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samedi 19 décembre 2015

La radicalisation des Juifs français



LA RADICALISATION DES JUIFS FRANCAIS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

          

          Il existe certainement de nombreux griefs à l’égard de la politique étrangère française, télécommandée en partie par le Quai d’Orsay, mais cela ne justifie pas qu’on renie, avec une certaine ingratitude, des années de culture et d’éducation françaises. La France est mal perçue par un certain nombre de Juifs et par la majorité de ceux qui vivent en Israël.  Il est difficile de souscrire aux raisons qui poussent des nationaux à dénigrer leur pays d'origine. 




Rabbin Dov Lior

          Ils suivent en cela aveuglément les directives de gourous israéliens d’extrême-droite ou des religieux orthodoxes dont la haine à l’égard de la France, coupable selon eux de compromission avec les Palestiniens, est poussée au paroxysme. Certains ne font pas dans la demi-mesure comme le rabbin d’extrême-droite Dov Lior qui a exprimé sa haine déplacée : «les attentats de Paris étaient mérités en raison de ce que les Européens ont fait aux juifs il y a 70 ans». Ce sentiment s’est répandu en France, facilité en cela par la haine anti arabe véhiculée par de nombreux originaires d’Afrique du nord dont le racisme n’a d’égal que l’inculture politique.
            Les Juifs français agissent par dépit parce qu’ils exigent un amour exclusif, sans partage, et ils essaient de conforter leur attitude paradoxale en faisant l’amalgame entre Arabes, Palestiniens et islamistes. Ils feignent d’ignorer que l’intérêt global de la France prime sur les intérêts d’une communauté de six millions de Juifs qui pèse peu économiquement face aux 200 millions d’arabes dans le monde. C’est un fait. Ce sentiment, qui a toujours prévalu, s’est souvent exprimé à travers l’histoire israélienne à l’exception de la période bénite de 1956 à 1968. Mais il s’agit d’une attitude générale de pays qui ont appris l’égoïsme même s’ils doivent abandonner leurs convictions politiques.

            La rupture avec la France ne date pas de ces dernières années mais elle s’est amplifiée. La rupture avait été entamée avec l’embargo sur les armes décrété en 1967 par le Général de Gaulle au moment le plus crucial de son existence. Puis elle s’est exprimée avec le soutien affiché de Jacques Chirac au régime de Saddam Hussein. Le président de la République avait alors estimé que l’intérêt mercantile pour un pays qu’on armait en échange de son pétrole ne commandait pas la position de la France. Il pensait en fait que, sur le plan stratégique, l’Irak représentait le seul pays laïc de la région dont la chute entraînerait certainement un vide inexorablement comblé par les extrémistes chiites. Il avait vu juste puisque ce fut le cas ; l’élimination du dictateur sans préparer sa relève a été une catastrophe pour la région.
            Il est vrai qu’en ce temps-là la France avait été accusée d’offrir aux Irakiens l’arme nucléaire avec la construction d’un réacteur à Osirak qui fut d'abord partiellement détruit par un raid de l'armée israélienne le 7 juin 1981, puis à nouveau, par l'armée américaine en 1991, lors de la guerre du Golfe. Enfin l’esclandre prémédité de Jacques Chirac lors de sa visite à Jérusalem le 22 octobre 1996 avait fini par acter la rupture. Lors de son voyage en Israël, alors qu'il visitait la vieille ville de Jérusalem, le président de la République s’était violemment heurté aux services de sécurité israéliens censés le protéger et dont il avait jugé l'attitude brutale et provocatrice.

            Plus récemment, le vote pour l’entrée de la Palestine à l’Unesco a accentué le ressentiment. La proposition de l’Assemblée nationale de reconnaître l’État de Palestine, qui n’existe toujours pas, ou encore la décision de l’Union européenne d’étiqueter les produits en provenance des implantations de Cisjordanie et du Golan, sont considérées comme des attaques frontales contre Israël menées par la France seule. Ce fut effectivement le cas le 31 octobre 2011 lorsque la France et la quasi-totalité des pays arabes avaient voté en faveur de l'adhésion des Palestiniens comme membres à part entière de l’Unesco alors que les États-Unis, l'Allemagne et le Canada avaient voté contre, tandis que l'Italie et le Royaume-Uni s'étaient abstenus. Israël avait peu apprécié que la France soit le seul pays occidental à se distinguer aux côtés de ses ennemis. Le vice-ministre israélien des affaires étrangères, Danny Ayalon, avait alors exprimé «sa déception à la France pour son vote bizarre car la France, un pays ami, a cédé à l'Autorité palestinienne après avoir essayé de la dissuader de sa démarche à l'Unesco». 
          Pour Israël, il s’agissait d’un coup de poignard dans le dos au moment où on lui attribuait la totale responsabilité de l’échec du processus de paix. Il craignait que cette adhésion à l’Unesco ne préfigure d’autres manœuvres politiques, comme la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien et il fustigeait le fait que ce vote au sein d’une assemblée internationale soit intervenu dans un contexte de regain de violence entre Israël et les Palestiniens de la bande de Gaza.
            Enfin le 2 décembre 2014, l'Assemblée nationale avait voté la reconnaissance d'un État palestinien. Certes les députés ont adopté un projet de résolution non contraignant «invitant» la France à reconnaître la Palestine par 339 voix contre 151. Les termes de la résolution, à haute teneur symbolique, avaient irrité l’État juif puisqu’ils précisaient que «le statu quo est intenable et invitaient le gouvernement français à reconnaître l’État de Palestine en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit»
          Les députés pro-israéliens Pierre Lellouche, Claude Goasguen, Christian Estrosi et Hervé Mariton n’avaient pas réussi à persuader leurs collègues de ne pas joindre leurs voix aux militants gauchistes historiques de la cause palestinienne défendue par le Quai d’Orsay. Les détracteurs de la résolution redoutaient de voir l’État hébreu se braquer dans un climat inflammable. L’UMP Christian Estrosi avait été clair : «Vous adressez un message négatif à un ami de toujours, Israël, et un encouragement à un mouvement terroriste». Laurent Fabius avait alors rappelé avec force que c’est bien l’exécutif qui est «seul juge de l’opportunité politique de reconnaître l’État palestinien. La France reconnaîtra la Palestine, ce n’est pas une faveur, pas un passe-droit, c’est un droit». Mais cette façon de faire cavalier seul dans l'environnement occidental pouvait être considérée comme une erreur politique.
            Tous ces événements ont réussi à donner une mauvaise image de la France auprès des Juifs. Elle a été exploitée à outrance par les leaders juifs messianiques qui ont trouvé là un argument pour pousser les Juifs de France à quitter la France en leur proposant des territoires "disputés" où ils pouvaient exprimer concrètement leur haine de l’Arabe. Il s’agissait d’un bon moyen de créer une situation de non-retour pour des familles dont le départ, mal préparé, devait être définitif. Souvent par dépit, l’échec de leur installation en Israël était attribué à la France qui les a peu aidés, et pour cause, dans leur nouvelle vie. Alors, soumis aux discours où les thèses religieuses primaient sur la volonté sioniste, les Français sont arrivés en masse pour gonfler les troupes de nationalistes extrémistes israéliens.
Juifs français en Israël

            La religion est devenue le seul ressort car son côté mystique, doublé d’interdits puisés au sein des textes sacrés, lui donnait plus de crédibilité. Ces nouveaux venus intoxiqués perdent vite le sens de la mesure, le sens de la réalité au point de vouer la France aux gémonies. Et pourtant l’ambassade de France ne leur tient pas rigueur. D'ailleurs selon le consulat plus de 95% d'entre eux continuent à garder leur passeport français. L'ambassadeur Patrick Maisonnave essaie d’aider les multiples associations francophones à se structurer parce qu'il est de sa responsabilité d’aider les nouveaux immigrants à s’insérer dans le paysage israélien même si cela favorise une fuite de cerveaux français. 
Forum francophone avec Patrick Maisonnave

          La France rétribue même un représentant à l’Assemblé nationale pour être le trait d’union entre la mère Patrie et ses expatriés. L’efficacité de ce député est certes douteuse. On ne lui doit aucune réalisation. Son action est faite de vent et de paroles creuses. Sa crédibilité est mise en cause parce qu'il ne lève pas le doute s’il représente la France ou Benjamin Netanyahou. Il s’agite mais n’agit pas, il parle pour exister, il ne reste pas au-dessus de la mêlée en bon député national alors qu’il a choisi le camp des extrémistes, il fait la promotion de sites qui dénigrent systématiquement les diplomates français à base d’articles immondes où les attaques personnelles au-dessous de la ceinture priment sur l’exposé d’idées.
            Les Juifs de France et ceux d’Israël se sont radicalisés à l’extrême-droite de l’échiquier politique au point même de se compromettre pour le FN puisque certains de leurs leaders ont refusé aux dernières élections régionales d’interdire clairement le vote pour le Pen. Un avocat célèbre leur tend la perche en prônant «un front républicain contre l'islamo-gauchisme», sous-entendu le vote FN est la seule solution, et «la nécessité pour l'État juif de défendre fermement ses frontières et de se prévenir démographiquement d'un mortel droit au retour des Arabes de Palestine». Cet amalgame entre musulmans de France et Palestiniens plait à tous ceux qui exècrent le monde musulman et à tous les tenants d’un Israël binational qui rejette la création d’un État palestinien. 
Réunion francophone à la Knesset

    Les francophones d’Israël, intoxiqués par ceux qui mêlent volontairement religion et politique et qui considèrent tout choix politique inspiré par les préceptes religieux des textes bibliques, imposent aujourd’hui leur loi aux nouveaux venus en Israël. Ils veulent se regrouper en un lobby, constitué d'une majorité de kippas et de militants Likoud, alors qu’ils ne sont pas capables de se regrouper entre eux. Les dizaines d’associations concurrentes et les dizaines de feuilles de choux au contenu indigent ont perdu le sens de l’efficacité. Les Juifs ne dérogent pas à la règle quand ils veulent être tous présidents ou tous rédacteurs en chef. 
Voiles et kippas en majorité dans ce lobby avec au fond le drapeau du Likoud

          Mais la critique fondamentale qu’on peut leur opposer est qu’ils mêlent la France à leurs problèmes d’expatriés. Certains rêveurs français en prospective, qui anticipent avec aplomb «la fin du judaïsme européen», veulent organiser un «plan massif» pour l’alyah des Juifs de France mais cela passe souvent par le dénigrement de la France et de ses dirigeants, quels qu’ils soient. L’indigence de leurs arguments les met face à l’échec inéluctable d’une immigration qu’ils préconisent en tant qu’alyah de nécessité alors qu’elle devrait être, pour réussir, une action de conviction sioniste. La France restera toujours et malgré tout dans le coeur des Français qui ont choisi de vivre en Israël.   

16 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

D'après une enquête de l'IFOP, en 2012, les musulmans ont voté à 86% pour François Hollande, c'est-à-dire +28 points par rapport au vote de l'ensemble des Français. Ils représentent 6 à 7 millions de personnes à mettre en face des 600 000 Juifs, qui selon le CRIF, ont plutôt voté Sarkozy !
Je crois qu'il ne faut pas aller chercher plus loin la raison du vote de la France qui se distingue des autres votes occidentaux concernant les ennemis d'Israël.

Très cordialement.

Pascale CHATELUS a dit…

J adore.. ils crachent sur la France mais gardent leur passeport français. Quant au représentant de natanyahu à l A. nationale , une erreur tout comme ces représentants des francais de l étranger. A supprimer.

Emmanuel WEILL a dit…

Très bon article et les Arces de Netanya et d'Ashdod qui vivent en communauté en sont un parfait exemple!

V. Jabeau a dit…

Cet article ne donne pas chiffre et donc ça reste une opinion. De mon côté je vois des Francophones engagés à gauche, y/c M. Pierre Besnainou, quoiqu'on puisse penser de son action à la tête de l'AUJF. Enfin le Likoud comme l'Union Sioniste ne sont pas intéressés par les Francophones.

Michel LEVY a dit…

Je vais régulièrement en Israël voir mes enfants, et je suis surpris d'écouter les francophone parler de la France comme un pays antisémite. Franchement, les juifs n'intéressent pas les français non juifs, et si l'antisémitisme était la règle, on ne verrait pas tellement d'unions mixtes ! !
En France on n'aime pas les gens qui suivent des ch'mins qui n'mènent pas à Rome, on aime ni les femmes voilées, ni les juifs en tenue folklorique, surtout quand ils sont trop nombreux, "on est plus chez nous" pensent les braves gens.
L'antisémitisme en France n'est probablement pas plus handicapant que l'hostilité envers les séfarades en Israël, il existe mais si on est bon, on fait avec et on peut le dépasser et se dépasser.

MS a dit…

Les français gardent leur double nationalité comme 99% des expatriés du monde. Cette phrase est quelque peu sournoise... Pour le reste effectivement la France n'a plus qu'une place extrêmement réduite dans le cœur des juifs et particulièrement ceux qui font leur Alyah. La relecture de Rome et Jerusalem de Moses Hess, considéré LE premier ouvrage à vocation de programme sioniste, bien avant Pinsker ou Herzl devrait les éclairer sur l'importance de la France à une époque où les nationalismes en marche et surtout la révolution française servaient de modèle.
Bien à vous.

Robert FELDMANN a dit…

L'immense majorité des Franco israeliens qui vivent en Israel sont très attachés à leurs cultures et à leurs racines françaises je suis bien placé pour le dire ( president de l'UNION DES FRANCAIS vivant hors de France , Conseiller Consulaire et membre de l'assemblee des francais de l'etranger ) . Dans tous les peuples il y a des extrèmes et il faut les combattre ; les juifs venus de France dans leur immense majorité en Israel sont conscients de la montée de l'antisémitiste et de l'antisionisme en France ce n'est pas être radicalisé . Ils sont conscients que le sentiment anti- israelien prend une ampleur exponentielle et ce sentiment fait que tout juif peut devenir une cible ; Benllichouche fait une généralisation totalement hors de propos car pour lui tout ce qui n'est pas de l'ordre de la gauche de Shalom Hachshav , que je respecte d'ailleurs , s'apparente aux pires extrémistes israeliens . Pour ceux qui vivent ici , ils le savent bien , il faut garder les yeux et les oreilles bien ouverts afin de ne pas se laisser bercer d'illusions ; comparons simplement 1981 et 2015 pour s'apercevoir qu'en 25 ans combien la situation s'est dégradée pour les juifs de France ......et d'Europe .

Georges KABI a dit…

J'ai fait mon aliya il y a de cela presque 40 ans, aussi je ne connais pas tres bien l'aliyah actuelle. La seule chose que je sais c'est que l'aliya ne concerne pas plus de 20% de l'ensemble des Juifs de France, et que meme parmi ces 20%, les echecs d'integrations seront nombreux. Ce fut le meme cas lors de mon aliya. Les chiffres de la yerida ne sont jamais publies, aussi il ne reste qu'a faire des estimations. Je suis monte dans un groupe comprenant 40 personnes. 6 ou 7 sont restes. Les autres sont repartis definitivement. Parmi eux, 2 ou 3 sont restes en contact, et appuient Israel. Les autres, je ne sais rien d'eux.
A la lecture des differents medias israeliens, il s'avere que les olim de France et des USA forment la tete de lance de l'extremisme dans les Territoires, et particulierement dans la region de Hebron. Je ne vois aucun probleme si cela peut contribuer a leur absorption. De toute facon, nous sommes encore tres loin d'un eventuel accord avec nos voisins non-juifs.

eric gozlan a dit…

Votre article montre une réalité de la communauté juive de France qui devient de plus en plus extrémiste.
Lors des dernières élections européennes environ 14% de la communauté juive a coté pour le Front National.
A la question : pourquoi les olim Français sont plutôt de droite ou d’extrême droite en Israël , nous ne pouvons répondre qu'en faisant un peu d'histoire.
Lorsque la gauche était au pouvoir en Israël, la politique de ce dernier était acceptée par tous les juifs de diaspora. Chacun, religieux ou non pouvait se reconnaître dans les valeurs de ce pays (il est intéressant de voir que les chiffres des yordims étaient moindres à cette époque). Depuis que la droite est au pouvoir et surtout depuis Bibi, beaucoup de juifs ne peuvent se reconnaître dans l'Israël actuel comme d'ailleurs beaucoup d'israéliens qui ne comprennent plus où va ce pays. Je pense que lorsque Israël reviendra à une politique équilibrée (économique et sécuritaire), un renouveau plus laïc et plus ouvert retrouvera le chemin de l'alya

andre a dit…

C'est une rengaine ! Quand les électeurs ne sont pas de l'avis des gens de gauche, on les accuse de se radicaliser !
C'est quoi votre rêve ? Que les gens votent comme vous le souhaitez?
Il ne peut pas vous venir à l'idée que ce sont eux qui ont raison et que la réalité , ils l'appréhendent mieux que vous? Les communistes, les marxistes, les socialistes, la gauche intellectuelle persuadée de ne pouvoir se tromper et qui s'est roulée dans la boue de toutes les erreurs en soutenant Staline, Mao, Nasser, Castro et s'est extasiée au pieds de tous les pseudo révolutionnaires. ..
Les olim français ne tombent pas dans le piège des lecteurs de Haaretz qui ont tort depuis 30 ans et que les électeurs israéliens respectent tout en les écartant du pouvoir . Et votre commentaire attendrissant de naïveté est qu'ils exagèrent !

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@André

C’est une rengaine en ce qui vous concerne. A chacun de mes articles, vous tonnez systématiquement. Pourquoi vous donnez-vous tant de mal à lire mes textes qui vous font du mal. Il y a tellement de sites de droite et d’extrême-droite où vous pouvez trouver votre bonheur ! Mais c’est vrai que c’est monotone chez eux et peu concluant.

David KALFON a dit…

Bonjour Jacques,
Comme pour la plupart des articles que vous publiez, celui-ci est très pertinent, criant de vérité et révélateur d'une époque.
Cependant, un point me gêne, votre "appréciation" concernant le représentant à l’Assemblé nationale pour les français de l'étranger. Vous remettez en cause son efficacité et son action, de plus ans le nommer. Il est clair que vous parlez de Meyer Habib. Je ne comprends pas pourquoi, ici, vous semblez régler des comptes par article interposé ? Je n'en vois pas l'intérêt.
J'espère me tromper.

Merci de votre réponse ...

Véronique ALLOUCHE a dit…

Les juifs français ne sont pas radicalisés, ils sont inquiets.
Inquiets car pris en étau entre une extrême-gauche antisémite sous couvert d'anti-sionisme et une extrême-droite qui hurle dans les rues de Paris " juif dehors, la France n'est pas à toi". Sans compter les agressions des musulmans dont ils sont l'objet à longueur d'année.
S'il est vrai que certains juifs ont voté FN, pensant à tort que ce parti les défendra contre les arabes, le plus grand nombre voient un danger à plus longue échéance.
Pour les juifs d'Israël, il est de bon ton de dénigrer leur pays d'origine, mais officieusement, il est clair que derrière leurs propos, on peut clairement y déceler de la nostalgie non avouable.
On devient israélien de cœur mais on reste français par la culture, l'éducation et la pensée, qu'on le veuille ou non.
Bien cordialement
Véronique Allouche

Marc a dit…

C'est en France qu'on tue des enfants juifs parce que Juif! C'est en France où on manifeste en criant " morts aux juifs"! C'est en France ou un humoriste antisemite a pu sévir des années en toute impunité! C'est en France ou une extrême droite à 40% est l'alliée objective des antisionistes de tous bords! C'est en France ou une association dite anti-raciste peut affirmer qu'il existe un philosemitisme d'état comme Drumont! C'est en France que se déroule un meeting ouvertement anti sioniste soutenu par des partis de gauche! C'est en France qu'un journaliste d'une chaîne du service publique, correspondant en Israël, a utilisé des images fallacieuses d'un enfant palestinien mort dans les bras de son père, ce qui a eu pour effet de "démoniser" l'état d'Israel, etc, etc, etc. Alors, oui, en effet, j'entends que certains Français juifs puissent reconstruire leur identité uniquement sur la base d'un judaïsme de combat et qu'ils ne laissent plus rien passer à ce pays en qui ils ont eu tellement confiance et qui les a tant déçu. D'ailleurs vous en faites vous même le diagnostic depuis De Gaulle. A ce titre une petite pensée pour Roland Dumas, Raymond Barre, Giscard, Stéphane Hessel etc, etc, etc.

Jacques, vous êtes bon dans des articles de géopolitique et de stratégie militaire. Laissez tomber le reste, vous êtes moins pertinent.

Nadine VERED a dit…

Pour revenir au sujet du post de Jacques Benillouche, dont on s'est beaucoup éloigné, je ne pense pas que les juifs français en Israel soient tous des extrémistes de droite. Loin de la, même. Par contre, ce qui est vrai, est que ceux qui arrivent maintenant, sont traumatises par des années et des années de cohabitation qui se passe très mal avec des voisins/collègues/élèves/étudiants musulmans noirs et arabes et discours angelique des media qui refusait de voir leur délinquance et leur antisemitisme. Ils se disent qu'en venant en Israel ils en ont enfin fini avec tout ca. Eh bien non ! D'ou leur ras le bol.

Georges KABI a dit…

Vered, la tres grande majorite des Francais en Israel sont de droite voire d'extreme-droite. Oui, je connais quelques Francais de gauche, surtout des kibboutznikkim. Cela ne me gene pas enormement. Ce qui me preoccupe plus c'est leur integration, la plus facile qu'elle soit. On parle deja de 70% de yordim, ce qui rejoint les pourcentages habituels depuis qu'Israel existe. L'avantage des Francais, c'est que les aides sociales en France sont beaucoup plus importantes qu'en Israel. Alors meme si on perd du fric, on s'est paye une aventure au soleil avant de revenir au frimas parisien.