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samedi 1 octobre 2016

Shimon Peres nous a quittés par Gérard AKOUN



SHIMON PERES NOUS A QUITTÉS

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM


Shimon Peres avait fait son alyah, à l’âge de 11 ans avec ses parents en 1923, dans la Palestine sous mandat britannique, ce n’était donc pas un sabra. Il a vécu dans un kibboutz, en Galilée, fréquenté une école d’agriculture, s’est converti au socialisme des pionniers juifs, sous l’influence de Berl Katznelson. Il a adhéré au mouvement de jeunesse, où il a acquis très rapidement d’importantes responsabilités.



Il est repéré par Ben Gourion qui, pendant la guerre d’indépendance, l’a chargé des achats d’armes pour Tsahal qui en manquait cruellement. Assumant cette mission avec succès, il n’a pas pu servir dans les forces armées. Dans l’Israël des années 50, ne pas être un sabra pouvait être excusable mais ne pas avoir fait son service militaire était très mal vu. Ce qui peut expliquer l’antagonisme dont il souffrit de la part de ses pairs, hauts gradés, pour beaucoup et jaloux de sa fulgurante ascension.
En 1953 il est nommé directeur général du ministère de la défense. Il est à l’origine de la création de l’industrie militaire israélienne. Grâce aux relations qu’il avait tissées avec les responsables politiques français, socialistes en particulier, il a mené à bien les débuts du programme nucléaire israélien. Il est à l’origine de nombreuses réalisations dont Israël peut s’enorgueillir.

Il va continuer sa carrière politique, il est élu pour la première fois à la Knesset en 1959 et il y restera jusqu’à ce qu’il soit élu président de l’Etat en 2007. Il a occupé quasiment toutes les fonctions ministérielles ; il sera dix-huit fois ministre dont trois fois premier ministre, mais par intérim. Il n’a jamais gagné une élection législative, ce qui lui  vaudra  le titre, en Israël,  d’éternel second. Il en a certainement souffert  mais cela ne va pas l’empêcher de laisser une trace indélébile dans l’Histoire d’Israël.
Un deuxième moment de la vie politique de Shimon Peres va s’ouvrir après la victoire, sous la direction d’Yitzhak Rabin, des travaillistes en 1992. Shimon Peres est nommé ministre des affaires étrangères, il s’est convaincu que la solution du conflit avec les Palestiniens passe par un compromis, que la paix est à ce prix, qu’il n’y a pas d’autre solution que la négociation avec l’OLP d’autant que le roi Hussein de Jordanie a renoncé à ses droits sur la Cisjordanie. Il en persuade Yitzhak Rabin et engage des négociations secrètes avec Arafat. Le faucon s’est mué en colombe et le restera jusqu’à la fin de ses jours.

Les accords d’Oslo sont signés le 13 septembre 1993, Shimon Peres en est l’instigateur, mais la poignée de main immortalisée sur la pelouse de la Maison Blanche  est celle d’Ytzhak Rabin et de Yasser Arafat. Shimon Peres n’arrive qu’en second. En 1994, le prix Nobel de la paix leur est décerné, conjointement, à tous les trois. On peut, alors, croire à une paix possible mais le 4 novembre 1995 Rabin est assassiné par un extrémiste juif de droite. Shimon Peres lui succède mais perd les élections qui ont suivi.
Comment peut-on expliquer cette défiance de la part des Israéliens à son égard alors qu’en dehors d’Israël, Shimon Peres a toujours bénéficié d’un important courant de sympathie ? J’ai toujours pensé  qu’il était, peut être, trop européen, trop cultivé, trop manœuvrier, trop diplomate, pour les Israéliens. Il ne correspondait pas à l’image que ces derniers se faisaient du héros, un être d’une seule pièce. Il a fallu attendre  qu’il ait  84 ans, qu’il soit président de l’Etat d’Israël  pour  que se construise autour de sa personne un large consensus, qu’il devienne «le Sage de la nation». 

Shimon Peres nous a quittés dans la nuit de mardi à mercredi, je dis, nous, parce que c’est une grande perte, pour les Israéliens bien sûr, mais aussi pour le monde qui voit disparaître un homme exceptionnel, un  partisan infatigable de la paix avec les Arabes et entre  Palestiniens et Israéliens. C’était un visionnaire : il rêvait d’un Moyen-Orient en paix qui consacrerait toutes ses ressources à son développement économique et technique. Il rêvait d’un marché commun moyen-oriental. Il citait, en exemple, l’Europe où la France et l’Allemagne, après s’être combattues pendant des décennies, avaient participé à la création d’un marché commun. Jusqu’à ces derniers jours, alors qu’il n’était plus président de l’Etat, il a continué à œuvrer pour la paix avec un optimisme que les échecs n’avaient pas découragé parce qu’il était persuadé que seul un compromis signé entre Palestiniens et Israéliens leur apporterait, à tous deux, la  paix et la sécurité.  Par ma voix, toute la radio s’associe au deuil de la famille et du peuple israélien.

1 commentaire:

Patrick a dit…

Petite erreur de date dans la premiere phrase de l'article .
Si Shimon Peres est bien ne en 1923 et fait son alyah a 11 ans , il a donc fait son alyah en 1934 .