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mercredi 24 février 2016

Travailleurs palestiniens messagers de paix



TRAVAILLEURS PALESTINIENS MESSAGERS DE PAIX
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
            
Bus d'ouvriers palestiniens

          Les attentats presque quotidiens ne découragent pas les autorités sécuritaires israéliennes qui misent sur l’encouragement économique plutôt que sur la répression pour endiguer le flot de terreur qui envahit Jérusalem et les territoires. Chez les Palestiniens, le chômage et les chiffres de la pauvreté sont très troublants et les perspectives économiques sont inquiétantes. Or Israël estime nécessaire à présent de calmer la grogne des Palestiniens qui ne voient pas s’arranger leur situation économique afin d'éviter qu'ils basculent en majorité vers le terrorisme et à terme vers une nouvelle Intifada. La situation est grave en Cisjordanie car le Bureau central palestinien des statistiques y évalue le taux de chômage à 26.9% contre 43,9% à Gaza et 5,1% en Israël.


           
Taux de chômage palestinien
          Malgré la hausse de l’aide internationale et quelques réformes structurelles de l’Autorité palestinienne, la croissance, qui s’était fortement accrue, s’est ensuite ralentie pour  entrer en récession en 2014. La situation financière de l’AP est plus que jamais critique.
Or l’économie palestinienne est totalement dépendante des Israéliens avec 81,7% des exportations et 71,3% des importations dans une sorte de quasi-union douanière. C’est essentiellement une économie de service avec un secteur public très important (22,9% des employés) en particulier à Gaza, une industrie limitée (14,5% avec l’extraction de pierres) et une agriculture en perte de vitesse (3,8%). Le secteur de la construction représente 7,2% du PIB.

Ruelles vides de Bethléhem

            Les troubles sécuritaires n’ont pas gêné uniquement les Israéliens. En effet, l’économie palestinienne n’est plus en capacité de tirer pleinement partie de ses avantages liés à une main d’œuvre éduquée, une importante diaspora et des atouts touristiques. La peur s'est emparée de toute la région et les touristes sont moins nombreux dans les souks. La consommation est soutenue par les revenus étrangers constitués des salaires des 11,7% des Palestiniens travaillant en Israël et les transferts de l’étranger. Le secteur privé, composé de rares grandes entreprises, est constitué de microentreprises incapables d’absorber la croissance de la population active dont le salaire minimal est de 1.700 shekels (400 euros) par mois alors qu’il est trois fois plus important en Israël. L’économie devrait bénéficier d’un faible rebond en 2016 (+6,5% dans la bande de Gaza et +2% en Cisjordanie) à condition que la reconstruction se mette en place pour créer des emplois et que le calme règne.
Benny Gantz

            Pour conjurer la routine des attentats au couteau, Benjamin Netanyahou n'a pas choisi la politique du pire. Il semble qu'il soit plus sensible aux recommandations des chefs sécuritaires israéliens qui conseillent une plus grande ouverture vers les Palestiniens afin de ne pas les pousser au désespoir, voire à l’extrémisme. Avant de quitter son poste, le chef d’État-major Benny Gantz avait d’ailleurs été clair au sujet de Gaza : «nous devons agir de façon rationnelle. La bande doit être ouverte aux biens car il y a 1,8 millions de personnes là-bas, coincés entre Israël, l'Égypte et la mer. Ces gens ont besoin de vivre leur vie. L'équilibre doit incliner vers l'espoir plutôt que vers le désespoir, sinon les combats pourraient reprendre».
            Les Palestiniens de Cisjordanie ont montré qu’ils ne voulaient pas s’engager vers une violence stérile et, malgré les appels à une troisième Intifada lancée par des éléments extrémistes, ils ont vu où était leur intérêt ; ils ont refusé en masse de soutenir les terroristes. En fait, le terrorisme a été circonscrit à quelques éléments minoritaires qui n’ont pas réussi à soulever toute la population qui aspire au calme et qui a fait le choix de l’amélioration de sa condition de vie. L’exemple de la Syrie et de l’Irak leur a démontré l’inanité du choix des armes.
Etudiante arabe du Technion

            Les Arabes israéliens servent aussi de modèles quand on les voit employés dans les commerces, dans les hôpitaux, dans les pharmacies et dans tous les chantiers de construction. Les Palestiniens doivent prendre exemple sur eux et plus ils se mêleront à eux, plus ils seront les ambassadeurs de la réussite arabe en Israël. À part quelques brebis galeuses ils participent à l’essor du pays parce qu’Israël manque de bras. 
          C’est pourquoi le gouvernement veut donner une chance à la Cisjordanie en accueillant en Israël plus de travailleurs qui ont l’avantage de rentrer chez eux au terme d’une journée de travail alors que les travailleurs immigrés peuplent les bas-fonds des villes, font le commerce de la drogue et des prostituées et constituent une pègre dangereuse. Plus l’on donne du travail aux Palestiniens et plus ils s’éloignent des vendeurs de haine. Le Shabak (sécurité intérieure) est formel. La distribution de nouveaux permis de travail minimisera les risques d’attaques terroristes parce que les travailleurs palestiniens ont ainsi une source de revenus indispensable sachant qu'un ouvrier en Israël fait vivre trois familles compte tenu des écarts de salaires. Les ouvriers feront eux-mêmes leur propre police pour neutraliser les fomentateurs de troubles.  
Travailleurs palestiniens entrant en Israël

            Actuellement 84.000 Arabes de Cisjordanie disposent d’un permis de travail. 58.000 à l’intérieur de la ligne verte et  26.000 dans territoires. On évalue par ailleurs à 30.000 le nombre de clandestins palestiniens qui travaillent en Israël. A peine une dizaine a été prise en flagrant délit de terrorisme ce qui est infime. Les besoins sont tels en Israël que le gouvernement est prêt à distribuer encore 100.000 permis de travail suite à la demande des villes israéliennes. Ce chiffre est significatif parce qu’il représente un tiers des chômeurs palestiniens. Quand on enferme une population dans le désespoir elle n'a que la violence pour conseiller.
            Aucune réserve n’a été exprimée par les services de police ni par les ministres. L’on veut pour preuve l’accord donné par le chef des sionistes religieux, Naftali Bennett, qui a approuvé ainsi le doublement  du nombre de permis accordés aux Palestiniens. La baisse du chômage en Cisjordanie entraînera à coup sûr une diminution de la tension tandis que les extrémistes trouveront moins d’oreilles bienveillantes. Tout le monde y trouve son compte. Les employeurs juifs obtiennent une main-d’œuvre efficace et qualifiée à bon marché et les travailleurs palestiniens améliorent leur niveau de vie.
            Le vivre ensemble est fondamental si l’on veut la paix par l’économie comme l’avait prédit Benjamin Netanyahou. Ces nouveaux venus en Israël pourront ainsi se mêler à la réalité pacifique d’une population lasse de la guerre et avide de paix. Peut-être convaincront-ils leurs semblables en Cisjordanie qu’ils feraient mieux de retrousser leurs manches au lieu d’affûter leurs couteaux. Le gouvernement semble avoir compris que manier la carotte est plus efficace que brandir le bâton. En attendant, il sera toujours temps de trouver une solution honorable du conflit.



6 commentaires:

Pascale CHATELUS a dit…

Un autre point positif par rapport à des immigrants, les Palestiniens dépensent l argent sur place, alors que les autres l envoient au pays.

Patrick a dit…

Mesure salutaire car plus il y aura transfert de richesse et plus la situation ira dans le sens de l'apaisement. Il faut favoriser l'émergence d'une classe moyenne palestinienne qui ne serait pas issue du fonctionnariat, mais qui elle même devrait être en situation de créer de la richesse.

Michel LEVY a dit…

Georges, vos propos sont quand même étonnant, j'ai lu plusieurs articles sur des start up israélo-palestiniennes, au sujet de l'eau Israël en fournit nettement plus qu'il n'en pompe. Il tient aussi à protéger la ressource, et d'après ce que j'ai lu le grand problème palestinien ne concerne pas la quantité d'eau mise à disposition, mais les problèmes de recyclage, et l'état pitoyable des canalisations provoquant de grands gaspillages.
Il faudrait documenter ce que tu affirmes.

andre a dit…

Très intéressant . Sans doute trop optimiste mais, bon, on a tout essayé , on peut voir s'ils sont capables de cracher sur 5.000 shequels par mois pour le plaisir de poignarder une juive .
Ça ne changera pas les mentalités mais oui, ça peut inciter la majorité à se calmer .Sauf que la majorité subit et c'est toujours une minorité agissante qui décide et fait tout basculer.

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Cet article me paraît d'une très grande sagesse. Mais la sagesse étant actuellement la chose la moins bien partagée au monde, il reste encore du mouron à se faire !

Très cordialement.

Janie Cheraki a dit…

Oui pour éradiquer la pauvreté des Palestiniens et la Haine de l'AUtre,il faut donner une Chance à ces hommes de travailler ! Peace and love for all my cousins!