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dimanche 16 octobre 2016

Le gâchis des socialistes français



LE GÂCHIS DES SOCIALISTES FRANCAIS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            
François Hollande en campagne en 2012

          Qui pouvait espérer meilleure situation que celle de 2012 lorsque les socialistes français emportèrent l’élection présidentielle, suivie immédiatement par une victoire inégalée aux législatives puisqu’un seul parti obtint la majorité absolue. Quelque temps plus tard, ce fut au tour du Sénat de tomber historiquement aux mains des socialistes. La Gauche avait acquis tous les pouvoirs législatifs et exécutifs ainsi que la presque totalité des régions et des départements. Plus rien ne s’opposait à l’application stricte du programme préparé par François Hollande. La France souffrait mais elle avait commencé à espérer pour son avenir après plusieurs mandatures de la droite.



Hollande et ses énarques

            On pensait que la relève s’était préparée après tant d’années d’opposition et que les nombreux énarques, les intellectuels et les hauts fonctionnaires de gauche avaient peaufiné un programme détaillé à mettre en œuvre dès leur prise de pouvoir. Il n’en a rien été. Les Français étaient certains que les ministres étaient prêts à présenter des projets applicables durant la période habituelle de grâce. 
        Or, une impréparation s’est faite sentir tandis que les ministres improvisaient au coup par coup, dans le désarroi le plus complet et sans aucune ligne directrice. La réforme fiscale, la décentralisation, la réforme des régimes spéciaux de retraites, la réforme du droit de travail, la réforme du droit des sociétés n’étaient qu’illusion. Rien ne se trouvait dans les cartons de la gauche comme si elle n’avait pas cru à sa victoire et qu’elle avait été surprise par la défaite de Nicolas Sarkozy. Des réformettes ont pris le pas sur le changement profond qui devait porter la marque indélébile d’une gauche moderne, créatrice, courageuse et surtout unie. Les ambitions personnelles ont primé sur l’intérêt national.

            Le quinquennat de François Hollande est un échec parce qu’il a mené la gauche vers un état de mort cérébrale. Aucun travail intellectuel n’a été accompli, aucun préjugé n’a été remis en cause et les problèmes sont restés à l’état de dialectique. On attendait de cette gauche plus de tonicité, plus d’idées réfléchies, moins de dogmatisme et de marketing et enfin plus de solutions concrètes et courageuses. Nous étions loin de la gauche historique du temps des Lumières, de Blum, de Mendès-France et plus près de nous de Michel Rocard. Mais beaucoup d’intellectuels de gauche, sachant réfléchir, n’ont plus de liens avec les mouvements politiques qui ne sont pas loin de les traiter de pestiférés. Il s’en est suivi un appauvrissement des technocrates de la gauche au pouvoir et une multiplication des «experts» dont l’originalité fut uniquement de découper les problèmes en rondelles pour mieux les analyser sans les résoudre.

            Les énarques de gauche sont devenus des professionnels de la politique après avoir perdu leur capacité intellectuelle qui leur permettait de concevoir de nouvelles solutions aux problèmes non résolus par la droite au pouvoir. Pierre Moscovici, qui était innovant lorsqu’il dialoguait avec ses amis politiques dans son fief du café des Éditeurs à l’Odéon, a perdu toute capacité d’agir concrètement. Il est resté un théoricien stérile. Tout donnait à penser que les socialistes avaient perdu leur repère après l’effondrement du marxisme et qu’ils n’avaient plus de pensée globalisante.

            La gauche avait des programmes mais manquait sérieusement de projets pour édifier des solutions globales d’avenir. Au pouvoir, les socialistes se sont comportés en spécialistes du «zapping» consistant à s’éloigner du travail intellectuel pour réagir au dernier sondage, au dernier fait-divers et surtout aux dernières manchettes des journaux. La gauche a alors perdu son image historique qui lui permettait d’exceller dans la défense de la justice et de la vérité et surtout dans les questions sociales. Elle s’en est éloignée pour se «peopoliser» jusqu’à perdre sa crédibilité. En fait, elle avait la volonté de ne pas brusquer les changements pour mieux s’endormir sur ses lauriers. Plus grave, les progressistes n’ont pas réussi à incarner le changement que la droite semblait mieux incarner. Et pourtant !

Et pourtant la droite avait failli dans la dernière décennie avec la crise économique de 2008. Elle a été à l’origine de différents scandales, de phénomènes dus à la déréglementation et à la cupidité débridée des capitalistes pourtant réputés pour leur bonne gestion. La gauche n’avait pas contré les discours de droite des Thatcher, Reagan et Bush et elle a continué avec Sarkozy. Ces ténors de la droite se sont pourtant plantés sans jamais l’avouer et sans que la gauche leur mette le nez dans leur faute. On a d’ailleurs vite oublié qu’en 2008 Nicolas Sarkozy voulait «refonder le capitalisme» et que l’on attend encore ses propositions.
Les socialistes n’ont pas profité des déboires de la droite. Ils les ont même camouflés. Ils sont arrivés en 2012, alors que la crise s'était estompée mais ont creusé les déficits afin de relancer l'économie ; et ils n’ont pas réussi. Or il fallait créer de la richesse en réduisant la présence de l'État, en coupant dans ses structures et dans ses programmes, en baissant les impôts et les taxes, et même, modernisme oblige, en faisant plus de place au privé. La gauche a oublié qu’elle devait redevenir un moteur d'idées et de propositions, loin de tout dogmatisme; ses nouveaux thèmes devaient être l’amélioration de la productivité et l'enrichissement.
Tony Blair et Margareth Thatcher

Pourtant la gauche, dans certains pays, a su se montrer dynamique et se réinventer. La «troisième voie» de Tony Blair s’était démarquée de l'ancienne gauche et des travaillistes passionnés de nationalisation. D’ailleurs il avait rebaptisé son parti, le New Labor, pour faire du «thatchérisme à visage humain».
En 2012, les socialistes ont raté le coche consistant à se moderniser et évoluer vers une social-démocratie. Ils ont refusé d’envisager des méthodes nouvelles et audacieuses de collaboration entre le secteur privé, le secteur communautaire et le secteur public. Les progressistes, normalement acquis au combat contre les inégalités, ont osé faire preuve de cynisme vis-à-vis de leurs électeurs et ont été la cause du discrédit du gouvernement. La population s’est alors retournée vers cette droite démagogique qui utilisait des arguments simplistes comme si elle s’adressait à des débiles. L’État a laissé croire qu’il n’y avait plus d’État-providence et que l’économie faisait la part belle aux entreprises et aux grandes fortunes.

La gauche au pouvoir n’a pas réussi à alléger le fardeau fiscal de la classe moyenne et de la petite et moyenne entreprise. Elle aurait dû cesser de distribuer des millions aux entreprises sans contrepartie d’embauche et aurait dû lutter contre l’évasion fiscale. Elle a évolué dans le mauvais sens sans se rendre compte que la société vieillissait en augmentant son égoïsme face au bien collectif. Parce qu’elle vieillissait, la population, devenue plus craintive, réagissait immédiatement aux discours sur la loi et l'ordre. La gauche s’est alors bornée à resservir des plats réchauffés en parlant de justice sociale sans la réaliser. On l’attendait dans l’innovation en environnement, dans le développement de la culture et dans le courage en économie. Or elle a abandonné les problèmes de criminalité à la droite qui pourtant utilise un discours simple à base de liberté individuelle, de baisse d’impôts et de moins d’État. Et c’était plus percutant.
L’échec de la gauche est tellement grand qu’elle devrait s’exclure d’elle-même de la compétition parce qu’elle n’a aucune chance de figurer au second tour. Comment peut-on croire des politiques qui ont tout échoué ? Comment peut-on leur donner une nouvelle chance alors que ce sont les mêmes qui se présentent ? Une petite cure d’opposition leur permettrait de tirer les conclusions de leur échec et de mieux préparer leurs dossiers pour une éventuelle alternance en 2022. François Hollande, quant à lui, se grandirait en se retirant pour ne pas être suicidaire après avoir été l'instigateur de la remontée du FN. Un départ la tête haute est la seule initiative réaliste même s’il restera le fossoyeur d’une gauche victorieuse et ambitieuse.

La gauche devrait renoncer à l’élection pour ne pas subir le ridicule d’une défaite cuisante et certainement historique. C’est le seul moyen de solder son échec. Aucun dirigeant n’est capable de remonter la pente, même pas Macron qui est trop jeune en politique pour être crédible et qui s’est créé de nombreuses inimitiés qui ne lui permettront pas de rassembler. Il n'a pas le temps de s'organiser et de préparer une équipe efficace. S’il n’a pas l’appui d’un parti, il sera grillé avant l’heure. Tous les présidentiables ont d'abord dirigé un parti ou ont milité à son sommet. 

Il faut donc laisser la place aux quatre challengers : Marine le Pen et ses idées d’extrême-droite, Nicolas Sarkozy et sa volonté de revanche, François Fillon et ses racines de gaulliste de gauche et enfin Alain Juppé le rassembleur de la droite, du centre et même des électeurs de gauche devenus orphelins. Le vainqueur de la primaire sera certainement le prochain président ; c’est pourquoi le choix est crucial.


Les militants socialistes sont malheureux et désespérés parce qu'ils ont perdu leurs illusions; ils ont toujours soutenu leur gouvernement, ont toujours espéré et ont été disciplinés. Ils ne sont pas responsables du gâchis qui risque d'emporter ou de briser leur parti. Mais ils n’auront pas d’autre choix que d'élire un candidat de droite comme du temps de Pompidou et de Poher, alias bonnet blanc et blanc bonnet. Paradoxalement, s'ils sont contraints de voter à droite c'est parce que la gauche n’a pas appliqué un programme de gauche.

9 commentaires:

Joseph HAIM a dit…

Le socialisme à la Française ce sont les bobos prétentieux sur d eux même narcissiques utopistes snobs. Incapables de trancher sauf pour sévir contre les Juifs qu ils cherchent à imiter et à dépasser sans le moindre talent .

V. Jabeau a dit…

Une analyse simple et percutante, merci. Ensuite, le gouvernement français n'est pas tout puissant. Il reste tributaire de la démographie locale et mondiale, de l'économie générale mondiale et aussi des événements mondiaux qui tous le dépassent et sur lequel il n'a pas de prise. Mais les erreurs pointées sont bien réelles. Je regrette que le PM M. Valls n'ait pas pu s'extraire de ce marasme car ses positions sonnent juste. Il a gardé, semble-t-il, le sens moral qui fait défaut aux autres.
Quant à la droite, entre Fillon de la droite provinciale et maurrassienne, Juppé dont l'audace et la volonté trouble d'"identité heureuse " et Sarkozy dont la folie est patente, nous avons de quoi être inquiet. Je ne parle pas de Le Pen qui est une menace pour la France et ses Juifs.

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Je mesure toute votre déconvenue - et bien que j'en soies attristée pour vous - permettez-moi de ne pas m'y associer.
Je crois que vous aurez compris que sur ce sujet, je n'aurais pas écrit le même article que vous.

Car enfin comment ne pas reconnaître que depuis des décennies, alternance après alternance, le peuple français subit la même politique de déni démocratique. Le quinquennat de Sarkozy n'a-t-il pas ouvert sur la forfaiture de l'annulation pure e tsimple d'un référendum ? François Hollande à peine élu, n'a-t-il pas imposé au peuple français ce "changement de civilisation", ainsi présenté par madame Taubira, qui a mis des milliers de familles dans les rue - et aujourd'hui encore ?
La vérité est que les partis que vous appelez "de droite et "de gauche" ont troqué leurs anciennes idéologies - quand ils en avaient - devenues obsolètes, pour une nouvelle idéologie, celle de la "métropolisation" indispensable pour l'instauration de la mondialisation. Et toute opposition se trouve ostracisée par la classe dominante - politique, médiatique et intellectuelle - "qui utilise désormais l'antifascisme comme une arme de classe", mais "Le FN n'est qu'un symptôme d'un refus radical des classes populaires du monde mondialise", ainsi que l'écrit le géographe Christophe Guilluy.

Soyons justes : à gauche, Jean-Luc Mélenchon continue à grimper dans les sondages jusqu'à atteindre 41% des sympathisants de gauche qui se disent prêts à voter pour lui à la prochaine élection présidentielle !
Laissons donc le barnum des primaires de la droite et de la gauche aller à leur terme et nous verrons bien si, à la prochaine élection présidentielle, nous allons assister au début de ce "Crépuscule de la France d'en-haut" promis par Christophe Guilluy, qui ne saurait laisser indifférent l'homme de gauche et le démocrate que vous êtes.

Très cordialement.

Véronique ALLOUCHE a dit…

La gauche n'est jamais aussi à l'aise que dans l'opposition car si l'on gouverne avec des idées encore faut-il les mettre en pratique.

Nicolas Sarkozy avait une idée par jour, certaines se sont réalisées, trop longues à énumérer dans un seul commentaire. Elles n'ont pas plu à tout le monde avec sur sa personne un acharnement médiatique et judiciaire sans précédent.

Quoiqu'il en soit, ce sera Juppé le prochain président dans une primaire ouverte puisque bon nombre de socialistes voteront à seule fin d'éliminer Sarkozy et que par le biais des sondages, les médias l'ont déjà élu. Vote biaisé.... La politique française est bien mal en point. Hollande a été la caricature d'un président, un deuxième nous attend qui ne prendra aucunes décisions courageuses pour redresser le pays puisqu'il fera le choix de plaire à ses électeurs. Cinq ans d'immobilisme attendent à nouveau la France....

Certains compteront sur les "intellectuels de gauche" pour nous servir la soupe des grandes idées irréalisables et finalement dans peu de temps, c'est la "rue" qui l'emportera car les réformes indispensables ne seront pas au rendez-vous.
Cordialement

andre a dit…

Cher Electeur DE gauche,
JE compatis à votre chagrin : vous avez cru en François Hollande et en la gauche au pouvoir. Vous vous êtes bien trompés . Jamais on n'aura vu un Président si discrédité que l'on veuille lui éviter l'humiliation d'une élimination dès le premier tour. . ET nous de la Droite républicaine, nous avons été moqués, raillés, montrés du doigt quand nous dénoncions les mesures imbéciles que vous applaudissiez : les impôts nouveaux pour écraser les classes moyennes, les réglementations et les taxes pour décourager les entrepreneurs, la décision de ne pas construire de nouvelles prisons,, l'aveuglement devant la montée de l'insécurité et de l'islamisme et cette ridicule prétention d'inverser la courbe du chômage en créant de faux emplois avec de vrais impôts ! ET maintenant ceux qui se sont si piteusement trompés voudraient nous indiquer celui de nos leaders qu'ils nous conseillent de désigner . Une cure de silence et DE réflexion serait salutaire pour que les brebis égarés puissent un jour rejoindre LE troupeau. .
Andre M Tribune juive ,

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@André,

Contrairement à vous, inconditionnel de Nicolas Sarkozy, je ne suis au service politique de personne mais je sais réfléchir et éventuellement redresser mon opinion sur nos dirigeants. J’ai fait effectivement partie des 52% de Français qui en avaient marre de Sarkozy, de ses magouilles et de ses casseroles. Alors nous avons voté par défaut.

Pour ma part j’ai voté selon mes convictions qui ne changent pas en fonction du vent. Mais aujourd’hui la gauche a failli et j’ai le courage et l’honnêteté de faire un état des lieux sans concession. Mais je ne crois pas comme vous à un gourou qui bloque votre réflexion pour continuer à voter les yeux fermés alors que de plus en plus de ses amis le quittent, et non des moindres.

Vous devriez relire mon article et ne pas vous contenter de parcourir le titre ou voir les images. Je n’ai pas eu la prétention de vous dire pour qui voter. Jamais.Je ne suis pas un militant mais je me contente de faire des analyses. Chacun est libre ou non de les lire. A part les intoxiqués, les lecteurs sont grands pour décider sans que j’aie besoin de les guider. Je n'en ai ni la qualité et ni le pouvoir.

Mais il y a certes une constante, je souhaite, en tant que simple électeur, que Sarkozy ne soit pas choisi. C'est un voeu qui pour l'instant pourrait se réaliser.

andre a dit…

JE lis tout ! JE ne me contente pas des photos ou des titres .
JE ne suis pas inconditionnel de Nicolas Sarkozy mais JE suis pour une alternance franche et pour renvoyer à leurs planques dorées les nuls prétentieux qui ont fait tant de mal au pays en moins de 5 ans : plus de chômeurs, plus d'impôts, plus d'insécurité , plus de dettes alors que jamais on n'avait vu un tel alignement de planètes : taux d'intérêt quasi négatifs, Prix du baril divisé par 2 ET recul de la monnaie européenne . Avec tous ces atoûts, ils ont tout échoué! Ils n'ont eu qu'un seul but : garder les votes musulmans pour remplacer ceux de la classe ouvrière qui les a abandonnés.
Un processus démocratique va désigner le meilleur leader de la Droite républicaine et si on a besoin d'un chef de guerre, ce sera Sarkozy . Si le pays veut un Président, Juppé sera désigné et , à mon avis, IL serait un choix intelligent pour être certain d'ecraser le PS et de balayer le FN .
Mais les électeurs choisiront .
Andre M Tribune juive

Bernard MEYER a dit…

En conclusion vous êtes d'accord sur une chose c'est que vous n'allez pas choisir "le meilleur leader" mais bien le moins mauvais et ce dans le seul but de battre le FN.
Depuis 2002 le pays vote afin d'évincer celui ci en laissant aux électeurs le seul choix d'un vote utile
Il serait mieux pour le pays de laisser passer le FN qui ne fera rien de bon compte tenu de son programme et de son manque de soutien dans les deux chambres et disparaîtra à la fin de son mandat libérant ses électeurs
Il est important de s'orienter vers une proportionnelle qui laissera surgir enfin de nouveaux leaders, étouffés actuellement par la puissance des lourds partis.
Bernard Meyer

Aaron a dit…

Merci André;pour ma part,ni Sarkozy,l'enfumeur, ni (Ali) Juppé, l'islamiste.
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