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mardi 29 novembre 2011

ROGER ASCOT : UN SIONISTE PRAGMATIQUE




ROGER ASCOT : UN SIONISTE PRAGMATIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE

                 

           J’ai connu Roger Ascot, Roger Askolovitch, en 1962. Je militais alors à l’Union des Etudiants Juifs de France installée alors rue Lalande, à Paris. C’était l’époque où une minorité, le groupe d’Orsay, avait suivi Manitou dans l’approche d’un judaïsme religieux et biblique. La grande majorité était constituée de partisans de la gauche pure et dure, inspirée alors par l’UNEF au point où l’UEJF brillait par une l’absence de référence à l’Etat d’Israël et au sionisme.
            J’avais alors cherché, avec mes maigres moyens, à instiller une dose de sionisme auprès de militants très politisés à gauche, alors que la Guerre d’Algérie se terminait. Roger Ascot, directeur de la Fédération sioniste, ayant eu vent de mes rêveries solitaires, m’avait convoqué dans son bureau du boulevard Bonne Nouvelle, en présence de Yéhouda Nir, représentant de l’Agence Juive. Il voulait que je prenne la responsabilité des étudiants sionistes. Malgré mes activités extra-universitaires et mes études, j’avais succombé à sa proposition tant il mettait de l’énergie à l’exposer et à me convaincre.

Etudiants sionistes

            Nous avions alors établi un programme pour la création de la fédération étudiante sioniste chargée d'organiser des réunions pour sensibiliser les étudiants au problème d’Israël. Il y croyait et sa fougue était communicative. Nous n’avions pas entièrement réussi à mobiliser la totalité des étudiants juifs mais nous avions suscité, avec Elie Oiknine (Elie Kenan) une collaboration entre  l’UEJF de Paris et le groupe ODED, chargé de favoriser les études universitaires des sépharades en Israël par l’octroi de bourses. Les relations avec l’Agence Juive n’étaient pas alors du goût des dirigeants estudiantins de l’époque
            Roger Ascot m’avait introduit à la «Terre Retrouvée» où j’ai fait mes premières armes de journaliste impétueux qui critiquait la passivité des notables juifs intéressés alors plutôt aux honneurs qu’à l’action. Il m’avait appris la modération dans mes propos et dans mes mots si «je voulais être lu par le plus grand nombre de lecteurs». 
           Roger était un sioniste pragmatique qui privilégiait l’efficacité à la parlote. Ses conseils m’avait permis de faire mon entrée dans le monde du vrai journalisme dans le quotidien «L’information d’Israël». Il était le premier à lire mes chroniques avant qu’elles ne paraissent et il m’avait aidé à corriger mes erreurs de débutant et mes défauts de jeune impulsif. C’était un homme de plume et il m’avait communiqué son goût du verbe et des belles phrases.
            Nous avions mis ensemble quelques balises sionistes qui avaient trouvé leur paroxysme avec l’élan des jeunes juifs à l’occasion le la Guerre des Six Jours. Sa mission de directeur de la Fédération sioniste avait marqué la solidarité active de la jeunesse juive face à la montée des périls en 1967. Longtemps proche des courants sionistes de gauche et du Parti socialiste, admirateur de François Mitterrand, il avait condamné la lente trahison des idéaux de gauche par les hommes de pouvoir. 
       Alors que je venais de Tunisie, sans formation politique et sans culture, il avait été mon inspirateur pour me faire aimer les lettres et la politique et pour m'insuffler les idées de bases du travaillisme et du courant sioniste de gauche.Je lui dois aujourd'hui le droit de m'exprimer avec des mots qu'ils n'auraient jamais désavoués.
 

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