Je n’ai jamais été un militant. Persuadé que tôt ou tard je pouvais être sommé de penser et d’agir contre ma raison, je n’ai formellement adhéré à aucun groupement. En outre, si j’avais fait partie d’un mouvement quelconque, révolutionnaire ou nationaliste, par exemple, j’aurais été de ces militants qui continuent la lutte après la victoire.

Albert MEMMI

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mardi 3 décembre 2019

Comme la France au Mali, Israël dispose de commandos d'élite Shaldag


COMME LA FRANCE AU MALI, ISRAËL DISPOSE DE COMMANDOS D’ÉLITE SHALDAG

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
            

          Quand on voit cette cérémonie émouvante des 13 corps de soldats qui ont donné leur vie à leur pays, nous sommes automatiquement renvoyés à ce qui se passe chez nous en Israël où la fine fleur de la jeunesse risque sa vie tous les jours. Souvent raflés à la fleur de l’âge alors qu’ils cherchent à défendre la vie tandis que d’autres distribuent la mort, ces jeunes soldats d’élite nous donnent des cours de nationalisme pendant que leurs pères perdent leur temps dans des joutes politiques stériles.
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Le président de l'Etat reçoit quelques commandos Shaldag

            Ces 13 soldats français ressemblent aux membres israéliens des unités d’élite, de la même trempe, tous volontaires, qui dès l’âge de 13 ans avaient déjà choisi le chemin qu’ils s'étaient tracés. Ils connaissent la peur car ce sont des êtres humains, mais ils ont appris à la maîtriser, à la dompter pour qu’elle ne les empêche pas d’aller au bout de leur mission. Pour eux, ne pas connaître la peur c’est être un automate qui ne réfléchit plus et qui rate tout ce qu’il entreprend. Ces jeunes côtoient le danger tous les jours parce que c’est leur volonté et que la nation a besoin d’eux.

            L’unité Shaldag est l’une des trois meilleures unités d’élite dont la sélection est la plus draconienne. Ces robocop perdent définitivement leur identité et leur visage pour n'être qu'une lettre de l’alphabet, la première lettre de leur prénom. Ils acceptent de passer dans l’ombre alors que le propre de l’homme est d’accaparer les honneurs, au-devant des médias. Ils deviennent les seuls, avec quelques autres, à se féliciter de leurs missions mais dans le cadre strict de leur anonymat. Plus de Facebook, plus de photos, plus de relations sociales à part celles de leur clan réduit à la plus simple expression pour des raisons sécuritaires.  
Martin-pêcheur

            L’unité Shaldag porte le nom du martin-pêcheur, oiseau qui a la réputation de repérer calmement sa proie depuis son perchoir, pour ensuite plonger en percutant violemment la surface de l'eau, en l'attrapant et en avalant la tête la première dans le sens des écailles.  L'unité commando d’élite de l’armée de l'air israélienne, faisant partie des forces spéciales, veut s’identifier à cette image face à ses ennemis. Penser calmement, décider vite, puis cibler avec efficacité. Les jeunes qui en font partie ont la même trajectoire de ceux qui sont tombés au Mali. Ils interviennent souvent aux delà des frontières, après avoir été parachutés dans des environnements hostiles, pour mener une reconnaissance spéciale, pour établir des zones d'assaut ou des aérodromes, pour marquer avec des pastilles électroniques des futures cibles pour que leurs collègues aviateurs ne les ratent pas et surtout pour leur éviter les dégâts collatéraux.
Glock 17

            Ils ne se séparent jamais de leur fusil d’assaut M16 et de leur pistolet Glock 17 dont ils se servent rarement car leur rôle en territoire ennemi est de ne pas se faire repérer. Ils subissent pendant 22 mois à la fois une formation de fantassin et de parachutiste, et même de tireur d’élite capable aussi de vivre plusieurs jours en milieu hostile sans l’aide de la population. Leur formation comprend des exercices pointus de navigation, conçus pour fournir une expérience de navigation étendue tout en élevant une tension physique intense résultant de longues marches forcées avec des poids lourds. Ils ont déjà avalé des kilomètres dans la nuit, dans le soleil, ou dans la pluie. Ce sont des experts en opérations aéroportées avec des hélicoptères de combat. Rarement tête brûlée, on leur demande de la finesse et de la réflexion car une de leurs missions principales est la reconnaissance et la collecte de renseignements. Bien sûr, en cas de danger, ils savent tuer un ennemi d’un seul coup de poing bien placé.

            Leurs missions sont secrètes et leur visage définitivement caché pour ne pas être reconnus en mission. Leur uniforme n'a aucun signe distinctif. En permission en ville, ils circulent en civil et dans les bases ils vivent à part pour ne pas être repérés par les "soldats ordinaires". Très peu d’actions sont rapportées car le secret est l’élément essentiel de leur succès mais aussi de leur survie. Seules quelques missions spectaculaires ont été révélées au public, mais les 90% autres sont restées dans l’Histoire de l’unité. Avec le temps, Shaldag a révélé ses missions de différentes nature comme l’opération Litani de 1978 qui l’a mené en mission de reconnaissance en territoire ennemi ou l'opération Moïse de 1984 au Soudan, coordonnée entre Tsahal, la CIA et l'ambassade des États-Unis à Khartoum pour permettre le transfert clandestin des réfugiés juifs éthiopiens du Soudan vers l'État d'Israël.
            Les 24 et 25 mai 1991, sous le commandement de Benny Gantz, Shaldag a assuré le pont aérien de 14.000 Juifs éthiopiens d'Addis-Abeba vers Israël. Au cours de la première Intifada, les membres de Shaldag ont été les premiers à organiser des opérations d'infiltration en se déguisant en civil arabe dans les territoires palestiniens, avant de transférer cette responsabilité à l’unité spécialement conçue pour cela, l'unité Duvdevan.
Opération Salomon

            Au cours du conflit de 1982-2000 dans le sud du Liban, Shaldag a pris part aux opérations qui ont permis de repérer et de marquer rapidement les escadrons de roquettes du Hezbollah suffisamment tôt pour que l’armée de l’air israélienne puisse les éliminer. Au cours de la guerre du Liban en 2006, Shaldag a effectué le raid du 1er août sur Baalbek. Déposés par hélicoptères à minuit, les commandos Shaldag se sont dirigés vers le nord, dans le quartier de Sheikh Habib, afin d'arrêter les membres présumés du Hezbollah. En route, ils ont rencontré quatre islamistes armés et se sont défendus en les éliminant. Durant l’opération, 19 miliciens du Hezbollah ont été tués, sans faire de victimes israéliennes.
            En 2007, Shaldag a participé à l'opération Orchard qui a détruit le réacteur nucléaire syrien. L'unité a infiltré un dépôt souterrain près du site contenant le réacteur nucléaire pour désigner la cible aux aviateurs qui l'ont détruit.
            Alors quand on voit ces cercueils alignés, il est difficile de ne pas trembler, pour ces jeunes, pour nos jeunes qui vivent le danger au quotidien. Et l’on se met à songer aux mères, aux pères, aux frères, et aux épouses qui risquent un jour de devoir pleurer celui qui a choisi volontairement de participer à la défense du pays contre les barbares islamistes qui privilégient la mort plutôt que la vie. Nous connaissons autour de nous beaucoup de ces jeunes héros qui n’aiment pas qu’on les appelle ainsi parce qu’ils abandonnent le confort douillet pour servir leur pays par opposition aux jeunes religieux orthodoxes qui se planquent dans leurs écoles talmudiques pendant que d’autres s’acharnent à les protéger.
            Israël vient de risquer la même catastrophe qu'en France mais un miracle est intervenu ce jour du 27 novembre 2019 où un hélicoptère CH-53 de l'armée de l'air israélienne a été détruit par un incendie après que son moteur se soit enflammé pendant le vol. L’avion a atterri d’urgence dans le nord du désert du Néguev. Les onze commandos Shaldag à bord et deux pilotes, treize soldats aussi, chiffre du malheur, n'ont pas été blessés et ont échappé à une mort certaine sans le sang-froid des pilotes face à un dysfonctionnement technique du moteur.
            En cette période de deuil français et d’incertitude en Israël, laissons à Maxime Tandonnet le mot de conclusion : «Il n’y a qu’une certitude : les treize sont morts pour la France, dans l’accomplissement de leur devoir, le devoir un mot sacré, qui se dispense de tout hommage, le seul peut-être qui vaille le sacrifice d’une vie. Et notre chagrin pour eux et leurs proches est indescriptible». Souhaitons que nous n’ayons pas de jeunes de Shaldag à pleurer en Israël.

7 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Il est évident qu'Israël possède les unités l'élite les plus performantes au monde. Mais cela ne sera pas suffisant pour lutter contre l'islamisme sunnite de Téhéran qui soutient le Hamas, et qui tente de reproduire à Gaza ce qui a été réussi par le Hezbollah au Liban.
Et voilà Israël pris entre deux fronts, comme dans un étau : d'un côté le Hamas qui, pour l'instant, accepte de négocier, mais jusqu'à quand ? Et de l'autre, la lutte sans merci et fort coûteuse qu'il est obligé de mener contre le Hezbollah en Syrie et au Liban.
"C'est tout le problème de l'État hébreu et de son modèle démocratique qui ne joue pas avec les mêmes règles que ses ennemis..." conclut Antoine Colonna, envoyé spécial de V.A. en Israël.

Très cordialement.

jbs125@hotmail.fr a dit…

Chère Marianne ARNAUD, permettez moi d'apporter une petite rectification : a Téhéran, je crois que l'Islam est chiite et non sunnite.
Ce n'est pas nouveau, Israël a toujours été entouré de pays arabes hostiles cherchant à le détruire...faisons confiance et ne laissons pas nos craintes, légitimes bien sur, nous transformer en pessimistes.

andre a dit…

Super intéressant ! Cet article m’a donné des informations que je n’ai lues nulle part . Bravo ! On peut penser qu’un jour on fera un film avec Shaldag et ses soldats magnifiques .
Bravo M. Benillouche ça c’est vrai journalisme !
André Simon Mamou Tribune Juive

Marianne ARNAUD a dit…


@jbs125

Je vous remercie d'avoir rectifié mon erreur. Malheureusement restent les deux mâchoires de l'étau : la charte du Hamas qui affirme : "la terre de Palestine est une terre islamique", et le DIP (Djihad islamique palestinien) qui prévoit l'instauration d'un califat en Palestine débarrassé de toute présence non musulmane.
Mais vous avez raison, il faut qu'envers et contre tout, les Israéliens fassent confiance à leur armée qui est une des meilleures au monde.

Cordialement.

Patrick a dit…

Quel est l intérêt de mentionner Gantz?
Hélas nous avons aussi l experience dramatique des deux hélicoptères qui se percutent avec un nombre effroyable de morts en1998 sauf erreur.

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@Patrick,

Pourquoi mentionner Gantz ?

Vous avez peut-être remarqué si vous avez lu l’article, ce dont je doute, qu’il traite de l’unité d’élite Shaldag. Or de 1989 à 1992 il a été commandant de cette unité d’élite et à ce titre il a dirigé en 1991 l’une des opérations les plus spectaculaires d’Israël consistant à amener dans le pays des centaines de milliers de «Falashas» voués à la mort en Ethiopie.

Et oui, cet "incapable et incompétent" a fait des bonnes choses!

David a dit…

Super article, très bien documenté comme d'habitude.
Heureusement que ces héros sont là pour protéger et défendre Eretz Israël !