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mardi 17 avril 2018

La droite rejoint les deux extrêmes aux côtés d'Assad



LA DROITE REJOINT LES DEUX EXTRÊMES AUX CÔTÉS D’ASSAD
Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
         
Cellule de crise pendant les frappes
          Il est de tradition que, lorsque la France intervient militairement au-delà de ses frontières, toutes les factions françaises soutiennent sans réserve l’action des forces armées, par élan nationaliste. Or cela n’a pas été le cas pour les opérations des alliés contre Bachar El-Assad. La participation de la France aux frappes contre la Syrie met en évidence un nouveau clivage dans l’opinion française qui ne se scinde plus entre droite et gauche, mais entre pro-occidentaux et pro-arabes. Ce n’est pas un hasard si les opposants aux frappes se trouvent dans les milieux extrêmes, à droite comme à gauche, parmi les plus radicalisés mais ce qui est nouveau, parmi les Républicains aussi.







            Dans sa course après l’électorat d’extrême-droite, la droite républicaine s’est distinguée avec des prises de position inattendues. Les diatribes d’un Jean-Luc Mélenchon, viscéralement anti-israélien, n’étonnent plus puisqu’il défend l’indéfendable, à savoir le «boucher» syrien, comme il soutenait hier le vénézuélien Chavez et ses excès. On n’est pas étonné non plus que Marine Le Pen adopte les thèses russes après le financement de son parti par les banques de Moscou : «Ces frappes contre la Syrie nous engagent dans une voie aux conséquences imprévisibles et potentiellement dramatiques. La France perd à nouveau une occasion d'apparaître sur la scène internationale comme une puissance indépendante et d'équilibre dans le monde». Et pourtant, paradoxalement en France, Marine le Pen axe sa politique anti-immigration contre «les Arabes qui envahissent la France» mais n’hésite pas à faire la courbette à El-Assad. La droite qu’elle défend se radicalise, en phase avec la radicalisation des Musulmans.
            Mais aujourd’hui, le contour de la contestation contre les frappes cadre exactement avec les milieux antisionistes, voire antisémites et la droite républicaine a suivi le Front national en condamnant, à l’unisson, la décision d'Emmanuel Macron de prendre part aux frappes en Syrie aux côtés de la Grande-Bretagne et des États-Unis : «Une faute politique» selon eux.  L’usage d'armes chimiques par le régime de Bachar el-Assad contre sa propre population civile importe peu. Alors on se cache derrière un juridisme déplacé. Ainsi Julien Aubert député LR du Vaucluse pense que «cette intervention, sans l'aval de l'ONU, représente une véritable brèche dans la tradition diplomatique française. Seul le Conseil de sécurité peut autoriser l'usage de la force ; en contournant le veto russe, nous ouvrons la boîte de Pandore. Nous sommes en train de nous tirer une balle dans le pied». Il rejoint en fait la traditionnelle position du Quai d’Orsay.
Dupont-Aignan et le Pen

            L’allié officiel du FN, le leader de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan appuie avec force Assad en remettant en cause la véracité des preuves sur l'usage effectif d'armes chimiques par Damas : «Personne ne connaît la traçabilité du gaz sarin utilisé ! Nous ne pouvons pas intervenir tant qu'il n'y a pas eu d'enquête indépendante. Nous nous devons d'adopter une position équilibrée qui repose sur des faits et non pas sur des rumeurs». Pour lui les photos des enfants gazés entrent dans le domaine de la mise en scène. Luc Ferry, LR, ancien ministre de l'Éducation, estime que les Français suivent «Trump comme des toutous». Le leader du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, est aussi sévère : «La voix de la France n'est forte que si elle est singulière, elle n'est utile que si elle privilégie le dialogue. Emmanuel Macron aligne la diplomatie de la France sur celle de Donald Trump ; c'est une erreur et les leçons du passé et de nos échecs au Moyen-Orient semblent déjà oubliées». Enfin la bigote Christine Boutin, a tweeté qu’elle s’était réveillée «avec froid dans le dos», en pointant du doigt un manque de preuves. Enfin, le porte-parole français d’Assad, Thierry Mariani, est fidèle à lui-même en le soutenant sans faille. 
Chrétiens à Alep

            Tous ces catholiques bon teint défendent aujourd’hui ceux qui se sont acharnés sur les Chrétiens d’Orient en les massacrant ou en les poussant à l’exil.  On ne peut pas comprendre leur attitude. Seul Alain Juppé abonde dans le sens du président Macron : «Ne rien faire en Syrie, c'était signer l'arrêt de notre impuissance et de notre indignité face aux agissements monstrueux d'un régime criminel. Les comparaisons avec la deuxième guerre du Golfe et l'intervention en Libye ne sont pas pertinente». De même le LR Gérard Longuet a jugé «légitimes» les frappes françaises. En revanche, comme de nombreux cadres de son parti, le président des Républicains, Laurent Wauquiez, ne soutient pas la décision présidentielle : «Je ne crois pas à l’utilité de frappes punitives. Frapper pour frapper, pour donner le sentiment de faire quelque chose, sans qu’il y ait une quelconque stratégie derrière, je n’en comprends ni l’utilité, ni le sens».
Lagarde, Le pen et Wauquiez

            Le centre, fidèle à lui-même, représenté par Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, est formel : «C'est l'honneur de la France d'être à la hauteur du rôle singulier et historique qui est le sien et d'avoir pris l'initiative, aux côtés des démocraties américaine et britannique, d'exercer des frappes aériennes ciblées sur l'arsenal chimique syrien».
            Il est stérile de commenter les prises de position de l’extrême-gauche antisioniste, voire antisémite, qui sont conformes aux habitudes. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise et le revenant Olivier Besancenot préfèrent soutenir les milieux arabes d’où ils puisent une grande partie de leur électorat. Leur position rejoint celle de l’ancien bras droit de Marine le Pen, Florian Philippot, président des Patriotes, qui compare Emmanuel Macron à l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, qui avait suivi les Etats-Unis dans la guerre d’Irak.

            Une exception à gauche, chez les socialistes, celle du premier secrétaire Olivier Faure, qui cautionne les frappes : «Les attaques chimiques répétées du régime de Damas contre son peuple imposaient une réaction. Le silence des nations ouvrirait une jurisprudence criminelle donnant dans les faits la possibilité de violer les conventions internationales sur l’utilisation d’armes chimiques».

            En fait tous les opposants aux frappes ne se rendent pas compte qu’ils se comportent comme des partisans des dictatures et accessoirement des antisémites. Il est vrai que de nombreux antisionistes sont financés par l'Iran qui soutient Assad, qu’il s’agisse des gauchistes ou de l’ultra-droite. Quant à la droite républicaine, son aveuglement contre Emmanuel Macron lui enlève toute capacité de raisonnement. S’opposer systématiquement, sans exprimer de doutes, est devenue sa maladie incurable surtout lorsqu'il faut soutenir les forces armées françaises en opération.

2 commentaires:

M.M a dit…

Vous avez tout à fait raison. Tout ce beau monde réagit en fonction de ses intérêts politiques et électoraux sans se soucier des intérêts de la France.

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Ce qui demeure certain, c'est que quelles que soient les conséquences pour la France, de cet alignement de Macron sur la politique de Trump, il devra l'assumer seul, puisque c'est seul qu'il a décidé de ces frappes sur la Syrie.

Très cordialement.