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lundi 8 juillet 2019

Israël, victime expiatoire du conflit Iran-Etats-Unis



Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps

Et le bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel sera placé vivant devant l'Éternel, afin qu'il serve à faire l'expiation et qu'il soit lâché dans le désert pour Azazel (Lévitique 16, 10).
Dans son conflit avec Donald Trump, l’Iran considère Israël comme responsable de tous ses déboires avec les Américains, a fortiori si une guerre éclatait entre eux. L’État-major israélien tient donc compte de la probabilité d’une guerre totale qui impliquerait Israël. Les Iraniens se sentent rassurés face à la dernière reculade américaine interprétée comme un signe de faiblesse.


Drone abbatu

En effet Donald Trump avait estimé que l'Iran avait fait «une énorme erreur» en abattant le drone américain. Il avait donc ordonné des frappes contre trois sites iraniens mais il s’est finalement rétracté avant l’opération : «10 minutes avant la frappe, je l'ai arrêtée. Cette frappe sur l'Iran n'était pas proportionnelle à l'abattage d'un drone sans pilote. Elle aurait fait 150 morts». Un haut responsable américain avait expliqué que les avions étaient en vol et que les navires de la marine américaine étaient déjà en position quand les frappes ont été annulées à l'aube. Les batteries de missiles étaient prêtes à déclencher le feu sur des radars et des missiles iraniens.
Cette action avait fait l’objet d’un vif débat entre les «faucons» américains à savoir la CIA, Mike Pompeo et John Bolton et les officiers du Pentagone qui étaient sur leur réserve. Trump craignait des répercussions régionales et internationales mais c’est le propre de toute action militaire. Cependant, ce genre d’opération exclue l’esbrouffe et exige le silence et la surprise pour une réussite totale ce qui est à l’opposé de la stratégie très imprévisible de Trump. Cela a rassuré les Iraniens que les États-Unis n’interviendraient pas contre eux, du moins dans l’immédiat, laissant ainsi Israël seul contre les Mollahs qui pourraient considérer qu'ils ont les mains libres pour agir contre Israël, par alliés interposés.
Hezbollah

Le Hezbollah attend le feu vert iranien pour lancer une attaque de grande envergure contre des cibles stratégiques en Israël. L'Iran a investi des milliards de dollars pour consolider les forces du Hezbollah, en déployant au Liban des centaines de missiles prêts à être lancés. Depuis la guerre du Liban de 2006, qui avait affaibli sérieusement le Hezbollah, et après l'assassinat ciblé en 2008 de son commandant militaire, Imad Moughniyeh, l'Iran a pris directement le contrôle des forces du Hezbollah. Les missiles déployés au Liban font donc partie de l’arsenal iranien.
Les Iraniens considéreraient une attaque américaine sur le territoire iranien, comme un feu vert pour lancer une attaque massive sur Israël à la fois par le Hezbollah et aussi par le Djihad islamique palestinien depuis Gaza. Les frappes israéliennes contre des cibles iraniennes en Syrie pour empêcher le Hezbollah de s'armer de missiles dotés de capacités stratégiques, ne seront jamais un alibi pour dégénérer en échanges violents. Seule une action américaine ouvrirait la voie à un conflit avec Israël considéré comme le bouc émissaire. Plus l'Iran souffre des sanctions et plus il se verra contraint de violer les règles et de donner l'ordre de tirer dans le golfe Persique et le long des frontières d'Israël.
Missiles du Hezbollah au Liban

            Selon les renseignements militaires, si le Hezbollah a perdu au moins 2.500 hommes en Syrie, ses troupes ont acquis une grande expérience au combat. Mais la menace fondamentale se trouve dans les 100.000 missiles et roquettes qu’il détient et dont certains couvrent le territoire israélien. Les missiles à longue portée, avec guidage de précision, ont été pratiquement détruits lors de frappes ciblées mais 200 missiles de haute précision ont échappé à l’aviation israélienne, même si Tsahal est sans arrêt aux aguets. On l’a constaté avec la destruction des six tunnels au Liban qui ont surtout prouvé que le Hezbollah était noyauté par les services de renseignement israéliens.
            Les sanctions américaines pèsent sur l’économie iranienne et par conséquent sur le budget du Hezbollah qui a subi une coupe de 40%. Les salaires des miliciens ont été réduits, certains renvoyés dans leurs foyers, les institutions sociales ne couvrent plus leurs frais et Nasrallah est réduit à la mendicité auprès de ses alliés.  
Yaïr Golan

            Yaïr Golan, ancien commandant de la région nord et ancien chef d’État-major adjoint a affiché ouvertement son inquiétude sur les missiles à longue portée et de haute précision stockés au Liban car ils comportent des têtes de plusieurs centaines de kilos d’explosifs, voire des têtes nucléaires. Les interceptions par les systèmes de défense antimissile israéliens - Arrow, David's Sling et Dôme de fer ne sont véritablement efficaces que sur les longues distances.
            L’État-major prend au sérieux les menaces iraniennes qui ne sont pas forcément de l’esbrouffe car si les États-Unis contraignent l’Iran à la guerre, Israël sera impliqué dans tous les scénarios. Le gouvernement s’était inquiété des perturbations mystérieuses qui ont affecté l’aéroport Ben Gourion et des signaux perturbés sur les systèmes de navigation par satellite. Il craignait une intervention iranienne.  Après enquête, il s’avère que sont en cause les signaux électroniques de grande puissance transmis par des navires russes opérant en Méditerranée qui perturbent sérieusement les aéronefs qui ne disposent pas de système de secours pour leurs systèmes de navigation GPS.
Enfin Israël reste préoccupé par le fait que Téhéran utilise la nouvelle présence de l'armée syrienne près de la frontière israélienne comme couverture pour établir sa propre présence militaire dans la région. Israël ne pourra pas rester passif longtemps face à son encerclement au nord.

Selon le quotidien russe Nezavissimaïa gazeta, les avions d'Israël, les chasseurs-bombardiers de 5ème génération F-35, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne s'entraînent actuellement à interagir en condition de guerre pour se préparer à des actions militaires contre l'Iran. Le Pentagone a envoyé 12 chasseurs F-22 sur sa base d'Al Oudeid au Qatar. Six chasseurs F-35B de l'armée de l'air britannique sont arrivés en mai à Chypre, à la base d'Akrotiri. Le chef de la diplomatie israélienne Israël Katz a déclaré que «l'Iran pourrait lancer une guerre contre les pays du Golfe et Israël et qu'il fallait se tenir prêt à engager des actions préventives. Israël ne permettra pas à l'Iran de créer l'arme nucléaire, même s'il devait agir seul. Ainsi le sérieux des intentions des autorités israéliennes de combattre résolument l'Iran ne fait aucun doute.


3 commentaires:

Serge Israël FRATI a dit…

Je ne pense pas une seconde qu’il était véritablement dans l’intention de Trump, de bombarder des sites iraniens après que l’Iran ait abattu un drone américain.
La stratégie maintenant bien huilée du Président américain, étant de pousser au maximum les menaces d’attaquer, pour ne pas avoir à le faire, c’est bien joué, demain s’il devait le faire vraiment, personne ne pourra dire qu’il n’avait pas assez prévenu, qu’en cas de menaces sérieuses, il n’hésiterait pas trop.
Trump savait qu’il ne pouvait pas attaquer comme il a fait semblant de le faire, à deux jours de la Conférence de Bahreïn que ses conseillers avaient préparé de si longue date, c’eût été un gâchis en plus d’une erreur énorme si près du but.
Ceci dit, je pense également que tout le monde exagère les menaces des terroristes du Hezbollah at du Hamas, cela inquiète les israéliens et cela augmente le moral de nos ennemis.

abraham a dit…

Jusqu'au jour où...boum

Avraham NATAF a dit…

L'Iran des mollahs chiites cultive l'ideal de la mort, et , bêtement le suicide devient une victoire et mene un jeu de provocation. Le Japon défait avait choisi la vie et l'ex URSS, malgré sa puissance, préférait la prudence.Situation dangereuse dans une situation mondiale confuse