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vendredi 18 novembre 2011

LES PAYS CHRETIENS D'AFRIQUE ONT BESOIN D'ISRAEL





LES PAYS CHRETIENS D'AFRIQUE ONT BESOIN D'ISRAEL

Par Jacques BENILLOUCHE


Le premier ministre kenyan, Raila Odinga, à Jérusalem

          Le ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman, boudé par l’Europe, avait décidé de revigorer les relations avec le continent noir où sa présence ne pose pas de problème. A l’occasion de ses visites au Kenya, au Ghana, au Nigeria puis en Ouganda, il avait profité de signer de nouveaux contrats. Mais son objectif principal consistait à mettre en garde ses interlocuteurs africains sur le danger d’une nucléarisation de l’Iran qui risque d’avoir des répercussions dans leur propre région.

Une brèche dans le mur

                La diplomatie israélienne avait abordé l’année 2008 dans une conjoncture favorable. La  reprise diplomatique avec de nombreux pays, autrefois frileux, ouvrait alors une brèche dans le mur diplomatique érigé par les pays arabes et africains. La crainte que font peser les terroristes islamistes sur une communauté inquiète d’une déstabilisation rampante n’est pas étrangère à ce changement de cap. Certains pays africains ont par ailleurs vu, dans ces relations, le moyen de s’émanciper de l’aide de leur tuteur colonial. Ils appréciaient chez Israël son expertise dans les domaines industriels, ses expériences réussies des cultures dans les zones arides et surtout sa gestion de l’eau grâce à la haute technicité de son système d’arrosage automatique. 

L’assistance militaire, sans contrepartie politique contraignante, permettait la mise à niveau d’armées aux embryons modestes. L’État juif présentait alors une image moins arrogante que celle des pays coloniaux qui avaient rechigné à se dégager de leurs intérêts africains. Les entreprises israéliennes, concurrentes des européennes, avaient ainsi raflé les appels d’offres pour la construction d’aéroports, de routes, de ponts et de bâtiments officiels.

Projets communs

                Depuis 1980, la majorité des pays africains, soupesant où se situait leur intérêt personnel, décidait de renouer les liens avec Israël. Des milliers de stagiaires africains viennent s’y perfectionner. Une seule situation paradoxale subsiste puisque l’O.U.A (Organisation de l’Union Africaine) refuse encore de normaliser ses relations avec Israël en raison du boycott décrété par une organisation soumise «au fanatisme et à l’extrémisme» de certains de ses dirigeants.

                Ignorant ces échecs relatifs, Israël a continué le développement de grands projets communs comme la construction d’un hôpital à Nouakchott ou la mise en place d’un système de radars au Congo-Brazzaville pour sécuriser la navigation maritime. Certes les moyens mis en œuvre sont modestes par rapport à ceux des puissances pétrolières mais leur efficacité leur donne plus de relief. L’activisme dont a fait preuve Jérusalem au Darfour, en fournissant en particulier une aide humanitaire aux victimes, a transformé en actes des engagements verbaux.

                Les pays africains, sensibles au projet d’émancipation industrielle, avaient maintenu les échanges économiques malgré le virage pris à 180° sur injonction arabe. Ils ont su distinguer les États arabes modérés et réalistes de ceux qui persistaient dans leur chantage financier. Les dirigeants africains avaient en fait identifié leurs vrais ennemis, les terroristes islamistes et, pour s’en protéger, avaient décidé de ne plus vouer aux gémonies l’État d’Israël.

Alliance contre le fondamentalisme
Odinga et Netanyahou à Jérusalem

            Dans cet esprit le premier ministre kenyan, Raila Odinga et le président ougandais Yoweri Museveni, viennent d’achever une visite en Israël. Ils ont exprimé leurs préoccupations au sujet de la montée en puissance des islamistes radicaux sur le continent, en particulier dans l'Est. Yoweri Museveni a souligné que l'Ouganda était un pays chrétien pollué par l'islam radical tandis que Raila Odinga s’est montré inquiet de l'infiltration constante de radicaux islamiques de Somalie. Avec les encouragements du président Shimon Pérès et du premier ministre Benjamin Netanyahou, le premier ministre keynyan a accepté d’être le maître d’œuvre  d’une alliance avec l’Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie et le Sud-Soudan pour freiner la propagation de l’islam fondamentaliste dans les nations africaines, peuplées de 138 millions d’habitants, où existe une majorité de chrétiens. 

Israël a accepté de fournir à ces pays des drones, des vedettes navales rapides et un équipement de surveillance en vue d’aider le Kenya d’abord, puis les autres pays africains, à «les débarrasser des éléments islamistes terroristes» et à contrer l'expansion iranienne. Un haut fonctionnaire kenyan a précisé que «Le premier ministre Odinga et le ministre de la sécurité intérieure ont discuté  de la façon dont les israéliens peuvent être impliqués dans des formations de sécurité pour les kenyans et sur la façon de traiter avec la terreur. Le Kenya a besoin d'Israël pour la fourniture de véhicule pour les patrouilles aux frontières et d'équipements pour la surveillance maritime afin de lutter contre la piraterie au large de la côte est-africaine ».

Le Kenya souffre en effet de lacunes dans sa sécurité et il subit le chantage des combattants d’Al-Shabab qui ont décidé de s’en prendre au Kenya tant qu’il ne retirera pas ses troupes de Somalie. Ces rebelles dénoncent l’entrée de centaines de soldats kenyans en Somalie, appuyés par des hélicoptères et des chars, pour bombarder les camps d'al-Shabab, ce qui est démenti par Nairobi. Le groupe Al-Shabab a été lié à plusieurs enlèvements récents au Kenya, en particulier le kidnapping d’une femme âgée française, souffrant d'un cancer, et décédée depuis.

L’inquiétude s’accroit donc dans certains pays africains soumis au terrorisme d’Al Qaeda et à la pression et à la capacité de nuisance de l’Iran qui cherche à installer ses pions dans le continent africain. Le besoin d’armes sophistiquées exige donc un appel au cinquième fournisseur mondial d’armes. Les deux dirigeants de ces pays est-africains comptent utiliser Israël comme bouée de sauvetage dans la lutte contre les extrémistes musulmans. L’impact politique pour Israël est important car il s’achemine ainsi vers une période idyllique avec l’Afrique comparable à celle des années 1960.

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