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dimanche 17 novembre 2013

LES ENJEUX DE LA VISITE DE FRANÇOIS HOLLANDE EN ISRAËL



LES ENJEUX DE LA VISITE DE FRANÇOIS HOLLANDE EN ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
                 
Nétanyahou à l'Elysée
          François Hollande arrive en Israël le 17 novembre en visite d’État sur invitation du gouvernement et du président Shimon Pérès. On ne peut pas dire que son déplacement se présentait sur un bon augure compte tenu de la menace du président de la Knesset, Yuli Edelstein, de ne pas le recevoir à la Knesset s’il ne s’adressait pas aux députés. Le problème a été réglé. Le président français ne disposait pas d’un capital de sympathie en Israël, encore moins parmi la communauté francophone qui avait voté à 82% pour Nicolas Sarkozy et qui, chose étonnante, montre aujourd'hui sa volatilité après tant de critiques publiées sur tous les sites Internet.



Pas de contentieux en cours




            Aucun contentieux n’existe entre les deux pays. Leurs relations sont certes indifférentes à défaut d’être stratégiques. Benjamin Netanyahou avait des liens privilégiés avec Nicolas Sarkozy, son jumeau en politique, tant ils avaient emprunté la même trajectoire. Cependant les liens s’étaient vite tendus à la suite d’indiscrétions publiées par WikiLeaks. Mais arrivés au pouvoir pratiquement en même temps, ils n’ont plus montré dans leurs relations la même chaleur dès lors où le pragmatisme politique prenait le pas sur la sympathie mutuelle.
Netanyahou à Toulouse

            François Hollande et le premier ministre israélien, de bords politiques différents, ne se connaissaient pas personnellement mais le voyage de Benjamin Netanyahou à Toulouse les a rapprochés juste le temps d’une visite. Cependant, malgré une bonne volonté commune, ils ont la tâche difficile de réveiller un mort parce que les relations entre la France et Israël sont dans un état comateux. Les socialistes revenus au pouvoir en France n’ont jamais réussi à reconstituer l’idylle entre les deux pays qui avait duré de 1948 à 1967. Il faudrait pour cela réactualiser la collaboration militaire, la collaboration nucléaire et la collaboration industrielle.


Collaboration militaire


Les acteurs de la Campagne de Suez


            La collaboration militaire, initiée avec la Campagne de Suez commune contre Nasser, était alors fondée sur le combat contre le panarabisme naissant, contre une dictature mettant en jeu l’existence d’Israël et contre l’inféodation d’un régime sous le joug soviétique. Aujourd’hui une certaine analogie existe avec le dossier iranien qui préoccupe les Israéliens parce que la construction d’une bombe nucléaire sous couvert de nucléaire civil les menace. En 1956, les Israéliens étaient réticents à se lancer dans la guerre aux côtés des Français mais ils l’ont fait alors que leur armée était embryonnaire et sans couverture aérienne.

Aujourd’hui Benjamin Netanyahou estime qu’il faut éradiquer la menace iranienne nucléaire capable d’atteindre Israël. Il comptait sur les Américains qui ont abandonné tout projet militaire parce qu’ils privilégient l’option diplomatique appuyée par des sanctions internationales censées affaiblir l’Iran. Les Israéliens souhaiteraient que la France s’implique aujourd’hui en tant que grande nation nucléaire qui pèse dans l’environnement international. Trop de discours n’ont rien donné parce que l’Europe est inexistante, faible ou égoïste.  Mais Israël a retrouvé une France qui a prouvé ses capacités d’agir, seule s’il le faut, d’abord en Libye mais surtout au Mali où elle a donné un coup d’arrêt aux terroristes d’Al-Qaeda. Il est évident que cette réelle convergence peut permettre aux deux pays de prouver leur autonomie.


Collaboration nucléaire

Centrale nucléaire de Dimona



            Le général de Gaulle avait mis fin, dès 1961, à la collaboration nucléaire qui a vu la centrale nucléaire israélienne de Dimona prendre l’essor qu’elle a aujourd’hui. Les échanges entre les deux pays ont été bénéfiques pour le développement commun des applications nucléaires. Alors que des ingénieurs français participaient aux travaux à Dimona, des scientifiques israéliens auraient assisté à des essais nucléaires français dans le désert algérien. La décision brutale du général de Gaulle a poussé les Israéliens dans les bras des Américains qui ont pris le relais en donnant un coup de fouet à la technologie israélienne revendue à l’Afrique du Sud avec comme point d’orgue un essai  commun dans l’Océan Indien en 1979.

            Les liens bilatéraux ont été rompus et les réseaux communs dénoués. Pourtant Nicolas Sarkozy avait envisagé sérieusement, en 2010, d'aider Israël à construire une deuxième centrale nucléaire civile à des fins de production d’électricité. Le ministre Uzi Landau avait confirmé à la conférence internationale sur le nucléaire civil à Paris, en mars 2010, qu’il était en discussion avec le ministre de l’énergie de l’époque, Jean-Louis Borloo. Mais devant le tollé des pays arabes face à une telle décision, la France a préféré planifier cette nouvelle usine en Jordanie, certes sous supervision israélienne. Mais le 30 mai 2012, un vote du Parlement jordanien suspendait le programme nucléaire civil du pays. Tout était tombé à l’eau.
Uzi Landau

Le retrait de la France a, là-aussi, ouvert la porte aux Américains qui ont compris qu’ils pouvaient exploiter la matière grise israélienne abondante et qualifiée. Le 29 juillet 2010, un accord de coopération nucléaire entre le États-Unis et Israël a été signé qui prévoit notamment le transfert de technologie en matière de construction de réacteur pour produire de l'électricité, contournant ainsi le TNP (Traité de non-prolifération) dont Israël n'est pas signataire. La France, leader de la construction d’usines nucléaires civiles, a perdu ce créneau et il devient donc improbable qu’elle puisse se réinsérer dans l’industrie nucléaire dans la région.


Collaboration industrielle

Rafale



            Enfin, la collaboration industrielle a été le point de mire des relations entre Israël et la France jusqu’à l’avènement du gouvernement gaulliste. Israël avait équipé son armée d’avions français Mirage qui ont subi le baptême du feu à l’occasion de la Guerre des Six-Jours donnant ainsi un élan valorisé à l’industrie aéronautique française. La France a pu vendre ses chasseurs dans le monde entier, même aux pays arabes, jaloux de détenir une capacité militaire de haut niveau. Mais l’embargo contre Israël décrété par le général de Gaulle pénalisa les usines Dassault qui eurent du mal d’ailleurs à vendre leur avion Rafale car  ils n’avaient plus le faire valoir technique et commercial israélien. 
Kfir israélien

Cependant la France n’a jamais annoncé officiellement la fin de l’embargo contre Israël. Pourtant malgré des liens étroits avec les États-Unis, les Israéliens avaient eu quelques velléités pour s’affranchir de la pression américaine. Le lobby pro-français était encore tenace au sein de l’aviation militaire israélienne. Les Israéliens auraient bien voulu faire jouer la concurrence et diversifier leurs sources d’approvisionnement d'autant plus que les Américains avaient interdit aux Israéliens d’avoir leurs propres chaines de construction d’avions de chasse. L’abandon imposé du prototype de l’avion de chasse israélien Kfir avait laissé un souvenir douloureux.

Les Français auraient pu exploiter la fenêtre qui leur était offerte pour l’introduction du Rafale. D’ailleurs une cellule d’ingénieurs français des industries Dassault cohabite toujours au sein des industries aéronautiques israéliennes mais le poids des décisions politiques est trop pesant. La France lorgne vers le marché des 200 millions d’Arabes tandis que les 8 millions d’Israéliens ne pèsent pas lourd dans la balance. Elle a aussi raté le coche d’une collaboration industrielle sur les drones dont Israël est devenu le deuxième leader mondial. Pourtant le directeur du projet David Harari est un ingénieur originaire de France, titulaire de la Légion d’honneur et de la médaille du mérite, Grand Prix d’Israël, qui aurait pu faciliter les relations. 
David Harari



     A l'occasion de son voyage, François Hollande devra faire preuve d’initiative et d’innovation pour faire renaitre ces trois collaborations qui étaient le fondement des relations bilatérales. Le bilan, certainement maigre, sera établi à l’occasion de son retour en France.




1 commentaire:

Pat Quartier a dit…

Rendez moi justice cher Jacques!!
Je n'ai pas bele ni moi ni mon site "parolevolee" avec la masse qui s'est mediocrement precipitee pour voter Sarkozy aux presidentielles,et ce, au mepris de son arrogance contre Netanyahou et son acharnement de roquet a imposer prematurement sans consultation avec Israel un etat palestinien a l'UNesco et qui en a ete empeche a temps a l'ONU.
Rappelons encore que c'est sous Sarkozy que Michele Allot Marie menacait de tirer sur les avions israeliens obliges de survoler le Liban.
C'est avec un empressement justifie par la peur idiote de voir rogner sous la presidence de F. Hollande un peu de leurs retraites (ce que Sarkozy aurait fait de toute facon sans etat d'ame comme pour les 45 taxes instituees ou augmentees par lui!!)que les residents francais en Israel oubliant facilement les gifles et humiliations ont plebiscite Nocolas Sarkozy.
Par ailleurs il faut se rendre a l'evidence, n'en deplaise a 82% de moutons :
F.Hollande ni son ministre des affaires etrangeres n'ont adopte envers Israel un ton aussi grossier et menacant que Sarkozy, meme si apparemment le fonds de la politique francaise sous la houlette du Quai d'Orsay n'a pas change.
Ici n'est pas le lieu dans le contexte de votre article d'aborder la politique interieure, mais sur le fonds qu'y a t'il de change?
Une degradation economique?
L'amplification d'une immigration mal supportee?
Hollande n'y 'est pas pour grand chose. Comme Sarkozy il est impuissant, pratiquement sans marges de manoeuvres, pris dans le carcan de l'UE dont il n'a pas le courage de se depetrer.
Cela aurait ete pareil sous Sarkozy qui aurait du etre sanctionne par les francais qui ont fait leur alyah, ne serait- ce que pour l'honneur.