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jeudi 20 janvier 2011

TUNISIE : LA TENTATION ISLAMISTE



TUNISIE : LA TENTATION ISLAMISTE


 par Jacques BENILLOUCHE

Ben ALI

Rachid GHANOUCHI




Ecouter le symbole de la révolution du Jasmin : 
Le tube de Heidi Jouini

Paroles du refrain : En cette nuit sous le jasmin, une branche se penche vers moi et essuie mes larmes....  


           
La chute du pouvoir de Ben Ali a suscité un optimisme que ne partagent pas les dirigeants israéliens. Ils l’analysent avec précaution car l’instabilité qui résulte de cette prise de pouvoir brutale risque de provoquer de grandes surprises. L’inconnu reste le positionnement des islamistes.

Les islamistes de 1962

Bourguiba et son successeur Ben Ali  les avaient éliminés de la scène politique à coups d’emprisonnement, d’expulsions ou de menaces. Les craintes actuelles s’expliquent par l’inexistence d’organisations démocratiques d’opposition, structurées et capables de canaliser les ambitions de ceux qui ont été privés du pouvoir depuis plusieurs années. En revanche, malgré la répression, les islamistes ont toujours gardé l’esprit militant et la discipline des partis clandestins tout s’organisant et en négociant de nombreux soutiens auprès de dirigeants arabes intéressés à orchestrer des troubles dans les pays arabes modérés. Les rivalités et les ambitions personnelles risquent à présent de primer sur l’intérêt national.
 Les israéliens n’ont pas été pris au dépourvu car ils ont toujours axé leurs objectifs sur la recherche de renseignements et sur la constitution de dossiers complets sur les futurs cadres, en infiltrant les étudiants pendant leur formation en Tunisie et en France. Ils avaient ainsi constaté le fait historique que les tunisiens ont été les instigateurs de l’introduction du fondamentalisme en Europe.
            Il faut remonter aux années 1962 pour comprendre l’évolution d’un groupuscule d’étudiants islamistes n’ayant au départ aucune stratégie de prosélytisme mais dont les résultats se sont avérés au delà de leur espérance. Ils restaient persuadés que le temps jouait en leur faveur et ils savaient qu’ils n’avaient aucun intérêt à bousculer les étapes. Ils tissaient les mailles de leur filet en plaçant leurs pions partout au sein de la société française tout en attendant patiemment le jour où ils retourneraient dans leur pays pour renverser le pouvoir.

Mossad en Tunisie

Un ancien agent du Mossad, qui avait œuvré en Tunisie puis en France, avait précisé que les israéliens avaient anticipé, dès cette époque, le danger de l’activisme islamique dans le cadre de leur principe de précaution. L’organisation avait alors décidé d’infiltrer le milieu étudiant, terreau des futurs dirigeants tunisiens, afin de mesurer de près l’émergence de cette hydre tentaculaire. Elle avait alors constitué des dossiers complets sur chacun des futurs cadres pour, le cas échéant, anticiper ses réactions et son comportement le jour où il arriverait au pouvoir.
            Des étudiants tunisiens, menés par Ahmed Jaballah envoyé par le parti islamique tunisien MTI (Mouvement de la Tendance Islamique) pour implanter des cellules en France, sont alors noyautés par les égyptiens qui cherchaient à concurrencer le courant majoritaire syrien représenté par l’A.E.I.F, l’Association des Etudiants Islamiques de France qui avait vu le jour sous l’impulsion de Muhammad Hamidullah, au centre culturel arabe du Boulevard Saint Michel, au Quartier Latin. Cette entité, émanation des Frères Musulmans syriens, était placée sous la mainmise de pseudo-étudiants dont l’allure et l’âge ne faisaient pas illusion.
Les israéliens, qui cherchaient à surveiller ce qui se tramait chez leurs ennemis naturels égyptiens et syriens, furent amenés à s’intéresser de près aux tunisiens qui furent en permanence pistés et surveillés. Cette émanation syrienne très radicale, reproduisait déjà à petite échelle les effets de la concurrence entre les dictateurs du Moyen-Orient d’alors et se nourrissait du conflit idéologique qui l’opposait à sa cousine égyptienne. La lutte syro-égyptienne pour le contrôle des étudiants arabes en France sombrait dans des luttes intestines qui annihilaient toute action efficace. Cependant la politique répressive du Président Bourguiba et de son chef de la sécurité Ben Ali devait faire grossir les rangs des étudiants  venus se refugier en France dès 1981.
Les Tunisiens contrôlaient toutes les instances des associations islamistes puisque le président Ahmed Jaballah et le secrétaire général Abdallah Benmansour avaient pris en main les destinées de ce qui n’était alors que la branche française du parti islamiste tunisien. Cette structure avait pour ambition de représenter seule l’Islam en France mais son audience restera longtemps marginale. Les Tunisiens, gênés dans leur action par les répressions en masse que leur faisait subir leur gouvernement, finiront par céder leur place en 1995 à des Marocains, au moment même où de nombreux attentats étaient organisés en France.

Complot

L’ancien agent du Mossad avait révélé qu’il fut informé par hasard qu’un complot avait été ourdi contre le président, par un militaire en stage à l’Ecole de Guerre de Paris. Le gouvernement israélien avait longtemps délibéré pour définir sa position dans une affaire purement intérieure d’un Etat. Mais son agent infiltré au centre culturel arabe du boulevard Saint Michel, découvrit que derrière ce complot se profilait l’ombre des Officiers Libres égyptiens, ennemis jurés des israéliens. Le gouvernement décida alors d’envoyer un officier du Mossad informer directement le président pour éviter toute fuite. Mendès-France accepta d’organiser la visite sans se douter du contenu de l’entretien. Il pensait favoriser le dialogue israélo-arabe. Une dizaine d’officiers généraux fut passée par les armes en décembre 1962 ce qui eut pour conséquence de mettre au pas l’armée et de la cantonner dans des actions plus civiles que militaires. Le Mossad reste cependant très actif en Tunisie puisqu’il a organisé l’évacuation des touristes israéliens bloqués durant les émeutes. Le porte-parole du Ministère des Affaires Étrangères, Yossi Levy, a confirmé l’information : « Cette histoire finit bien et c’est tant mieux. Mais elle a exigé des efforts de sauvetage, de la minutie et de la rapidité. L’opération a été menée par le ministère et d’autres agents. »

Le terreau islamiste

Un correspondant tunisien, ancien professeur d’université, Mustapha T., s’est inquiété ouvertement de la situation actuelle qu’il juge moins optimiste que dans l’esprit de la plupart des observateurs étrangers. Elle conduira selon lui à l’avènement du courant intégriste à moyen terme. Certes, les drapeaux islamiques ne sont pas apparus dans les manifestations de rue mais cela répondait à leur stratégie. Ils ne cherchent pas dans l’immédiat à intégrer les instances du gouvernement mais ils restent très actifs. Dans le chaos des pillages dans les villes, ils ont organisé des milices sous prétexte de protéger les biens et la sécurité mais ils profitent sournoisement de quadriller les régions en bandes organisées comme à Qasrin et à Gabès.
Mustapha axe son raisonnement sur un plan essentiellement économique. Il estime que la situation économique va empirer avec l’arrêt de la saison touristique. L’économie a par ailleurs déjà perdu 1,6 milliard d’euros, 4% du Pib, pendant la révolte populaire selon le ministre de l’Intérieur Ahmed Friaa. Le taux de chômage officiel s'élève à 14%, mais selon les experts économiques, il est plus proche de 25%. Les difficultés économiques vont certainement entrainer l’échec du nouveau gouvernement et la déception des émeutiers, déçus dans leurs illusions et proies faciles des islamistes qui leur proposeront monts et merveilles. Par ailleurs, il estime que les oppositions, qui n’ont jamais réussi à s’unir durant les journées sombres du régime dictatorial, ne réussiront jamais à s’entendre dans l’avenir et  étaleront leur division au grand jour. Les structures de l’ancien régime restent encore tenaces à l’exception de quelques dirigeants en fuite ou emprisonnés. Il faudra beaucoup de mois pour en faire disparaitre les stigmates.
            Rachid Ghanouchi, responsable du parti islamique d’opposition Ennahda,  homonyme du premier ministre Mohammed Ghanouchi,  avait appelé les tunisiens à « détruire le régime de Ben Ali en exigeant la dissolution de son parti politique  ». Cet opposant défend la même idéologie que celle des frères musulmans et il est impliqué dans de nombreux actes de terreur dans les années 1980. Il a déjà qualifié de « mascarade » le nouveau gouvernement auquel il refuse de participer.
            La seule institution qui semble sortir indemne de l’ancien régime reste l’armée dont le chef, le général Rachid Amar, avait refusé de tirer sur la foule.  Certains voudraient la voir jouer le même rôle qu’en Turquie. Il faut rappeler que la royauté tunisienne était issue de la dynastie des beys, les chefs militaires nommés par l’empire ottoman dont il reste encore de nombreuses traces en Tunisie, en particulier la similitude des deux drapeaux. Un gouvernement à tendance islamique contrôlé par une armée dépolitisée, puisqu’elle n’a jamais accepté d’apparaitre en première ligne, serait le scénario le plus probable.
            Les israéliens ne sont pas préoccupés par la situation des quelques 1800 juifs vivant encore en Tunisie mais ils s’inquiètent d’un effet domino sur les régimes arabes modérés. Il faut noter d’ailleurs que le roi Abdallah de Jordanie a imposé un blackout sur les graves émeutes contre le royaume qui ont secoué des tribus bédouines dans la ville de Maan. L’armée a réprimé avec force pour empêcher toute propagation de la contestation.  Ils suivent donc la situation avec beaucoup d’intérêt mêlée d’inquiétude.

mercredi 19 janvier 2011

BILLET D'HUMEUR : LA FEMME EST L'AVENIR DE LA TUNISIE



BILLET D'HUMEUR : LA FEMME EST L'AVENIR DE LA TUNISIE

par Jacques BENILLOUCHE


Cliquer sur le triangle noir pour écouter le texte radiodiffusé


          Le président Bourguiba avait décidé de moderniser l’Etat tunisien aussitôt après son arrivée au pouvoir. En promulguant le code du statut personnel (CSP) le 13 août 1956, quelques mois après l’indépendance du pays proclamée le 20 mars, le Combattant Suprême s’est appuyé sur l'émancipation féminine pour revitaliser toute la société tunisienne. Sa démarche fut unique dans le monde arabe, frileux quand il s’agit de s’attaquer aux dogmes de la religion.
Il imposa sa propre révolution grâce à une réforme audacieuse qu’aucun dirigeant musulman n’aurait osé mettre en œuvre. La nouvelle loi entra en vigueur dès le 1er janvier 1957 dans le cadre d’un vaste programme de modernisation de la société : l'interdiction du port du voile dans les écoles, la reconnaissance du droit de vote aux femmes, le démantèlement de l'université de la Zitouna, citadelle du conservatisme, la dispense de jeun durant le mois de ramadan, la mise en place du planning familial, le droit à l'avortement libre et la gratuité de la pilule, l’interdiction de la polygamie et de la répudiation et enfin,  l’obligation d’obtenir le divorce devant le tribunal.
Les femmes n’ont pas hésité pour se transformer en véritables occidentales vêtues de jeans, de mini-jupes et de tenues affriolantes. Elles s’insérèrent dans tous les pans de la société en occupant des postes économique et politique de haut niveau. Elles firent concurrence aux hommes pour se prouver qu’elles étaient leurs égales.
            La révolution du jasmin a porté au pouvoir toute une génération d’opposants qui, durant les heures noires du régime de Ben Ali, n’ont jamais pensé s’unir et qui à présent risquent de se déchirer pour les lambeaux du pouvoir. Les islamistes attendent en embuscade l’heure de l’échec économique des nouveaux dirigeants pour cueillir le pouvoir comme un fruit mûr tombé de l’arbre et pour imposer leurs lois anachroniques. Puis, comme à Gaza, la Charia s’appliquera à la lettre, progressivement, dans la sournoiserie habituelle des barbus.
            Les femmes seront alors les seules capables de s’opposer à eux car elles ont payé chèrement leur liberté et elles considèreront toute atteinte à leur droit de femme comme un casus belli. Elles refuseront l’obscurantisme de ceux qui voudraient les cantonner dans leurs cuisines. Alors, elles tiennent l’avenir de la Tunisie entre leurs mains et si certains hommes, dans leur lâcheté habituelle, se satisferont d’un nouveau pouvoir qui grignotera progressivement des parcelles de liberté, alors, elles défendront bec et ongles les acquis bourguibiens. Le salut de la Tunisie viendra d’elles et d’elles seules.
 

mercredi 12 janvier 2011

BILLET D’HUMEUR : J’AI MAL A MON PEUPLE



BILLET D’HUMEUR : J’AI MAL A MON PEUPLE

Par Jacques BENILLOUCHE

Texte radiodiffusé

            Les occidentaux ont toujours qualifié les tunisiens de peuple pacifique et modéré parce que le président Habib Bourguiba avait opté pour l’émancipation de la femme, la réduction de l’influence de la religion dans la vie civile et politique et le pragmatisme dans son approche du conflit israélien. Le pays avait investi pour que sa jeunesse soit instruite et diplômée au point de la voir constamment lorgner vers le Continent. L’éducation était la base de l’ascension sociale parce qu’aucun autre choix n’était ouvert. La réussite des tunisiens, et celle des juifs en particulier, n’était pas une réputation surfaite.

            Cependant, les juifs tunisiens ont déserté leur pays parce qu’ils avaient estimé que la création de l’Etat d’Israël les avaient rendus suspects aux yeux des dirigeants arabes qui les assimilaient tous à des sionistes alors que seule une minorité l’était à l’époque et que la majorité avait résisté aux appels des pionniers. La Tunisie avait décidé de prendre le parti de ses « frères » arabes pour n’en tirer d’ailleurs aucun profit tangible. Elle a au contraire hérité d’une idéologie à forte capacité de nuisance avec ses éléments islamistes les plus néfastes et les plus perturbateurs.

            Mais la colère qui gronde aujourd’hui n’est pas télécommandée par les islamistes car la Tunisie était comparable à une cocotte bouillante dont on avait vissé le couvercle dans l’espoir d’empêcher la fuite des rancœurs, d’étouffer l’aspiration à la démocratie et de briser la volonté de faire partie d’un monde moderne. A l’époque d’Internet et de la télévision la tâche fut difficile et, l’absence de partage des richesses accaparées par une minorité de privilégiés, représentait un suicide politique dont les dirigeants paient le prix aujourd’hui.

            La Tunisie aurait pu comprendre que les riches pétroliers et les potentats ne s’aident qu’entre eux pour que la richesse reste dans un cadre étroit. Elle aurait eu intérêt à s’allier au jeune pays juif qui se créait dans le dénuement le plus complet car ils avaient ensemble une communauté de destin et de misère. Mais  Israël s’est développé tandis que la Tunisie a stagné économiquement. 

            Les diplômés tunisiens auraient pu collaborer avec l’industrie israélienne dans une sorte de mini « silicon Valley » à l’odeur de jasmin car de nombreuses pointures d’origine tunisienne hantent les conseils d’administration des fleurons industriels israéliens et français. Les cadres diplômés auraient pu alors trouver un environnement professionnel en adéquation avec leurs espérances. Mais la politique a pris le dessus sur l’intérêt économique et le pragmatisme politique. Aucun ambassadeur tunisien n’était digne de rejoindre l’Etat d’Israël qui n’existe toujours pas dans les tablettes du palais de Carthage.

            Alors, nul ne se réjouit des moments difficiles que passe la Tunisie et, même si les juifs l’ont quitté depuis de longues années, elle reste ancrée dans les mémoires figées, dans le ciment des fêtes, dans les traditions répercutées de génération en génération, dans les plats culinaires et dans l’accent dont les jeunes ont paradoxalement hérité avec une certaine fierté. Souhaitons seulement que les islamistes ne récupèrent pas à leur profit une situation politique bloquée car alors, la Tunisie que nous avons connue et aimée, n’existera plus que dans notre seul souvenir.       

dimanche 2 janvier 2011

LE HAMAS DÉSESPÈRE SA JEUNESSE À GAZA




LE HAMAS DÉSESPÈRE SA JEUNESSE À GAZA

Par Jacques BENILLOUCHE



Forces de sécurité du Hamas
Un collectif de jeunes artistes et militants exprime ouvertement sa colère à Gaza. Il le fait bien sûr contre Israël coupable de blocus ou de représailles militaires, cela n’étonne pas. Mais il utilise en revanche des mots durs à l’encontre des dirigeants du Hamas : « Au cours des dernières années, Hamas a tout fait pour prendre le contrôle de nos pensées, de notre comportement et de nos attentes ». 
L’exaspération a atteint son paroxysme et elle donne du courage à des jeunes qui mettent leur vie en danger pour avoir affiché ouvertement leur opposition aux islamistes : «  Nous vivons dans la peur. Ici, à Gaza, nous avons peur d’être incarcérés, interrogés, battus, torturés, bombardés, tués ».


jeudi 23 décembre 2010

QATAR : DOUBLE JEU POLITIQUE ET STRATEGIQUE


QATAR : DOUBLE JEU POLITIQUE ET STRATEGIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE






 


La diplomatie israélienne n’a pas la même vision politique que les services de renseignements, plus mitigés sur le rôle réel du Qatar au Moyen-Orient. L’ancien directeur du Mossad, Meir Dagan, a qualifié le Qatar « de véritable problème et son émir de quelqu’un qui irrite tout le monde ». Il reproche à cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani « de jouer sur tous les tableaux, la Syrie, l’Iran et le Hamas, pour assurer sa sécurité et affirmer son indépendance » face aux dangers extérieurs. Le Mossad a été jusqu’à conseiller, le 12 juillet, à Fragos Frances Townsend, assistante du président Obama pour la sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme (AFHSC), de se retirer de la base Al-Udeid utilisée par les forces américaines.


Préserver à tout prix les liens

Le ministère israélien des affaires étrangères estime que les relations avec les pays musulmans doivent être préservées surtout depuis la rupture avec la Turquie. Le Qatar a rompu ses relations avec Israël en 2009 à la suite de l’opération « plomb durci » contre Gaza, mais des relations secrètes ont été maintenues au plus haut niveau. Par ailleurs, toute occasion de rencontrer des officiels qataris n’est pas négligée. L’émir du Qatar s’était rendu en visite secrète en Israël, en mars 2010, et avait été reçu par Tsipi Livni, chef de l’opposition, et par l’ancien ambassadeur à l’ONU, Dan Gilerman, l’homme des missions internationales sensibles. Cette visite faisait suite à celle de Tsipi Livni en 2008. La télévision israélienne avait filmé l’évènement et avait rapporté, officiellement, qu’il s’agissait d’aborder l’aide que pouvait fournir Israël en matière d’agriculture. Mais il est certain que le problème de l’Iran avait été abordé.

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Benyamin Ben Eliézer, s’est rendu au Qatar en mai 2010 afin de prendre part au forum économique mondial et de prendre la parole devant les délégués : « J’espère parvenir à convaincre mes homologues du Proche-Orient et des pays du Golfe de considérer l’aide qu’Israël peut apporter surtout en technologie de pointe, et à briser la glace qui empêche tout progrès véritable dans les relations entre Israël et ses voisins ». Enfin, à l’occasion de l’assemblée générale d’Interpol, en novembre 2010, le général de division, Yoav Segalovich, avait participé aux débats qui se déroulaient au Qatar en tant que chef des services d’enquête et de renseignement de la police d’Israël.

Toutes ces visites tendent à démontrer que le gouvernement israélien tient à maintenir des contacts diplomatiques étroits en vue de renouer les relations bilatérales officielles. Cependant il n’est pas dupe car il n’ignore pas la capacité de nuisance politique du Qatar, soumis à des pressions de certains pays ennemis d’Israël. Il n’a pas accepté les conditions politiques posées pour la reprise des relations diplomatiques, en particulier le droit du Qatar de patronner des investissements immobiliers à Gaza.

Scepticisme du Mossad

En revanche, le Mossad n’a pas la même approche car il est plus sensible aux exigences sécuritaires que diplomatiques. Meir Dagan, qui vient de quitter son poste, n’aurait jamais lancé son pavé dans la mare s’il ne se savait pas en fin de mission. Il dispose de nombreux griefs contre le Qatar et souvent, des arguments tangibles à opposer à la diplomatie israélienne.

En février 2010, selon les services de renseignements israéliens, l’Iran a signé un pacte de défense avec la Syrie et le Qatar ouvrant ainsi les portes à une présence militaire iranienne. D’ailleurs, le Qatar a été l’organisateur, avec le président Bassar el Assad, du voyage d’Ahmadinejad en juillet au Liban. Le Mossad révèle qu’il avait été décidé d’utiliser cette occasion de la rencontre des dirigeants iranien, syrien, qatari et libanais pour tenir un conseil de guerre dans le but essentiel de raviver le conflit arabo-israélien. Il s’agissait alors pour le Qatar de cautionner une crise capable de dégénérer en conflit militaire entre Israël et le Liban, pour juguler les nouvelles sanctions votées contre l’Iran.

Le Mossad n’a pas apprécié que, sous couvert de coopération économique, le Qatar se joigne en juin 2010 à la Turquie, la Syrie et le Liban dans un Conseil de Coopération du Golfe, chargé de créer une zone de libre-échange économique. Il était persuadé de voir cette structure se transformer à moyen terme en bloc politique anti-israélien sous l’égide de la Turquie qui pourrait proposer à son nouvel allié, l’Iran, de rejoindre le pacte. La présence de deux pays foncièrement anti-israéliens risquait de créer une influence néfaste conduisant à des décisions politiques qui attenteraient à la sécurité de l’occident dans la région.

La diplomatie de l’émir du Qatar est qualifiée par le Mossad de « dangereuse et imprévisible car, de tous les services de sécurité des pays du Golfe, ceux du Qatar sont les plus laxistes dans la lutte antiterroriste » car ils ont peur de représailles à la fois d’Al-Qaeda et de l’Iran.

Diplomatie anti-israélienne tout azimut

Cette diplomatie semble en effet brouillonne et dirigée tout azimut. L’Emir du Qatar est arrivé le 2 décembre à Alger pour une visite officielle de travail et d’amitié. L’Algérie n’est pas réputé pour être un pays modéré vis-à-vis d’Israël et le renforcement de la coopération entre les deux pays risquait de se faire au détriment de l’Etat juif. L’autorisation d’investissement en Algérie pouvait être subordonnée à une révision des relations stratégiques entre le Qatar et Israël. La preuve que les discussions n’étaient pas uniquement économiques est corroborée par la visite à Doha, le 5 décembre, du Général Ahmed Boustila, commandant de la Gendarmerie nationale algérienne. Selon un communiqué du commandement, cette visite s'inscrit dans le cadre « des liens de coopération entre la Gendarmerie nationale et la force de sécurité intérieure du Qatar ».

Le Mossad a fait part à son gouvernement de ses inquiétudes, confirmées par les révélations de WikiLeaks, précisant que le Qatar et les autres émirats étaient impuissants à lutter contre le financement du terrorisme car il était considéré comme le « pire de la région » en matière de lutte antiterroriste. Il a apporté les preuves que les groupes terroristes ne recevaient pas de financement en provenance des États-Unis ou de l'Europe mais « en réalité du Golfe et du Qatar en particulier ».

Les services israéliens rappellent qu’en 2008, le gouvernement éthiopien avait déjà accusé le Qatar de « déstabiliser la Corne de l'Afrique en faisant preuve d'un comportement hostile ». Addis-Abeba reprochait notamment à l’émir de soutenir et financer des organisations terroristes en Somalie ce qui l’avait contraint à rompre ses relations diplomatiques avec le Qatar car il l’accusait d’avoir un « comportement hostile contre l'Ethiopie ». Les griefs du Mossad ne sont pas nouveaux mais ils apparaissent à présent au grand jour.

Contentieux avec la télévision

Meir Dagan avait par ailleurs un sérieux contentieux avec la chaine de télévision du Qatar, Al-Jazzera qui l’accuse d’avoir fomenté l’assassinat à Dubaï du dirigeant du Hamas, Al Mabhouh, l'un des fondateurs de l'aile militaire du mouvement islamiste Hamas qui contrôle la bande de Gaza. Il se supportait pas le double-jeu de l’émir qui, d’une part s’associait aux accusations contre Israël et d’autre part, l’encensait à l’occasion d’une réunion avec le sénateur John Kerry le 23 février dernier : « On ne peut pas blâmer les israéliens de ne pas faire confiance aux arabes, ils ont été tant trahis. »

Un câble révélé par WikiLeaks précise d’autres termes de l’émir : « Les dirigeants israéliens doivent représenter le peuple d’Israël, qui lui-même ne peut pas faire confiance aux arabes. C’est compréhensible puisque les israéliens ont été menacés depuis très longtemps ». Cette attitude ambivalente ne plait pas au sortant du Mossad qui estime que les nouvelles révélations éloignent tous les doutes sur la vraie nature du chef de l’Etat du Qatar qui, d’une part s’allie avec les pires ennemis d’Israël pour déclarer, d’autre part le 2 décembre : « Israël doit être félicité pour toujours vouloir la paix ».

Le nouveau patron du Mossad devra tracer une stratégie définitive pour les relations entre Israël et le Qatar. Mais en tant qu’ancien numéro deux, il est fort probable qu’il entérinera l’analyse de son prédécesseur laissant à Benjamin Netanyahou le soin de décider de l’intérêt diplomatique du pays.













































mardi 14 décembre 2010

GUYSEN-TV : DEBAT SUR L'AVENIR DU PROCESSUS DE PAIX


GUYSEN-TV :
DEBAT SUR L'AVENIR DU PROCESSUS DE PAIX

Présenté par David SEBBAN le 13 décembre 2010
avec Jacques BENILLOUCHE et Maître Léon ROZENBAUM

PARTIE 1



PARTIE 2




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mercredi 8 décembre 2010

ARABE CERTES MAIS ISRAELIEN D'ABORD !


ARABE CERTES, MAIS ISRAELIEN D'ABORD !

INTERVIEW EXCLUSIVE D’UN MAJOR ARABE DE LA MARINE ISRAELIENNE


Quelques mots en français du major à écouter :

"Je suis le major Elias Gaby Karam. Je voudrais transmettre mes salutations aux auditeurs et le souhait de paix entre nos peuples"

DOSSIER SUR LES MINORITES EN ISRAEL


2. LES ARABES

Par Jacques BENILLOUCHE





Photos du major Elias Gaby Karam
Avec autorisation de Tsahal


Les arabes, hors la Cisjordanie, constituent 20% de la population israélienne totale et ce pourcentage a peu évolué depuis la création de l’Etat en 1948 car le fort taux de natalité arabe a été compensé par l’arrivée massive de juifs de l’ancienne URSS. 10% de ces arabes sont de confession chrétienne et représentent une communauté de 120.000 personnes. Les experts démographiques estiment que les arabes israéliens constitueront le tiers de la population israélienne dans les années 2050 en raison du tarissement des sources d’immigration juive.

Les arabes choisissent souvent de vivre dans des communautés rurales ou dans les quartiers historiquement arabes des grandes villes comme Jaffa, Haïfa, Akko-Saint-Jean d’Acre, ou Jérusalem. Les systèmes d’éducation sont distincts puisque les arabes tiennent à disposer de leurs propres écoles où l’enseignement se fait majoritairement dans leur langue.

La citoyenneté israélienne est unique pour toutes les populations mais elle comporte trois nationalités : la nationalité juive reconnue par le rabbinat, la nationalité arabe musulmane et chrétienne, et la nationalité druze. Les arabes ayant le droit de vote, leurs voix étaient acquises, jusqu’en 1980, aux partis sionistes (travaillistes, parti national religieux) moins par idéal politique que par clientélisme. En effet, Le Parti National Religieux, au pouvoir au ministère des Cultes, gérait les affaires cultuelles et octroyait les budgets pour les lieux de prière.

A partir de 1980, le clivage politique a poussé les arabes à créer leurs propres partis et à revendiquer ouvertement leur allégeance au palestiniens. Le parti communiste Hadash, doté à l’origine de cadres gauchistes en majorité juifs, affiche ses tendances antisionistes. Il s’est converti au nationalisme palestinien après avoir milité pour un Etat binational. La liste arabe unie regroupe les mouvements islamiques qui s’inspirent de l’idéologie des frères musulmans. Enfin le parti nationaliste Balad se définit comme parti progressiste et démocratique pour les palestiniens citoyens d’Israël.

Les arabes israéliens disposent de tous les droits mais sont dispensés du service militaire national. C’est pourquoi le cas d’un officier arabe reste une exception rare. L’armée m’a autorisé à rencontrer le major arabe Elias Gaby Karam. Il m’attendait dans sa base maritime au nord du pays et il était venu à ma rencontre dans son uniforme bleu et blanc pour m’accueillir avec un cérémonial oriental et des gestes qui se voulaient amicaux : main serrée longuement, tapes sur les dos et bras autour des épaules. D’entrée de jeu, je lui avais indiqué que j’étais intrigué par cette communauté d’arabes d’Israël dont la situation est soumise à controverse à l’étranger.

Qui êtes-vous Major ?

J’ai 30 ans. Je fais partie de la minorité arabe chrétienne et j’habite un village près de Nazareth. J’ai obtenu le grade de major, reconnaissable à la feuille de vigne sur mon épaulette, et j’occupe un poste dans la Marine sur lequel je ne suis pas en mesure de m’étendre. Mon périple, commencé à l’âge de 16 ans, a été jalonné d’étapes difficiles parce que je m’étais donné l’objectif très jeune de ressembler aux autres juifs.

Vos parents vous ont ouvert le chemin ?

Mon père est professeur de technologie, mon frère ainé est officier de police, deux frères sont gradés dans la police et dans les services pénitentiaires. Ma sœur, docteur en anglais, dirige un département à l’école catholique de Nazareth. Nous avons tous suivi un parcours universitaire imposé par nos parents : licence de gestion ou juriste. Je vous donne ces détails pour vous démontrer que nos parents nous ont toujours appris que l’intégration au pays passait par la case études et par le don de soi à la nation.

Pourquoi la Marine ?

Depuis jeune, je rêvais d’entrer dans la Marine et pourtant j’avais été déçu quand, en classe de terminale, tous mes amis avaient reçu leur ordre de recensement sauf moi parce que je n’étais pas tenu au service militaire obligatoire. La bataille administrative a alors commencé. J’ai fait ma demande d’engagement volontaire en 1998 mais on m’a refusé la Marine qui était un secteur sensible. Plusieurs emplois militaires étaient alors strictement réservés aux arabes mais je n’en ai pas voulu.

Vous vouliez être différent des autres ?

Je voulais un corps de combat dans la Marine. A mon époque, l’accès des minorités aux postes sensibles n’était pas possible mais cela a complètement évolué depuis. J’ai écrit au président de l’Etat, Ezer Weizman [1], pour défendre ma cause et j’ai gagné. Je suis parmi les premiers à avoir rejoint la Marine. Mais mon combat n’était pas terminé pour autant car il me fallait ensuite obtenir le droit de devenir officier de Tsahal. J’en avais les aptitudes et la compétence grâce à ma licence de droit et de criminologie et celle d’électronique.

C’était un défi personnel pour vous ?

Je voulais prouver qu’avec un combat personnel on pouvait réussir. Je me voyais être le catalyseur pour convaincre les jeunes de ma communauté à s’enrôler et à s’intégrer en masse dans l’intérêt du pays. Nous devons combattre pour nos droits et ne pas être passifs. Nous devons bâtir une communauté fondée sur l’intégration, sur le droit et sur le respect des minorités et des religions. Je voulais donner le signal aux autres minorités, les bédouins, les circassiens, parce que je crois beaucoup au facteur chance et à l’opportunité qui est donnée à chacun d’entre nous.

Vous teniez à faire partie entièrement d’un Etat qui vous considère pourtant comme minoritaire.

Je n’ai jamais dit que dans le pays, tout était de miel mais je combats la passivité qui conduit à l’échec. On ne peut se plaindre que rien ne marche dans notre communauté tout en étant passif pour changer le cours des choses. Nos différences de religion ne doivent pas être un obstacle et elles doivent au contraire encourager notre optimisme. L’homme doit se distinguer par ses valeurs intrinsèques et non par sa religion ou ses pensées.

Pourquoi avez-vous eu besoin de faire l’armée alors que vous n’y êtes pas astreint ? Vous bénéficiez de tous les droits et vous aviez le choix d’une carrière dans le civil.

J’estime que faire l’armée est une mission. Le citoyen doit avoir des droits mais aussi des devoirs. Je pense que le service militaire nous aide à intégrer la société dans laquelle nous vivons. L’armée constitue un melting-pot car les écoles sont communautaires, laïques ou religieuses, juives ou arabes. L’armée permet la fusion de la nation dans un tronc commun. Toutes les religions y sont représentées. Même pour les juifs, elle sert à opérer le mixage entre sépharades et ashkénazes. Combattre pour la défense du pays et la sécurité des frontières crée automatiquement des liens forts entre les soldats qui combattent aussi pour la paix. L’armée sert à réunir, parfois pour la première fois, des jeunes qui n’ont jamais cherché à approcher d’autres communautés qui vivaient sous leurs yeux.

Etes-vous autorisés à avoir des fonctions de combat ? Ma question s’explique par les exigences sécuritaires du pays.

 

Nous avons à présent le droit à toutes les fonctions dans tout le pays et dans toutes les unités, sans exclusive. J’insiste à nouveau que, si par hasard un poste m’était interdit en raison de mon identité, il m’appartiendrait de lutter pour l’obtenir. Je suis têtu. Mais avec le temps, toutes les portes s’ouvrent à présent.

Acceptez-vous de circuler en tenue militaire dans votre village face aux autres arabes ?

Je n’ai aucun problème pour le faire d’autant plus que je suis fier de mon grade. Ils vivent dans ce pays, ils doivent en faire autant. Je n’ai pas peur d’eux, mais seulement du Ciel. Mais je tiens à préciser qu’il y a 3.000 arabes chrétiens aujourd’hui dans l’armée et la police.

Avez-vous des relations avec la communauté juive ?

Nos relations sont naturelles. Haifa, où j’ai vécu le plus longtemps de ma vie, est l’exemple d’une ville où les communautés sont imbriquées. Nous avons des relations humaines, commerciales, industrielles, scolaires ou universitaires. La question de notre religion ne se pose jamais dans nos entretiens mais chacun sait d’où il vient.

Pourquoi vivez-vous dans des villages spécifiquement arabes ?

C’est une fausse idée qui est diffusée. Les arabes vivent partout dans les villes. La vie dans les villages est un choix lié à notre confort et à notre histoire mais pas à une règle imposée. Nous voulons être proches de nos parents et grands-parents sans renier nos racines. C’est aussi une question financière puisque le coût des logements y est moindre.

A l’étranger on parle beaucoup d’apartheid à votre encontre.

C’est un terme qui me choque. Nous sommes très loin de l’apartheid ici dès lors où nous avons des droits, le droit de parler et d’agir et le droit de nous développer. J’insiste, il n’y a pas d’apartheid en Israël car on nous impose aucun ghetto. En revanche, il peut y avoir des barrages sociaux qui dépendent uniquement de la maturité de notre société qui n’est pas prête à accepter certaines réalités. Vous avez ce même problème en France.

De la discrimination ?

Non plus. Je vous signale qu’il existe chez nous une discrimination positive, en particulier pour imposer un quota minimum d’étudiants arabes. Je pense que certains postes de hauts fonctionnaires ne nous sont pas encore ouverts. Nous sommes loin d’avoir un ministre de la défense d’origine arabe. Mais nous avons des députés, des ministres et des ambassadeurs arabes. Je ne dirais pas que tout est rose mais laissez-nous le temps. Le pays a été créé il y a à peine 60 ans et il est encore en guerre. Des tensions intercommunautaires existent certes, entre orientaux et occidentaux, entre russes et éthiopiens, entre universitaires et incultes. Mais les conflits ne sont politiques mais sociaux, inhérents à tout pays qui doit intégrer des gens venus de tous les bords.

On parle d’émigration importante des chrétiens

C’est exact. Il est vrai que certains ne supportent pas d’avoir à vivre dans un Etat juif, même démocratique, à fortiori lorsqu’ils ont des difficultés économiques. Ils vivent entre le marteau musulman et l’enclume juive. Le Pape s’en est d’ailleurs inquiété mais il faut dire qu’il est difficile de résister à l’appel économique de certains pays comme le Canada qui ont besoin de nous pour peupler leur territoire. Par ailleurs, en s’expatriant, ils oublient les tensions dues à la guerre. Les dirigeants religieux chrétiens veulent consolider et renforcer la communauté pour qu’elle reste. Mais il s’agit de la liberté de chacun. Personne ne nous contraint à nous exiler.

A l’étranger on pense que les chrétiens n’ont aucun avenir dans ce pays

Cette communauté a un rôle tampon à jouer entre musulmans et juifs et il appartient au gouvernement israélien de la rassurer par des mesures pratiques qui démontrent qu’elle fait entièrement partie de la nation, des mesures pratiques qui permettent de maintenir cette communauté toujours ici. Notre choix doit pourtant être clair. Nous devons être fidèles à l’Etat d’Israël car Israël est un fait et qu’il est l’Etat de tous ceux qui y habitent. Notre communauté est pacifique. Notre religion modérée agit pour influencer la tolérance dans la vie de tous les jours. Certains ont du mal à accepter l’idée que nous sommes une minorité active au sein d’une autre minorité. Mais nous vivons dans un pays démocratique.

Comment résolvez-vous le dilemme d’avoir à combattre vos frères arabes musulmans ?

Il faut comprendre une chose simple. Si nous décidons d’avoir une carte d’identité d’un pays, quel que soit ce pays, nous devons nous engager pour ce pays. Il n’est pas nouveau que des arabes combattent d’autres arabes. L’Histoire nous en donne des exemples. En 1991 l’armée koweitienne a combattu contre l’armée irakienne. On n’a pas pointé du doigt qu’il s’agissait d’arabes contre arabes mais on s’est penché sur les motivations de la guerre. Dans un exemple plus récent, des combats fratricides ont éclaté entre palestiniens, Hamas contre Fatah, arabes contre arabes. Pour moi, un seul élément est à prendre en ligne de compte. Si mon pays doit prendre les mesures appropriées pour défendre ses intérêts de sécurité et sa population civile, alors, par respect pour lui et ses citoyens, je n’ai aucune gêne à combattre toute organisation qui sème la terreur chez moi, même si elle est arabe. Je dois choisir les réponses appropriées pour me défendre.

Et si on vous demande de faire le sale travail ?

Vous n’avez pas le droit de dire cela car en tant que minorité, nous faisons le même travail que les juifs israéliens, chacun selon sa compétence. Il n’y a plus de régiment spécifiquement arabe et nous sommes répartis à travers tous les corps d’armée. Je n’ai aucun complexe à combattre d’autres arabes car je défends d’abord mon pays. Nous ne sommes pas des chairs à canon pour protéger les tanks ou les fantassins qui avancent au combat. Nous sommes des israéliens combattant pour la survie de notre pays.

Quelle différence voyez-vous entre un arabe chrétien et un arabe musulman, en dehors de la religion bien sûr ?

Je n’accepte pas ce débat basé sur la religion. Les hommes m’importent avant tout. Nous sommes d’abord des humains. Les problèmes de religion ne doivent pas dicter notre comportement. Chez nous les chrétiens, nous avons avant tout le respect et l’amour de l’autre et nous combattons pour la paix même si nous devons cependant prendre les armes. Notre Pape ne parle que d’options de paix qui donneront un avenir d’espoir au Proche-Orient. La paix ne doit pas être liée à un problème de religion parce que l’homme tient avant tout à vivre. Dans nos écoles chrétiennes qui reçoivent des juifs et des musulmans, nous enseignons le devoir de paix. Nos différences religieuses sont parfois un moyen d’agir en tant qu’arbitre.

Comment réagissez-vous aux propos du palestinien chrétien Elias Sanbar [2] qui a écrit d’écrire que les arabes qui collaborent avec les juifs en Israël sont coupables de trahison ?

Je pense que son propos est tout à fait disqualifié et impropre. Si moi soldat, je suis un traitre alors il en est de même de tous les arabes qui travaillent en Israël et qui perçoivent des salaires des entreprises privées ou du gouvernement. Tout arabe qui détient une carte d’identité, identifiée à l’ennemi, serait lui aussi un traitre. Son propos ne fait pas avancer les choses et certainement pas la société arabe. Il n’est pas sain de prôner l’extrémisme qui ne règlera pas nos problèmes et qui ne rapprochera pas les juifs des arabes. La réalité est la seule qui vaille puisque la communauté arabe en Israël collabore totalement avec les juifs dans tous les domaines, culturels, économiques, sociaux et industriels.

Comment voyez-vous votre propre avenir ?

Je pense que je n’ai pas de limites et que seul le Ciel est ma frontière. Celui qui a des compétences peut réussir et je n’ai aucune raison de ne pas être nommé un jour général si j’en ai les capacités. Voyez l’exemple d’Obama. Qui aurait cru qu’un noir pouvait devenir président des Etats-Unis. Donc pourquoi un arabe ne pourrait pas réussir en Israël. C’est un combat naturel permanent que de chercher à évoluer et à gravir les échelons.

Et la crédibilité vis-à-vis de vos soldats malgré votre identité arabe ?

J’enseigne d’abord à mes soldats d’accepter l’autre. Je leur enseigne, il est vrai, à connaitre ce que représente la minorité et ce qu’est un officier arabe. C’est un devoir en Israël de bien connaitre autrui. Je cite toujours l’exemple du film « le dernier samouraï ». Lorsque Tom Cruise, général anglais, tomba entre les mains des samouraïs, ils ne l’ont pas tué car ils ont appris à se connaitre l’un l’autre. Peu à peu, Cruise apprend à connaître et à comprendre l'esprit du samouraï et son antique sagesse. Je ne pense pas, malgré ma position de militaire, que seules les armes, les fusées et les balles peuvent convaincre. On peut convaincre en apprenant à connaitre l’autre, à le comprendre ainsi que sa religion. L’image du musulman est déformée et fausse. Beaucoup veulent la paix. Tous les musulmans ne veulent pas être des kamikazes, ni des assassins. Chez les juifs aussi il y a des irréductibles. Alors, asseyons-nous ensemble pour discuter en respectant notre adversaire.
[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Ezer_Weizman


[2] http://conflits.revues.org/index702.html


Retrouvez l'interview du colonel druze Safwan :




























































































jeudi 2 décembre 2010

GUYSEN-TV : JOURNAL DU 1er DECEMBRE 2010



GUYSEN-TV : JOURNAL TELEVISE du 1er DECEMBRE 2010
Présenté par Dror EVEN-SAPIR

Interview de Jacques BENILLOUCHE sur les changements à la tête des principales institutions sécuritaires en Israël et sur les conclusions du Tribunal international au Liban 

Cliquer le petit triangle noir

mercredi 24 novembre 2010

LA DERIVE INQUIETANTE DU JUDAISME ORTHODOXE SEPHARADE


LA DERIVE INQUIETANTE DU JUDAISME ORTHODOXE SEPHARADE


Par Jacques BENILLOUCHE





          J’avais écrit cet article à la fin de l’année 2009 et j’avais alors subi les foudres de certains de mes confrères et de la plupart des sites, publiant habituellement mes articles, qui se sont excusés de ne pouvoir se « mouiller » pour un sujet aussi sensible. J'ai été traité d'anti-religieux sinon de traitre au pays pour avoir pris position contre une certaine forme de religion. Mon blog n’existait pas à l’époque.
          Or, avec quelques mois de retard, le rav Haïm Amsellem, député Shass, abonde dans mon sens et confirme ses propos à la radio Kol-Israël. Je restitue intégralement mon article de 2009 sans apporter de changement car il reste d’une brûlante actualité puisque ce député risque d'être contraint à la démission ou à l'exclusion de son parti.

          Des mots que nous n'avons pas l'habitude d'écouter de la bouche d'un député orthodoxe.

          Ecoutez le député Amsellem à KOL-ISRAEL en cliquant sur le petit triangle noir.


          Le judaïsme orthodoxe séfarade perd son âme et s’oriente, contrairement à son histoire, vers une dérive inquiétante qui ne s’inscrit nullement dans son passé sioniste. Par volonté de mimétisme il semble avoir décidé de choisir la voie antisioniste puisque cette tendance s’affirme dans des synagogues qui voient fuir leurs fidèles vers d’autres horizons religieux tant l’excès devient discutable.


          Les séfarades du Maghreb constituaient en Afrique du Nord un bloc monolithique modéré. La colonisation française les avait ouverts au monde moderne et à l’environnement dans lequel ils évoluaient. Les rabbins acceptaient certains compromis religieux qui leur permettaient de remplir leurs synagogues en fermant les yeux sur les quelques libertés prises avec la stricte loi religieuse. En revanche, ils s’appuyaient sur le sionisme afin de s’opposer à un rationalisme laïc et de maintenir solidaire et forte une communauté qui avait réveillé dans les années 1960 le judaïsme français assoupi. Les cours de Talmud Torah étaient l’occasion de rudiments de sionisme tandis que les sous-sols des grandes synagogues abritaient des cours d’hébreu en prévision d’un départ pour Israël.


Eclatement des orthodoxes


          Beaucoup de jeunes de la nouvelle génération sont retournés à la religion mais ils se sont éclatés en plusieurs tendances à leur arrivée en Israël. Le Shass, issu d’une scission du courant ultra-orthodoxe ashkénaze, est une invention purement israélienne. Le Mafdal, parti sioniste national historique, a accompagné presque tous les gouvernements depuis la création de l’Etat. Enfin la troisième composante, séfarade pure souche, défendait un judaïsme de cœur très attaché au culte des saints et à forte composante mystique, de tendance cabaliste.


          Aujourd’hui le judaïsme orthodoxe séfarade est en train de virer vers un antisionisme inquiétant confirmé par des faits irréfutables. « Lorsque l’Etat d’Israël reviendra à la Torah, nous célèbrerons Yom Haatsmaout » se plaisent maintenant à affirmer ces nouveaux adeptes du Livre Saint. Certains rabbins ont supprimé de la liturgie les prières, le Hallel, qui étaient habituellement récitées le jour de l’Indépendance pour refuser de considérer ce jour comme exceptionnel impliquant un commentaire relatif à une fête qui n’a pas lieu d’être à leurs yeux. Les livres de prières séfarades, calés sur les ashkénazes, ont été modifiés pour soustraire aux fidèles le symbole même de l’Etat d’Israël. Ainsi la bénédiction faite à l’Etat au moment de l’ouverture du tabernacle a été purement et simplement supprimée de la liturgie. Celle relative à Tsahal a été modifiée insidieusement pour supprimer toute référence au symbole étatique de l’armée. Dieu ne bénit plus « les soldats de l’armée de défense d’Israël » mais « il bénit les soldats d’Israël », formule qui supprime toute référence à l’existence d’un Etat.


          Les rabbins nord-africains avaient soutenu le sionisme avec toute la force de leurs croyances et ils émaillaient leurs commentaires hebdomadaires de la Torah par plusieurs références aux combats que menait Israël contre ses ennemis. Nombreux sont les « anciens » qui se souviennent encore des récits épiques de l’indépendance, exagérément amplifiés par leurs rabbins. La seule opposition religieuse au sionisme venait à l’époque du monde ashkénaze, du hassidisme Satmar de Hongrie en particulier, qui n’arriva pas à atteindre le judaïsme séfarade traditionnel.


Crise identitaire


          L’alyah des religieux séfarades s’est accompagnée d’une crise identitaire. Peu d’érudits pouvaient se prévaloir d’une connaissance talmudique approfondie et le fossé culturel qu’ils se découvraient avec les ashkénazes les conduisit, par complexe, à un mimétisme qui leur enleva leur originalité. Ils ignoraient pourtant que dès le IX siècle, le rabbin tunisien de Kairouan Khananel Benkhoushiel avait rédigé le premier commentaire du Talmud de Babylone et que le commentaire arabe achevé en 1168 par Moïse ben Maïmon faisait autorité parmi les Juifs des pays musulmans. De ce point de vue au moins, ils n’avaient aucun complexe à avoir.


          Alors que les rabbins séfarades avaient coutume de coiffer leur tête d’une chéchia rouge et d’enfiler leur pantalon blanc et leur gilet de soie parés de paillettes multicolores dans la pure tradition de leur région, la nouvelle vague décidait d’adopter, en s’installant à Bné-Brak, la tenue austère de l’orthodoxie lituanienne (les Mitnagdims), costume et borsalino noirs. Elle pensait, par la tenue, jouir du prestige ashkénaze le seul, selon eux, à ouvrir une ascension sociale dans le monde orthodoxe. Certains iront jusqu’à apprendre le yddish pour entrer dans des écoles talmudiques spécifiques afin de les égaler sinon leur ressembler. Mais en les singeant, ils renièrent leurs racines et leurs idées en trouvant judicieux d’adopter des dogmes non approuvés par leurs pères. S’ils consentent à une autonomie du peuple juif dans un Etat souverain, ils tiennent dorénavant à ce que cet Etat soit régi par la Torah.


Shass complexé


          Le parti séfarade Shass, créé par le Rav Shach en 1980, reste sous tutelle officieuse des rabbins lituaniens qui imposent leurs vues comme le prouve une illustration qui en dit long. Alors que ce parti dispose d’un réseau officiel éducatif, El Hamaayan, tous ses dirigeants préfèrent que leurs jeunes filles fréquentent le séminaire ashkénaze Beth Yaacov et leurs garçons, les écoles talmudiques lituaniennes. Les enfants se trouvent ainsi intoxiqués par la ligne anti étatique prônée par les enseignants. Les orthodoxes séfarades acceptent de se dévaloriser, tels des religieux de seconde classe, pour que leurs enfants accèdent au réseau scolaire lituanien. Ils vivent ainsi une dépersonnalisation de leurs origines qui les amènent à justifier l’annulation de la prière à l’Etat d’Israël « parce que l’Etat n’est pas fondé sur la Torah » ainsi que de la prière à Tsahal « parce qu’une armée où les femmes et les hommes sont mélangés ne mérite aucune bénédiction ».


          Le judaïsme orthodoxe séfarade garde certes son cœur séfarade mais son esprit a été dévolu aux ashkénazes lituaniens. Plutôt que d’avoir honte d’un passé qu’ils ignorent, ils devraient plutôt faire l’effort de le découvrir en assimilant le fait que la tenue noire ne fait pas forcément le bon orthodoxe. Loin de vouloir raviver un conflit de communauté anachronique, il est regrettable que les orthodoxes séfarades s’éloignent de leurs idéaux sionistes qui ont représenté le ciment des communautés orientales pendant plusieurs siècles. Les traditions d’alors mettaient l’accent sur la loi religieuse, la grammaire, la célébration des Saints, une prononciation spécifique, et sur des coutumes insérées dans le folklore. Ils ont abandonné leur pensée juive originale et ont enfoui dans la mémoire leur vision sur le rapport à l’emploi, à l’Etat, à l’armée, à la terre et à la politique pour le confier dorénavant aux ashkénazes de Lituanie qui sont désormais les vrais décisionnaires sur ces questions.


          Après l’annulation de la prière à l’Etat d’Israël, ils risquent de pousser le bouchon jusqu'à ignorer demain la sonnerie en souvenir des soldats de Tsahal tombés au combat, parce que cette forme d’hommage provient d’un Etat qu’ils réprouvent. Cette question est effectivement d’actualité dans les milieux orthodoxes séfarades de Bne-Brak qui en débattent mais qui ne se rendent pas compte qu’ils se déshonorent en optant pour cette dérive antisioniste.






























lundi 22 novembre 2010

SLATE : Comment le virus Stuxnet s'en est pris au programme nucléaire iranien


SLATE :Comment le virus Stuxnet s'en est pris au programme nucléaire iranien

par Jacques BENILLOUCHE
Usine nucléaire de Bushehr
Les experts sont maintenant convaincus que le virus a été conçu pour s'attaquer aux centrifugeuses de Natanz utilisées par Téhéran pour enrichir l'uranium.

Les experts commencent à en savoir plus sur le virus Stuxnet qui a contaminé les ordinateurs iraniens et notamment ceux utilisés dans son programme d'armement nucléaire. Les chercheurs américains et allemands ont décortiqué le programme informatique du virus qui, contrairement aux autres de type «familiaux» semble aujourd'hui clairement avoir été conçu «sur mesure». Ils sont à présent convaincus qu’il a même été fabriqué pour s’attaquer spécifiquement aux sites nucléaires iraniens....

Lire la suite sur le site de Slate en cliquant sur le titre en rouge de l'article:

mercredi 3 novembre 2010

FRANCE-INTER : LA REVUE DE PRESSE DU 3 NOVEMBRE


FRANCE INTER : REVUE DE PRESSE DU 3 NOVEMBRE


Revue de Presse de Bruno Duvic



Patrick Cohen :

Evidemment, dans la presse française, pas de détails sur les résultats de cette élection...


Bruno Duvic :


Sauf à aller sur les sites Internet bien sûr, mais ils n'apportent pas grand chose de plus que la matinale spéciale de France Inter, par exemple.


"Comment Obama peut-il rebondir ?" se demande Le Figaro. La réponse est peut-être sur Slate.fr.


Et si Obama faisait de la paix au Proche-Orient, l'une des priorités des deux ans à venir ? Jacques
Bénillouche, le correspondant de Slate à Jérusalem, s'est procuré les grandes lignes du plan de paix secret d'Obama. Dans la démarche et dans les détails, c'est extrêmement ambitieux, et même polémique.


Selon Slate, Obama voudrait sortir de son rôle d'intermédiaire et se transformer auprès des Israéliens en négociateur direct, mandaté par l'Autorité palestinienne. Le plan a été dévoilé aux Israéliens, au président palestinien Mahmoud Abbas, mais aussi à quelques dirigeants européens dont Nicolas Sarkozy.


Le point principal, c'est qu'Israël se retirerait sur les frontières de 1967 à 4% près, cédés par les Palestiniens en Cisjordanie. Jérusalem-Est reviendrait au nouvel Etat palestinien, sauf les quartiers juifs. Souveraineté partagée sur le Mont du Temple, sous l'égide d'un comité chapeauté par le Vatican. Les juifs de Cisjordanie devraient être évacués en quatre mois seulement et Obama voudrait imposer fin 2011 comme date butoir, autrement dit avant le début de la campagne pour sa réélection. On verra si dans la situation de cohabitation dans laquelle il est désormais, Obama est en mesure de faire avancer cet énorme dossier.

mardi 2 novembre 2010

SLATE - ISRAEL-PALESTINE LE PLAN DE PAIX SECRET D'OBAMA


SLATE : Israël-Palestine: le plan de paix secret d'Obama
 
par Jacques BENILLOUCHE
 
 
Le président des Etats-Unis veut imposer à Jérusalem les futures frontières de l'Etat palestinien et négocier avec Netanyahou au nom des Palestiniens.
 
 
Le parti conservateur américain devrait remporter haut la main les élections de mi-mandat. Les Israéliens peuvent-ils s'en réjouir? Ils n’ont pas une affection particulière pour Barack Obama qu’ils accusent de favoritisme à l’égard des Arabes. La propension de certains commentateurs politiques de l’affubler de son deuxième prénom, Hussein, en dit long sur le niveau des arguments employés. En Israël, on lui reproche, en vrac, d’être allié des islamistes, de s’acharner sur le gouvernement Netanyahou pour le faire tomber, de prendre position contre les implantations de Cisjordanie, de se prêter au jeu de l’Iran et, enfin, de laisser la Turquie tomber vers l’islamisme.


... Lire la suite directement sur le site Slate en cliquant sur le titre rouge de l'article



http://www.slate.fr/story/29587/Israel-palestine-plan-paix-secret-obama

mardi 12 octobre 2010

SLATE : ISRAEL, ETAT JUIF OU ETAT DES JUIFS



ISRAEL, ETAT JUIF  OU  ETAT DES JUIFS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


             
        La définition de l’Etat d’Israël pourrait mener à une querelle sémantique mais, dans la reprise du dialogue avec les Palestiniens, elle risque d’être le point d’achoppement qui ferait basculer la négociation car l’aile droite nationaliste et les religieux de la coalition insistent pour ouvrir le débat sur la question juive, à plus d’un titre mal résolue. Ils veulent s’en servir comme alibi pour contraindre le gouvernement à ne plus négocier jusqu’à obtention d’un engagement ferme des palestiniens à reconnaître Israël comme Etat juif. Nabil Shaat, membre de l’équipe des négociations de l’Autorité palestinienne s’est engouffré dans le piège tendu en déclarant que les arabes ne reconnaitraient jamais un Etat juif car cela représenterait, selon lui, une menace pour les chrétiens et les musulmans citoyens d’Israël.