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lundi 16 mai 2016

Nakba palestinienne : les occasions ratées



NAKBA PALESTINIENNE : LES OCCASIONS RATÉES

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps

          

          David Ben Gourion a déclaré l’indépendance de l’État d’Israël le 14 mai 1948, jour considéré par les Arabes comme jour de deuil pour marquer la Nakba (catastrophe). Les événements contemporains escamotent souvent la genèse du conflit avec ses racines profondes enfouis dans l’amertume des échecs arabes et des drames qui ont marqué la région. Nous allons analyser une période controversée, en tentant de nous appuyer uniquement sur des faits et des réalités sans chercher la controverse. Les germes du conflit expliquent les blocages politiques actuels et mettent surtout en évidence les occasions manquées par les Arabes alors qu’en revanche, l'histoire juive n’est pas constituée seulement de faits et de dates mais d’inspiration et de foi, de vision et de destinée.



Empire ottoman   
        
Empire Ottoman

          La Première Guerre Mondiale a mis fin à l’Empire Ottoman qui a été ensuite dépecé par les puissances occidentales pour créer à la place des entités artificielles alliées, entièrement dévouées à leur cause. Le découpage n’a pas tenu compte des peuples, ni de la géopolitique.  Les Britanniques, fidèles à leur politique consistant à diviser pour régner, ont songé à satisfaire à la fois les espérances arabes et juives. Par la déclaration Balfour du 2 novembre 1917, le secrétaire d’État britannique aux affaires étrangères, Arthur Balfour, avait informé que «le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif». Mais craignant des réactions violentes, les Britanniques n’ont jamais fait part aux Arabes de leurs intentions réelles. Ce fut la première erreur qui devait définitivement instiller la méfiance sur les relations futures. Cependant par réciprocité, ils n’avaient pas oublié la promesse faite aux Arabes de leur réserver le territoire s’étendant de la pointe de l’Arabie à la frontière  turque.

            Plusieurs vagues d’alyah avaient alors été organisées par les mouvements sionistes pour augmenter les populations agricoles de la région, sous l’œil bienveillant des autorités ottomanes intéressées par la mise en valeur de terres arides grâce aux investissements effectués par la famille Rothschild. Les sionistes exploitèrent les lacunes du cadastre ottoman qui ne mentionnait que les chefs de village comme propriétaires des terres. Ils en profitèrent pour acheter des lots à des chefs locaux avides de bonnes affaires pour consolider leur influence au sein de leur clan.
            La Société des Nations, ancêtre de l’ONU, décida à la conférence de San Remo de 1920 de donner un mandat au Royaume-Uni pour administrer la vaste étendue comprenant la Jordanie et une partie du Golan. Les Anglais en avaient retiré les quatre-cinquième pour le donner à un émir du Hedjaz qui avait appelé son nouveau domaine «royaume hachémite de Transjordanie». Le mandat imposait aux Britanniques de «créer en Palestine un foyer national pour le peuple juif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine».
          Les populations arabes avaient refusé d’être mises devant le fait accompli et marquèrent leur opposition par des émeutes anti juives que les Anglais se gardèrent bien de sanctionner. Les Juifs ont donc été contraints de s’organiser en milice d’auto-défense, la Haganah, contrôlée et financée par le syndicat juif Histadrout. Les Arabes obtinrent cependant satisfaction puisqu’ils reçurent en 1922 des Anglais l’assurance que ce vaste territoire serait partagé entre eux et les Juifs.
            La situation connaîtra un tournant en 1924 lorsque les États-Unis mirent fin à l’immigration juive venue d’Europe, ce qui eut pour effet d’orienter les populations misérables juives, en masse vers la Palestine. Face à cette arrivée massive d'immigrants, les Arabes, sous la conduite du cheikh Al-Qassam qui donnera son nom aux fusées du Hamas, organisèrent dès 1925 des actions de guérilla à la fois contre les postes anglais et contre les villages juifs. Des émeutes connurent leur paroxysme en 1929 avec des violences qui firent de nombreuses victimes juives.
Mémorial à Hébron

          Le 24 août 1929, 70 hommes, femmes et enfants juifs furent sauvagement tués dans la ville de Hébron et quelques jours plus tard, 18 Juifs furent tués dans la ville de Safed. Lorsque la police britannique parvint à rétablir le calme, les Juifs comptèrent 133 tués par les Arabes. Ces massacres mirent en évidence l’inefficacité de la Haganah qui décida de devenir autonome en quittant le syndicat ouvrier Histadrout et en se mettant sous les ordres de l’Agence Juive, autorité sioniste de l’époque et embryon du futur État juif.
            Cette rupture va alors préfigurer le conflit qui ira crescendo entre Ben Gourion, chef de la Histadrout, et des contestataires qui le qualifiaient de trop modéré tant il interdisait l’usage de la force et les représailles contre des forces arabes pourtant bien identifiées. De nombreux officiers de la Haganah, constituant le noyau dur, entrèrent alors en dissidence et furent révoqués. Ils rejoignirent alors le leader de droite Jabotinsky qui forma sa propre milice, l’Irgoun, avec des méthodes qui engendrèrent de sérieuses tensions entre les deux clans juifs et les Anglais. L’Irgoun ne se contenta pas de se défendre mais d’organiser de sérieux accrochages avec les Arabes.
            La guerre civile fut enclenchée en 1935 à l’occasion de la Grande Révolte Arabe dirigée par le grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini, grand oncle de Yasser Arafat et de Leila Shahid. Les Arabes exigèrent l’arrêt de l’immigration juive dont la population était passée de 10% en 1920 à 33% en 1935. Le mufti lança la fatwa interdisant aux Arabes de vendre leurs terres et refusa d’entériner toutes les ventes antérieures de terres jugées par lui nulles. Face à l’étendue de la révolte, les Anglais durent se résoudre à faire appel à la Haganah pour maintenir l’ordre avec eux tandis que  l’Irgoun se désolidarisait de la stratégie de Ben Gourion en organisant ses propres actions punitives contre les Arabes.

Première occasion ratée

            Devant les troubles croissants, les Anglais ont alors envisagé sérieusement la séparation des deux communautés en proposant le partage dessiné par la commission Peel de 1937. Ce partage servira d’ailleurs de base à toutes les successives propositions de création d’un État juif. À l’est du Jourdain, le territoire devait constituer le Royaume de Transjordanie soit les trois-quarts  du territoire, le reste devait être découpé en trois parties, la juive au nord, l’arabe au sud et une zone internationale comprenant Jérusalem au centre. La partie juive consistait en de minuscules fragments de terre, à peine visibles qui n'avaient pas vocation à devenir une entité nationale viable.
Plan Peel

            L'opinion juive était divisée. Le vingtième Congrès juif du 20 août 1937 à Zurich avait décidé de rejeter les frontières dessinées par la Commission Peel, mais son exécutif avait accepté de poursuivre la négociation pour un plan de partage plus favorable. L’Agence Juive avait commencé à mettre en place un appareil administratif complet en prévision de cette création inespérée. Ben Gourion le visionnaire avait persuadé les dirigeants sionistes d’accepter le partage en diffusant la lettre à son fils en octobre 1937 dans laquelle il estimait que «Un État juif doit être établi immédiatement, même si ce n’est que dans une partie du pays. Le reste suivra dans le cadre de temps. Un État juif viendra». Son côté pragmatique l'avait poussé à accepter seulement 10% du territoire mandataire car un petit État juif valait mieux que rien du tout.
            De leur côté les leaders arabes avaient rejeté ce projet pourtant à leur avantage parce qu’ils exigeaient la totalité de la Palestine mandataire et le contrôle des Lieux Saints. Ce fut leur première occasion ratée. Il y en eut d'autres. Elle fut aussi ratée aussi pour les Juifs car l’Histoire aurait été différente si les victimes de la Shoah avaient trouvé refuge dans un État constitué. Plusieurs millions d'entre eux auraient été sauvés. Sans l’intransigeance arabe, non seulement le conflit israélo-palestinien aurait pu prendre fin en 1937, mais Israéliens et Palestiniens vivraient aujourd’hui en bonne entente, tandis que des millions de Juifs, dont personne ne voulait en Europe, auraient échappé aux nazis. On ne refait pas l’Histoire.
            Les violences s’amplifièrent forçant les Anglais en 1939 à promettre aux Arabes l’indépendance sous 10 ans, à interdire la vente de terres aux Juifs, à limiter l’alyah au moment même où les Juifs étaient persécutés en Europe. Ce sera alors l’épopée des immigrations clandestines et de la radicalisation de l’Irgoun qui profita du déclenchement de la deuxième Guerre Mondiale pour intensifier ses actions contre les Anglais et les Arabes poussant d’ailleurs Al-Husseini à trouver refuge au sein des forces nazies, en soulevant les Musulmans des Balkans contre les Alliés.
Husseini avec Himler


Deuxième occasion ratée

            Le Royaume-Uni avait décidé d'imposer sa loi. Les trois-quarts du territoire avaient été attribués en 1921 au Royaume de Transjordanie. Le quart restant était confié à l’ONU, chargée de trouver une solution de partage. Un nouveau plan, établi en 1947 et différent de celui de Peel, sera lui aussi voué au même avenir négatif. Les Juifs l’acceptèrent tandis que les Arabes, à nouveau, le refusèrent malgré la décision unanime de l’Assemblée générale de l’ONU qui vota le partage le 29 novembre 1947.
Plan de partage 1947

            Les Anglais préparèrent leur départ alors qu’un nouveau chef arabe était désigné, Abd al-Kader Al-Husseini, pour organiser les affrontements armés et prendre la tête des forces arabes sous l’œil désintéressé des Britanniques qui assistaient au déclenchement de la guerre civile entre Juifs et Arabes. En leur for intérieur les Anglais, qui cherchaient à étendre leurs relations économiques et à maintenir leur influence dans les pays arabes, jouèrent la carte de la défaite des Juifs. Ils en étaient convaincus en raison du déséquilibre des forces en présence. La première guerre israélo-arabe devait commencer à la fin de 1947.
            Les Britanniques devaient quitter le pays le 15 mai 1948 au plus tard. Ce plan de partage comportait cependant des lacunes qui ne pouvaient que susciter de nouvelles frictions entre Arabes et Juifs. Entre autre détail, Jérusalem était entièrement enclavée dans la zone réservée aux Arabes, sans couloir de communication avec la partie juive. Les experts avaient tracé des frontières en tenant compte des nouveaux villages juifs qui s’étaient développés depuis la fin du mandat ottoman mais en morcelant le pays en trois parties. Les Juifs et les Arabes avaient créé des instances politiques séparées, chargées d’administrer les territoires. L’Agence Juive et le Haut Comité Arabe s'étaient alors dotés de fonctions étatiques économiques et militaires. Ce haut comité représentait l'organe politique central des Arabes de Palestine.
            Une armée juive avait été constituée avec l’intégration de nombreux éléments qui avaient acquis une expérience sur le terrain auprès des troupes régulières anglaises lors des combats avec les nazis. Mais les Juifs, pas plus que les Arabes, n’avaient été autorisés à acquérir du matériel lourd de combat. Ils ne disposaient que d’armes de poing, de fusils de chasse et d’armes de contrebande dont une grande partie devait être confisquée par les Britanniques. Alors que les Juifs avaient fait preuve d’une grande capacité d’organisation, les Arabes, avec 1,2 million d’habitants représentant 66% de la population, n’avaient jamais réussi à présenter un front uni face aux sionistes, ce fut leur faiblesse. L’histoire bégaie encore aujourd’hui avec les rivalités entre le Fatah et le Hamas ou avec les querelles entre chiites et sunnites. Trois grandes entités,  aux idéologies contradictoires, représentaient les forces arabes face aux Juifs.     
Abdelkader al-Husseini
          
          Abdelkader al-Husseini, avait pris la place de Hadj Amin al-Husseini à la tête de l’Armée de la Guerre Sainte (Jaysh al-Jihad al-Muqaddas) d’inspiration religieuse non extrémiste, comptant plusieurs milliers d’hommes qui avaient acquis de l’expérience durant la Grande Révolte de 1936/39 ou au sein de l’armée britannique pendant la Guerre Mondiale. Aux côtés de ces troupes, la Ligue Arabe avait mis ses équipements, quelques blindés et son argent, à la disposition de l'Armée de Libération arabe qui recrutait des volontaires dans les pays arabes, en Syrie en particulier.
            Enfin une nébuleuse islamique s’était constituée avec les Frères musulmans, les rescapés musulmans des Balkans qui avaient combattu avec les troupes nazies et même des mercenaires déserteurs britanniques. La lutte contre l’État d'Israël était au cœur du mouvement, et le théoricien du djihad armé, Sayyid Qutb, fut l’un de ses membres égyptiens les plus en vue, qui s'était mobilisé en faveur des Palestiniens.
            Ces trois clans, ayant pour seule stratégie commune leur opposition à la partition de la Palestine, manquaient de culture politique et souffraient d’un faible niveau d’éducation. En revanche les leaders arabes, issus des grandes familles aristocratiques de la région, avaient décidé de prendre les armes uniquement pour maintenir leurs privilèges féodaux. Ils n'avaient aucun projet politique défini en faveur de la cause palestinienne.
            Le Haut Comité Arabe, qui se considérait comme le seul représentant des Arabes de Palestine s'était discrédité lorsque l'un de ses créateurs, le Grand Mufti de Jérusalem, avait collaboré avec le Troisième Reich. La Ligue Arabe n'avait pas inclus la question palestinienne dans sa stratégie et se contentait surtout de faire de la figuration. D’ailleurs dès octobre 1947, certains de ses officiers se montraient conscients de la situation de leurs troupes. Ainsi le général irakien Ismail Safwat, nommé conseiller militaire de la Ligue Arabe et commandant de l'Armée de Libération Arabe, avait souligné l’infériorité tactique et stratégique  des troupes arabes qui ne pouvait être compensée que par des achats massifs d’armes. Il avait été éconduit dans ses demandes.
Légion arabe

            La véritable force organisée, bien équipée et puissante restait la Légion Arabe d’Abdallah de Transjordanie, dirigée par des instructeurs anglais. Mais le roi avait une position ambiguë consistant à soutenir du bout des lèvres les Arabes de Palestine tout en jouant sur le pourrissement de la situation pour se trouver en position de recours indispensable dans le conflit avec les Juifs.
            Les Arabes ne manquaient pas de leaders mais chacun œuvrait pour ses propres intérêts et non pour la cause commune palestinienne. Le premier d’entre eux, le leader charismatique Abdelkader al-Husseini, issu d’une lignée d’aristocrates et parent du Grand Mufti, bénéficiait d'une légitimité mais son autorité sur les autres clans était limitée. Considéré comme le plus modéré, il se distinguait d’Hassan Salameh, membre de l’Armée de la Guerre-Sainte, violent et radical en raison de ses antécédents. Il fut volontaire musulman au sein des forces du Troisième Reich puis renvoyé en Palestine en 1944 pour y préparer la grande contre-offensive allemande qui n’a jamais eu lieu. C'était un véritable guerrier qui avait acquis auprès des nazis une expérience et le sens du commandement mais en s'inspirant aussi de leur violence, de leur cruauté et de leur radicalité.
            Fawzi al-Qawuqji commandait l’Armée de Libération Nationale. Ancien élève de Saint-Cyr, ancien officier ottoman, ancien collaborateur avec les services français d’espionnage, il représentait en Palestine le parti nationaliste panarabe Baas. Compétent et autoritaire, il était très introduit auprès des dirigeants irakiens mais il n'avait pas réussi à s'imposer car sa ligne politique était trop moderne au goût des féodaux palestiniens. Enfin, les minorités druzes et maronites ainsi que les Circassiens, musulmans non arabes, avaient choisi le camp juif.
Avraham Tehomi créateur de l'Irgoun

            Les sionistes n’étaient pas à l’abri des frictions et des rivalités. La Haganah, qui avait choisi de passer sous le contrôle de l’Agence juive, était le groupe armé principal. Disciplinée et bien organisée, elle souffrait cependant du manque d’armement par suite de l’embargo anglais. Elle était soutenue par la majorité de la population juive qui avait accepté le plan de partage. Une scission avait entraîné la création de l’Irgoun qui s'affirmait en tant qu'organisation paramilitaire radicale voulant être un groupe d’attaque plutôt que d’auto-défense.
             Le Lehi ou groupe Stern était d’inspiration fasciste avec une connotation raciste anti arabes. L’Irgoun et le Lehi s’étaient associés dans l’attentat qui avait provoqué l’explosion de l’hôtel King David en 1947, faisant plus de 70 morts britanniques. Ils estimaient que la Transjordanie représentait la partie arabe de la Palestine et qu'il n'y avait aucune raison pour accepter le partage de 1947. Ils avaient programmé de chasser les populations arabes par la force ou de les encourager à quitter leur village s'ils ne voulaient pas être objets de massacres.
Palmach avec Ygal Alon

            Mais le groupe combattant le plus entraîné, comprenant des soldats juifs ayant servi sous le drapeau britannique pendant la guerre, était représenté par le Palmach. Il avait acquis l’expérience sur les champs de bataille grâce à une formation militaire de commandos. Il s’est voulu indépendant de la Haganah avec qui il entretenait des liens cordiaux. David Ben Gourion, à la tête de l’Agence juive, avait mobilisé tous les ateliers clandestins pour produire des armes. Il avait envoyé des émissaires en URSS pour acheter les surplus militaires de la Deuxième Guerre Mondiale qui, en raison de l’embargo anglais, ne purent parvenir qu’après le 15 mai 1948. Les Soviétiques avaient décidé de soutenir Israël qu'ils voyaient comme un futur satellite communiste.
            Les Anglais affichaient une neutralité feinte mais leurs intérêts étaient dirigés vers le monde arabe qui disposait des ressources énergétiques dont ils avaient besoin. Ils avaient armé et entraîné la nouvelle armée transjordanienne avec l’espoir que la guerre avec les sionistes conduirait à une victoire rapide des forces armées arabes. Cependant, certains officiers anglais avaient montré de la compréhension et de la sympathie vis-à-vis du Palmach dans lequel ils se reconnaissaient, au point de les renseigner sur l’heure précise de l’évacuation des bases anglaises. Cela devait beaucoup servir à la veille de la guerre d’indépendance.
Exode d'arabes en 1948

            Le décor était ainsi planté et les protagonistes se mettaient en scène. La guerre devenait inéluctable dès lors qu’aucun dirigeant charismatique palestinien n’avait voulu accepter, à l’instar du visionnaire Ben Gourion, la nécessité de concessions mutuelles. Le «vieux» avait compris que son peuple était las des guerres et qu’il devait se contenter d’un petit État juif indépendant. Mais l’intransigeance arabe a eu raison de la logique et les Arabes décidèrent de se lancer dans leur première guerre avec les Juifs, la guerre d’indépendance pour les uns, la Nakba pour les autres.

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