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mardi 12 octobre 2021

La Knesset se remet au travail

 


LA KNESSET SE REMET AU TRAVAIL


Par Jacques BENILLOUCHE

copyright © Temps et Contretemps

           

Lapid et Bennett

          Les fêtes de Tichri (Rosh Hashana, Kippour et Souccoth) ont entraîné un arrêt volontaire de l’activité du Parlement. La Knesset reprend son activité le 3 octobre 2021 pour voter à la fois de nombreux projets de lois ainsi que des réformes. La première préoccupation concerne le vote du budget 2021/2022 qui est déjà passé en première lecture en août et qui doit être adopté avant le mois de novembre pour éviter que la Knesset soit automatiquement dissoute. Le risque de nouvelles élections est certes envisageable mais très improbable. La coalition ne peut pas arriver à cette extrémité car elle a décidé de faire preuve de responsabilité pour ne pas laisser la porte ouverte au retour du Likoud.





            Toute l’activité politique est à présent organisée autour du vote de ce budget après que la Knesset s’est essentiellement consacrée aux problèmes sanitaires contre le coronavirus qui baisse en acuité. La session d’hiver a donc été ouverte le 3 octobre tandis que la séance inaugurale se tiendra le 4 octobre 2021 en présence du Président Yitzhak Herzog et de son épouse, du Premier ministre Naftali Bennett, du Président de la Knesset Miki Levy et son épouse, de la Présidente de la Cour suprême Esther Hayut, du ministre des Affaires étrangères Yaïr Lapid et du chef de l'opposition Benjamin Netanyahou.

            Les commissions parlementaires ont déjà discuté de nombreuses lois et réformes qui devront être adoptées dans un calendrier très serré. La part belle sera donnée au ministre des Finances Avigdor Lieberman qui a prévu des lois de régulation, la réforme de la cacheroute, l’ouverture des frontières aux produits d’importation, et des aménagements dans l’agriculture.

Le gouvernement israélien avait approuvé le 2 août 2021, à l'unanimité, le budget de l'État pour 2021-2022, alors que, pendant trois ans, aucune ratification d'un programme de dépenses fiscales n’avait été voté.  Le nouveau budget est prévu pour une période de 14 mois. Le gouvernement dispose d’une très courte majorité mais à une ou deux infidélités près, il arrivera à traverser cette période difficile. Bien sûr les ministres ont défendu chacun leurs programmes, n’hésitant pas à afficher leur mécontentement mais c’est de bonne guerre pour obtenir plus de financements. Ils rentreront dans le rang car ils n’auront pas d’autre choix s’ils ne veulent pas retourner dans l’opposition.

Lapid et Mansour Abbas


Mansour Abbas, le leader arabe de Raam a déjà annoncé qu’il respecterait ses engagements car le gouvernement lui a promis  35 milliards de shekels (9,5 milliards d’euros) pour les investissements dans les infrastructures arabes, la santé, le bien-être, l'emploi, l'éducation, l'enseignement supérieur, l'aménagement des logements et des quartiers, le renforcement des collectivités locales, l'innovation et la haute technologie, l'encouragement de l'emploi et de l'entrepreneuriat, le tourisme et les infrastructures d'eau, d'assainissement et la police dans ses zones. Jusqu'alors, les villages arabes étaient abandonnés à leur sort.

Les investisseurs sont satisfaits des résultats économiques qui voient un shekel fort (1euro=3,74 shekels) et d’une bourse en forte hausse. La Banque Centrale est persuadée par ailleurs que le nouveau budget favoriserait la croissance économique. Son gouverneur, Amir Yaron, nommé par Netanyahou, estime que «L'absence d'un budget approuvé ces dernières années a affecté l'économie. L'approbation du budget dans le cadre proposé achètera la stabilité de l'économie, réduira l'incertitude concernant la politique économique du gouvernement, et accélérera ainsi la reprise de l'économie après la crise corona et augmentera l'emploi». Il est en effet temps de sortir de l’impasse politique dans laquelle l’ancien régime a plongé le pays.

Amir Yaron


En première lecture, les députés ont voté pour un programme de dépenses de 605 milliards de shekels (162 milliards euros) en 2021 et 560 milliards de shekels en 2022 (150 milliards euros). Les prévisions sont encourageantes avec un déficit budgétaire (dépenses du gouvernement supérieures aux recettes fiscales) de 6,8% du PIB en 2021 et de 3,9% en 2022 face aux 11,6% de 2020.

            L'État a prévu d’investir des gros moyens financiers dans les infrastructures, les transports et l'immobilier et d’adopter des réformes pour abaisser les barrières et réduire la bureaucratie. Les mesures vont de la libération des importations à la réduction du coût de la vie et au relèvement de 62 ans à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes. Priorité sera donnée à l’investissement dans les infrastructures, les transports, le logement, la technologie et l'énergie et à la réforme du secteur agricole national trop longtemps protégé. En effet, Lieberman accepte difficilement le doublement des prix des produits frais. Enfin, des mesures seront prises pour freiner l’augmentation du prix des logements. Les Israéliens attendent des actes ; ils ne risquent pas d'être déçus.

1 commentaire:

Unknown a dit…

Comme d'habitude, le budget donne la part belle aux entrepreneurs et autres capitalistes de bon teint.