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mardi 11 juillet 2017

Israël de plus en plus impliqué en Syrie



ISRAËL DE PLUS EN PLUS IMPLIQUÉ EN SYRIE

Par Jacques BENILLOUCHE

Copyright © Temps et Contretemps
            
Israéliens au Golan

          Israël a toujours été discret sur ses interventions en Syrie. À peine pouvait-on suivre ses frappes contre les convois d’armement en direction du Hezbollah au Liban, qu’il n’a d’ailleurs jamais revendiquées.  Il lui est de plus en plus difficile de camoufler son implication en Syrie à travers le soutien financier et humanitaire à des rebelles syriens. En fait l’objectif des Israéliens n’est pas d’interférer dans le conflit syrien, dans lequel ils ne sont pas partie prenante, mais de trouver une autre voie pour se défendre contre Daesh et contre le Hezbollah qui ont des visées sur le Golan.



Antonio Guterres

            Si l’on croit un commandant rebelle syrien, interrogé avec ses combattants par le Wall Street Journal, Israël soutiendrait directement une des factions des rebelles syriens à travers un financement direct des combattants. Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a récemment exprimé ses préoccupations au sujet des contacts entre Tsahal et des groupes djihadistes installés au sud de la Syrie dans la province de Deraa, ainsi que dans les hauteurs du Golan. Il faisait référence à un rapport de l’ONU du 8 juin, qui confirmait, selon les témoignages des observateurs de l’ONU, la réalité de contacts entre les deux parties au Golan. 
          Ces témoins auraient noté 16 rendez-vous, entre mars et juin 2017, entre les forces israéliennes et les milices rebelles dans les zones frontalières qui incluent le mont Hermon, la zone de Quneitra et les hauteurs du Golan. Au cours de ces rencontres, ils ont noté l’échange d’armes, de médicaments et de matériel militaire, avec des rebelles qui combattent Bachar Al Assad et ses alliés russes, iraniens et libanais. Israël assure ainsi une zone tampon près de ses frontières nord.
Fursan Al-Joulan

            Le porte-parole du groupe rebelle Fursan al-Joulan (Chevaliers du Golan liés à Al-Qaeda), Motassam al Golani, a remercié Tel-Aviv pour le soutien qu’il a reçu estimant que «s’il n’y avait pas Israël, on ne pourrait jamais tenir tête à l’armée syrienne de Bachar Al Assad». Au titre de commandant, il perçoit 5.000 dollars par mois. Le rapport de l’ONU confirme d’ailleurs que les troupes loyalistes avaient confisqué aux rebelles des armes d’origine israélienne.  Par ailleurs, il affirme que de nombreux djihadistes blessés sont soignés dans les hôpitaux israéliens.
Netanyahou visite des blessés syriens

            Évidemment le gouvernement israélien a démenti toutes ces assertions mais l’ancien ministre Moshé Yaalon, qui exposait la politique de neutralité d'Israël, avait commis une indiscrétion en déclarant que «Daesh avait présenté ses excuses pour avoir attaqué par erreur Israël pour la première fois» ce qui impliquait un accord tacite avec certains rebelles. Il n'a pas voulu expliciter son commentaire qui a été interprété comme une preuve de collaboration avec certains djihadistes. C’est lui qui avait lancé la politique de bon voisinage poursuivie par Avigdor Lieberman. Fursan al-Joulan, qui n’est pas affilié à l’Armée syrienne libre, avait pris contact avec les autorités militaires israéliennes en 2013.  Le groupe, qui ne dispose que de 400 combattants dans la province de Quneitra, a été renforcé par d’autres groupes rebelles dans le Golan qui reçoivent, également, une aide israélienne, selon le commandant Abu Suhayb. Au total, près 800 combattants rebelles occupent une zone couvrant une dizaine de villages où vivent des milliers de civils. Les combattants et les villageois dépendent de l’aide israélienne ce qui les oblige à coopérer avec Israël.

            Aujourd’hui ils recherchent avant tout leur survie ce qui les rend ouverts à échanger leur propre sécurité contre une aide matérielle. Pour Israël, l’ennemi de mon ennemi est mon ami donc ceux qui se battent contre Daesh et contre le Hezbollah deviennent des alliés putatifs. Mais Israël se méfie bien sûr de ces alliances de circonstance qui peuvent se transformer en hostilités au gré des circonstances car ces hommes ne sont pas fiables. Sans chercher à être l’instigateur d’une division de la Syrie à partir de conflits ethniques et religieux, Israël n’a pas trouvé d’autres moyens plus efficaces pour contrôler le Golan et protéger sa frontière nord. 
          Israël gère au cas par cas mais il perd sa neutralité en affaiblissant Bachar Al Assad dans son combat contre le Hezbollah et l’Iran qui le soutiennent. Il est à craindre qu’une fois Daesh défait, Assad ne se tourne contre Israël pour asseoir son régime avec l'aide des mollahs. Le tir d’un missile sur la Syrie, depuis une base iranienne, prouve que l’Iran est capable d’atteindre des cibles dans la région. Cependant des sources sécuritaires israéliennes précisent que les sept missiles tirés ont tous manqué leur cible. Mais le danger est pris au sérieux. Israël ne néglige pas les conséquences d’une victoire du régime d’Assad sur Daesh et les rebelles. 
Prince héritier d'Arabie

          C’est dans ce cadre que se profile une alliance entre Israël et l’Arabie saoudite pour contrer Assad et l’Iran. L’ascension du jeune prince saoudien belliqueux apporte une touche d’incertitude alors qu’il est à l’origine de l’expédition saoudienne au Yémen.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Très intéressant mais je n'ai pas tout compris; ou alors il y a une contradiction. Je comprends bien le rapprochement tactique entre Israël et certains groupes affiliés à al-Quaida qui combattent à la fois Daesh + le Hezbollah + les Pasdarans + l'armée régulière syrienne depuis la frontière israélienne, tout en étant actifs dans des zones druzes, fidèles alliés d'Israël. Mais vous écrivez ensuite, je cite, " l’ancien ministre Moshé Yaalon avait commis une indiscrétion en déclarant que «Daesh avait présenté ses excuses pour avoir attaqué par erreur Israël pour la première fois» ce qui impliquait un accord tacite avec certains rebelles". Pour ensuite rajouter "Pour Israël, l’ennemi de mon ennemi est mon ami donc ceux qui se battent contre Daesh et contre le Hezbollah deviennent des alliés putatifs."
D'où ma question: Quelle est la nature des relations entre Israël et Daesh? Est-ce un ennemi à combattre comme le Hezbollah? Mais dans ce cas-là, je ne comprends plus l'indiscrétion de Moshé Yaalon.
Et cela appelle d'autres questions: Il y a-t-il un risque de guerre ouverte entre Israël et l'armée régulière syrienne? Et avec l'Iran? Est-ce déjà le cas? Et qu'en sera-t-il des relations entre Israël et la Russie?
Dans l'attente de vos réponses, je vous remercie pour votre travail.
Cordialement, Guillaume Lavedan