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lundi 8 avril 2013

QATAR ET ARABIE S’AFFRONTENT SUR LE TERRAIN SYRIEN



QATAR ET ARABIE S’AFFRONTENT SUR LE TERRAIN SYRIEN

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
                

          
L'émir du Qatar et le roi d'Arabie

          La concurrence bat son plein en Syrie où les djihadistes, soutenus par l’Arabie saoudite, et les Frères musulmans épaulés par le Qatar s’affrontent par idéologie interposée. Elle entraine un conflit d’intérêt au sein même de la rébellion contre le régime de Bassar Al-Assad. Ces deux pays affichent ouvertement leurs rivalités car ils entendent garder la main sur les clans qui pourraient prendre un jour le pouvoir à la chute du régime syrien et garantir leur influence dans un pays charnière au Moyen-Orient.


  

Querelles au sein de l’ASL

Moaz Alkhatib


Ainsi le Qatar a réussi à évincer le président de la coalition nationale, Moaz Alkhatib, connu pour avoir des vues islamiques modérées, élu le 11 novembre 2012 et ancien iman de la mosquée des Omeyyades à Damas. Cette crise illustre les différences de stratégies entre le Qatar et les Frères, opposés à tout compromis avec le régime, et l'Arabie saoudite et les États-Unis qui souhaitent une solution pour mettre fin à la guerre. Alkhatib, dont la démission a été refusée par la coalition, s’était plaint qu’il ne supportait plus les pressions du Qatar sur la branche militaire de l’opposition. 
ASL

Il contestait ouvertement la mainmise des Frères sur l’ASL (armée syrienne libre) et leurs interventions politiques pour sélectionner les membres du futur gouvernement. En effet, les Frères s’étaient opposés à l’arrivée en Syrie du général Idriss de l’État-Major de l’ASL, actuellement en exil en Turquie. Alors, su un diktat du Qatar, les Frères ont remplacé Alkhatib par Ghassan Hitto en créant un malaise qui s’est exprimé par la déclaration du coordonnateur politique Louaï Mouqdad : «Nous, l’ASL, ne reconnaissons pas Ghassan Hitto comme premier ministre car la Coalition nationale ne l’a pas choisi par consensus».
Ghassan Hitto

            Les États-Unis étaient partagés entre les deux dirigeants. L'un kurde,  Ghassan Hitto, vierge de tout passé politique syrien et disposant aussi de la nationalité américaine, qui s’est attribué le siège de la Syrie au sommet de la Ligue arabe à Doha. Mais ils avaient aussi apprécié l'activisme d'Alkhatib qui avait proposé une négociation avec certains membres du clan Assad qui «n’ont pas de sang sur les mains» pour débloquer la situation. La France misait aussi beaucoup sur ce personnage capable de garantir l’usage des livraisons d’armes à la rébellion. Il avait assuré Paris et Londres qu’il interdirait que ces armes parviennent aux djihadistes de plus en plus présents parmi l’opposition. 

Destination des armes


Les européens réunis à Dublin les 22 et 23 mars ont affiché leur scepticisme sur les capacités d’Alkhatib à maitriser la destination des armes. La situation risquait de s’envenimer car cela pouvait inciter Bassar Al-Assad à utiliser les armes chimiques contre une rébellion surarmée. Ils craignaient surtout que ces armes, parvenues aux mains des djihadistes, leur donneraient tous les moyens  pour créer, selon leurs voeux, un émirat islamique à Damas à la chute du régime.
Tunnel à Damas

            Le Qatar a compris le risque de la présence croissante des djihadistes au sein de la rébellion. Il a donc convaincu les brigades Azzedine Al-Qassam de Gaza d’apporter une aide concrète à l’Armée Syrienne Libre dans l’est de Damas en leur proposant leur expertise dans la construction de tunnels en centre-ville pour contrer l’aide fournie à Bassar Al-Assad par le Hezbollah libanais et l’Iran et pour préparer une attaque de grande envergure. Cela confirme ainsi le revirement du Hamas, autrefois allié fidèle de la Syrie qui l’hébergeait et le finançait. Il a définitivement changé de camp. 

Implication du Hamas


Des sources de renseignements révèlent que les brigades Azzedine Al-Qassam ont formé des unités dans les quartiers tenus par les rebelles de Yalda, Jaramana et Babbila. Cette implication confirme ainsi que le Hamas a complètement coupé le cordon avec le régime syrien et fait allégeance à son nouveau maitre, le Qatar. Les rebelles apprécient ces combattants bien formés venus de Gaza, dont certains ont acquis de l’expérience pour s’être mesurés aux israéliens. Ces sources confirment que des centaines de membres du Hamas se battent aux côtés de l’ASL dans les camps palestiniens de Yarmouk à Damas et Neirab à Alep. 
Rebelles à Yarmouk

   Cependant le Hamas ne tient pas à insulter l’avenir et il nie ces évidences : «Nous n'avons pas à interférer dans les problèmes internes de la Syrie. Nos membres sont des civils, des palestiniens vivants en Syrie, qui vivent avec leur famille. Depuis le début de ce qui s'est passé en Syrie, nous avons rejeté en tant que mouvement toute implication de tout palestinien dans les événements actuels en Syrie.» Par réaction à cette aide, le gouvernement syrien a décidé d’envoyer des milices irrégulières s’entrainer au combat de guérilla dans une base secrète en Iran, afin de compenser les défections de ses combattants.

            Mais l’Arabie saoudite n’est pas en reste. Elle a décidé d’apporter elle aussi une aide matérielle, acheminé via la Jordanie, aux djihadistes de l’opposition syrienne qui combattent le régime de Bachar el-Assad.  Elle affronte ainsi de manière indirecte le Qatar qui prend de plus en plus d’importance dans la région. La Syrie est devenue le champ clos d’affrontement entre les deux monarchies pétrolières qui n’hésitent plus à créer des troubles, parfois sanglants Le combat entre Frères et djihadistes, qui a été initié dans la bande de Gaza, est à présent soutenu par des pays riches en pétrodollars qui disposent de moyens illimités pour un affrontement entre peuples arabes.

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