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mercredi 26 septembre 2018

L'Iran connait de sérieux soubresauts



L’IRAN CONNAÎT DE SÉRIEUX SOUBRESAUTS
Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps


Le peuple iranien sort enfin de sa passivité. Il s’agit d’un incident grave qui s’est passé en public et qui dénote l’audace de ceux qui veulent marquer leur opposition au régime actuel. Par cette action, les meneurs tentent d’échapper à l’impasse politique mais surtout à la misère. Un défilé militaire dans le sud-ouest de l’Iran, à Ahvaz, capitale de la province du Khuzestan riche en pétrole, a été attaqué par des hommes armés, faisant 25 morts dans un bilan encore partiel, dont la moitié sont des Gardiens de la révolution.



Comme toujours à ces occasions, Daesh s'est empressé de revendiquer la paternité de l'assaut d'Ahvaz qui a vu des coups de feu se répandre dans la foule des Gardiens de la révolution, des passants et des fonctionnaires du gouvernement qui surveillaient le défilé depuis une colline voisine.


Cette attaque se distingue nettement de l’attaque sanglante du 7 juin 2017 contre le parlement et le sanctuaire de l'ayatollah Ruhollah Khomeini à Téhéran attribuée à Daesh et aux séparatistes arabes de la région. Le défilé annuel du 22 septembre 2018 marquait le début de la longue guerre entre l’Iran et l’Irak. Des photographies montrant des militaires ensanglantés en treillis militaire ont été diffusées.  
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a accusé les pays de la région et leurs «maîtres américains» de l'attaque et a averti que «l'Iran répondrait rapidement et de manière décisive à la défense des vies iraniennes». Evidemment pour donner un sens dramatique à l’attaque et pour faire bonne mesure, il a précisé que des enfants, des femmes et des journalistes ont été blessés dans l'attaque pour démontrer la cruauté des assaillants. Il a ajouté que les hommes armés étaient «des terroristes recrutés, entraînés, armés et payés par un régime étranger». Selon lui, les hommes armés ont été entraînés par deux Etats arabes du Golfe et ils avaient des liens avec les Etats-Unis et Israël.

On ignore le détail précis de l’opération du commando. Certains témoins parlent de quatre hommes armés en moto portant des uniformes kaki qui ont mené l'attaque. Il est certain qu'elle a été minutieusement préparée car elle a été lancée dans une zone où les Gardiens de la révolution étaient nombreux. En effet, les assaillants avaient dissimulé des armes dans une zone proche du parcours du défilé plusieurs jours à l'avance.
Général Ramezan Sharif

Avant toute enquête sérieuse, les dirigeants iraniens ont immédiatement accusé Daesh d’être impliqué dans cette «agression». C'est facile parce que ce serait consensuel.  Mais le porte-parole du Corps des gardiens de la Révolution islamique, le général de brigade Ramezan Sharif, a attribué l’attaque terroriste au groupuscule Al-Ahwaziya, soutenu par l’Arabie. La fusillade a éclaté à peine 30 minutes après le début de la cérémonie alors que les unités de la 92ème division blindée passaient devant le stand. 


L’Iran estime que les terroristes ont échoué dans la mesure où ils visaient à abattre les commandants et les responsables dans les rangs des militaires. La ville d'Ahvaz est hautement symbolique car elle est située proche des frontières irakiennes et non loin de l'Arabie saoudite dont le régime soutient et finance des mouvements qui prônent la guérilla armée en Iran. Les tensions entre l’Iran et l’Arabie saoudite se sont intensifiées ces dernières années, depuis que ces deux pays soutiennent des camps opposés dans des guerres en Syrie et au Yémen et des partis politiques rivaux en Irak et au Liban.
Mais cette attaque est symbolique à plus d’un titre. Elle entérine l'échec des services de renseignements iraniens. Elle montre que les Gardiens de la révolution ne sont plus à l'abri. Elle prouve que les opposants sont passés à l’action, de manière militaire, pour au moins déstabiliser le régime, sinon pour le faire tomber. Elle confirme que des aides extérieures parviennent jusqu’à des groupes armés qui osent affronter l’institution la plus puissante de l’armée iranienne, les Gardiens de la révolution. Elle signifie qu’il n’y a plus d’unanimité au sein d’une population lasse des restrictions, de la corruption et du poids des extrémistes religieux sur la vie de tous les jours en Iran. 
Enfin sur le plan stratégique qui intéresse Israël, les Mollahs risquent d’être contraints de rapatrier certaines forces sûres  de Syrie pour assurer la défense interne de leur régime. C’est peut-être le début d'un grand chambardement en Iran.






1 commentaire:

Gilbert BRAMI a dit…

Les Ayatollahs sacrifient leur peuple pour soutenir la Syrie de Bachir el Hassad alaouite (chi'ite)en espérant avoir ainsi un accès à la Méditerranée. Ce même problème s'est produit il y25 siècles, sous l'empire Perse, ce qui a valu aux Enfants d'Israël la réforme du scribe EZRA. Cette réforme a changée sur 5 points la Torah donnée par Hashem et, elle fut le début de nos malheurs ! Ces malédictions furent annoncées sur le rouleau Devarin (Deutéronome) section ki-tavo -chapitre 28 versets 15 à 69 !