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mercredi 23 janvier 2019

Israël anticipe le nouveau risque avec l'Irak



ISRAËL ANTICIPE LE NOUVEAU RISQUE AVEC L’IRAK

Par Jacques BENILLOUCHE
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   Les frappes contre les bases iraniennes en Syrie s’expliquent certes par la nécessité de détruire, autant de possible, l’armement qui est délivré de manière quotidienne aux milices iraniennes, en fait des mercenaires, et surtout au Hezbollah. Mais elles ont aussi pour objectif d’avertir Bachar Al Assad qu’Israël ne tolérera pas sur le sol syrien les 10.000 miliciens pro-iraniens, rassemblés à la frontière irakienne, qui se préparent à envahir le sol syrien, sur son ordre. Leur traversée de la frontière serait un casus belli.


Abou Mahdi Al-Muhandis

Le nouveau chef d’État-major, Aviv Kohavi, est donc confronté à une nouvelle donne sécuritaire. Ces mercenaires, sous le commandement d'Abou Mahdi Al-Muhandis, irakien d’origine iranienne, appartiennent à l’Unité de mobilisation populaire irakienne (PMU), plus connue sous le nom de milice Hashd Al-Shaabi. Ces miliciens en majorité chiites, organisés et contrôlés par Kassem Soleimani, commandant de la Force Al-Quds du Corps des Gardiens de la révolution, piaffent d’impatience pour en découdre avec Israël.
Hasd Al-Shaabi à la frontière irakienne

 Les Hashd al-Shaabi regroupent 60 à 70 milices chiites, sunnites, chrétiennes, yézidies et shabaks. La grande majorité est composée de brigades chiites armées et financées par l'Iran et épaulées par des conseillers militaires iraniens. Proches du guide de la Révolution Ali Khamenei, elles ont pour objectif d’instaurer en Irak un gouvernement islamique chiite. 
Tsahal a déjà défini sa stratégie, fondée sur la force et l’anticipation, face à des troupes prêtes à être envoyées en Syrie pour renforcer les forces iraniennes. En plus de ces mercenaires, l'armée irakienne a posté dans les zones frontalières deux brigades, composées chacune de 3.000 à 5.000 hommes.
Il était urgent de faire comprendre à ces éléments venus d’Irak qu’ils ne seraient pas en sécurité sur le sol syrien car l’aviation israélienne les bombardera sans répit, malgré les mises en garde russes. Tsahal ne peut prendre aucun risque quand sa sécurité est en jeu.   
Forces irakiennes  rassemblées au poste frontière d'Al Quaïm

Pour l’instant, Israël n’est pas directement menacé par ces miliciens parce qu’ils ont été appelés en renfort par les Iraniens pour éradiquer les derniers bastions de Daesh dans les provinces de Homs et de Deir ez-Zor. La Syrie craint de plus en plus que les terroristes de Daesh ne puissent rééditer l'offensive de 2014. Mais une fois cette grande offensive terminée, Hashd al-Shaabi pourrait s’installer définitivement en Syrie pour prêter main forte au Hezbollah. Assad sait pourtant qu’il court un danger avec ces éléments incontrôlables mais il a besoin de cet appoint militaire, nécessaire pour assurer la sécurité des points de passage entre l’Irak et la Syrie.

Il feint d’ignorer que l’Iran à d’autres visées sur la région avec la réouverture de l’autoroute qui relie Damas à Bagdad pour faciliter l’acheminement par terre des armements à toutes ses milices alliées. Il est prévu que cette route soit aussi utilisée par les forces russes qui envisagent de construire une base militaire à proximité des installations américaines en cours d’évacuation.
Les unités d’Hashd al-Shaabi sont informées qu’elles pourraient être prises pour cibles par Israël et cela d’autant plus qu’elles ont été officiellement reconnues par le Parlement irakien après avoir joué un rôle majeur dans la lutte contre Daesh. Le premier ministre irakien Adel Abdel-Mahdi a confirmé que ces milices font officiellement partie des Forces armées irakiennes. Ainsi cela donne une raison majeure à Tsahal d'attaquer ces unités, même en Irak, si le danger devenait pressant.
Fateh-110

Mais un autre danger se préparait à l’horizon. Les services de renseignement avaient établi que des missiles Fateh-110, opérés par la Garde révolutionnaire iranienne, étaient pointés sur le Golan avec des lanceurs installés au sud d’Al Kisweh. Le général Qassem Soleimani a donné lui-même l’ordre de tirer un missile chargé d’une ogive de 250 kg et d’une portée de 300 km pour tester la défense israélienne. Le Fateh-110 a été intercepté par le système de défense aérienne Dôme de fer. L’urgence était donc pour Tsahal de viser les batteries de missiles.
Frappe israélienne

Les frappes ont fait plus de 21 morts dont 12 Gardiens iraniens de la révolution et de nombreux mercenaires étrangers ainsi que 4 soldats syriens. Tsahal avait pris pour cible des sites de stockage militaire de munitions et un camp d'entraînement militaire iranien dans une zone de l'aéroport international de Damas. La propagande syrienne a précisé que les défenses anti aériennes de l'armée d'Assad avaient détruit plus de 30 missiles de croisière et des bombes guidées lors des frappes aériennes israéliennes. Cette information n'a pas été confirmée par Israël.

Système Raad

Tsahal a tiré un enseignement de ces frappes car il est certain à présent que les Syriens disposent de systèmes iraniens Raad de défense anti aérienne. Les bombardements israéliens avaient pour but de les détruire pour les empêcher d’atteindre le Liban car ce transfert modifierait fondamentalement la menace au Nord.
Israël voulait aussi tester sa propre défense anti aérienne. Pour cela, il a poussé Soleimani à utiliser l’un de ses Fateh-110 qui a été immédiatement détruit par Dôme de fer ce qui représente un échec cuisant. Aviv Kohavi, à peine arrivé à son nouveau poste, est en train de peaufiner sa nouvelle stratégie vis-à-vis de l’Iran mais aussi de l’Irak qui semble de plus en enclin à s’insérer dans le conflit avec Israël. 

Mais ces frappes contre l’aéroport de Damas, qui semblent laisser sans défense la Syrie, engendrent des nouvelles menaces.  L’ambassadeur syrien à l’ONU, Bashar Ja'afari, menace de bombarder l'aéroport Ben Gourion, en «pratiquant son droit légitime de légitime défense si le Conseil de sécurité des Nations unies ne mettait pas fin aux attaques répétées israéliennes dans le pays». Tout est probable et il ne faut pas minimiser ce risque dont Tsahal doit tenir compte. Mais Israël dispose aujourd’hui du nouvel aéroport Ramon près d’Eilat qui peut servir immédiatement d’aéroport de secours.


1 commentaire:

David a dit…

Comme l'a dit l'ancien chef d'État major en parlant du Hamas : A combattre un ennemi faible on s'affaiblit. Vu les menaces redoutables auxquelles doit faire face Tsahal au nord, on peut être rassuré sur sa maîtrise de la situation et son excellence.