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jeudi 15 novembre 2012

LE NUCLÉAIRE IRANIEN ET L’ALIBI PALESTINIEN


 
LE NUCLÉAIRE IRANIEN ET L’ALIBI PALESTINIEN
 
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright© Temps et Contretemps


            Malgré l’opposition américaine, les responsables palestiniens ont affirmé être prêts à affronter les conséquences de leur demande d'élévation de l'Autorité palestinienne au statut d'État non membre de l'ONU, qui sera présentée le 29 novembre. La date, qui sera confirmée au Caire par le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, n'est pas fortuite puisqu'Israël avait été créé à l'ONU le 29 novembre 1947.
       Pendant ce temps les gesticulations iraniennes et le battage médiatique qui les entoure ne sont pas uniquement destinés à intimider Israël, une constante sur laquelle se fonde le régime des mollahs. A mesure que les déclarations sont distillées, le nucléaire iranien apparait en image subliminale dans le conflit  palestinien.
 


Volonté destructrice
 

 
 

             Une haine historique viscérale mine les relations entre les arabes et les iraniens, et plus généralement entre les sunnites et chiites. Cette haine s’est concrétisée sur le terrain par la guerre Irak-Iran avec ses millions de morts. Elle s’est aussi s’illustrée par les combats acharnés qui se sont déroulés à Bagdad entre les deux communautés et qui ont décimé des civils devenus jouets d’une guerre sans merci. Elle inspire les combats qui se déroulent en Syrie, sous couverture d’une lutte contre le régime de Bassar Al-Assad. La méfiance réciproque, qui a toujours régi les relations entre ces deux branches de l’islam, s’est muée en une incroyable volonté destructrice, comme si seule la mort pouvait arbitrer des dogmes différents.
            Or, l’Iran est à la veille de détenir l’arme nucléaire bien que certains services sécuritaires soient convaincus que le pas a déjà été franchi mais il ne semble pas, pour l’instant, que les iraniens veuillent diffuser cette information sensible. En effet, l’annonce officielle de cette détention nucléaire risque de générer une réaction musclée de la part de ses concurrents immédiats, sans oublier l’Inde et le Pakistan, et d’entrainer une réplique israélienne. Ses voisins arabes pourront difficilement tolérer de se faire doubler par un État prosélyte et dangereux même s’ils considèrent l’arme nucléaire comme une arme de dissuasion que peu de pays peuvent prétendre l’utiliser sans en subir les principales conséquences sauf à être poussés par un sentiment suicidaire.
 
            Les iraniens souhaitent un effet limité d’annonce sans s’attirer les foudres proche-orientales et tout en faisant comprendre à Israël qu’ils sont à présent à égalité de moyens donc, à égalité d’inaction. Les occidentaux ont discrètement assimilé cette nouvelle donne ce qui explique leur passivité face au développement des procédés d’enrichissement nucléaire. Les pays arabes attendent en revanche ce prétexte, s’il est avéré et confirmé, pour se lancer dans cette course aux armes de mort sans se soucier de déstabiliser encore plus une région prête à exploser.

 
Union contre l’ennemi

            Mais une fois encore, le problème palestinien va servir d’alibi, le seul qui unisse les musulmans contre l’ennemi commun. Une fois encore, les palestiniens vont jouer le rôle de catalyseurs d’une cause, le nucléaire, qui ne les regarde pas tandis que le chiffon rouge de l’antisionisme pointe le danger  d’un État juif déjà nucléarisé. L’Iran cherche donc à agréger autour de lui les partisans d’une solidarité pro-palestinienne afin d’obtenir le soutien de pays qui pourtant le détestent profondément.
Défilé du Djihad islamique à Gaza

          Par Hezbollah et Djihad islamique interposés, il peut obtenir un blanc-seing pour la justification de la mise au point de la seule arme capable de détruire Israël, à savoir l’arme nucléaire. La manœuvre a déjà réussi puisque aucun leader arabe, même parmi les irréductibles ennemis de l’Iran, n’a manifesté la moindre réserve à la détention du nucléaire par les mollahs. En effet, pour la réussite du combat contre Israël, les «frères arabes» sont prêts à avaler toutes les couleuvres, même la couleuvre nucléaire.
            Les palestiniens, acteurs extérieurs ou exécutants dociles, sont alors mis à contribution en exploitant leur ressentiment à l’égard des israéliens, sans se douter qu’ils œuvrent en fait au bénéfice de la politique iranienne. Le Hezbollah au Liban est sollicité en sous-main pour créer une  tension permanente avec Israël en jouant le catalyseur de l’unité arabe, déjà bien mise à mal par les conflits extérieurs à la région. Le djihad islamique à Gaza et au Sinaï maintient la pression constante sur Israël par l’envoi de ses missiles qui entrainent des représailles et par conséquent une union arabe contre «l’agresseur juif». C’est ainsi que l’on doit comprendre le réchauffement périodique de la frontière avec Gaza et le soutien au régime de Damas qui tente d’impliquer Israël dans le conflit régional.
 

Stratégie gagnante
 

Cette stratégie avait d’ailleurs bien fonctionné dans le passé puisqu’une action, prétendument non concertée contre des soldats israéliens au nord d’Israël, avait conduit à la guerre du Liban en 2006. Mais le scénario n’avait que partiellement fonctionné à l’époque car la levée générale des «frères» contre Israël avait été plus que discrète.  La plupart des pays arabes n’étaient pas tombés dans le piège iranien consistant à les impliquer et s’étaient abstenus de soutenir cette guerre car ils n’étaient pas dupes de la réalité des intentions iraniennes. 
            L’alibi du conflit palestinien trouve toujours un consensus même si des intérêts étrangers à sa cause sont mis en jeu. L’Iran utilise la même stratégie que naguère Saddam Hussein qui avait utilisé la caution palestinienne pour envahir le Koweït. Aucun leader palestinien influent ne s’était alors cru mandaté par son peuple pour dénoncer l’absence de lien entre sa cause nationale qui était brandie et l’invasion d’un pays frère. Des émissaires iraniens tentent aujourd’hui de convaincre les palestiniens, et Mahmoud Abbas en particulier, de provoquer la confrontation avec les États-Unis en déposant, quel qu’en soient les conséquences, leur demande d’adhésion à l’ONU. Ils comptent ainsi fédérer toutes les énergies arabes au profit du peuple palestinien pour mettre au second plan à la fois le problème syrien mais surtout leur programme nucléaire.
            Les occidentaux semblent en partie complices de cette stratégie. Ils temporisent en votant des sanctions justifiées contre l’Iran à l’ONU tout en gagnant le temps nécessaire à faire admettre l’idée de la bombe iranienne aux dirigeants arabes. Les États-Unis ne résistent d’ailleurs pas à l’envie de donner une bonne leçon à l’Arabie saoudite et à ses amis qui n’ont pas détecté le complot du 11 septembre et qui, aujourd’hui, veulent reprendre leur liberté depuis le lâchage d’Hosni Moubarak. Ils disposent de toutes les informations car ils sont aux premières loges aux frontières avec l’Irak, l’Afghanistan et même l’Azerbaïdjan avec des yeux et des oreilles électroniques qui ne leur laissent aucun doute sur ce qui se passe en Iran. Ils cherchent à trouver un équilibre entre sunnites et chiites dans le cadre d’une stratégie machiavélique qui placerait la diplomatie avant l’action militaire.
 

Contre-pouvoir
 

            Les mollahs avaient financé les attentats en Irak pour obtenir de l’administration Bush une neutralité dans le dossier nucléaire. Les Etats-Unis ne sont pas loin de penser que la bombe iranienne calmera les ardeurs arabes qui s’opposent à la stratégie américaine dans la région. La décision prise par Bush d’abandonner l’Irak, et confirmée par Obama,  ne pouvait s’envisager que si le contre-pouvoir de l’Iran se mettait en place afin de neutraliser les forces actives, sinon activistes, dans ce pays réservoir de pétrole du monde.
            Les américains tiennent à un dialogue avec l’Iran et la Syrie et, en contrepartie d’un compromis concernant Bassar Al-Assad et d’une solution durable dans le conflit israélo-palestinien, ils pourraient envisager une acceptation officielle du nucléaire iranien. En réchauffant le front palestinien, les iraniens développent donc la thèse que la cause des troubles de la région est due à l’intransigeance israélienne dans le processus de paix. L’attitude des européens est, elle aussi, totalement timorée par rapport à la gravité de la situation. Les européens semblent jouer en faveur d’une neutralisation respective des deux tenants du nucléaire au Proche-Orient. Le précédent premier ministre, Ehoud Olmert, avait déjà  accrédité l’idée que les gesticulations de l’Iran n’étaient pas à l’intention d’Israël car la détermination profonde de l’État hébreu est claire mais qu’elles jouent le rôle de leurre lâché pour endormir la méfiance des voisins arabes et pour trouver un terrain d’entente avec les États-Unis qui veulent en finir avec le problème iranien. Les ayatollahs ont compris que la stratégie d’utiliser les palestiniens serait la plus payante.

 

           

3 commentaires:

DAVID a dit…

Donc l'Iran possède déjà l'arme nucléaire !

Anonyme a dit…

Pour déconnecter l'Iran de la Palestine quelle meilleure voie que la création d'un Etat palestinien dans les frontières fixées en 2000 par les négociateurs? Mahmoud Abbas y est prêt. N'est-ce pas l'intérêt évident d'Israël? Qu'attend-on? Le conflit ne prendrait pas fin mais il prendrait une tout autre tournure.La haine serait partiellement désamorcée. J'aimerais que Jacques Benilouche nous explique ceci: voilà pourquoi Israël doit s'opposer à tout prix à la création d'un Etat Palestinien. Moi, je ne comprends pas.

Jean Smia a dit…

@anonyme
Comment peut on avoir la naïveté d'affirmer que la haine d’Israël cessera dés la création d'un état Palestinien ?
Tu devrais savoir que la haine des juifs existait bien avant la création d’Israël.
Pourquoi disparaîtrait-elle avec la création d'un état Palestinien ?
Tu devrais prendre conscience que c'est l’existence d'un état juif qui est refusé pour tous les pays arabes, que tous ces pays considèrent ces territoires comme des terres musulmanes. S'ils ne prennent pas le prétexte palestinien, ils trouveront un autre prétexte pour remettre en question le droit d'exister d’Israël. Même si, par magie, on leur en donnait deux d'états palestiniens, ça ne changera rien car c'est l’existence d'un Israël à leur frontière qui les gène.
Qu'est ce que les Perses, qui détestent tous les arabes qu'ils soient d'Irak, d'Arabie Saoudite ou du Qatar, peuvent avoir comme sentiment de fraternité avec des palestiniens avec qui ils n'ont aucune frontière, et rien en commun, à part la haine d’Israël?
Comme le dit Jacques, pour tous ces gens, la Palestine est un prétexte qui sert d'alibi à une haine que rien pour l'instant ne parvient à éradiquer. La seule qualité d'Ahmadinedjad est qu'il a la franchise de proclamer et affirmer que c'est sa haine du juif et son négationnisme qui le dirige.
Lancer une bombe atomique sur Israël qui tuerait autant de Juifs que de Palestiniens ne le dérangerait pas: C'est des Juifs qu'il veut tuer, les Palestiniens, il s'en fiche.