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mardi 10 mars 2015

FIN DE LA COLLABORATION SÉCURITAIRE ISRAÉL-PALESTINE


Radio Judaïques FM 
FIN DE LA COLLABORATION SÉCURITAIRE ISRAËL-PALESTINE

Jacques BENILLOUCHE

au micro de

Eva SOTO

Conseil central OLP

Le Conseil Central de l’OLP a voté un texte comprenant six points. Le premier point stipule que «Israël sera tenu responsable du bien-être du peuple palestinien en tant que puissance occupante selon le droit international». La résolution recommande aussi la «fin de la coordination de la sécurité, sous toutes ses formes, avec les autorités d'occupation israéliennes, à la lumière de son échec à respecter les accords signés entre les deux parties».
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Oslo 1993
Il faut d’abord préciser que cette coopération sécuritaire n’est pas une faveur unilatérale de la part de l’Autorité palestinienne mais qu’elle découle des accords d’Oslo de 1993. Ces accords, ou ce qu’il en reste,  sont toujours en vigueur et n’ont été révoqués  par aucune des deux parties.  Il s’agit donc pour l’instant uniquement d’une menace : Mahmoud Abbas, a déclaré que toutes les options étaient sur la table, sans pour autant préciser ce qu’elles étaient. Tout cela est nébuleux. En effet, le Conseil Central de l’OLP doit réunir son comité de direction pour mettre en application la décision, mais aucune date de réunion n’est encore arrêtée.  Par ailleurs cette requête doit être ratifiée par le chef de l’Autorité palestinienne. C'est dire si nous sommes encore loin de l'application de cette décision.

Gesticulations

CPI à La Haye

En fait cela entre dans le cadre des gesticulations palestiniennes habituelles en représailles aux décisions israéliennes de geler chaque mois plus de 120 millions de dollars de recettes fiscales collectées et qui leur sont dues. Le recours à la Cour Pénale Internationale, consistant à porter plainte contre Israël pour crimes de guerre, entre dans cette stratégie. Les Palestiniens frappent à toutes les portes internationales en attendant que l’une d’entre elles s’ouvre.

Il est vrai que l'accord de 1993 est très impopulaire auprès de la population arabe mais c’est celui qui fonctionne le mieux, même s’il n’est pas très visible aux yeux du citoyen lambda. Israël observe la plus grande discrétion à ce sujet pour éviter que les Palestiniens ne soient accusés de collaboration au sens péjoratif et pétainiste du terme.

Lourdes conséquences
Police palestinienne

Un arrêt de la coopération aurait de lourdes conséquences pour les deux parties car elle a permis de déjouer de nombreux attentats contre Israël mais inversement des projets de troubles contre l’Autorité. Cela se traduit  concrètement par des rencontres à très haut niveau entre officiels palestiniens et leurs homologues israéliens, qui échangent des informations et qui facilitent aussi certaines opérations israéliennes ponctuelles dans les zones sous contrôle exclusif des forces palestiniennes. Ces réunions créent des liens humains utiles. Israël en tire des renseignements pour empêcher des attentats dans les territoires et à Jérusalem-Est. Mais c’est à charge de réciprocité puisque l’Autorité a été informée de tentatives de déstabilisation de la part du Hamas.
Intifada 2000

Instaurée par les accords d'Oslo conclus en 1993 entre Israël et l’OLP de Yasser Arafat, cette coopération a toujours fonctionné sauf pendant la courte période de la deuxième Intifada de 2000. Mahmoud Abbas l’a reprise graduellement parce qu’il avait fait le choix de la négociation plutôt que de la lutte armée. Ces menaces répétées d'abolir la coopération sécuritaire sont brandies pour forcer l’ONU à définir un calendrier pour une solution en Cisjordanie et éventuellement pour la reconnaissance d’un Etat palestinien.
D'ailleurs le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon a aussitôt exprimé sa préoccupation à la décision prise par les dirigeants palestiniens et, fidèle à sa stratégie habituelle, il a appelé la communauté internationale à faire pression sur Israël pour un accord de paix.
En fait la classe politique est sceptique sur la décision qui sera mise en œuvre car elle signifierait alors la fin des accords d’Oslo. Les Palestiniens n'y croient pas eux-mêmes. Cette menace n’est pas prise au sérieux mais elle doit être considérée seulement comme un avertissement car l’Autorité n’est pas prête à ce changement majeur qui n’a aucun sens sur un plan stratégique. C’est purement un slogan. Les Palestiniens ne peuvent pas envisager de rupture tant qu’ils n’ont pas d’alternative économique. Leur économie est trop dépendante des Israéliens sauf à développer des échanges avec les pays arabes de manière significative pour traiter uniquement avec eux. Mais ce n’est pas demain la veille.

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