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mercredi 10 janvier 2018

La coalition israélienne de plus en plus fragilisée



LA COALITION ISRAÉLIENNE DE PLUS EN PLUS FRAGILISÉE
Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
            
Cabinet de sécurité

          A l’approche des élections législatives, prévues sauf anticipation pour le début de l’année 2019, les manœuvres ont véritablement commencé en Israël pour préparer la relève du premier ministre ou son maintien. Les ambitions s’expriment à présent ouvertement, au fur et à mesure que l’on approche de la décision de justice concernant les affaires dans lesquelles Benjamin Netanyahou, sa famille et ses proches sont impliqués. Les gesticulations pré électorales relèvent en fait de la guerre des clans. 



Barak-Eizenkot

            L’ancien premier ministre Ehud Barak a rencontré chez lui le chef d’État-major, Gadi Eizenkot. De là à y voir une conspiration politique, il n’y avait qu’un pas qui a été franchi. L’expert en politique politicienne Barak avait en fait tendu un piège au chef d’État-major pour faire les premières pages des manchettes. Eizenkot s’est justifié en précisant qu’il rencontrait régulièrement les anciens hauts personnages de Tsahal, même ceux qui organisent une campagne contre le gouvernement. 
          Cette affaire a perturbé le ministre de la défense Avigdor Lieberman qui entretenait d’excellentes relations avec son chef d’État-major dont il a d’ailleurs prolongé d’une année sa fonction, jusqu’à fin décembre 2018.  Lieberman aussi a l’habitude de consulter à son bureau les anciens officiers supérieurs de l'establishment de la défense, sans arrière-pensée politique, qui manifestent des inquiétudes sur la préparation et la compétence de l'armée pour la prochaine guerre.
Bitan et Amsellem

            La démission du bras droit de Netanyahou, David Bitan, chef de la coalition à la Knesset, soupçonné de fraude, d’abus de confiance et d’avoir bénéficié de pots de vin de millions de shekels, discrédite l’ensemble de la coalition gouvernementale. La révolte anti-Bibi a été lancée au Likoud. Ils sont cinq membres du parti à vouloir faire équipe pour remplacer Netanyahou comme leader mais ils n’ont pas le courage d’afficher ouvertement leurs intentions, sauf en off auprès de certains journalistes. Ils estiment que la corruption affecte le Likoud et l’ensemble de la classe politique et qu’à ce train, le parti perdrait le pouvoir aux prochaines élections. Mais Netanyahou peut compter encore sur la bataille des egos qui neutralise ses prétendants. Ces derniers préfèrent laisser l’enquête se terminer et attendent la décision du procureur de l’État avant de se prononcer. Il s’agit d’un manque de courage manifeste qui justifie leur anonymat.
Israël Katz et Netanyahou

            Si les affaires juridiques de Netanyahou s’enveniment, les cinq militants dont deux au moins ont déjà essayé dans le passé de fomenter une révolte interne en se brûlant les ailes, sont prêts à organiser une conférence de presse pour se mettre en première ligne en tant que sauveurs du Likoud : «Nous nous engageons sur une nouvelle voie. L'un d'entre nous sera choisi pour remplacer Netanyahou. Nous ne dirons pas qui encore. Nous conviendrons que l'un de nous sera choisi. Et pour Netanyahou, tout a une fin».
Guidéon Saar

            Mais nombreux au Likoud sont ceux qui refusent tout complot et préfèrent perdre les élections pour revenir en force, vierges de tout passé judiciaire. Il s’agit cependant d’un scénario pessimiste car tous les sondages mettent Netanyahou au firmament et ses compétiteurs loin derrière, malgré les manifestations de protestation de la place Rabin.

            Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, se prépare lui-aussi à se lancer dans l’arène politique après avoir eu des informations inédites que Moshé Kahlon, du parti Koulanou, envisageait de retourner au Likoud après avoir été son numéro-2. Les bombes puantes sont donc lancées entre ces deux protagonistes. Mais le combat inégal sera certainement gagné par le maire de Jérusalem, Nir Barkat, millionnaire, que ses adversaires qualifient de «politicien ambitieux, brutal, sans scrupules et manipulateur».
Les couples Barkat-Netanyahou

            Le ministre du renseignement, Israël Katz, a confirmé lui-aussi qu'il prévoit de succéder à Netanyahou : «Je prévois d'être le chef du Likoud et premier ministre d'Israël». Pas moins ! Mais il a cependant mis la réserve que ce serait au cas où Netanyahou démissionnait. 
        Le chef de Bayit Hayehudi, Naftali Bennett, vise aussi la place de premier ministre malgré sa mise en retrait volontaire mais il a tendance à indisposer le premier ministre qui sent que son poulain lorgne sur sa place. D’ailleurs, il ne se passe pas de semaine sans que des échanges acerbes soient échangés entre eux. Le Premier ministre et le ministre de l'Éducation se sont affrontés le 7 janvier au sujet du refus du Likoud de soutenir une législation visant à intégrer les institutions académiques israéliennes de Cisjordanie, l’université d’Ariel en particulier, au Conseil de l'enseignement supérieur pour permettre à Ariel d'ouvrir une école de médecine. Netanyahou a menacé de dissoudre le gouvernement si Bennett ne pliait pas.
Orthodoxes à la Knesset

            En fait ces escarmouches sont habituelles. Aucun membre du gouvernement n’est prêt à quitter le gouvernement de coalition dont les membres veulent donner l’impression d’exister et de participer à l’écriture des lois. C’est à qui aura l’initiative d’un projet minoritaire à mettre en chantier tant que l’étroitesse de la coalition permet d’imposer des mesures populistes. Il faut bien sûr satisfaire son électorat à la veille des élections. Alors les religieux orthodoxes tentent d’imposer leur vision étroite de la société en demandant la fermeture des supermarchés le samedi comme si cela gênait les fidèles de se rendre à la synagogue. Mais pour eux le chantage est de mise et les laïcs doivent se plier à leurs diktats.
            Ce fut encore le cas pour interdire le travail sur un chantier ferroviaire le jour du shabbat. Ce conflit politico-religieux a provoqué le chaos dans les transports en Israël, au point de faire trembler le gouvernement. La compagnie israélienne des chemins de fer a estimé devoir faire certains travaux d’entretien le samedi, jour le moins gênant pour les usagers des transports, avec l’accord du ministre des Transports. Mais c’était sans compter sur les orthodoxes qui ont menacé Netanyahou de quitter le gouvernement si les travaux persistaient. 13 orthodoxes à la Knesset ont imposé leur loi au pays. Le gouvernement s’est exécuté en entraînant un chaos invraisemblable puisque le train étant arrêté, les voyageurs ont dû se rabattre sur les bus avec des bouchons inadmissibles.
Netanyahou et ses deux prétendants Lieberman et Bennett

            C’est aussi le cas aussi d’Avigdor Lieberman qui veut instituer la peine de mort générale pour les terroristes alors qu’elle ne concernerait qu’une poignée de cas par an, suffisamment pour subir les critiques du monde civilisé. Il est vrai qu’il en avait fait une promesse de campagne. Or la majorité des terroristes sont éliminés par Tsahal ou se suicident. La mesure n'aurait rien de dissuasif mais elle peut rapporter des voix.
            Le gouvernement donne l’impression d’improviser selon le sens du vent et n’a plus une vision générale pour les années à venir. C’est le cas de la loi sur Jérusalem, votée à la sauvette, qui impose une majorité de 80 députés au lieu de 61 pour diviser la capitale dans le cadre d’un éventuel accord avec les Palestiniens. Netanyahou gouverne au coup par coup, au lieu de prendre à bras le corps les véritables problèmes qui touchent l’ensemble de la population. 
Elie Elalouf

          Ainsi, un seul exemple probant parmi tant d’autres : rien n’est fait pour les jeunes et les nouveaux immigrants pour leur permettre de se loger correctement à bon marché. Le député Elie Elalouf de Koulanou vient pourtant de déclarer, dans une émission de télévision à la chaîne nationale, qu’il fallait simplement construire 100 logements par an pour résorber la pénurie. Mais il n’a aucun pouvoir pour imposer ses vues bien que son parti soit membre de la coalition gouvernementale.

            Pour pouvoir gouverner, Netanyahou est forcé de faire de nombreuses concessions à ses alliés nationalistes et religieux. D’ailleurs, après sa victoire aux législatives en 2015, il avait mis du temps, après des négociations longues et laborieuses suivies de concessions politiques, pour former dans la douleur sa coalition. Et depuis, les mouvements d’extrême-droite, les nationalistes et les religieux orthodoxes, qui défendent l’extension des implantations, imposent leurs vues à coup de chantages parce que la coalition est de plus en plus fragilisée.  

2 commentaires:

Jean CORCOS a dit…

Ah si c'était vrai ... mais il y a UN responsable à ce gouvernement extrémiste, quelqu'un qui n'est pas extrémiste mais oppportuniste : Kahlon ! Qu'il quitte le navire, et cela précipitera les choses.

The Old Dreamer a dit…

Au Dieu tout puissance d'Israel fait un le prochain soit compose de gens sains d'esprit, pas corrompu et surtout pas religieux. Juste des gens normaux. Amen