ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

samedi 19 novembre 2016

Un faux suspense par Gérard AKOUN



UN FAUX SUSPENSE

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM


C’est officiel, Emmanuel Macron est candidat à l’élection présidentielle, il l’a annoncé hier matin à Bobigny, dans un centre de formation et d’apprentissage de cette banlieue populaire de la Seine Saint Denis, où il avait convoqué toute la presse. Une manière d’affirmer sa différence, par rapport à ses concurrents de droite et de gauche, et son empathie pour la jeunesse des banlieues.



On avait pu croire qu’Emmanuel Macron attendrait, par courtoisie que François Hollande qui l’avait introduit en politique, qui en avait fait un ministre, se prononçât sur sa propre candidature, avant d’annoncer, éventuellement, la sienne. Après sa démission du gouvernement, il avait laissé planer le doute, sur ses projets d’avenir, mais le succès rencontré par le mouvement «En Marche» qu’il avait lancé, l’a convaincu que les idées qu’il développait, trouvaient un écho suffisant dans la société française, pour lui permettre de brûler les étapes, et de se présenter en 2017.
Depuis quelques mois, il peaufinait son image, il détaillait son projet, il semait des cailloux sur le chemin qui le conduirait à l’Elysée. On se souvient de sa soirée passée au parc d’attraction du Puy du Fou, à l’invitation de Philippe de Villiers où il avait déclaré, alors qu’il était encore ministre : «L’honnêteté m’oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste (...). Mais quelle importance ? Quand vous êtes ministre, vous êtes ministre de la République et, donc, vous servez l’intérêt général». On se souvient de son hommage à Jeanne d’Arc, à Orléans le 8 mai 2016 «Comme une flèche (…) sa trajectoire est nette, Jeanne fend le système, elle brusque l’injustice qui devait l’enfermer (…) Elle était un rêve fou, elle s’impose comme une évidence». C’est ainsi qu’Emmanuel Macron voudrait se voir !

Il s’est présenté, hier, comme le candidat antisystème, hors système. Ses critiques prennent pour cible la gauche comme la droite, il a dénoncé les appareils politiques et les logiques politiciennes «ce sont leur modèle, leurs recettes qui ont échoué ; les partis utilisent la vie des Français comme le simple décor de leur théâtre d’ombres, j’ai vu de l’intérieur, au gouvernement, la vacuité de notre système politique (…) La France ne pourra pas répondre aux défis du 21ème siècle avec les mêmes hommes et les mêmes idées».
Il veut révolutionner, en attirant autant à droite qu’à gauche, en transcendant le clivage droite gauche. Ses propositions traduisent une vision libérale de l’économie, une vision libertaire de la société. Il s’adresse, en priorité, au 30% de français parmi les progressistes, de droite comme de gauche qui disent ne plus se sentir proches d’aucun parti politique.  En fait, en ne cherchant  pas le soutien d’un parti politique- il refuse de participer à la primaire de la gauche- il revient aux fondamentaux de la cinquième république, aux sources  du gaullisme. L’élection présidentielle est la rencontre d’un peuple et d’un homme : il veut incarner une espérance.  Il a précisé : «Mon objectif n’est pas de rassembler la droite ou de rassembler la gauche mais de rassembler les Français» Il a employé, au moins à deux reprises, ces mots qui ont encore une forte résonnance,  «France libre».
Mais il n’est pas le premier à tenter une aventure personnelle ; ceux qui l’ont fait, Lecanuet, Poher, Rocard ont échoué. Il essaie à son tour. Malheureusement, les partis qu’ils soient de droite ou de gauche, sont, certes affaiblis mais ils continuent à être les machines de guerre dont le soutien est nécessaire pour être élu. Emmanuel Macron, dont le plus grand nombre de sympathisants se situe au centre, trouble le jeu politique.


À droite, l’annonce de sa candidature à la présidentielle, à quelques jours du premier tour des primaires, risque de faire perdre des voix à Alain Juppé, le plus centriste des candidats LR, au profit de Nicolas Sarkozy ou de François Fillon. A gauche sa participation  au premier tour de l’élection présidentielle entrainera, et  l’élimination  du candidat officiel du PS, il y en aura certainement un, et  la sienne. Mais Emmanuel Macron a brûlé ses vaisseaux ; il a affirmé, hier soir sur France 2 que sa décision de se présenter était irrévocable et qu’il affronterait aussi François Hollande s’il se représentait. Au deuxième tour de la présidentielle, ne resteront en lice que le candidat de la droite et celui de l’extrême droite. Une situation que  nous avons déjà vécue en  2002, avec un Front National bien moins puissant. Il reste six mois pour clarifier la situation et  pour éviter que cela ne se reproduise.

4 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

"Un faux suspense" nous dit monsieur Akoun, et comprendre : un faux suspense pour une quantité négligeable ! Pourtant je dois avouer que cela me réjouit de voir débouler ce jeune intellectuel dans le jeu de quilles de la politique politicienne que les Français ont pris en horreur. Car enfin qu'est-il reproché à Emmanuel Macron ? D'avoir manqué de "courtoisie" à l'égard de François Hollande. D'avoir rendu visite à Philippe de Villiers. De se référer à Jeanne d'Arc. D'avoir une "vision libérale de l'économie". D'avoir une "vision libertaire de la société". Et comble de tout cela, prétendre vouloir "rassembler les Français" !

Heureusement que monsieur Akoun est là, l'oeil rivé sur le rétroviseur pour nous prédire l'avenir ! Pour nous expliquer que Macron aura en face de lui ces "machines de guerre" que sont les partis politiques. Machine de guerre socialiste qui sera cependant éliminée de la compétition où ne restera au second tour de la présidentielle, comme en 2002, "que le candidat de la droite et celui de l'extrême droite".

Alors pourquoi s'en faire - d'autres pourraient même dire : pourquoi aller voter - puisque le candidat de l'extrême droite en 2002, avait été battu à plate couture ?

bakoun a dit…

Un faux suspense parce tout le monde savait qu'il se présenterait tout simplement désolé de vous avoir induite en erreur

Marianne ARNAUD a dit…

@ bakoun

Ainsi vous auriez écrit cet article pour dire "tout simplement" que vous saviez que Macron se présenterait à l'élection présidentielle française ! Et vous voilà "désolé de (m)'avoir induite en erreur" ! Sans doute est-ce de l'humour mais j'espère au moins que c'est de l'humour juif ?

Véronique ALLOUCHE a dit…

Macron se vend comme un paquet de lessive, il a trouvé la niche qui plait: l'anti-système. Puisqu'il est de bon ton aujourd'hui de rejeter les partis politiques, autant être un électron libre. Et tant pis si à ce jour il ne présente aucun programme, aucune idée convaincante sur aucun sujet de fond.

"En marche" pour aller vers quelle destinée? Un éclaircissement de sa politique s'impose. Sans quoi les français oublieront très vite cette vedette médiatique du moment.
Bien cordialement
Véronique Allouche