Après l’affichage du premier article, le chargement des nombreuses images des articles suivants nécessite environ une minute d’attente.

LE BEST-OF DES ARTICLES LES PLUS LUS DU SITE

 

vendredi 26 juillet 2019

Israël soupçonné d'une élimination ciblée



Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps


Zeidan

Les médias syriens ont annoncé que Machhour Zeidan, haut dirigeant du Hezbollah en Syrie, a été tué par un bombardement aérien qui a visé son véhicule. Israël est accusé d’en être l’instigateur mais aucune confirmation n’a été publiée par Tsahal qui n’a pas l’habitude de commenter les informations d'origine étrangère. Ce cadre du Hezbollah était à la tête d'une unité active dans le sud de la Syrie chargée de développer les efforts militaires du côté syrien du plateau du Golan.



Selon les Syriens, Machhour Zeidan se déplaçait en voiture à Saasaa, à proximité de Quneitra, quand il a été touché par un missile.  La victime circulait avec de faux papiers au nom de Mohammad Naji ce qui a nécessité du temps pour l’identifier dans son véhicule calciné. Le Hezbollah a dû envoyer sur place des enquêteurs pour identifier avec précision le cadre du parti.
Machhour Zeidan, né dans le village syrien de Hadar, dans la région de Quneitra, est considéré comme «l'un des plus hauts cadres du Hezbollah», en tant que chef de miliciens impliqués dans la lutte contre Israël depuis des bases en Syrie. Israël l’avait effectivement placé sur la liste des «personnes recherchées». Cela explique pourquoi les soupçons de son assassinat se sont portés sur les services secrets israéliens.  
Responsables Hezbollah au Golan

Tsahal avait révélé que le Hezbollah s’implantait sur le côté syrien du Golan pour mener des opérations contre Israël grâce à une unité spéciale dénommée «dossier du Golan» constituée à Beyrouth par des responsables iraniens. Les Israéliens avaient informé indirectement le président Assad des agissements de cette unité secrète du Hezbollah qui exploitait les structures militaires de l’armée syrienne et qui s’appuyait sur la population syrienne du Golan.
Machhour Zeidan s’était entraîné durant plusieurs mois à la tête d’unités armées à Deraa, au sud de la Syrie, mais il avait été rappelé au Liban par les chefs du Hezbollah qui l’ont affecté à cette nouvelle mission.  Il s’était fait connaitre récemment parce qu’il a été «chargé par le Hezbollah de recruter des individus qui devaient collecter des renseignements militaires sur les activités de l'armée israélienne dans le secteur et stocker des explosifs, des munitions, des armes et des missiles antichars chez eux, en guise de préparation à un éventuel affrontement militaire avec Israël».

L'Iran fait de gros efforts pour organiser une infrastructure terroriste à proximité de la frontière syrienne avec Israël mais il est contraint d’utiliser sur le terrain les forces du Hezbollah. En effet, les Gardiens iraniens de la révolution n’ont pas le droit de s'établir dans la région à la suite d'un accord conclu avec la Russie qui impose qu'aucune force iranienne ne doit se trouver à moins de 80 kilomètres de la frontière. C'est pourquoi Qasem Soleimani, chef des troupes iraniennes en Syrie, a sous-traité au Hezbollah la construction d’une infrastructure dans la région comprenant des postes d'observation et des installations de renseignements.
Netanyahou au Golan

Si Israël ne s’est pas prononcé sur cette élimination, il a toujours confirmé qu’il visait en permanence les positions tenues par les Iraniens et qu’il ne laisserait pas Téhéran s'implanter à sa frontière. D’ailleurs Tsahal avait lancé en décembre 2018 l'opération «Bouclier du Nord» pour détecter et détruire les «tunnels d’attaque» construits à la frontière avec le Liban, car ils sont un moyen pour les éléments du Hezbollah de s'infiltrer en territoire israélien pour tuer des soldats ou des civils.
Certes on ne prête qu’aux riches, mais il serait presque naturel que Tsahal, qui s’en défend d’ailleurs, soit chargé d’éliminer les éléments les plus dangereux pour garantir la sécurité de ses citoyens et pour désorganiser, au moins temporairement, les troupes du Hezbollah.


1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…


Cher monsieur Benillouche,

Dans la perspective d'une guerre des États-Unis contre l'Iran où Israël serait aux premières loges, comment lui en vouloir, à toutes fins utiles, d'essayer de faire un peu le ménage ?

Très cordialement.