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lundi 25 juillet 2016

Sur les attentats : La France et Israël par Alain PIERRET




SUR  LES  ATTENTATS : LA  FRANCE  ET  ISRAËL

Par Alain PIERRET
Ancien ambassadeur de France en Israël


Au lendemain du drame qui a endeuillé la ville de Nice, chère à mon cœur et à ma famille, les médias français se sont, d’une manière ou d’une autre, intéressés aux réactions tant des autorités d’Israël que de sa population : «la sécurité n’est pas donnée, on la construit» rapporte ainsi un universitaire de ce pays dans Le Monde daté du 23 juillet. Il aura fallu les tragédies de ces dix-huit derniers mois pour que la France se résolve à emprunter cette voie. Quatre décennies pendant lesquelles elle avait manifesté un désintérêt notoire.



Carlos

Je l’avais déjà remarqué en Yougoslavie lorsque Ilitch Ramirez Sanchez, alias Carlos, y séjourna impunément en septembre 1977 alors que, deux ans plus tôt à Paris, il avait assassiné deux inspecteurs de police. Américains et Allemands s’étonnent de notre silence. Mais c’est surtout en Israël que je pourrais constater en la matière le déséquilibre permanent de la politique qu’assurent poursuivre nos dirigeants, qu’ils soient de gauche ou de droite.

Lorsque seize personnes périssent dans un attentat contre un car sur l’autoroute Tel Aviv – Jérusalem en juillet 1989, Paris se contente de «déplore(r) profondément (cet) incident» et rappelle, comme à l’habitude, la condition faite aux Palestiniens et la nécessité de parvenir rapidement à un règlement de paix. Comme je l’ai écrit, «ces procédés abominables doivent être stigmatisés sans restriction d’aucune sorte qui vienne affaiblir la réprobation ; celle-ci doit être totale et exclusive». En 2003, le terrorisme palestinien avait déjà tué dix-neuf Français. Il faudra attendre octobre 2004 pour que Michel Barnier fasse à Jérusalem un geste en direction de ces victimes françaises.
L’occupation des territoires palestiniens est condamnable. Pour autant, devons-nous, comme le réclamait Laurent Fabius au début de cette année, reconnaître sans conditions un État souverain, en fait plutôt deux, le Hamas à Gaza ne pouvant  à l’évidence se soumettre au Fatah de Cisjordanie ? Quoi qu’il en soit, un accord de paix ne saurait être conclu sans comprendre un engagement formel des Palestiniens de renoncer à toute forme de violence.


Et, d’ici là, nous continuerons de comptabiliser les Juifs français qui préfèrent quitter le territoire national pour Israël où, comble d’une sinistre ironie, ils se sentiront davantage en sécurité.

1 commentaire:

Véronique ALLOUCHE a dit…

Ici et là dans les médias français on prend conseil auprès des experts israéliens. Ici et là, on ne réprouve plus les méthodes sécuritaires que les critiques d'autrefois jugeaient arbitraires, voire "disproportionnées" par nos chefs d'état et ministres des Affaires Étrangères. Ici et là il devient de moins en moins défendable l'idée que le terrorisme prendrait sa source dans le conflit israélo-palestinien. Que de temps perdu. Que de vies perdues pour n'avoir pas eu le courage d'affronter la réalité des faits et s'être trompé à ce point sur les intérêts de chacun.
Très cordialement
Veronique Allouche