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lundi 26 septembre 2016

Israël doit muscler sa marine face aux nouveaux défis



ISRAËL DOIT MUSCLER SA MARINE FACE AUX NOUVEAUX DÉFIS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps 

Sayyari et Marcella à gauche

Une délégation militaire italienne de haut rang a rencontré, le 5 septembre 2016, le commandant de la Marine iranienne, l'Amiral Habibollah Sayyari. La délégation, conduite par le directeur-adjoint du département des relations internationales et le chef de la Marine italienne, le contre-amiral Roberto Chia Marcella, s’est rendue en Iran avec l'objectif de développer les relations bilatérales.


Amiral Sayyari

L’amiral Sayyari a ainsi mis l’accent sur la position géopolitique de l’Italie : «L’Italie dispose de 8.000 km de frontières maritimes en Méditerranée, une mer stratégiquement importante puisqu'elle se trouve au confluent des détroits stratégiques de Suez et de Gibraltar». Le responsable italien s'est félicité du résultat des discussions qui contribueront à élargir les interactions et les coopérations dans différents domaines militaires entre l’Iran et l’Italie. La marine iranienne a ensuite été invitée à se rendre en Italie et a déclaré que les navires italiens accosteront bientôt dans des ports du Sud iranien, sous contrôle des forces de la marine iranienne.
Navire de guerre Euro le 23 septembre en Iran

Un navire de guerre italien a ainsi accosté le 23 septembre 2016 dans le port de Bandar Abbas, qui abrite le commandement des Gardes révolutionnaires iraniens, entraînant toutes les supputations sur la signification réelle de cette visite. Les Etats-Unis restent prudents. Il semblerait que depuis quelque temps déjà «le Pentagone et la marine américaine conseillent à Israël d'optimiser sa flotte maritime et de combler les trous pour rattraper son retard». Les Américains faisaient alors référence à l’acquisition par l’Égypte du Anwar El Sadat, le premier des deux porte-hélicoptères de classe Mistral, achetés auprès de la France et prévus à l’origine pour les Russes. Le second, Gamal Abdel Nasser, a été livré le 16 septembre.
Mistral

Les Israéliens observent ce rapprochement entre Iran et Italie qu'ils expliquent par le refus de l’Allemagne et de la France d’accroitre les capacités maritimes iraniennes. Ils sont cependant préoccupés parce que l’Iran s’est donné pour objectif de rendre la marine iranienne la plus puissante du monde. Il en va ainsi de la sécurité maritime de la région sachant que les Mollahs disposent déjà de facilités en Syrie. Jusqu’à présent les Iraniens n’avaient jamais dépassé le Golfe d’Aden et leur projet actuel est d’étendre les limites de leur intervention.
L’Iran et l’Italie ont des intérêts communs. L'Iran dispose de ressources financières pour investir dans de nouveaux navires de guerre que l’Italie est prête à construire en lui offrant la possibilité de mettre à sa disposition ses bases navales. La politique de Barack Obama consistant à réduire les forces américaines au Moyen-Orient a diminué les navires de guerre dans les bases italiennes. Le contre-amiral italien estime donc «que ces pourparlers et réunions conduiront au développement de l'interaction et de la coopération dans différents domaines militaires entre l’Iran et l'Italie». Sayyari a de son côté précisé l’espace qu’il compte utiliser pour ses navires de guerre : «L'Italie bénéficie d'environ 8.000 kilomètres de frontières maritimes tandis que la Méditerranée est stratégiquement très importante, compte tenu du fait qu'elle relie le Canal de Suez au détroit de Gibraltar».

Israël doit, de son côté, protéger ses plates-formes d’expédition et de pétrole. Le ministère de la défense dispose d’experts très pointus qui travaillent en permanence sur les processus liés à la marine. La Méditerranée est traversée par des navires de guerre de plus en plus sophistiqués qui, selon certains, mettent en évidence le retard pris par la marine israélienne. De nouveaux types de navires sont donc nécessaires pour répondre à l'évolution des défis auxquels Israël doit faire face, en particulier la terreur maritime.
Les deux Mistral égyptiens sont capables de transporter 46 hélicoptères d’attaque alors que la Russie a envoyé sur zone son porte-avions, sa flotte de croiseurs et ses sous-marins nucléaires. La flotte israélienne est plus petite et légèrement périmée. Elle ne convient plus à la guerre asymétrique imposée par ses nouveaux ennemis qui ont évolué, à savoir les organisations terroristes et les commandos marine du Hamas et du Hezbollah. En plus de la défense des côtes, la marine israélienne doit protéger ses navires commerciaux, vers et en provenance d’Israël, doit défendre ses plateformes de forage, doit sécuriser ses gazoducs et ses câbles sous-marins à fibres optiques, doit assurer le blocus de Gaza et doit surtout garantir la sécurité des ports.
LCS USS Freedom

Israël est conscient de ses lacunes. Aux États-Unis, la société Lockheed Martin a gagné un appel d’offres pour la construction d’un nouveau cuirassé compatible avec les besoins israéliens et capable d’être confronté à toutes les menaces en Méditerranée et en Mer rouge. Il ne s’agit pour l’instant que d’un projet de faisabilité à un prix élevé (5 millions de dollars) sur un délai maximum de neuf mois. Le nouveau navire s’inspirerait du LCS (littoral combat ship, navire de combat littoral), encore au stade du prototype, dont les États-Unis se serviront pour protéger leurs rives.
Ces navires LCS ont une couverture radar minimale, disposent d’une vitesse élevée (45 nœuds), peuvent transporter des hélicoptères, des troupes, des drones et des véhicules blindés. Ils sont en plus armés d’artillerie, de missiles et de systèmes de guerre électronique. Ils seront capables de combler le retard israélien dans ce domaine. 
Dolphin

Pour l’instant, la défense navale est confiée aux trois sous-marins sophistiqués et coûteux du type Dolphin. Deux d’entre eux ne seront opérationnels qu’en 2018 et 2019. Leurs capacités de guerre restent secrètes et selon les informations de certains médias étrangers, non confirmées en Israël, ils disposeraient d’ogives nucléaires. Ils sont pourtant, sur un point, périmés car ils fonctionnent avec des moteurs diesel au lieu de disposer de la propulsion nucléaire. C’est pourquoi, Israël envisage d’annuler la commande des deux Dolphin supplémentaires pour les remplacer par des navires de combat plus adaptés. 

La marine, parent pauvre de Tsahal face à la concurrence de l’aviation, risque de devenir le fondement de la défense d’Israël.


1 commentaire:

Avraham NATAF a dit…

La marine israélienne a subi des dégâts par des fusees egypto-russes et chino-hezbollah; est ce que des gros bâtiments sont une solution ou un problème. Israel avait choisit des petits bâtiments rapides et des sous-marins. Les "Mistral" sont efficaces contre des guerrillas.