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lundi 10 septembre 2018

L'Iran prend des risques en rapprochant ses missiles d'Israël



L’IRAN PREND DES RISQUES EN RAPPROCHANT SES MISSILES D’ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps

       
Usine de missiles iraniens en Syrie

          En rapprochant ses missiles Zelzal, Fateh-110 et Zolfaqar, qui ont une portée de 200 à 700 kms, des frontières israéliennes, l’Iran a créé une situation nouvelle pour les villes du nord d’Israël. L’installation d’une base iranienne, occupée par des Chiites irakiens et comportant des missiles balistiques capables d’atteindre Tel-Aviv, modifie la donne. Si l’Arabie est aussi visée par une distance de frappe réduite, les armes déployées dans le sud et l’ouest de l’Irak mettent Israël en position d’agir de manière préventive.



Netanyahou à la base nucléaire de Dimona

Benjamin Netanyahou a utilisé le symbole de la base nucléaire de Dimona-Shimon Peres, pour prévenir les Iraniens. Il a été clair dans son discours : «Ceux qui menacent de nous anéantir, se mettent dans une situation similaire et n’atteindront en aucun cas leur objectif. Nos ennemis savent très bien ce dont Israël est capable, ils connaissent notre politique et tous ceux qui essaient de nous faire du mal - nous leur ferons du mal». Israël ne peut pas croire l’Iran quand il déclare que ses activités de missiles balistiques sont de nature purement défensive. 
Force Al-Qods

La présence dans la zone des bases de la Force Qods du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGR) et de son commandant, Qassem Soleimani, donne une autre vision agressive de la situation à laquelle Israël ne peut rester impassible. La situation est encore plus grave après les révélations des services de renseignements qui précisent que des usines de production de missiles à al-Zafaraniya à l'est de Bagdad, et à Jurf al-Sakhar au nord de Kerbala, sont en cours de construction en Irak. 
            Ces usines sont sous le contrôle des milices chiites, le Kezib Hezbollah proche de l’Iran. Ces usines ont déjà fonctionné sous Saddam Hussein pour la production d’ogives et de céramiques de missiles. Elles ont été réactivées. Cela justifie la volonté de Donald Trump de donner un volet missiles balistiques à l’accord sur le nucléaire iranien de 2015. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a lui-aussi manifesté son inquiétude en déclarant que « l’Iran armait ses alliés régionaux avec des roquettes et autorisait la prolifération balistique. L'Iran doit éviter la tentation d’une hégémonie régionale ».
Kezib Hezbollah

            Israël est convaincu qu’il ne s’agit nullement de matériel pour combattre Daesh. Selon les services de renseignements : «Il était clair qu'un tel arsenal de missiles envoyé par l'Iran n'était pas destiné à combattre les militants de Daesh mais constitue un élément de pression que l'Iran pourrait utiliser une fois impliqué dans un conflit régional. L’Iran utilisera sans aucun doute les missiles qu’il a remis aux milices irakiennes qu’il soutient pour envoyer un message fort aux Etats-Unis et à Israël pour démontrer qu’il a la capacité d’utiliser les territoires irakiens pour lancer ses missiles chaque fois qu’il le décide».
            L’Iran est conscient de sa faiblesse en matière de matériel militaire. Il a décidé de renforcer sa capacité de missiles balistiques et de croisière, d’acquérir de nouveaux avions de combat, des navires et des sous-marins. Mais fidèle à sa politique préventive, il n’est pas certain qu’Israël lui laissera le temps de réaliser ce programme.
Le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, a averti qu’Israël pourrait frapper des cibles iraniennes à l’extérieur de la Syrie : «Nous surveillons certainement tout ce qui se passe en Syrie et, en ce qui concerne les menaces iraniennes, nous ne nous limitons pas au seul territoire syrien. Cela doit aussi être clair. Je dis que nous allons faire face à toute menace iranienne, et peu importe d'où elle vient… La liberté d'Israël est totale. Nous conservons cette liberté d'action».




Plus grave est l’information révélée ce jour faisant état de l’utilisation de vols civils irréguliers pour trouver de nouvelles voies pour faire passer en contrebande des armes d'Iran à ses alliés, en particulier le Hezbollah au Liban. En utilisant des avions civils pour des transports d'armement, l'Iran se protège contre toute attaque aérienne israélienne.
En modifiant l’équilibre régional et en rapprochant sa menace des frontières d'Israël, l’Iran prend des risques. Il est certain d’en payer les conséquences car il n’entre pas dans la stratégie d’Israël de laisser ses ennemis le narguer en menaçant les villes du pays.


3 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Dix-sept ans de guerres ont laissé le Moyen-Orient dans un "chaos total". Il faut trouver un responsable : ce sera l'Iran !

https://www.les-crises.fr/liran-comme-bouc-emissaire-par-chris-hedges/

Très cordialement.

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Et comme si cela ne suffisait pas, et au cas où nous n'aurions pas compris, voici un tweet de Donald Trump. Vous noterez la date : 00:20 - 4 sept. 2018

President Bashar al-Assad of Syria must not recklessly attack Idlib Province. The Russians and Iranians would be making a grave humanitarian mistake to take part in this potential human tragedy. Hundreds of thousands of people could be killed. Don’t let that happen !

00:20 - 4 sept. 2018



Autrement dit, s'il ya a des centaines de milliers de morts à Idlib, e sera la faute des Russes et des Iraniens !


Très cordialement.

Philippe BLIAH a dit…

Depuis la quasi disparition de DAESH on commencait a s'ennuyer dans la region. Merci l'Iran d'aider a une reprise d'animation .Le Quai d'Orsay pret a sortir de ses tiroirs la nieme formule type appelant Israel a la retenue? Question subsidiaire ; que deviendront les puits de petrole irakiens? A coup sur un prochaon article sur la question s'impose.