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mercredi 7 août 2013

KOL-ISRAËL : LA TERREUR TERRORISTE YÉMÉNITE



KOL-ISRAËL : LA TERREUR TERRORISTE YÉMÉNITE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps



Interview au journal du 6 août 2013 présenté par Annie GABBAI

Ambassade américaine à Tel-Aviv

La fermeture des ambassades occidentales à travers le Moyen-Orient a été décidée par mesure préventive. Les gouvernements américain, britannique et français ont rappelé le personnel non indispensable de leurs missions diplomatiques au Yémen. Les services du Département d’État américain ont conseillé à leurs ressortissants au Yémen de quitter le pays. 

Cliquer sur le lien pour écouter Kol-Israël

  


Menace crédible


Al-Zawahiri


La menace, qui a incité les gouvernements occidentaux d’agir, a son origine dans un message envoyé à travers ses réseaux par le chef d'Al Qaeda, Ayman al-Zawahiri, à l’intention du responsable d’Aqpa (Al-Qaïda dans la péninsule arabique), Nasir al-Wuhayshi, lui enjoignant de lancer des attaques contre des cibles occidentales. Le message a été intercepté par les services secrets américains qui ont estimé que la menace était crédible et caractérisée.
USS-Cole en 2000


On a l’air de découvrir le danger yéménite alors que cela fait longtemps, précisément depuis l’attentat contre le navire de guerre USS Cole le 12 octobre 2000, que le Yémen est dans le collimateur des agences de renseignements américaines et occidentales. En effet, dix-sept personnes ont trouvé la mort dans une attaque contre le destroyer américain lance-missiles, l'USS Cole, dans le port d'Aden, au Yémen. Alors que le navire se ravitaillait, une petite embarcation avec deux kamikazes à bord s'était approchée du navire et avait explosé. Le petit bateau contenait entre 400 à 700 kilos d'explosifs. L’enquête a démontré que  l'attentat avait été orchestré par le réseau Al-Qaïda d'Oussama ben Laden.



Guerre secrète américaine


Troupes saoudiennes à la frontière du Yémen


L’attention portée au Yémen  a atteint son paroxysme depuis décembre 2009 lorsque les États-Unis ont lancé une guerre secrète contre les leaders d’Aqpa. Les Américains ont été contraints d’agir car la menace terroriste risquait de se répandre en Arabie saoudite voisine.  Ils n’avaient pas apprécié par ailleurs que l’Aqpa se soit fait une spécialité d’accueillir des citoyens américains convertis à l’islamisme, en mal d’actions terroristes. Il existe une guerre secrète entre le Yémen et l’Arabie saoudite à la suite de l’annonce récente de la découverte d’immenses réserves pétrolières dans la région de Jouf au Yémen, près de la frontière saoudienne. Désormais, le Yémen détient 34% des réserves mondiales de pétrole. Le gouvernement saoudien avait demandé au Yémen une concession d’exploitation pétrolière mais le Yémen avait rejeté l’offre.
Al-Rab Al-Mansour


L’ex-président Ali Abdallah Saleh connaissait l’existence de ces réserves pétrolières depuis les années 90 mais avait préféré rester discret. Son successeur, le président Abd al-Rab al-Mansour al-Hadi se serait récemment rendu à Moscou dans le but d’une probable coopération des compagnies pétrolières russes avec le Yémen, tout près de la frontière avec l’Arabie saoudite. C’est la raison pour laquelle Riyad a renforcé sa présence militaire à la frontière. C’est aussi la raison pour laquelle les américains ont décidé de frapper fort les djihadistes qui avaient des idées de sabotage des relations avec l’Arabie.
Anouar Al-Aoulaki


Le Yémen est entré dans l’actualité dès l’année 2010 lorsque le gouvernement a décidé de lancer à son tour la chasse contre Al-Qaeda. Ce petit État pétrolier, politiquement instable, est devenu une base arrière d’Aqpa et héberge ses deux chefs activistes, recherchés "morts ou vifs" par les américains, le saoudien Ibrahim Hassan al-Assiri et le prédicateur radical d'origine américaine Anouar al-Aoulaki. Ils s’étaient spécialisés dans les colis piégés installés dans des avions cargos, à Dubaï et à Londres par exemple. Mais à l’époque, les États-Unis et l’Europe n’avaient pas réussi à coordonner une riposte adaptée à cette menace dirigée vers l’explosion d’avions.  



Terre d’élection pour djihadistes



On découvre aujourd’hui la terreur yéménite alors que l’on sait depuis 2010 que le Yémen représente une terre d’élection pour les djihadistes, le berceau des ancêtres de Ben-Laden et un refuge pour les terroristes internationaux. D’ailleurs un signe ne trompe pas puisque les trois quarts des prisonniers libérés de la prison de Guantanamo ont décidé de s’installer au Yémen.

Le problème nouveau vient du fait que le gouvernement yéménite doit faire face à une rébellion au nord-ouest du pays et à un mouvement sécessionniste au sud et qu’il ne dispose que peu de pouvoir. C’est pourquoi le président Salah avait réclamé de l’aide des États-Unis pour juguler ces menaces. Cela fut mal interprété par sa population qui restait très hostile à la politique américaine menée dans la région. Sur les recommandations de ses conseillers, Barack Obama décida de ne pas envoyer de troupes dans la région. 
Attaque de drone au Yémen

En revanche, il a multiplié les attaques par les drones en entrainant beaucoup de dégâts collatéraux inévitables. Le 1er juin, sept personnes sont décédées dans une attaque de drone, dans la province méridionale d'Abyan. Selon le think tank basé à Washington, la New America Foundation, les attaques de drones américains au Yémen ont presque triplé en 2012 ! Les nombreux morts dans les rangs terroristes ont miné le moral des djihadistes qui ont donc décidé d’agir pour détourner les actions militaires contre leurs troupes.

Cela explique l’appel à la guerre lancé par le chef d’Al-Qaeda qui a décidé de viser les ambassades. Le choix des représentations diplomatiques reste un symbole car les terroristes touchent au cœur même d’un État. Par ailleurs ce sont les seules cibles accessibles dans les pays du Moyen-Orient, compte tenu de la mobilisation des services occidentaux contre les mouvements de terroristes. 
L’objectif est déjà atteint puisque la peur a changé de camp. Al-Qaeda veut prouver qu’il reste encore actif partout où il est implanté. La panique qui s’est répandue dans les chancelleries désorganise la diplomatie occidentale, tout azimut, et donne un peu de répit aux combattants djihadistes sur le terrain, tout en les stimulant. D’ailleurs les alertes fausses ou réelles vont s’amplifier. Une alerte à la bombe a été lancée dans l’après-midi du 6 août au consulat des États-Unis à Milan qui a dû être évacuée. Mais cette grande alerte à grand renfort de publicité pourrait paraitre suspecte. On pourrait se poser des questions sur les réelles motivations des Américains. Al-Qaeda va au moins gagner la guerre psychologique.

1 commentaire:

Jean Smia a dit…

Je ne comprend pas pourquoi on informe Al qaida que les conversations téléphoniques de ses dirigeants sont écoutées.
Se demunir de cet avantage ne me parait pas trés efficace.