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samedi 27 octobre 2012

ÉLECTEUR ASHKÉNAZE OU SÉFARADE : UNE SURVIVANCE DE L’EXIL





ÉLECTEUR ASHKÉNAZE OU SÉFARADE : UNE SURVIVANCE DE L’EXIL

Par Jacques BENILLOUCHE 

copyright © Temps et Contretemps


Dirigeants du Shass

  La campagne électorale qui s’ouvre en Israël sera l’occasion de tous les excès et de toutes les déviations pour atteindre le cœur des électeurs ou plutôt leur bulletin de vote. La fusion des listes Likoud et Israël Beiteinou a été l’occasion pour les orthodoxes du Shass de faire une déclaration dont le thème est d’un autre âge, comme d’ailleurs le parti lui-même qui persiste à mêler religion et politique au détriment bien sûr de ce qui est purement saint.



Craintes du Shass
Grand Rabbin séfarade d'Israël Shlomo Amar

La recomposition de la droite gêne le parti Shass qui déclare ouvertement sans complexe que Likoud Beiteinou est «le parti des ashkénazes et que nous sommes les défenseurs des sépharades ». Cette distinction fait pourtant partie de l’histoire révolue du peuple juif en Diaspora et la raviver, à des fins politiques, constitue une preuve que les arguments politiques manquent à un parti bâti uniquement sur le spirituel. Les indulgents qualifieront de maladresse une volonté bien affirmée de se distinguer.
     Certains seraient intéressés à connaître la différence cultuelle entre un rabbin ashkénaze et un rabbin séfarade en Israël, excepté l’accent. Plus de soixante ans après la création de l’Etat juif, la dichotomie héritée du temps de l’exil s’estompe alors que certains cherchent à l’amplifier. La modernité voudrait que l’union religieuse des juifs s’impose autour du seul texte sacré, en dehors de toute référence au passé. D’ailleurs l’existence en Israël de deux grands rabbins est à elle-seule une anomalie anachronique.

Ségrégation

Bourguiba et Charles Haddad


Cette ségrégation entre orientaux et occidentaux avait été érigée en système en Tunisie, au début du siècle dernier, où deux communautés antagonistes vivaient dans la séparation totale avec deux cimetières, deux Grands rabbins, deux organismes de communauté concurrents et des frontières infranchissables. Les Granas voulaient se distinguer des Touensas, plus proches du peuple et de la misère et éloignés de la modernité. Mais la réunification imposée par Maitre Charles Haddad président des communautés juives, eu lieu au bénéfice de tous les juifs tunisiens.
Même dans la connaissance talmudique approfondie, les séfarades n'ont pas à rougir car le fossé culturel a été comblé depuis longtemps. Dès le IXème siècle, le rabbin tunisien de Kairouan, Khananel Benkhoushiel, avait rédigé le premier commentaire du Talmud de Babylone tandis que le commentaire arabe achevé en 1168 par Moïse ben Maïmon fait encore autorité parmi les juifs sans distinction.
Synagogue de Tunis
   
Depuis les années 1960, les juifs ont aboli cette distinction en France car le mixage a permis de revivifier une communauté qui se serait éteinte si les nord-africains n’étaient pas venus la consolider. La nouvelle génération s’identifie en s’estimant uniquement juive, parfois sioniste, mais la notion d’orient et d’occident est un concept effacé. A la rigueur, subsistent encore les différences culinaires mais, même dans ce domaine, les échanges sont flagrants et les frontières abolies. Il n’est pas rare que le couscous remplace le guefiltefish à la table d’un juif de l’Est. 

Réminiscence du passé

Rabbins hassidiques

La nature du juif le pousse à toujours chercher à se distinguer de ses semblables et de vouloir être différent dans sa propre synagogue, sa propre communauté et sa propre association. Mais en voulant imposer cette distinction de manière officielle, en Israël,  on laisse perdurer des réflexes des temps anciens et révolus. La réminiscence permanente du passé n’intervient pas comme une volonté de maintenir intacte les racines mais comme un moyen d’ériger un mur entre les juifs. Autant le maintien des traditions dans la diaspora était une exigence pour la survie du peuple juif, autant cette distinction entre séfarades et ashkénazes n’a plus de raison d’être. Israël s’est enrichi du mélange des cultures et des mixages ethniques et il n’est plus dans l’air du temps de relever les différences car dans Tsahal, les blancs et les noirs, les orientaux et les occidentaux portent la même tenue pour défendre le pays.
Le parti Shass veut faire diversion car il craint pour ses résultats électoraux. Mais cette séparation, qu’il veut ériger en argument électoral, consolide les stigmates de la division et donne du poids aux rabbins lituaniens qui imposent leurs vues et encouragent le maintien d'une ségrégation dans le réseau officiel éducatif. Des incidents récents ont d'ailleurs montré que les anciens réflexes ne sont pas totalement abolis et que ces passéistes vivent enfermés dans leurs "shtetel" psychologique et idéologique, dans le passé au lieu de vivre le présent. 
Il faudrait qu'en Israël, cette classification des juifs entre orientaux et occidentaux disparaisse définitivement pour laisser place à une seule identité, l'identité juive.
  
  


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bhouuuu!
Il ya longtemps qu'ici en France les ashké et les seph ont eu des enfants ensemble!
Le système proportionnel n'est pas un bon système:
Il permet à une toute petite minorité de faire la loi;
Le scrutin majoritaire à deux tours appliqué en France est certes brutal mais il permet de gouverner

סוגזשעסט.1

sitbon a dit…

Les ashkés infiltrés par le mariage dans ma famille croient se retrouver parmi des barbares. Ils n'ont pas tort. Dans notre judaïsme, 95% de traditions plus des brindilles de spiritualité. Nous mettons la circoncision, les boulettes du chabbat et le jeune de kippour dans un même panier. Nous chantons à toutes les cérémonies "kolou men aadanna" tout est dans notre tradition. Vous nous enlevez la tradition, il ne nous reste plus rien.