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mardi 1 décembre 2015

Israël anticipe l'effondrement de l'Autorité palestinienne



ISRAËL ANTICIPE L’EFFONDREMENT DE L’AUTORITÉ PALESTINIENNE
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
                

          Des rumeurs avaient couru que le déplacement de Mahmoud Abbas en Égypte avait pour but de discuter avec Mohamed Dahlan, protégé du Qatar, de l’avenir des Palestiniens. Le comité central du mouvement Fatah a rejeté le 18 novembre les informations faisant état des efforts égyptiens visant à promouvoir la réconciliation entre le président palestinien Mahmoud Abbas et l’ex-homme fort du Fatah Mohamed Dahlan. Le comité a estimé qu’il s’agissait «d’illusions pour créer le chaos et pour occuper l'opinion publique avec des questions marginales».



            Dahlan est exilé à Abu Dhabi depuis 2011 après des luttes intestines au sein du Fatah. Mahmoud Abbas avait même réussi à le traduire par contumace devant un tribunal en 2014 sur des accusations de corruption. Les rumeurs étaient fondées sur l’information que Abbas et Dahlan se trouvaient en même temps au Caire, au début du mois de novembre, et se seraient rencontrés à l’occasion d’une réunion organisée par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Le Comité central a déclaré que «les partisans du Fatah restent fidèles aux principes nationalistes inaliénables de la direction légitime du président Mahmoud Abbas». Abed Rabbo, ancien secrétaire général de OLP limogé en juillet, était accusé de son côté d’avoir rencontré en secret Dahlan dans les Emirats Arabes Unis, peu de temps après son éviction.
Ghassan Al Khatib

            Des inquiétudes israéliennes tendent à confirmer le risque d’effondrement de l’Autorité palestinienne après la campagne d’assassinats de Juifs qu’elle n’a pu circonscrire, sinon freiner. Il faut dire que la politique byzantine de Mahmoud Abbas freine toute décision importante. Ghassan Al Khatib, ancien ministre, avait publié un article dans lequel il s’élevait contre les luttes de pouvoir. Le Parlement palestinien est totalement paralysé depuis des années à la suite des rivalités entre Hamas et Fatah qui n’ont pas trouvé d’accord pour organiser des élections libres. 

            L’institut de recherche palestinien «Jerusalem Media and Communications Center» est formel. Les Palestiniens n’ont aucun candidat sérieux et charismatique à proposer à leur peuple. Pendant un certain temps, Marwan Barghouti, membre du Comité central du Fatah, emprisonné en Israël, a été considéré comme un successeur putatif de Mahmoud Abbas. Mais il arrive à peine à réunir sur son nom 10% de partisans, autant d’ailleurs que Ismaël Haniyeh chef du Hamas à Gaza. Les sondages donnent 5% à Mohamed Dahlan, 3% à Saeb Erekat et 3% à Khaled Mechaal. Aucune personnalité ne sort du lot. 

          Les Israéliens sont donc convaincus que cette situation anarchique ne peut conduire qu’au chaos à moyen terme bien que les Palestiniens se complaisent dans cette inertie. L’OLP, institution suprême du mouvement palestinien, censée mener les négociations avec Israël, est paralysée tandis que l’Autorité ne représente plus le Hamas. Les décisions politiques du Palestinian National Council, qui d’ailleurs ne se réunit plus, ont donc une légitimité douteuse. Pas de réunion, pas de décision ; tous les clans palestiniens peuvent continuer à subsister en tant qu'entité indépendante.

            C’est dans cette ambiance que le Comité ministériel israélien sur les affaires de sécurité nationale a discuté d'un plan d'urgence pour faire face à un éventuel effondrement de l'Autorité palestinienne avec les évidentes conséquences sur la sécurité. Le gouvernement prend l’affaire au sérieux puisqu’il a chargé Tsahal de préparer les modalités du plan. Selon le journal Makor Rishon, Israël transférerait 60 km² à l'Autorité palestinienne, prélevés sur les 3.750 km² de la zone C de la Cisjordanie. Cela équivaut à 1,6% de la superficie soumise au seul contrôle israélien. Le plan prévoit trois retraits en faveur de l'Autorité palestinienne dans les districts de la ville de Hébron, de Tulkarem et de Jéricho afin de construire des nouveaux quartiers résidentiels à l’intention de 20.000 Palestiniens.   
Ville nouvelle de Rawabi près de Ramallah
    
            Benjamin Netanyahou espère que ces retraits calmeront la situation en matière de sécurité afin de faire cesser les troubles en Cisjordanie. Il considère que ce serait, vis-à-vis des États-Unis, une bonne contrepartie pour justifier la construction de nouveaux logements dans les implantations. Selon les hauts fonctionnaires israéliens, l’effondrement de l’Autorité ne serait pas une bonne affaire pour Israël contrairement à l’optimisme manifesté par les nationalistes juifs.


            En fin diplomate, Netanyahou veut profiter de la situation internationale pour détourner l’attention. Il surfe sur les récents attentats de Paris qui ont atténué les pressions internationales sur Israël et sur les assassinats de Juifs, commis par les terroristes, pour infléchir la position rigide de John Kerry. Mais le défi du premier ministre est interne à sa majorité. Il consistera à défendre ses projets face à Naftali Bennett, leader de HaBayit Hayehudi, qui n’est prêt à aucune avancée politique de cette nature. 

          D'ailleurs cette proposition d’abandon de terres provoqua un tel tollé que le premier ministre a dû démentir l’information en précisant qu’aucun plan unilatéral de cession de terres n’était prévu. Un démenti de principe car le Coordinateur pour des Activités Gouvernementales dans les Territoires avait déjà préparé un plan pour amputer la Zone C de quelques territoires.

2 commentaires:

Georges KABI a dit…

L'effondrement de l'AP serait une catastrophe pour Israel sur le plan de la securite, de l'economie et des relations internationales. Cela permettrait aux groupes radicaux de mieux s'implanter en Judee-Samarie et par la meme occasion d'attaquer Israel sur tous les fronts. Les attentats deviendront quotidiens, sanglants voire sanguinaires, et la repression poussera les extremistes israeliens a des mesures qui seront aussitot denoncees et condamnees par l'opinion publique internationale, entrainant des risques de boycott et de sanctions economiques et politiques.
Enfin, comment assurer des echanges commerciaux avec des gens qui pourront se permettre de ne pas respecter des accords signes? Qui paiera pour l'electricite, pour l'eau, pour les egouts, qui drainera les territoires, qui assurera l'education et la sante de mllions de Palestiniens livres a eux memes?
En construisant plus de logements dans les implantations, on ne resoudrera aucun des problemes cites plus haut.
Pour assurer un minimum de securite en Israel, il faudra s'assurer que la Cloture separant les Territoires d'Israel soit terminee, qu'elle soit soigneusement gardee par des troupes qui resteront immobilisees, exactement le contraire de l'esprit de Tsahal. Ou bien devrons-nous recruter des civils, les payer au salaire minimum pour assurer la garde des frontieres, comme cela se fait deja dans les passages officiels?

Michel a dit…

Tout à fait d'accord avec le commentaire decGeorges Kabi.
Mais face à cette situation anarchique chez les palestiniens, ne peut on pas se poser la question suivante: existe-t-il réellement une nation palestiniene c.a.d. une société qui se sent un destin commun et qui poursuivrait un but collectif celui de son développement économique, culturel et social qui passerait non seulement par son indépendance mais aussi en même temps le renoncement á des pratiques tribales, à la haine de l'autre et à la promotion de la mort comme acte essentiel de la résistance?