ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

lundi 3 novembre 2014

TUNISIE : DÉCEPTION DE L’HÉRITIER DES FRÈRES MUSULMANS


DÉCEPTION DE L’HÉRITIER DES FRÈRES MUSULMANS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

Tariq Ramadan
            
          Le Printemps arabe a pris sa source en Tunisie en 2011. L’élimination du dictateur Ben Ali a été suivie par des élections démocratiques qui ont donné le pouvoir aux islamistes d’Ennahda dont l’idéologie était calquée sur celle des Frères musulmans. Mais la chute du pouvoir islamiste en Égypte et l’échec des idéologues tunisiens pour trouver des solutions économiques adéquates aux difficultés de la population tunisienne ont décrédibilisé les dirigeants au pouvoir en Tunisie. Leurs lacunes et leurs limites ont été mises en évidence pour leur faire perdre les dernières élections au profit des partis laïcs.



Wajdi Ghanim et Tariq Ramadan
Wajdi Ghanim

  
Les islamistes égyptiens ont cru trouver un terreau en Tunisie pour développer leurs thèses anachroniques. La visite du prédicateur radical Wajdi Ghanim avait déclenché un tollé en Tunisie. Il avait appelé à l’instauration de la charia et avait justifié l’excision des femmes. Invité par d’obscures associations islamistes, nées après la révolution, il avait rassemblé plusieurs milliers de personnes lors de conférences dans plusieurs villes de Tunisie. Sa charge, dirigée contre les «laïcs, les libéraux et les apostats», avait déclenché de vives réactions dans la société civile tunisienne.
Hassan Al-Banna

C’est au tour à présent de Tariq Ramadan, petit-fils du créateur des Frères musulmans, Hassan Al-Banna, de manifester sa mauvaise humeur à la suite des résultats des dernières élections en Tunisie. Il avait estimé devoir se mêler des affaires tunisiennes en participant à la campagne électorale aux côtés du parti CPR (Congrès pour la République) fondé par Moncef Marzouki, président de la République à partir de 2011. Certain de leur victoire, Ramadan a mal accepté l’échec des islamistes et, en mauvais joueur, il a manifesté sa déception dans une mise en garde contre un retour à l’ancien régime :   «La polarisation en Tunisie se confirme bien sûr, et en même temps l'éparpillement des voix. Des désillusions aussi, avec le retour de certains anciens avec les habits neufs de "l'alternative", ou l'ascension du populisme affairiste mode Berlusconi...»

 Mais il ne désarme pas et fait preuve d’un don de voyance en misant sur «des lendemains difficiles pour la Tunisie, quelle que soit l'issue... avec cette situation économique déplorable. Une transparence électorale heureuse, certes, une nébuleuse politique malheureuse, effrayante. Des lendemains difficiles et rien n’est gagné».

Un échec non digéré


Tariq Ramadan ne semble pas se remettre de son échec après tous les débats politico-intellectuels  durant lesquels il diffusait sa bonne parole. Il avait même participé à des meetings avec les islamistes de Tunisie et avait été reçu par le leader d’Ennahda Rached Ghannouchi. Ceux qui l’ont invité l’ont pris pour une lanterne chargé d’éclairer la Tunisie en oubliant qu’il avait été renvoyé de tous les pays arabes et qu’il avait même été déchu de sa nationalité.
Mais il a trouvé des âmes charitables qui lui ont offert la nationalité suisse et même un poste d’enseignant en Grande-Bretagne pour continuer à diffuser l’idéologie de son grand-père. Le Qatar persiste à aider les militants des Frères musulmans en déversant ses dollars pour les faire vivre dans le luxe des hôtels. Il en est ainsi de Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas. C’est le Qatar qui a aussi financé une chaire à l’université anglaise pour Tariq Ramadan qui ne craint pas la contradiction alors qu’il prône la défense des défavorisés en Égypte et en Tunisie.  
Ce post donne l’impression que Ramadan a perdu son sang-froid habituel face à l’échec évident des Frères musulmans. La claque reçue en Tunisie et en Égypte est une claque qui lui a été directement assénée alors qu’il se démène pour établir un lien entre islam politique, démocratie, et humanisme. Il persiste à défendre l’indéfendable et à patauger dans ses contradictions parce qu’il défend son fonds de commerce. Il refuse d’admettre la réalité d’une Tunisie qui résiste et qui se veut ouverte sur le monde. 

Mais il trouvera toujours des intellectuels, comme Edgar Morin, qui lui offriront une tribune à la télévision pour cracher sur les bourgeois qui le font pourtant vivre. Ramadan a perdu de sa superbe, sauf auprès des gauchistes qui le prennent pour un Dieu vivant parce qu’il condamne l’Occident et Israël avec constance. Il continuera à diffuser, devant des intellectuels béats, ses contre-vérités. Mais l’homme a maintenant un genou à terre. Il lui manque le coup de grâce politique pour l'éliminer des salles de rédaction.   


5 commentaires:

Gérard Des BASTIDESE a dit…

Un beau bras d'honneur à ce prophète de malheur....ceci étant les ´´ démocrates ´´ tunisiens ont expulsé BHL dangereux sioniste notoire.....

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Il ne faudrait pas vendre la peau de l'ours trop vite. Certes les Tunisiens ont remporté une victoire politique de taille mais pour autant ont-ils gagné la guerre qui va sans aucun doute leur être livrée ?
Je ne pense pas que les Frères musulmans vont désarmer aussi facilement d'autant qu'ils savent pouvoir compter sur le soutien d'états aussi disparates que le Qatar ou la Suisse qui n'hésiteront pas, le cas échéant, à leur offrir une tribune.
Tout va donc dépendre de l'avenir économique de la Tunisie. Ses nouveaux dirigeants sauront-ils faire revenir les investisseurs et les touristes ? Ce ne sera qu'à cette condition que la guerre pourra être gagnée. Mais si par malheur le redressement économique n'était pas au rendez-vous, ne doutons pas que les Frères musulmans sauront exploiter la situation à leur profit comme ils ont toujours su le faire par le passé.

Très cordialement.

FERRADJI Selma a dit…

Bravo pour cet article monsieur Jacques Benillouche. Il résume en peu de ligne le vrai visage de ce tarik ramadan qui est un grand manipulateur faux dévot .qui se prend pour le sauveur du monde avec des idées intellectuelles en public de saint aimant tout en transmettant indirectement et en taupe des idées d un grand sanguinaire.Qui n aime personne sauf perpétuer les idées abjectes et médiocres de son grand père qui ont fait de lui et sa famille de grands riches .son grand père voulait faire parti du grand monde il a eu comme concept commercial de créer le groupe des frères musulmans pour s enrichir se faire remarquer. grâce aux musulmans vulnérables soit socialement économiquement ou psychiquement, c' est une sorte de secte qui fait croire aux musulmans que la solution à tous leurs maux de vie est d'être radicalistes islamistes et se débarrasser et s'attaquer aux juifs athées et catholiques. grâce a eux les dictateurs arabes ont pu perdurer .discours classiques c'est pas nous c'est une main étrangère juives . américaines. des peuples arabes pour la majorité ignorants ils sont arrives a leurs inculquer ces idées.ils ont su toucher le point faible la religion .qui est a mon sens une pratique purement personnelle . Tarik Ramadan au lieu de faire des slogans anti occident .il devrait utiliser son intelligence aux services des jeunes arabes pour les aider socialement et économiquement. malheureusement son intelligence est utilisée au service du mal

Danièle GERMON a dit…

Sinistre personnage qui a été longtemps l'invité de nombreuses émissions à la télé française . Il s'exprime très bien il est bel homme et ça ajoute à sa dangerosité . Vous parlez vrai il porte autant que son père l'héritage des frères musulmans . Il y a quelques année à la question que pensez vous de la lapidation des femmes ? Il a répondu il faudrait faire un moratoire .

cohen michèle a dit…

ce "frère" la ,a peut etre perdu une bataille, mais la haine qui sommeille en , reverra le jour.
Et puis, BHL n'a t il pas ete declaré personata non grata,?
Mais bon , on découvre ce que l'on savait déja.