ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

mardi 3 décembre 2013

LA TUNISIE SUR LE DÉCLIN



LA TUNISIE SUR LE DÉCLIN

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


Bourguiba et Ben ali
       
          La Tunisie, même sous le régime des deux dictatures, était un modèle au Maghreb, un modèle de modération vis-à-vis de sa politique étrangère, un modèle de développement économique parmi les pays en voie de développement et un modèle de modernisme qui la mettait en tête des pays arabes sur le statut des femmes et sur la liberté religieuse. 
       Mais en dépit du bon sens elle est devenue le cancre parce qu’elle s’est coupée de l’Occident, qu’elle s’est coupée de ses Juifs et qu’elle a joué le rôle d’épouvantail face aux investisseurs étrangers. En fait, elle n’avait pas les moyens de sa politique, surtout de sa politique étrangère. Elle a choisi d’entrer dans le cercle des pays qui affichent leur solidarité avec la cause palestinienne sans que l’on sache les dividendes qu’elle a tirés. 


Politique brouillonne

Malek Jaziri

L’épisode triste du Tunisien Malek Jaziri contraint au forfait pour ne pas affronter un Israélien alors qu'il devait disputer les quarts de finale du tournoi de Tachkent en Ouzbékistan est révélateur d’une politique déconcertante, brouillonne et sectaire. En prenant la tête d’une croisade contre Israël, elle a brouillé son image et s’est insérée dans le concert des pays islamistes intransigeants. 
La sanction est vite tombée avec une baisse dramatique des touristes, la fermeture d’un village du Club Méditerranée et l’état de cessation de paiement  de la compagnie d’aviation nationale Tunis Air qui selon ses dirigeants «a connu une légère baisse due à une conjoncture extrêmement difficile en matière d’entrées touristiques». Un euphémisme pour traduire la désertion des Occidentaux qui ont peur de se rendre en Tunisie alors que la sécurité n’y est plus assurée, face à armée faible qui subit des déconvenues avec les terroristes. 
L'armée tunsienne au Mont Chaambi
Et pourtant l’État juif aurait pu servir de modèle plutôt que de repoussoir. Israël a construit sa démocratie, son armée, sa police, son renseignement au service du peuple qui est au cœur des préoccupations des dirigeants. Les Israéliens sont patriotes et jalousent leur acquis, contrairement aux Arabes qui ne cherche qu'à détruire. Au lieu de s’en inspirer la Tunisie a suivi l'islamisme international avec comme dogme le rejet de toute coopération avec ce pays. L’armée tunisienne est en état d’infériorité face aux terroristes djihadistes parce que, à la différence d’Israël,  la Tunisie n’a pas développé sa propre industrie militaire et ses académies militaires parmi les plus développées au monde alors que les diplômés ne manquent pas. Au lieu de choisir de créer un pays civil moderne, ils ont choisi de s’inspirer des Frères musulmans pour islamiser la population, comme à Gaza. Les dirigeants tunisiens étriqués ont choisi le sectarisme qui leur fait croire que le rejet est un acte positif de résistance. Ils n’ont rien compris à la politique, ni à la géopolitique, et ont mené  le pays à la déroute économique.

Indices alarmants



            Les indices économiques sont alarmants et ils sont diffusés par les institutions financières locales elles-mêmes. L'agence de notation Moody’s a, en date du 26 novembre 2013, publié des perspectives futures qui lui imposent de réviser à la baisse la note souveraine de la Tunisie. La notation a baissé d’un cran, dégradant la Tunisie de BA2 à BA3. Par comparaison, l’agence de notation de crédit a attribué à Israël la côte A1 félicitant ainsi le gouvernement pour sa discipline budgétaire et ses réformes. Moody's a abaissé non seulement la notation souveraine de la Tunisie d'un cran, mais également la note de la dette de la Banque Centrale de Tunisie de Ba2 à Ba3 en raison de perspectives négatives liées au déficit extérieur et budgétaire et à la fragilité du secteur bancaire tunisien.
Moody’s ne s’est pas appuyée uniquement sur des critères économiques mais sur «l'incertitude politique» qui met en évidence la stagnation du dialogue national et les risques sécuritaires de plus en plus ressentis dans la région. La recrudescence de la violence fondamentaliste s’est illustrée par deux tentatives d'attentats-suicides qui ont ciblé des sites touristiques. 
Partisans islamistes en Tunisie

Ainsi, la situation politique et sécuritaire pèse sur le climat de l'investissement et sur l'industrie du tourisme, des facteurs-clés pour l'export et l'emploi en Tunisie. La situation de la monnaie dans les échanges extérieurs entraine une hausse de l'inflation dans les secteurs de l'énergie et des produits alimentaires au détriment du pouvoir d'achat des ménages. Or ce pouvoir d'achat est, selon Moody's, un moteur essentiel de la croissance du PIB. Enfin l’agence pointe du doigt la fragilité du secteur bancaire et des banques publiques sous-capitalisées.
Moody's estime qu’elle pourrait réviser sa notation si la Tunisie réussit une transition politique qui atténue les incertitudes et l'instabilité, et favorise une reprise soutenue de la croissance économique par une modération de sa politique internationale. Si rien n’est fait pour améliorer la situation politique, sécuritaire, économique et financière, alors la notation de Moody's ne pourra que s'enliser encore plus.
Juifs à Djerba
Mais ce n’est pas en poursuivant une politique extrémiste vis-à-vis d’Israël que les Tunisiens pourront sortir de leur marasme économique. Au lieu de rester en retrait des problèmes politiques internationaux sensibles et de se concentrer sur la situation intérieure, les Tunisiens font de la surenchère pour l'honneur, au détriment de leur peuple, en utilisant Israël comme épouvantail pour masquer leur échec.

7 commentaires:

Pat Quartier a dit…

Bravo pour votre article reflétant la triste réalité de la situation tunisienne post "printemps islamique.
Je relève :"Elle (La Tunisie) a choisi d’entrer dans le cercle des pays qui affichent leur solidarité avec la cause palestinienne sans que l’on sache les dividendes qu’elle a tirés."
On peut en dire autant de la France (et de l'UE)en se posant la question de savoir quel profit la France a retiré de ses excès d'investissements financiers politiques et médiatiques propalestiniens?
La réponse ferait mentir le dicton biblique :"cherchez et vous trouverez."

Gilbert ADDA a dit…

Felicitations mon cher Jacques pour cet article sur la Tunisie. Ja partage complètement cette analyse claire et pertinente. Et tellement triste par son réalisme.
Effectivement je reste convaincu que la Tunisie aurait dû s'inspirer du modèle israëlien. Elle n'en serait pas là aujourd'hui. La Tunisie et Israël ont plusieurs points communs : la situation géographique, la superficie, la démographie, la jeunesse d'âge de la population, le développement des filières universitaires.
J'ai eu le privilège d'être le conseiller en communication de la compagnie TUNIS AIR pendant 8 ans.
Au cours des réunions stratégiques le Président disait sans cesse à ses équipes : " Prenez exemple sur la compagnie EL AL. Inspirez vous des réalisations d'Israel ". C'était pour lui la solution pour réussir le développement de la compagnie.
Il aurait du être élu Président de la République.
Quel gâchis !!!!!
Gilbet ADDA
------------------------

Jean DELAIVE a dit…

Bourguiba a tenté, avec plus ou moins de succès, de diriger la Tunisie de manière rigoureuse, et d'en faire un Etat laïc. Puis, il a été remplacé par Ben Ali, qui a été de plus en plus confronté aux mouvements islamistes. Tant Ben Ali que Bourguiba ont, malgré des excès, conduit le pays vers une certaine prospérité économique. En tout cas, il y avait moins de chômeurs sous leur " règne " qu'aujourd'hui !

Jean Smia a dit…

Que ce soit la Tunisie ou l’Égypte, tous leurs problèmes actuels viennent du fait que les dirigeants destitués n'avaient laissé aucun espace pour qu'une opposition démocratique s'exprime et se structure légalement.
Une fois ces « Raïs » évincés, les rênes de la gouvernance sont prises par n'importe quelle force organisée. Qu'il soit de structure mafieuse ou religieuse, ce nouveau commandement, utilisant les leviers en place, ne fera qu'intervertir les privilégiés et ne répondra pas aux motifs qui ont poussé ces citoyens à se rebeller.
L'armée Égyptienne a pris le commandement en promettant de mettre en place d'autres structures gouvernementales avant de rendre le pouvoir aux urnes, dans quelques mois. Il lui faudra, pendant ce court laps de temps, commencer à donner des réponses économiques concrètes aux citoyens qui avaient démis Moubarak. Sinon ils retourneront à la case départ.
En Tunisie, l'armée s'est mise en retrait du discours politique. Et on s'y perd en bavardages, discours et harangues. Il n’apparaît qu'une cacophonie dans laquelle tout le monde a son mot à dire sur leur nouvelle constitution.
Dans leur bataille entre constitution islamique et constitution laïque, antisémitisme et « Israëlophobie » servent de prétexte à faire valoir un nationalisme vide de tout projet d'avenir politique élaboré.
Il me semble que les Tunisiens, dans leur majorité, ne sont pas dupes, mais que peu osent le proclamer.
L'atout majeur de la Tunisie reste ce qu'ils doivent à Bourguiba et, quoi qu'en puisse en dire, à Ben Ali : le niveau de culture et d'instruction de sa jeunesse.

Vincent Jabeau a dit…

Pourvu que jamais des religieux prennent trop de pouvoir en Israël.

albert simon a dit…

Prendre Israël El Sayouni comme exemple pour les égaler un jour, j’en doute fort. Ils ne sont pas assez intelligents pour cela. Ils le disent eux même sur certains forums.
A l’époque nos mamans juives et je m’en rappelle encore pour prononcer le mot CANCER, elles usaient du mot EL TKIL ou EL METEKEL, le lourd.
Ce mot de CANCER faisait peur donc imprononçable dans leur bouche.
Israël est leur CANCER des pays arabes, donc jamais, il ne sera reconnu en tant qu’état juif pour encore qqs siècles.
Dans quels domaines Israël a t’il besoin d’eux… ?
Aucun. Qu’ils ne prennent pas exemple sur nous , surtout pas.

Jean Smia a dit…

@ albert simon

Il serait difficile de trouver quelque chose de plus stupide que d'affirmer que les autres ne sont pas intelligents.