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lundi 3 février 2014

RÉFLEXIONS POUR UNE ALYAH FRANÇAISE RÉUSSIE


RÉFLEXIONS POUR UNE ALYAH FRANÇAISE RÉUSSIE

Par Jacques BENILLOUCHE

copyright © Temps et Contretemps

            
L'alyah au Kotel

          Le gouvernement israélien veut faire venir 40.000 Juifs français mais l’alyah française ne se développera pas par l’esprit du ciel. Nous avons connu la période des années 50/60 où les Juifs avaient besoin de s'accrocher à un idéal, sioniste pour certains, communiste pour d'autres, permettant l'acceptation des sacrifices. Mais aujourd'hui, à part les sionistes convaincus, la grande majorité des candidats à l’alyah est devenue matérialiste et a besoin d’incitations financières pour abandonner ses habitudes et quitter le confort douillet d’un pays où ils se sentent intégrés. Brandir le risque antisémite ou sécuritaire ne suffit plus à les motiver. Il suffit de constater la passivité des Juifs iraniens  et même turcs qui se sentent bien chez eux alors que le danger rôde.



Mesures concrètes

L'escroquerie eu CO2.

Il est donc indispensable de mettre en place des mesures concrètes pour faciliter l’installation en Israël de familles souvent modestes qui bénéficient en France de mesures sociales en complément salarial. Ce sont les seules conditions pour puiser dans le réservoir illimité de Juifs qui hésitent à sauter le pas. Israël ne peut se contenter uniquement de retraités, d’escrocs en exil ou de jeunes religieux en provenance de France. Il a aussi besoin de créateurs d’entreprises et de jeunes bras motivés dont la réussite et le dynamisme gratifieront à terme le pays.
Si le gouvernement israélien veut vraiment réussir dans sa nouvelle mission, l’incantation ne suffit pas et encore moins l’exploitation de la peur comme argument. Il doit intégrer l’idée que, dans notre monde moderne égoïste et matérialiste, l’idéal sioniste se perd au profit de l’idéal financier. Nous vivons dans l'ère du Coca-Cola et de Wall-Street. Aussi l’action gouvernementale doit axer ses efforts sur des mesures efficaces, qui grèveront certes le budget de l’État, mais qui seront cependant amortis, à moyen terme, grâce à la consommation des nouveaux venus parce qu'ils induisent des rentrées de taxes, de tva et d'impôt sur le revenu. L’accroissement de la population est d’autre part une exigence de sécurité pour un pays qui subit la menace de ses voisins, toujours prêts à prendre sa place. La création de la nouvelle ville militaire de 20.000 personnes dans le Néguev est un défi qu'il faut surmonter.

            L’alyah française avait baissé puis s’est reprise en 2013 pour passer de 2.500 immigrés à 3.000 par an, chiffre dérisoire en regard des 400.000 Juifs vivant en France. Les freins à une alyah de masse sont connus et ils ne pourront être éliminés que si le gouvernement décide de mesures concrètes courageuses. L’argument que les générations précédentes n’ont pas bénéficié d’avantages nouveaux ne tient pas si l’on veut des résultats probants. A chaque génération ses avantages. Tout objectif nécessite des moyens mais à présent l’État dispose de recettes gazières qui pourraient aujourd’hui être en partie débloquées pour remplir l’espace disponible dans le pays.

Aider les jeunes pousses

Il est difficile pour un élève ayant atteint la classe de seconde en France de se réinsérer dans le système israélien sans entraîner d’échec scolaire générateur de décision pour les parents de retourner au pays d’origine. Il doit y avoir une certaine progressivité scolaire pour une adaptation aux programmes éducatifs israéliens. 
Lycée français de Jérusalem

       Le gouvernement doit donc prendre en charge les frais de scolarité dans un lycée français, depuis la classe de seconde jusqu’au bac, pour ne pas perturber le cours des études. Ce financement sera conditionné par l’obligation pour les jeunes de suivre des cours d’hébreu intensifs au sein même de l’école leur permettant de parvenir au niveau suffisant pour entrer à l’université avec le maximum de chance de réussite.
Au temps de l’alyah des années 1960/1970, des entreprises semi-étatiques, à l’instar de Amidar, étaient chargées de la construction de logements sociaux autour des principales villes d’Israël, souvent dans des quartiers nouveaux comme Ramat Hanassi, Ramat Eshkol ou Ramat Hasharon. Pour parvenir à ses fins, le gouvernement doit donc libérer des terrains appartenant à l’État pour construire des logements réservés aux immigrants français et aux familles israéliennes de la classe moyenne ainsi qu’aux jeunes couples. S’il a les moyens de trouver des budgets de construction dans les territoires, il devrait être aussi capable de construire à proximité des centres industriels pourvoyeurs d’emplois. En effet les candidats à l'immigration ne sont généralement pas favorables à une installation dans les implantations mais au sein des grandes villes d'Israël où il peuvent trouver un décor similaire au leur en diaspora. Il est loin le temps où les immigrés étaient envoyés peupler des villes de développement au bout du pays à gauche.

     Or l’argent existe puisque le gouvernement israélien a versé durant ses quatre dernières années 42 millions de dollars d'aide aux implantations de Cisjordanie. Mais selon certaines accusations du ministre des finances, Yaïr Lapid, l'argent aurait peut-être été détourné à des fins politiques au profit du Yesha, le conseil représentant les habitants des implantations.
Aéroport de Sdé Dov

L’aéroport civil de Sdé Dov, qui sera transféré à Ben Gourion en 2015 libérera ainsi de nombreux dounams pour de luxueux hôtels et de grands centres commerciaux. Une infime partie de ces terrains pourrait satisfaire les besoins des nouveaux venus. Comme au temps d’Amidar, les logements seraient proposés à l’achat ou en location à des prix compétitifs puisque le terrain sera offert aux promoteurs. Le coût des terrains est la cause de l'envol des prix des logements empêchant l’accès à la propriété des familles modestes de Sarcelles ou du 19ème arrondissement de Paris. En 2003, un appartement de 4 pièces valait 100.000 dollars à Ashdod et 350.000 à Ramat-Aviv. Le prix pour ces types d’appartement a quadruplé alors que le logement représente la base de la reconstitution du noyau familial dans une nouvelle vie israélienne.

Combler le déficit humain

D’ailleurs le pays, qui a vu son taux de chômage passer de 6,9% à 6,1% a besoin de nouveaux bras juifs pour combler le déficit humain par une immigration librement organisée. Le gouvernement doit instituer une discrimination positive permettant d’imposer dans les administrations un quota de francophones car le travail est la base de l’intégration au sein de la société israélienne. Il est d'ailleurs inadmissible qu'à Tel-Aviv les nouveaux immigrants soient reçus au ministère de l'intégration par des fonctionnaires qui ne parlent pas français. Par ailleurs par ce moyen, la mixité sera bénéfique aux francophones qui ont tendance à vivre en ghetto dans leur ville et dans leurs quartiers, sans aucune chance d’assimilation.

La voiture n’étant plus un luxe mais un outil de travail, il faut supprimer toutes les taxes pour la rendre accessible aux classes moyennes immigrées. Les Français doivent être autorisés à amener avec eux leur voiture sans payer de droits de douane dès lors où la carte grise est inscrite à leur nom depuis plus d’un an pour éviter toute magouille. Le permis de conduire français doit alors leur être automatiquement transféré en permis israélien, sans exiger la formalité de le repasser.
Ecole Centrale de Paris

Les diplômes des Grandes Écoles et des universités françaises reconnues doivent être automatiquement convertis en équivalents israéliens par un système strict d’équivalence. La qualité des enseignements français et des diplômes ne peut être mise en doute et l’ambassade de France pourra être chargée de valider, auprès des autorités compétentes, la réalité du lauréat. En particulier un médecin, un chirurgien-dentiste ou un expert-comptable, inscrit à l’Ordre, doit pouvoir s’installer librement à condition de suivre un oulpan de trois mois. Le pays manque de médecins et ceux qui viennent de France, avec une expérience acquise durant de longs mois, ne doivent pas obligatoirement repasser devant les examinateurs qui leur imposent souvent des conditions salariales dissuasives. Enfin une exonération de l'impôt sur le revenu pendant deux ans est nécessaire pour les particuliers et de l'impôt société pour les créateurs d'entreprises pour permettre la constitution de fonds propres pour une intégration réussie.
Lobby francophone

Un lobby francophone a été créé à la Knesset mais il est à craindre qu’il ne fonctionne que pour des objectifs politiques. Distribuer des postes dans les partis et les conseils municipaux ne doit pas être la finalité de ces bonnes volontés qui doivent prouver qu’ils peuvent aller au-delà de leurs intérêts personnels. Il ne doit pas s'agir de favoriser l'installation d'immigrés dans les territoires pour récupérer des voix au profit de Yesha ou des milieux religieux. 
Si des réformes minimales ne sont pas entreprises, les Juifs français continueront à vivre là où ils ont acquis leur nationalité avec tous les droits afférents et tous les avantages matériels, presque illimités, même si parfois ils doivent subir des réactions antisémites de la part d'illuminés. Les appels à l'alyah auront alors le même écho stérile que celui 'Ariel Sharon en 2004.

5 commentaires:

V. Jabeau a dit…

Excellent article qui cerne parfaitement la question. Il faut de la vision et de l'innovation aux hommes politiques israëliens qui sont hélas très nuls de ce point de vue. Comment pouvez-vous être entendu par les décideurs, M. Benillouche ?

Vince a dit…

Jacques,

Israël manque de médecins ??? Il me semblait qu'Israël était le pays avec la plus forte concentration de médecins et d'ingénieurs par habitant.

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

L'état d'Israël qui se définit comme "Etat juif et démocratique d'Israël" se trouve confronté à un problème de démographie insurmontable qui, j'en ai peur, ne pourra se résoudre par aucune Alyah si réussie soit-elle.
Une étude du professeur Sergio Della Pergola de l'Université hébraïque de Jérusalem constate que si le taux de la population mondiale a augmenté de 1,26%, le taux de la croissance du peuple juif n'a été que de 0,65%.
Les 5,97 millions de Juifs d'Israël ne représentent que 43% des citoyens israéliens.
En réfléchissant à ces chiffres incontournables on imagine bien quelle pourrait être la solution. Il ne reste plus qu'à trouver ceux ou celles qui auraient le courage de le formuler.

Très cordialement.

Robert FELDMANN a dit…

Cher ami

Bien évidemment ce que vous écrivez procède du bon sens et de la bonne analyse ; cet article mériterait d’être traduit en hébreu et déposé sur le bureau du premier ministre mais la communauté française est tellement morcelée et divisée qu’il n’y aucune chance qu’un quelconque lobby ne s’en empare pour la bonne raison que vous avez dite dans votre article.
Nous sommes majoritairement des retraités , des jeunes religieux et aussi malheureusement des escrocs en fuite .

Dr Robert Feldmann Président UFE ISRAEL (2011à 2013)

Marianne MESSICA a dit…

Nonobstant les métiers cités, on devrait y inclure les pharmaciens, les infirmiers (ères - les hôpitaux manquent cruellement de personnel parlant français pour nos parents ou grands parents) les ingénieurs agronomes, et les métiers de petites enfance pour permettre aux enfants de mixité israelo-français d'être parfaitement bilingues (puisque ils sont de vrais 'éponges' dès la naissance, et que par la suite cela facilitera l'apprentissage de multiples langues étrangères)........etc....