce sont les enfants ou petits-enfants des premiers pionniers implantés en Cisjordanie après la guerre des Six Jours de 1967. Quelques-uns ont abandonné leurs racines citadines pour s’installer sur les terres fertiles de Cisjordanie, au sommet de collines, dans des zones arides, inhabitées, désertiques. Ils y plantent des tentes, et vivent dans de simples caravanes.

C’est à la fin des années 1990 que le mouvement est apparu. En 1998, un pionnier du nom de Avri Ran a créé Givat Olam («les collines du monde»), un domaine agricole dans la région de Naplouse. Dans sa ferme, cet ancien officier de l’armée accueille des jeunes désorientés qu'il compte réinsérer en les mettant au travail dans la construction et dans les champs. Les premiers «jeunes des collines» ont obtenu leur nouvelle identitéPuis, cette mouvance sociale s’est développée pendant la seconde intifada. Les attentats palestiniens les ont désemparés et traumatisés, les forçant ainsi à quitter leur foyer pour de nouveaux horizons. Ils se sont retrouvé en rébellion ouverte contre Dieu, la famille ou encore le système scolaire, ce qui a poussé certains à sombrer dans la drogue.
Avri Ran

D’autres sont allés plus loin dans la mystique religieuse et dans l’idéologie politique de droite. Ils ont multiplié les avant-postes sauvages pour maintenir une présence à travers toute la Cisjordanie. Ces jeunes estiment désormais que l’Etat et les autorités rabbiniques ne sont plus assez puissants pour défendre la terre d’Israël. Religieux alors que souvent leurs parents ne l’étaient pas, ils en expriment le symbole en se laissant pousser les papillotes, signe anachronique des temps anciens. Ils sont agriculteurs, bergers ou étudiants en quête de mysticisme à la recherche d'une nouvelle voie spirituelle pleine de naïveté puisqu'ils pensent qu'un mode de vie ascétique, loin du modernisme des grandes villes, les réconciliera avec la nature.

 Nostalgiques de l’époque pionnière des kibboutzim et du collectivisme, les jeunes se sont remis à la culture de la terre en choisissant des espaces en dehors des implantations légales. Ils y élèvent des moutons, uniquement pour vivre sur la terre des ancêtres afin de restituer l'esprit des temps bibliques. Ils se sont adaptés à une vie de méditation, de prières, de chants et de danses jusqu'au moment où des gourous leur ont appris le maniement des armes pour s'en prendre aux Palestiniens. 

La politique du gouvernement à leur égard est ambiguë. Ils vivent en hors-la-loi dans des implantations sauvages interdites selon la loi israélienne. Mais sur le terrain, l’armée laisse faire et semble avoir reçu des ordres d'encourager implicitement ces constructions en faisant preuve de passivité. La jeunesse des collines est devenue un «mélange de culture hippie et de racisme violent» en raison de leur idéologie radicale. Elle s'estime dotée de la mission de peupler la Cisjordanie parce qu'ils ont reçu un commandement divin.
Se voulant visionnaires, les jeunes des Collines sont tombés dans l'anarchie. Ils sont prêts à tous les excès pour défendre le dogme du «Grand Israël», que certains nationalistes ont abandonné depuis longtemps. Ils s'opposent au gel des constructions juives en Cisjordanie et se croient en mission divine lorsqu'il s'agit de combattre ceux qui leur barrent la route. Négocier la terre contre la paix est devenu pour eux un péché. Ils préparent l’avènement des temps messianiques ce qui implique que la création d’un Etat palestinien est une hérésie. Ils s'estiment donc en devoir de lutter contre le terrorisme palestinien.


Les jeunes des collines constituent un monde à part : ils ne votent pas, rejettent l’autorité étatique et beaucoup d’entre eux ne font pas l’armée qui souvent les rejette parce qu’ils ont un casier judiciaire. Ils n'hésitent pas à faire face à Tsahal en s’interposant avec des armes pour empêcher la destruction d'une implantation sauvage. Mais ils ne sont pas le reflet de toute la population juive de Cisjordanie, plus pacifique, plus disciplinée et plus respectueuse de Tsahal auquel ils participent. C’est une minorité idéaliste et marginale qui représente cependant une bombe à retardement. 
Les dirigeants du pays se rendent bien compte du danger de ces incendies de mosquées et de maisons qui peuvent conduire à une guerre civile entre Juifs et Arabes. La  démocratie israélienne est en danger. Il y a une nécessité impérieuse de prendre les mesures draconiennes pour en venir à bout afin de pas donner naissance à une OAS juive. Il est étonnant que les autorités sécuritaires sachent tout sur les mouvements terroristes palestiniens et qu'elles négligent d'infiltrer les mouvements juifs au point de se trouver démunies pour réclamer l'aide de la population. 

5 commentaires:

Claude a dit…

... sauf le respect que je suis loin de lui devoir, monsieur le soi-disant Rabbin Hirsh, harnaché de son fragon d'ilbimène (c'est un mot à moi pour désigner un leader extrémiste ), et de ses papillotes, devrait prendre le chemin de Gaza, suivi de toute sa clique de débauchés fainéants, incultes et chômeurs à plein temps d'un monde réaliste...
... Qu'ils aillent donc attendre le Messie auprès des palestiniens !
Je suis outré de la part d'un Rabbin "postiche", et de ces jeunes qui le suivent un bandeau sur les yeux !!!! Pendant que Tsahal continue de veiller charitablement à leur sécurité..
Claude

Véronique ALLOUCHE a dit…

Un poison venant de l'intérieur. Comme si Israël n'avait pas assez d'ennemis à l'extérieur! Il fallait rendre tous les territoires après la guerre des six jours. A l'époque Israël était glorifié de toute part et n'a pas su en tirer bénéfice.
Le résultat n'est pas brillant.
Cordialement
Véronique Allouche

Michel LEVY a dit…

Au moins avoir une vision claire de l'avenir, et penser en terme démographique un projet vivable et acceptable par les arabes et par les juifs. C'est cette absence de vision ou cette vision erronée de la réalité qui a crée la situation actuelle.
On a pu dire la même chose de la France en Algérie qui n'a pas su prévoir ni gérer.

Bernard NIVAL a dit…

Oui,souvent vient à l'esprit la comparaison avec la politique algérienne de la France ,les tergiversations des gouvernements ,l'aveuglement des Pieds noirs et l'extrémisme de l'OAS,

M Bar Eli a dit…

Choqués, pour le moins comme une majorité de citoyens en Israël, autorités comprises, j'adhère entièrement à tout ce qui a été exprimé.
Je reviendrai cependant sur un point précis: l'OAS juive. Pour avoir subit l'OAS en Algérie, je crois pouvoir dire qu'elle existe déjà en Israël, peut-être pas encore complètement structurée mais ça vient. Ce qui me gène dans votre analyse c'est de dire que l'on encourt un risque de guerre civile entre Israéliens et Palestiniens.
Je m'inscrit en faux, n'y sommes nous pas déjà? Le risque est aussi entre Israéliens laïques et religieux extrémistes qui à coup sûr anéantirait l'État d'Israel. La "Guerre des Juifs" représente un risque extrêmement dangereux.
Et puisque j'en suis aux comparaisons avec l'Algérie, je pense à CAMUS et me demande qui est capable aujourd'hui de lancer comme lui un appel à la trêve pour faire cesser ce qu'il a si bien appelé "les noces sanglantes du terrorisme et de la répression"
Où sont les autorités morales , les intellectuels, et plus généralement les "humanistes"??? Leur silence est assourdissant.