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mercredi 4 avril 2012

GUYEN-TV TUNISIE-ISRAËL : PAS DE NORMALISATION


GUYSEN-TV TUNISIE-ISRAËL : PAS DE NORMALISATION

Par Jacques BENILLOUCHE



Il est une constante dans les pays arabes, la Tunisie ne déroge pas à cette règle, qui consiste à détourner l’attention de la population sur les problèmes intérieurs en choisissant le consensus arabe du combat contre Israël. Les islamistes tunisiens avaient été discrets pendant la révolution, laissant faire le travail par les autres mais surtout laissant croire qu’ils ne s’intéressaient pas au pouvoir. Le mot d’ordre avait été donné aux militants et aux cadres d’Ennahda, aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger, de garder un profil bas. Il s’agissait de ne pas effaroucher les tunisiens qui venaient de recouvrer leur liberté après des dizaines d’années de dictature totalitaire.


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Sionisme et judaïsme

Rached Ghanouchi, chef du mouvement islamiste Ennahda, vainqueur des élections du 23 octobre 2011, a déclaré le 31 mars : «qu'il ne peut y avoir de normalisation avec Israël. Le problème des tunisiens est avec le sionisme et non avec le judaïsme». Selon lui, «le seul moyen permettant aux palestiniens de récupérer leur terre est la victoire des régimes démocratiques dans le monde arabe ». Le problème est qu’il n’y a pas beaucoup de régimes démocratiques arabes dans le monde, sinon aucun.
Les tunisiens persistent dans une position dogmatique alors que, proches des occidentaux, ils n’ont tiré aucun profit en s’alignant sur les dictatures arabes et sur les potentats féodaux. Pourtant la situation économique est critique, le feu couve à la maison et le nouveau régime ignore le pragmatisme. La Tunisie, qui déverse sur son marché chaque année 80.000 nouveaux diplômés des universités qui rejoignent la cohorte des chômeurs, aurait tout à gagner de l’expérience d’un jeune pays qui, en 60 ans, a rejoint l’élite de la haute technologie. Mais la politique a pris le dessus au nom des principes éculés découlant de la création de l’Etat d’Israël. La Jordanie et l’Egypte ont maintenu leurs relations diplomatiques. Le Maroc se montre discret quant il s’agit d’Israël car il tient à ses milliers d’israéliens qui le visitent et au développement de ses affaires avec les entreprises américaines. Mais la Tunisie veut être plus royaliste que le roi.
Economie en berne

La Ghriba à Djerba

La révolution a tué l’an dernier le tourisme en Tunisie alors que la seule manifestation du pèlerinage de la Ghriba à Djerba déversait des milliers de juifs venus de France, d’Israël et même du Canada. Ces déclarations d’un islamiste, qualifié de «modéré», éloigneront cette année encore tous ceux qui apportaient des devises précieuses au pays durant les grandes vacances. Des israéliens d’origine tunisienne qui avaient l’habitude de visiter le pays sans entrave et sans visa ont été empêchés d’entrer en Tunisie le 30 mars, selon une déclaration de Roger Bismuth, président de la communauté juive en Tunisie. Ces six touristes ont été obligés de quitter le pays, après une nuit passée à l’aéroport de Tunis-Carthage.
Les nouveaux dirigeants n’ont pas compris qu’en attaquant Israël, ils attaquaient tous les juifs du monde, sensibles à manifester leur solidarité. La Turquie avait déjà fait les frais avec l’éloignement des américains des villages de vacances. Les sociétés étrangères n’aiment pas les déclarations belliqueuses et s’inquiètent des risques de conflit. Le silence et le calme les rassurent. Or 120 sociétés, liées à des investisseurs occidentaux et juifs, ont quitté la Tunisie faisant passer le taux de chômage de 14 à 19%. Les hôtels tunisiens sont désertés par les touristes européens pour une perte de chiffre d’affaires de 50%.
Inquiétude américaine

Rached Ghanouchi n’inquiète pas uniquement les israéliens mais les  américains qui n’acceptent pas les attaques contre leurs alliés. Les résultats se font d’ailleurs immédiatement sentir. Amel Bouchmawi Hammami, présidente de la Chambre du commerce tuniso-américaine, a déclaré que seules 77 entreprises américaines s’étaient installées en Tunisie mais «malgré son importance et son employabilité (14.000 postes de travail), ce nombre d’entreprises reste au dessous de nos ambitions et de nos efforts comme il est très minimal par rapport au nombre des entreprises américaines dans la région d’Afrique du nord et du Moyen-Orient».
Alors que la crise sévit dramatiquement en Tunisie, le nouveau régime n’a pas assimilé la stratégie des investisseurs occidentaux qui détestent les pays instables politiquement et ceux qui défendent leurs dogmes avant les intérêts de la population. Israël tend toujours les mains aux pays qui veulent le reconnaitre et commercer avec lui. Contrairement aux Grands, c’est un petit pays qui ne s’ingère pas dans la politique intérieure en échange de sa coopération et il met ses techniques d’énergie renouvelable solaire ainsi que les techniques d’arrosage à la disposition des pays émergents.
Mais la Tunisie refuse de se compromettre avec Israël au nom de la solidarité avec les palestiniens. Sa posture est peut-être digne mais certainement stérile. Elle n’a en tout cas pas entendu le message du fondateur de la République, Habib Bourguiba, qui avait une position iconoclaste sur le problème israélo-palestinien et qui avait estimé que la "grande lutte" était d'abord la lutte économique comme il avait précisé dans la vidéo suivante. Il avait mis l'accent sur l'éducation et il avait réussi puisque le nombre de diplômés est l'un des plus denses des pays arabes. La Tunisie aurait pu être la tête de pont d'une "silicon valley" nord-africaine avec une collaboration israélienne qui pouvait lui ouvrir les marchés américains. Elle préfère s'enfoncer dans un islamisme pur et dur et vouer aux gémonies l'Etat juif dans une attitude stérile. 

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