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dimanche 9 décembre 2012

ÉLECTIONS : LA SOLITUDE DES FRANCOPHONES


 
ÉLECTIONS : LA SOLITUDE DES FRANCOPHONES
Par Jacques BENILLOUCHE

sur une idée de Michel LEVY (Guysen)
copyright ©  Temps et Contretemps


                Il est un fait qu’en s’installant en Israël, les francophones mettent au pied de l’avion leur passé vécu en diaspora pour embrasser leur nouvelle condition d’israélien à part entière. Mais il est difficile de fuir ses racines et le pays lui-même est attaché à entretenir la culture importée par les nouveaux immigrants pour enrichir le terreau. Les dirigeants politiques  savent aussi qu’une bonne intégration passe par la mise en valeur des identités communautaires. C'est pourquoi leur identité francophone leur colle à la peau.







Francophones orphelins

            Malgré les quelques 2.000 francophones qui rejoignent Israël tous les ans et malgré les centaines de milliers qui font partie du paysage national, il semble qu’ils soient considérés comme quantité négligeable par les partis politiques israéliens. A preuve, aucun nouvel immigrant francophone ne figure sur les listes des candidats des partis alors que les russes et les éthiopiens ont eu leur place réservée. Un éminent universitaire a bien tenté de figurer parmi les élites du Likoud, mais il n’a pas rencontré l’ardeur des militants qui l’ont ignoré, et encore moins, celle des dirigeants qui auraient pu imposer sa présence comme source positive de la diversité.
 
            Certes les francophones ont souvent le tort de ne pas maitriser la langue, ce qui reste un handicap pour ferrailler dans les meetings et demain,  à la Knesset. Certes la culture politique n’est pas l’apanage de ceux qui sont souvent issus de pays nord-africains qui les avaient écartés de la chose publique parce que, à quelques exceptions près, ils ne les sentaient pas en phase avec un nationalisme exacerbé. Certes ils ont d’abord à régler leurs problèmes d’intégration matérielle et psychologique avant de s’occuper du superflu, c’est-à-dire la politique politicienne. Certes certains partis, et il ne faut pas s’en cacher, sont réfractaires à donner une place aux «noirs», en majorité parmi les francophones, parce que, à l’instar des années 1970, ils les cataloguent encore comme citoyens de deuxième zone.

Individualisme

            Mais la réalité est sévère : les francophones sont boudés par les partis politiques comme électorat négligeable.
            Il faut dire que l’unité n’est pas leur préoccupation majeure et que, s’activant de manière individuelle, ils ne constituent pas une force d’attraction ou un poids politique avec lequel il faut compter. Il suffit de constater la dizaine de petites publications éditées alors qu’une seule aurait pu concentrer les talents et les moyens et servir de référence comme il existe dans le milieu anglophone. La persistance des individualités condamne à l’inertie et à l’inefficacité. On se souvient que trois listes concouraient aux élections locales à Ashdod et à Netanya. La dispersion des voix a conduit à leur élimination alors que ces villes auraient pu prétendre au moins à deux conseillers municipaux. Elles ont préféré le sabordage plutôt que le consensus et l’union.
            Le fait est là ; les francophones d’Israël ne seront pas représentés à la Knesset alors qu’ils le sont à l’Assemblée nationale française. La défense en Israël de leurs intérêts ou de leurs spécificités le sera peut-être  par d’autres voies mais la question se pose de savoir s’ils sont considérés comme aptes à faire partie de l’élite politique ou uniquement comme une population seulement digne à peupler les implantations.

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,


Aujourd'hui vous écrivez sur la solitude des francophones, mais de manière plus générale on pourrait, sans crainte de se tromper parler de la solitude des immigrants.

Pour ma part étant arrivée en France à l'âge de huit ans et demi, il a fallu que j'attende d'avoir vingt-quatre ans pour qu'un jour j'entende un jeune homme écossais, s'étonner de ce que je n'étais pas née en France, car pour lui, a-t-il dit, j'étais l'archétype de la femme française.

Et je me souviens très bien avoir pensé : "Ça y est ! J'y suis arrivée !"

Je voudrais être sûre que les Français qui décident de faire leur alyah, mesurent bien les difficultés qui les attendent.

Car si on parle beaucoup des 2.000Français qui, bon an, mal an, quittent la France pour Israël, on n'entend pas beaucoup parler de ceux qui y reviennent.

Evidemment je suis de tout coeur avec tous et à tous je souhaite bonne chance !

Très cordialement