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dimanche 22 mai 2022

Nakba palestinienne : les occasions ratées



NAKBA PALESTINIENNE : LES OCCASIONS RATÉES

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps

          

          David Ben Gourion a déclaré l’indépendance de l’État d’Israël le 14 mai 1948, jour considéré par les Arabes comme jour de deuil pour marquer la Nakba (catastrophe). Les événements contemporains escamotent souvent la genèse du conflit avec ses racines profondes enfouis dans l’amertume des échecs arabes et des drames qui ont marqué la région. Nous allons analyser une période controversée, en tentant de nous appuyer uniquement sur des faits et des réalités sans chercher la controverse. Les germes du conflit expliquent les blocages politiques actuels et mettent surtout en évidence les occasions manquées par les Arabes alors qu’en revanche, l'histoire juive n’est pas constituée seulement de faits et de dates mais d’inspiration et de foi, de vision et de destinée.



Empire ottoman   
        
Empire Ottoman

          La Première Guerre Mondiale a mis fin à l’Empire Ottoman qui a été ensuite dépecé par les puissances occidentales pour créer à la place des entités artificielles alliées, entièrement dévouées à leur cause. Le découpage n’a pas tenu compte des peuples, ni de la géopolitique.  Les Britanniques, fidèles à leur politique consistant à diviser pour régner, ont songé à satisfaire à la fois les espérances arabes et juives. Par la déclaration Balfour du 2 novembre 1917, le Secrétaire d’État britannique aux affaires étrangères, Arthur Balfour, avait informé que «le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif». Mais craignant des réactions violentes, les Britanniques n’ont jamais fait part aux Arabes de leurs intentions réelles. Ce fut la première erreur qui devait définitivement instiller la méfiance sur les relations futures. Cependant par réciprocité, ils n’avaient pas oublié la promesse faite aux Arabes de leur réserver le territoire s’étendant de la pointe de l’Arabie à la frontière turque.


            Plusieurs vagues d’alyah avaient alors été organisées par les mouvements sionistes pour augmenter les populations agricoles de la région, sous l’œil bienveillant des autorités ottomanes intéressées par la mise en valeur de terres arides grâce aux investissements effectués par la famille Rothschild. Les sionistes exploitèrent les lacunes du cadastre ottoman qui ne mentionnait que les chefs de village comme propriétaires des terres. Ils en profitèrent pour acheter des lots à des chefs locaux avides de bonnes affaires pour consolider leur influence au sein de leur clan.
            La Société des Nations, ancêtre de l’ONU, décida à la conférence de San Remo de 1920 de donner un mandat au Royaume-Uni pour administrer la vaste étendue comprenant la Jordanie et une partie du Golan. Les Anglais en avaient retiré les quatre-cinquième pour le donner à un émir du Hedjaz qui avait appelé son nouveau domaine «royaume hachémite de Transjordanie». Le mandat imposait aux Britanniques de «créer en Palestine un foyer national pour le peuple juif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine».
          Les populations arabes avaient refusé d’être mises devant le fait accompli et marquèrent leur opposition par des émeutes anti juives que les Anglais se gardèrent bien de sanctionner. Les Juifs ont donc été contraints de s’organiser en milice d’auto-défense, la Haganah, contrôlée et financée par le syndicat juif Histadrout. Les Arabes obtinrent cependant satisfaction puisqu’ils reçurent en 1922 des Anglais l’assurance que ce vaste territoire serait partagé entre eux et les Juifs.
            La situation connaîtra un tournant en 1924 lorsque les États-Unis mirent fin à l’immigration juive venue d’Europe, ce qui eut pour effet d’orienter les populations misérables juives, en masse vers la Palestine. Face à cette arrivée massive d'immigrants, les Arabes, sous la conduite du cheikh Al-Qassam qui donnera son nom aux fusées du Hamas, organisèrent dès 1925 des actions de guérilla à la fois contre les postes anglais et contre les villages juifs. Des émeutes connurent leur paroxysme en 1929 avec des violences qui firent de nombreuses victimes juives.
Mémorial à Hébron

          Le 24 août 1929, 70 hommes, femmes et enfants juifs furent sauvagement tués dans la ville de Hébron et quelques jours plus tard, 18 Juifs furent tués dans la ville de Safed. Lorsque la police britannique parvint à rétablir le calme, les Juifs comptèrent 133 tués par les Arabes. Ces massacres mirent en évidence l’inefficacité de la Haganah qui décida de devenir autonome en quittant le syndicat ouvrier Histadrout et en se mettant sous les ordres de l’Agence Juive, autorité sioniste de l’époque et embryon du futur État juif.
            Cette rupture va alors préfigurer le conflit qui ira crescendo entre Ben Gourion, chef de la Histadrout, et des contestataires qui le qualifiaient de trop modéré tant il interdisait l’usage de la force et les représailles contre des forces arabes pourtant bien identifiées. De nombreux officiers de la Haganah, constituant le noyau dur, entrèrent alors en dissidence et furent révoqués. Ils rejoignirent alors le leader de droite Jabotinsky qui forma sa propre milice, l’Irgoun, avec des méthodes qui engendrèrent de sérieuses tensions entre les deux clans juifs et les Anglais. L’Irgoun ne se contenta pas de se défendre mais d’organiser de sérieux accrochages avec les Arabes.
            La guerre civile fut enclenchée en 1935 à l’occasion de la Grande Révolte Arabe dirigée par le grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini, grand-oncle de Yasser Arafat et de Leila Shahid. Les Arabes exigèrent l’arrêt de l’immigration juive dont la population était passée de 10% en 1920 à 33% en 1935. Le mufti lança la fatwa interdisant aux Arabes de vendre leurs terres et refusa d’entériner toutes les ventes antérieures de terres jugées par lui nulles. Face à l’étendue de la révolte, les Anglais durent se résoudre à faire appel à la Haganah pour maintenir l’ordre avec eux tandis que l’Irgoun se désolidarisait de la stratégie de Ben Gourion en organisant ses propres actions punitives contre les Arabes.

Première occasion ratée

            Devant les troubles croissants, les Anglais ont alors envisagé sérieusement la séparation des deux communautés en proposant le partage dessiné par la commission Peel de 1937. Ce partage servira d’ailleurs de base à toutes les successives propositions de création d’un État juif. À l’est du Jourdain, le territoire devait constituer le Royaume de Transjordanie soit les trois-quarts du territoire, le reste devait être découpé en trois parties, la juive au nord, l’arabe au sud et une zone internationale comprenant Jérusalem au centre. La partie juive consistait en de minuscules fragments de terre, à peine visibles qui n'avaient pas vocation à devenir une entité nationale viable.
Plan Peel

            L'opinion juive était divisée. Le vingtième Congrès juif du 20 août 1937 à Zurich avait décidé de rejeter les frontières dessinées par la Commission Peel, mais son exécutif avait accepté de poursuivre la négociation pour un plan de partage plus favorable. L’Agence Juive avait commencé à mettre en place un appareil administratif complet en prévision de cette création inespérée. Ben Gourion le visionnaire avait persuadé les dirigeants sionistes d’accepter le partage en diffusant la lettre à son fils en octobre 1937 dans laquelle il estimait que «Un État juif doit être établi immédiatement, même si ce n’est que dans une partie du pays. Le reste suivra dans le cadre de temps. Un État juif viendra». Son côté pragmatique l'avait poussé à accepter seulement 10% du territoire mandataire car un petit État juif valait mieux que rien du tout.
            De leur côté les leaders arabes avaient rejeté ce projet pourtant à leur avantage parce qu’ils exigeaient la totalité de la Palestine mandataire et le contrôle des Lieux Saints. Ce fut leur première occasion ratée. Il y en eut d'autres. Elle fut aussi ratée aussi pour les Juifs car l’Histoire aurait été différente si les victimes de la Shoah avaient trouvé refuge dans un État constitué. Plusieurs millions d'entre eux auraient été sauvés. Sans l’intransigeance arabe, non seulement le conflit israélo-palestinien aurait pu prendre fin en 1937, mais Israéliens et Palestiniens vivraient aujourd’hui en bonne entente, tandis que des millions de Juifs, dont personne ne voulait en Europe, auraient échappé aux nazis. On ne refait pas l’Histoire.
            Les violences s’amplifièrent forçant les Anglais en 1939 à promettre aux Arabes l’indépendance sous 10 ans, à interdire la vente de terres aux Juifs, à limiter l’alyah au moment même où les Juifs étaient persécutés en Europe. Ce sera alors l’épopée des immigrations clandestines et de la radicalisation de l’Irgoun qui profita du déclenchement de la deuxième Guerre Mondiale pour intensifier ses actions contre les Anglais et les Arabes poussant d’ailleurs Al-Husseini à trouver refuge au sein des forces nazies, en soulevant les Musulmans des Balkans contre les Alliés.
Husseini avec Himler


Deuxième occasion ratée

            Le Royaume-Uni avait décidé d'imposer sa loi. Les trois-quarts du territoire avaient été attribués en 1921 au Royaume de Transjordanie. Le quart restant était confié à l’ONU, chargée de trouver une solution de partage. Un nouveau plan, établi en 1947 et différent de celui de Peel, sera lui aussi voué au même avenir négatif. Les Juifs l’acceptèrent tandis que les Arabes, à nouveau, le refusèrent malgré la décision unanime de l’Assemblée générale de l’ONU qui vota le partage le 29 novembre 1947.
Plan de partage 1947

            Les Anglais préparèrent leur départ alors qu’un nouveau chef arabe était désigné, Abd al-Kader Al-Husseini, pour organiser les affrontements armés et prendre la tête des forces arabes sous l’œil désintéressé des Britanniques qui assistaient au déclenchement de la guerre civile entre Juifs et Arabes. En leur for intérieur les Anglais, qui cherchaient à étendre leurs relations économiques et à maintenir leur influence dans les pays arabes, jouèrent la carte de la défaite des Juifs. Ils en étaient convaincus en raison du déséquilibre des forces en présence. La première guerre israélo-arabe devait commencer à la fin de 1947.
            Les Britanniques devaient quitter le pays le 15 mai 1948 au plus tard. Ce plan de partage comportait cependant des lacunes qui ne pouvaient que susciter de nouvelles frictions entre Arabes et Juifs. Entre autres détail, Jérusalem était entièrement enclavée dans la zone réservée aux Arabes, sans couloir de communication avec la partie juive. Les experts avaient tracé des frontières en tenant compte des nouveaux villages juifs qui s’étaient développés depuis la fin du mandat ottoman mais en morcelant le pays en trois parties. Les Juifs et les Arabes avaient créé des instances politiques séparées, chargées d’administrer les territoires. L’Agence Juive et le Haut Comité Arabe s'étaient alors dotés de fonctions étatiques économiques et militaires. Ce haut comité représentait l'organe politique central des Arabes de Palestine.
            Une armée juive avait été constituée avec l’intégration de nombreux éléments qui avaient acquis une expérience sur le terrain auprès des troupes régulières anglaises lors des combats avec les nazis. Mais les Juifs, pas plus que les Arabes, n’avaient été autorisés à acquérir du matériel lourd de combat. Ils ne disposaient que d’armes de poing, de fusils de chasse et d’armes de contrebande dont une grande partie devait être confisquée par les Britanniques. Alors que les Juifs avaient fait preuve d’une grande capacité d’organisation, les Arabes, avec 1,2 million d’habitants représentant 66% de la population, n’avaient jamais réussi à présenter un front uni face aux sionistes, ce fut leur faiblesse. L’histoire bégaie encore aujourd’hui avec les rivalités entre le Fatah et le Hamas ou avec les querelles entre chiites et sunnites. Trois grandes entités, aux idéologies contradictoires, représentaient les forces arabes face aux Juifs.     
Abdelkader al-Husseini
          
          Abdelkader al-Husseini, avait pris la place de Hadj Amin al-Husseini à la tête de l’Armée de la Guerre Sainte (Jaysh al-Jihad al-Muqaddas) d’inspiration religieuse non extrémiste, comptant plusieurs milliers d’hommes qui avaient acquis de l’expérience durant la Grande Révolte de 1936/39 ou au sein de l’armée britannique pendant la Guerre Mondiale. Aux côtés de ces troupes, la Ligue Arabe avait mis ses équipements, quelques blindés et son argent, à la disposition de l'Armée de Libération arabe qui recrutait des volontaires dans les pays arabes, en Syrie en particulier.
            Enfin une nébuleuse islamique s’était constituée avec les Frères musulmans, les rescapés musulmans des Balkans qui avaient combattu avec les troupes nazies et même des mercenaires déserteurs britanniques. La lutte contre l’État d'Israël était au cœur du mouvement, et le théoricien du djihad armé, Sayyid Qutb, fut l’un de ses membres égyptiens les plus en vue, qui s'était mobilisé en faveur des Palestiniens.
            Ces trois clans, ayant pour seule stratégie commune leur opposition à la partition de la Palestine, manquaient de culture politique et souffraient d’un faible niveau d’éducation. En revanche les leaders arabes, issus des grandes familles aristocratiques de la région, avaient décidé de prendre les armes uniquement pour maintenir leurs privilèges féodaux. Ils n'avaient aucun projet politique défini en faveur de la cause palestinienne.
            Le Haut Comité Arabe, qui se considérait comme le seul représentant des Arabes de Palestine s'était discrédité lorsque l'un de ses créateurs, le Grand Mufti de Jérusalem, avait collaboré avec le Troisième Reich. La Ligue Arabe n'avait pas inclus la question palestinienne dans sa stratégie et se contentait surtout de faire de la figuration. D’ailleurs dès octobre 1947, certains de ses officiers se montraient conscients de la situation de leurs troupes. Ainsi le général irakien Ismail Safwat, nommé conseiller militaire de la Ligue Arabe et commandant de l'Armée de Libération Arabe, avait souligné l’infériorité tactique et stratégique des troupes arabes qui ne pouvait être compensée que par des achats massifs d’armes. Il avait été éconduit dans ses demandes.
Légion arabe

            La véritable force organisée, bien équipée et puissante restait la Légion Arabe d’Abdallah de Transjordanie, dirigée par des instructeurs anglais. Mais le roi avait une position ambiguë consistant à soutenir du bout des lèvres les Arabes de Palestine tout en jouant sur le pourrissement de la situation pour se trouver en position de recours indispensable dans le conflit avec les Juifs.
            Les Arabes ne manquaient pas de leaders mais chacun œuvrait pour ses propres intérêts et non pour la cause commune palestinienne. Le premier d’entre eux, le leader charismatique Abdelkader al-Husseini, issu d’une lignée d’aristocrates et parent du Grand Mufti, bénéficiait d'une légitimité mais son autorité sur les autres clans était limitée. Considéré comme le plus modéré, il se distinguait d’Hassan Salameh, membre de l’Armée de la Guerre-Sainte, violent et radical en raison de ses antécédents. Il fut volontaire musulman au sein des forces du Troisième Reich puis renvoyé en Palestine en 1944 pour y préparer la grande contre-offensive allemande qui n’a jamais eu lieu. C'était un véritable guerrier qui avait acquis auprès des nazis une expérience et le sens du commandement mais en s'inspirant aussi de leur violence, de leur cruauté et de leur radicalité.
            Fawzi al-Qawuqji commandait l’Armée de Libération Nationale. Ancien élève de Saint-Cyr, ancien officier ottoman, ancien collaborateur avec les services français d’espionnage, il représentait en Palestine le parti nationaliste panarabe Baas. Compétent et autoritaire, il était très introduit auprès des dirigeants irakiens mais il n'avait pas réussi à s'imposer car sa ligne politique était trop moderne au goût des féodaux palestiniens. Enfin, les minorités druzes et maronites ainsi que les Circassiens, musulmans non arabes, avaient choisi le camp juif.
Avraham Tehomi créateur de l'Irgoun

            Les sionistes n’étaient pas à l’abri des frictions et des rivalités. La Haganah, qui avait choisi de passer sous le contrôle de l’Agence juive, était le groupe armé principal. Disciplinée et bien organisée, elle souffrait cependant du manque d’armement par suite de l’embargo anglais. Elle était soutenue par la majorité de la population juive qui avait accepté le plan de partage. Une scission avait entraîné la création de l’Irgoun qui s'affirmait en tant qu'organisation paramilitaire radicale voulant être un groupe d’attaque plutôt que d’auto-défense.
             Le Lehi ou groupe Stern était d’inspiration fasciste avec une connotation raciste anti-arabes. L’Irgoun et le Lehi s’étaient associés dans l’attentat qui avait provoqué l’explosion de l’hôtel King David en 1947, faisant plus de 70 morts britanniques. Ils estimaient que la Transjordanie représentait la partie arabe de la Palestine et qu'il n'y avait aucune raison pour accepter le partage de 1947. Ils avaient programmé de chasser les populations arabes par la force ou de les encourager à quitter leur village s'ils ne voulaient pas être objets de massacres.
Palmach avec Ygal Alon

            Mais le groupe combattant le plus entraîné, comprenant des soldats juifs ayant servi sous le drapeau britannique pendant la guerre, était représenté par le Palmach. Il avait acquis l’expérience sur les champs de bataille grâce à une formation militaire de commandos. Il s’est voulu indépendant de la Haganah avec qui il entretenait des liens cordiaux. David Ben Gourion, à la tête de l’Agence juive, avait mobilisé tous les ateliers clandestins pour produire des armes. Il avait envoyé des émissaires en URSS pour acheter les surplus militaires de la Deuxième Guerre Mondiale qui, en raison de l’embargo anglais, ne purent parvenir qu’après le 15 mai 1948. Les Soviétiques avaient décidé de soutenir Israël qu'ils voyaient comme un futur satellite communiste.
            Les Anglais affichaient une neutralité feinte mais leurs intérêts étaient dirigés vers le monde arabe qui disposait des ressources énergétiques dont ils avaient besoin. Ils avaient armé et entraîné la nouvelle armée transjordanienne avec l’espoir que la guerre avec les sionistes conduirait à une victoire rapide des forces armées arabes. Cependant, certains officiers anglais avaient montré de la compréhension et de la sympathie vis-à-vis du Palmach dans lequel ils se reconnaissaient, au point de les renseigner sur l’heure précise de l’évacuation des bases anglaises. Cela devait beaucoup servir à la veille de la guerre d’indépendance.
Exode d'arabes en 1948

            Le décor était ainsi planté et les protagonistes se mettaient en scène. La guerre devenait inéluctable dès lors qu’aucun dirigeant charismatique palestinien n’avait voulu accepter, à l’instar du visionnaire Ben Gourion, la nécessité de concessions mutuelles. Le «vieux» avait compris que son peuple était las des guerres et qu’il devait se contenter d’un petit État juif indépendant. Mais l’intransigeance arabe a eu raison de la logique et les Arabes décidèrent de se lancer dans leur première guerre avec les Juifs, la guerre d’indépendance pour les uns, la Nakba pour les autres.

7 commentaires:

frenkel david a dit…

Juste une remarque : avant 1947 et après jusqu'en 1964, aucun arabe ne se considérait comme palestiniens. A l'époque,( en tout cas jusqu'en 1948) c'était les juifs qui furent qualifiés de palestiniens. D'ailleurs, fondé en 1932, le Jérusalem Post s'appelait jusqu'en 1989 le "Palestine Post".Les Arabes refusaient qu'on les qualifient de palestiniens, car disaient-ils, cette qualification est réservée aux juifs. Par ailleurs, rappellons

frenkel david a dit…

Oui, je disais donc : rappellons-nous les paroles de Zahir Muhsin, un ancien membre du comité exécutif de l’OLP et l’ancien commandant militaire de la même organisation, déclara en mars 1977 au journal néerlandais Trouw.

«Il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les «Palestiniens», les Syriens et les Libanais. Nous faisons tous partie de la même nation. C’est seulement pour des raisons politiques que nous soulignons soigneusement notre identité «palestinienne». L’existence d’une identité «palestinienne» distincte sert seulement un objectif tactique. La création d’un état «palestinien» est un nouvel outil dans la bataille continue contre l’Israël.»

Et encore en s’adressant à un hebdomadaire pakistanais en 2006 :

«Le peuple «palestinien» n’existe pas. La création d’un État «palestinien» est seulement un moyen de continuer notre lutte contre l’État d’Israël pour l’unité arabe. En réalité aujourd’hui il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les «Palestiniens», les Syriens et les Libanais. Seulement, pour des raisons politiques et tactiques, nous parlons aujourd’hui de l’existence des «Palestiniens» pour des intérêts arabes exigeant la création d’un peuple «palestinien» pour nous opposer au sionisme.»

Georges Kabi a dit…

Merci Jacques pour cet expose, assez detaille (pas assez a mon avis).
Des la fin du 1e siecle, les Francais (se pretendant etre le bouclier des Chretiens d'Orient) et les Britanniques qui cherchaient a assurer la defense du Canal de Suezfirent des projets sur le dos des Ottomans. La 1e Guerre Mondiale allait confirmer ces projets. Les Britanniques, pretendant un soutien arabe durant les conflits (voir Lawrence d'Arabie) s'approprierent la plus grande partie du gateau. La SDN (ancetre de l'ONU) decida de confier ces territoires sous Mandat francais et britannique. Deja en 1917, les Britanniques avaient declare dans une missive assez confuse leur soutien a la creation d'un territoire juif, mais accords de Sykes-Picot ne preirent pas en compte cette missive. De plus, la famille Saoud avait vchasse de La Mecque et de Medine la famille des Hashemites. Les Britanniques prirent acte et en compensation donnerent l'Irak et la Palestine aux Hashemites (ces fameux guerriers entraines par Lawrence). En 1922, un certain Winston Churchill, grand ami du leader sioniste Weizmann, proposa a ce dernier le partae de la Palestine en 2 entites, la partie orientale du Jourdain etait confie aux Hashemites, la partie occidentale du Jourdain a une entite judeo-arabe et tout cela dans le cadre du Mandat britannique. Weizmann accepta, cela entraina chez les Sionistes russes une scission dans le Mouvement Sioniste (la 2e scission, la premiere avait affaire a l'Ouganda), scission emmenee par Jabotinsky.
Le territoire palestinien etait pratiquement vide jusqu'a la deuxieme moitie du 19e siecle.
Les Ottomans, en quasi faillite financiere mirent en vente des terres de l'empire (a l'encontre des preceptes islamiques). Ces terrains furent vendus a de riches Arabes musulmans, mais aussi a diverses Puissances europeennes. Seuls les Chretiens et les Juifs ne pouvaient acheter de terre.
La suite dans un message qui sortira demain.

Ingrid Israël-Anderhuber a dit…

C’est l’histoire des hommes car en fait la genèse du conflit en question remonte à plus loin encore. En effet, d’après l’Histoire BIBLIQUE :

Premièrement, la terre dont parlent les Palestiniens n’a porté que deux noms BIBLIQUES : Pays de Canaan, terre promise par Dieu à Abraham et à sa descendance PAR Isaac et Jacob-Israël, puis terre d’Israël, lorsque Israël, à sa sortie d’Egypte et après la mort de Moïse, l’a conquise, sous la conduite de Josué, lui-même sous la direction DIVINE. Mais...

Deuxièmement, il faut savoir que la POSSESSION de cette terre d’Israël par les Hébreux, Israélites, ou Juifs était SOUMISE A CONDITION DIVINE : le respect de la loi divine. Autrement Dieu SANCTIONnait le peuple au moyen de l’exil ou DISPERSION (diaspora). Or…

Or si la sanction divine a un début, elle a aussi UNE FIN.

Par conséquent, la période qui suit la dernière guerre mondiale et qui a vu en 1948 la réinstallation du peuple d’Israël sur SA terre, après une diaspora d’environ 2000 ans, est LA FIN de la SANCTION divine prophétisée par Jésus, il y a environ 2000 ans ainsi : «Comme quelques uns [de ses disciples] disaient du temple qu’il était orné de belles pierres et d'objets apportés en offrandes, Jésus dit : Les jours viendront où, de ce que vous voyez ici, il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée (…) Ils [les Juifs] tomberont sous le tranchant de l'épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et JERUSALEM sera foulée aux pieds par les nations [chute] jusqu’à [relèvement] ce que les temps des nations soient accomplis.» (Bible : Evangile (Bonne Nouvelle) selon Luc 21, v. 5 et 24 ; selon Levi-Matthieu 24, v. 1 ; selon Marc 13, v. 1)

Ainsi, en l'an 70 de notre ère, Rome DETRUIT Jérusalem et son Temple : La prophétie de Jésus commence à s’accomplir….
Puis Israël et Jérusalem sont foulés aux pieds par les nations : La prophétie de Jésus continue de s’accomplir : Epoques grosso-modo byzantine, ARABE – d’où au VIIième siècle ISLAMisation et construction du DÔME DU ROCHER (haut-lieu de l’ISLAM). C’est ICI LA GENESE DU CONFLIT qui est en fait d’ordre SPIRITUEL –, croisés (royaume franc), mamelouks, Ottomane et finalement britannique jusqu'à l’indépendance d’Israël proclamée le 14 mai 1948 devant le monde entier avec 1/2 de Jérusalem. Puis...
Puis en 1967, à l’issue de la Guerre des Six-Jours, Jérusalem est unifiée (égal 2/2), enfin RELEVEE.

La prophétie BIBLIQUE de Jésus s'est parfaitement réalisée : le peuple d’Israël est de nouveau sur SA terre avec SA capitale BIBLIQUE (malgré le waqf).

La Bible est le Livre qui a inspiré TOUS les livres des religions dites officielles qui, chacune pour sa part, a fait le tri qui l’arrangeait et du bricolage théologique, ce qui a donné lieu au Judaïsme Rabbinique, au Catholicisme, au Protestantisme, à l’Orthodoxie, à l’Islam, sans parler des multiples courants issus de toutes ces religions-SECTES (car quand on ôte ou on ajoute au texte d’origine alors automatiquement on devient, selon la définition du mot, SECTaire). Par conséquent, pour revenir à la VERITE DIVINE, il faudrait revenir au SEUL texte BIBLIQUE. Ce qui permettrait à chaque être humain, quelle que soit la religion-secte qu’on lui a imposée à sa naissance, de savoir exactement ce qui est écrit et immuable de la part de Dieu sachant qu’il n’y a qu’UN SEUL Dieu et que ce SEUL Dieu n’a qu’UN SEUL et MÊME message pour TOUS les êtres humains dans toutes leurs générations. Au Ciel plus de religions ni de religieux. Juste des rachetés, des sauvés ET d’Israël ET des nations...
Par ailleurs…

Ingrid Israël-Anderhuber a dit…

(Suite I)
Par ailleurs, au sujet de la terre d’Israël (et non Palestine), Dieu a établi en quelque sorte un CADASTRE. En effet, dans la Bible, on peut lire le découpage du territoire d’Israël en propriétés ainsi que le nom des propriétaires des différentes parcelles. Pour en prendre connaissance, il suffit de se reporter au Livre de Josué, chapitres 13 à 21 où, au chapitre 15, il est fait mention par exemple de la «bande de Gaza», concédée de nos jours par Israël aux Palestiniens, mais qui appartient en fait à la tribu de JUDA. Cette répartition cadastrale date de plus de 3000 ans. C’est Dieu, le Dieu de la Bible, qui en a décidé ainsi, selon ses desseins établis de toute éternité pour l’humanité en général, et pour Israël en particulier. En vérité, l’histoire d’Israël ne date pas d’hier, elle est aussi vieille que l’humanité. Voici en effet ce que Moïse dit :

«Quand le Très-Haut donna un héritage aux nations,
Quand il sépara les enfants des hommes,
Il fixa les limites des peuples
D'APRES le nombre des enfants d'Israël...» (Deutéronome 32, 8)

Moïse était prophète, ne l’oublions pas. Cela date donc. Il est clairement signifié ici que Dieu, lors de la répartition mondiale de la population, a tout déterminé EN FONCTION d’Israël. Il avait en effet, comme tout architecte, un projet et un plan : la terre de Canaan pour Israël et toutes les autres terres pour toutes les autres nations (dont les arabes). C’est Dieu le Créateur, donc le patron.

Bien avant nous, il existait donc déjà une histoire entre Dieu et les hommes, entre autres Noé, Abraham, Isaac, Jacob-Israël, le peuple d’Israël etc., avec lesquels Dieu est entré en relation, a contracté des alliances, alliances soutenues par des promesses divines parmi lesquelles, pour Abraham et sa descendance PAR Isaac, la terre d’Israël en héritage, promesses que Dieu honore car...

«… Car il dit, et la chose arrive ;
Il ordonne, et elle existe.
L’Eternel renverse le conseil des nations,
Il anéantit les projets des peuples ;
Le conseil de l’Eternel subsiste à toujours,
Et les projets de son cœur, de génération en génération.» (Psaume 33, 8-11)

Dieu avait dit par la bouche de son prophète : «Nations, écoutez la parole de l’Eternel, et annoncez-la dans les îles lointaines ! Dites : Celui qui a DISPERSE Israël LE RASSEMBLERA et le gardera comme un berger garde son troupeau» (Jérémie 31, 10). Par conséquent Dieu a réalisé ce rassemblement qui a abouti en 1948 à la résurrection de l’État d’Israël, pays et nation. Car pour ce qui concerne les exils et les retours, la dispersion et le rassemblement, ils relèvent TOUJOURS du DIVIN, et ce malgré ou en dépit des apparences (Grande Bretagne, ONU, ou pays arabes mentionnés dans cet article). Toujours. Car Dieu est un Dieu FIDELE, qui veille sur sa Parole pour l’accomplir.
En outre...

Ingrid Israël-Anderhuber a dit…

(Suite II)
En outre, voici par exemple encore ce que Jésus a dit, il y a environ 2000 ans, en s’adressant aux nombreux JUIFS (notamment les religieux) qui le contestaient à l’époque, et à Jérusalem : «Jérusalem, Jérusalem (…) combien de fois ai-je voulu rassemblé TES enfants au milieu de toi, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! Voici : VOTRE maison vous sera laissée déserte...» (Levi-Matthieu 23, 37 ; Luc 13, 35). Là, Jésus établit clairement et formellement le lien entre JERUSALEM et les JUIFS. Jérusalem, sans conteste, appartient en propre à Israël. Cette prophétie de Jésus au sujet de la destruction de Jérusalem, plus précise en Levi-Matthieu 24, s’est réalisée près de 40 ans plus tard, comme vu précédemment.

En conséquence, les PALESTINIENS, comme tout le monde d’ailleurs, sont tous destinés à avoir une place dans la géographie du monde, mais pas au détriment d’Israël. Ils ne sont pas destinés à prendre la place d’Israël en Israël. Mais ils auront le droit de vivre même en Israël, au milieu d’Israël, sur son sol non morcelé UNIQUEMENT SELON ce que le Seigneur établira pour eux, lors du retour de JESUS, Messie d’Israël et Sauveur des hommes (cf les prophéties d’Ezéchiel 47, v. 13 et suivants, etc.), le but final de Dieu étant : «Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu'il s'était proposé en Jésus, le Messie, pour l'exécuter quand les temps seraient accomplis : Réunir sous UN SEUL CHEF, le Messie, Jésus, TOUT ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre.» (Shaul-Paul dans sa Lettre aux Ephésiens 1, 9-10). Car :

«il a plu à Dieu de faire habiter en Jésus toute plénitude
et de tout réconcilier avec lui-même,
aussi bien ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux,
en faisant la paix par lui, par le SANG à la croix (de Golgotha).»
(Saul-Paul dans sa Lettre aux Colossiens 1, 19-20)

On ne peut pas lutter contre Dieu en luttant contre ce qui a été établi et déterminé par lui dès les temps anciens et de toute éternité. Ce qui signifie que si les hommes ont un plan, et si le diable (archange déchu, cf Esaïe 14, 12 ; Ezéchiel 28, 14) en a un en utilisant et en manipulant les ANTISEMITES à son gré, eh bien, quels que soient ces plans, et en dépit des apparences, c’est quand même DIEU qui aura le DERNIER mot.

Pour conclure, je rappelle : la POSSESSION de cette terre d’Israël par les Hébreux, Israélites ou Juifs est SOUMISE à condition DIVINE : le respect de la loi divine, de l’alliance divine, aujourd’hui la SEULE alliance ouverte et en vigueur étant l’alliance SCELLEE par le sang du Messie Jésus versé à la croix de Golgotha pour le pardon de nos péchés, avec notre repentance. Autrement...

Llib Etag a dit…

Amen